Bonsoir à tous !
Nous achevons aujourd'hui l'affaire 14. Oui, déjà… Et le fait est également que je n'ai pas encore eu l'occasion de rédiger la quinzième (ce que j'espère faire prochainement cependant !). De fait, Le Sherlock Holmes d'Oslo va de nouveau se retrouver en pause pour un temps indéterminé. Je ne vous cache pas non plus que mon emploi du temps s'annonce plus ou moins chargé, donc je ne peux absolument donner aucune information supplémentaire :o A mon grand regret, croyez-le bien ! Pour sûr, vous entendrez encore parler de cette fic car je sais qu'elle n'est pas finie et je sais ce que je veux en faire ! Manque juste le temps pour le faire XD
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Belgique : Manon Maes
Luxembourg : Xavier-Henri Maes
Pays-Bas : Willem Maes
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 14 : Malice
Alors qu'elle gravissait les marches une à une pour le cinquième étage de l'immeuble qui se trouvait au numéro 7, Manon sentit ses mains moites sur son carton à dessin et ses jambes trembler. Cependant, il était hors de question qu'elle se laisse porter par ses craintes. Elle frappa volontairement les marches de ses chaussures, et cala fermement le carton sous son bras. Lorsqu'elle arriva devant l'appartement 506, elle déglutit. Elle prit un temps pour inspirer et expirer.
- Tout se passera très bien, lui assura la voix du détective dans l'oreillette, Mathias est là pour vous couvrir.
Lukas avait dû percevoir ses grandes inspirations et expirations. Mais il avait raison : la présence de Mathias, où qu'il soit, était des plus rassurantes. Un sourire malicieux égaya le visage de Manon. Elle sonna.
Personne ne vint lui ouvrir.
Elle vérifia le numéro sur la plaque, mais à moins qu'elle n'ait pas bien entendu, elle se trouvait bien devant l'appartement 506. Elle pinça les lèvres, agacée, et sonna de nouveau. Elle perçut finalement le bruit d'une clé dans la serrure. On lui ouvrit. Elle découvrit une femme aux cheveux sombres tirés en arrière, pâle comme la mort et l'allure encore bien moins avenante que la Faucheuse. Pourtant, même face à cette figure austère, Manon ne se départit pas de son sourire.
- Je viens pour le rendez-vous, annonça-t-elle gaiement
La femme ne lui répondit pas, que ce soit en mot ou par une quelconque expression. Elle se contenta de dégager le passage pour la laisser passer. Manon fit un pas dans l'appartement et la femme referma brusquement derrière elle à double tour.
Bien, elle était enfermée à l'intérieur. Elle espéra vivement que Mathias avait la situation bien en main. Elle lui faisait confiance cela dit, se répéta-t-elle, il ne lui arriverait rien. Elle aurait bien aimé également entendre la voix monotone du détective mais même lui se faisait discret et elle dut se contenter des battements assourdissants de son cœur.
Manon fit un pas en avant mais la main osseuse et ferme de la femme l'arrêta aussitôt. Elle fit signe d'écarter les bras. La jeune femme se fit fouiller au corps.
Ils prenaient donc décidément toute cette histoire au sérieux. Qu'est-ce qu'ils croyaient ? Qu'elle avait apporté une arme ? S'ils ne voulaient pas faire de vague et avoir des morts ou que savait-elle encore sur la conscience, ce n'était pas son cas non plus. Elle n'avait aucune envie de s'empêtrer dans ce genre de choses. Elle aspirait juste à plus de justice et d'honnêteté. Elle considéra cette fouille comme une insulte. Elle n'hésita d'ailleurs pas à montrer son mécontentement à la femme qui lui avait ouvert mais cette dernière n'en avait strictement rien à faire. Une fois terminée sa fouille, elle lui présenta la direction à suivre.
Manon s'y rendit toute seule. Elle découvrit une vaste pièce, mal éclairé par la lumière du jour, d'autant plus que le soleil commençait à se coucher. Personne n'avait semble-t-il l'ambition d'allumer les lumières. Deux personnes se trouvaient dans la pièce : un grand blond à forte carrure coincé dans un costume trois pièces et un malingre mal rasé qui se coupait les ongles. Ils étaient installés à table, en face de Xavier-Henri.
- Xav' ! ne put s'empêcher de s'exclamer Manon, merci bien, tu n'as rien.
Xavier-Henri était attaché à sa chaise mais avait une main de libre qu'il utilisait pour porter à sa bouche une coupe de vin rouge.
- Mais, tu… pourquoi es-ce que tu bois ?
- C'était ça ou j'hurlais, lui déclara son frère avec un sourire resplendissant
Manon se sentit soulagée. Au moins, il n'avait rien. C'était tout ce qui importait. Elle se tourna vers les deux hommes.
- Qu'est-ce que vous me voulez exactement ?
Alors qu'elle s'était attendue à ce que ce soit la brindille qui lui réponde, ce fut le grand blond qui prit la parole.
- Je pense que tu le sais, non ?
- Vous travaillez pour eux, n'est-ce pas ?
Le grand blond partit dans un éclat de rire.
- Moi ? Travailler pour eux ? Non, non. Ça ne risque pas. Je n'ai pas de compte à rendre à mes paires. En revanche, eux… s'ils ne veulent pas avoir une nouvelle fuite, ils auront intérêt à faire tout ce que je leur demanderais.
Manon fronça les sourcils. Le détective avait dû tout entendre également. Elle se demanda un instant ce qu'il en pensait. Mais prise par l'action, elle revint à ses moutons.
- Je pense que vous pouvez relâcher mon frère, non ? Vous voyez bien qu'il ne ferait pas de mal à une mouche.
- Les fouineurs sont comme les mouches, en réalité. Mais oui, je vais le relâcher. Je pourrais ainsi faire pression auprès de ces huiles au crâne dégarni.
- Vous… voulez les dénoncer, vous aussi ?
Le grand blond balaya l'air de la main.
- Pour quoi faire ? J'ai bien plus intérêt à les faire chanter pour m'assurer leurs bonnes grâces.
- Autrement dit, vous n'êtes pas mieux qu'eux.
- En toute modestie, je suis loin de leur niveau.
- J'imagine que Lieptz en particulier est bien loin devant.
Le grand blond fronça les sourcils.
- Lieptz ? Qui vous parle de Lieptz ? Je parle de Lebolo, Siegwitz et de Chamaine.
- Oh, j'ai du confondre Lieptz avec Lebolo, feinta Manon avec une grande aisance
Le grand blond plissa les yeux. Puis, il se leva et s'approcha de la jeune femme, les mains dans les poches.
- Je vois que vous avez amené votre merveilleux travail. C'est fantastique.
- N'est-ce pas, approuva-t-elle en soutenant son regard
- Je vais pouvoir le récupérer. Mais ne vous inquiétez pas, il sera entre de bonnes mains et je le publierai en temps voulu.
Alors qu'il s'apprêtait à poser la main sur le carton à dessin, Manon recula d'un pas.
- Je crains d'être contrainte par ma maison d'édition à garder mon travail pour leurs équipes. Maintenant, si vous aviez l'obligeance de bien vouloir détacher mon frère.
- Ce serait bien aimable, approuva Xavier-Henri
Un silence passa.
- Je libère votre frère, et vous me remettez votre travail.
Manon feignit l'hésitation. Puis, elle releva la tête et accepta.
- Parfait ! jubila le grand blond
Aussitôt l'étrange personnage malingre bondit de son siège et vint, d'une démarche souple, libérer Xavier-Henri de ses liens. Il se rua aussitôt dans les bras de sa sœur qui l'accueillit avec joie.
- Très touchant, mais pourriez-vous maintenant honorer votre part du marché.
Xavier-Henri jeta un coup d'œil inquiet à sa sœur qui lui répondit par un doux sourire confiant. Puis, elle se tourna vers son adversaire. Tout en elle dégageait une extrême malice.
- Même pas en rêve.
Aussitôt, elle attrapa un briquet dans son sac à main et mit le feu à son carton à dessin, sans aucune hésitation. Les personnes présentes dans la pièce, Xavier-Henri inclus, en furent tellement surpris qu'aucun d'eux ne bougea, jusqu'à ce que le grand blond explose de rage.
- Pourquoi avez-vous fait ça ?! Vous venez de réduire en cendres vos chances de prendre le pouvoir sur ces trois pleutres terrés dans leur trou !
- Je viens de sauver mon travail de détournement de propriété intellectuelle, riposta Manon le plus calmement du monde. Si je ne peux pas publier mes planches, alors personne ne le pourra.
- Vous venez de perdre une occasion en or, grommela le grand blond sur un ton menaçant, tant pis pour vous. Maintenant, partez. Nous ne nous connaissons pas et vous ne tenez pas à faire plus amples connaissances.
- Tout à fait, approuva-t-elle éhontément
Manon attrapa son frère par la main et l'entraîna vers la sortie avec elle tandis que le grand blond regardait les flammes dévorer le carton à dessin. La femme aux allures de mort les observa passer sans un mot. Elle avait déjà déverrouillé la porte et Manon ne se priva pas de politesse. Elle la remercia et la salua quand bien même elle ne reçut aucun retour.
- Manon… balbutia Xavier-Henri une fois qu'ils furent dans la rue
- Tout va bien, Xav', affirma-t-elle
Lorsqu'ils se retrouvèrent dans la voiture, que Mathias avait déjà rejointe, Manon se laissa tomber sur la banquette arrière et expira bruyamment, toute la tension retombant d'un seul coup.
- Mon dieu, quelle aventure ! s'exclama-t-elle, regardez ça : j'en ai les mains qui tremblent encore !
Elle explosa de rire, surement un autre effet dû au stress. Mais personne ne répondit à son rire. Le détective ne disait rien comme à son habitude. Cependant, Mathias et Xavier-Henri la dévisageaient tous deux.
- Manon… tu es sûre que ça va ? voulut s'assurer son cadet
- Bien sûr.
- Mais… et ton travail ?
Le rire de Manon redoubla sans que ni l'un ni l'autre ne comprennent ce qu'il se passait.
- Mathias, l'interpella Lukas, on rentre. Nous serons mieux pour discuter.
En silence, Mathias hocha la tête. Il mit le moteur en marche.
Un petit quart d'heure plus tard, ils se retrouvèrent tous attablés autour de la grand table de la salle à manger. Mathias pénétra dans la pièce depuis la cuisine, chargé d'un plateau de boissons chaudes et de gourmandises. Manon se calmait juste de son fou rire.
- Pfiou ! ça fait du bien, déclara-t-elle en s'éventant
Elle attrapa une tasse de café chaud.
- Merci bien Mathias. Et tu vois bien, enchaîna-t-elle alors que ce dernier prenait place toujours en silence, que je pouvais m'en sortir toute seule. J'ai été brillante, n'est-ce pas ? Qu'en pensez-vous, monsieur le détective ?
Elle se tourna vers Lukas, affublée de son sourire malicieux caractéristique.
- Il est vrai. C'était finement joué : faire semblant de vous tromper de noms pour l'inciter à parler.
- Et brûler le carton à dessin !
Lukas approuva en silence. Puis, il porta sa tasse de café à ses lèvres et s'en délecta.
- Comme mes planches n'existent plus, ce type transmettra généreusement le message à ces imbéciles qui se croiront hors de danger. Jusqu'à ce que les autorités finissent par débarquer chez eux. Ils n'auront que ce qu'ils méritent, conclut Manon avant d'avaler un biscuit
Xavier-Henri, tout comme Mathias, paraissait toujours perplexe.
- Est-ce que tu te rends compte de ce que tu as fait ? Je n'étais pas menacé plus que ça, tu sais… tu aurais pu conserver toutes tes planches.
- Sans compter que je gardais vos arrières, renchérit Mathias
- Bandes de gros bêtas, les taquina Manon, mes planches vont très bien. Vous croyiez sérieusement que j'allais me laisser faire et brûler tout ce que j'ai mis des mois à faire ?
L'un comme l'autre clignèrent plusieurs fois des yeux.
- Il n'y avait rien dans le carton à dessin ?
- Oh si il y avait quelque chose. Mais ce n'était que des feuilles vierges.
Pour un peu, Manon aurait tiré la langue qu'elle n'aurait pas eu l'air plus taquin.
Pendant un instant encore le silence régna dans la pièce, puis Mathias explosa de rire à son tour. Il passa un bras par-dessus les épaules de Manon.
- T'es sacrément maligne, toi ! Ah ah ! Tu t'en es bien sortie, oui. Vraiment, comme une pro ! J'ai même pas eu besoin d'intervenir. Tu te rends compte ?
- Et avec ce qui a été enregistré, vous aurez de quoi faire ouvrir une enquête. On maquille plus difficilement des enregistrements que des papiers. Surtout lorsque des milliers de copies courront sur le net.
Ce fut au tour du détective d'esquisser un petit sourire en coin, malicieux.
Manon se pencha finalement vers son frère.
- Mais alors explique-nous : comment t'a-t-on enlevé ?
- En fait, quelqu'un a frappé à la porte et tellement de fois sans qu'Emil ne sorte de sa chambre que j'y suis allé. J'étais en train de faire une sieste. Leur baroufle m'aura complètement réveillé, c'était horripilant ! Enfin, bon. Quand j'ai ouvert, il y avait la femme morbide, là, et elle s'est présenté comme une caviste qui faisait du porte à porte pour faire tester des échantillons de vin. Du vin rouge ! Alors, ben… évidemment, j'ai accepté de goûter. Et puis, là, pfiout ! Je me suis comme endormi et lorsque je suis revenu à moi, j'étais dans cet appartement.
- Somnifère, glissa Lukas entre deux gorgées de café
- Mon pauvre Xav', ton goût pour le bon vin te perdra…
Xavier-Henri leva les mains en l'air en signe d'innocence.
- Si le vin rouge existait dans cette maison, je n'aurais pas éprouvé le besoin de goûter. Cela dit, il était vraiment bon. A mon retour à Luxembourg, je m'en ferais importer une caisse ou deux.
Manon leva les yeux au ciel. Puis, elle se leva.
- Je vais appeler Will' pour lui annoncer la nouvelle. Tu m'accompagnes, Xav' ?
Aussitôt son frère sauta sur ses pieds et ils quittèrent la pièce. Mathias les observa jusqu'à qu'il ne puisse même plus suivre le bruit de leurs pas sur le plancher de l'étage. Il reporta son attention sur sa tasse presque vide, avec un petit sourire triste.
- Tu ne veux pas qu'ils partent, devina Lukas
- Je m'étais habitué à leur présence, c'est vrai. Surtout à celle de Manon.
- Qui était-ce ?
Mathias mit un certain temps à comprendre de quoi Lukas parlait. Lorsqu'il releva la tête, Lukas attendait toujours une réponse de sa part, son regard placide fixé sur lui. Mathias soupira. A quoi bon faire des cachoteries au meilleur détective d'Oslo ? Il aurait tôt ou tard finit par deviné à qui il pensait à chaque fois qu'il voyait Manon.
- Ma sœur, répondit-il
Lukas ne dit rien, se contentant d'achever sa tasse de café. Puis, il se leva et, sur le chemin de la cuisine, tapota l'épaule de Mathias. Ce ne fut que lorsque son colocataire eut quitté la pièce que Mathias se rendit compte que Lukas avait eu sa réponse, mais que lui en revanche ne savait toujours pas pourquoi Lukas avait accepté qu'il reste. A cette pensée, Mathias ne put s'empêcher de pouffer de rire.
Fin de l'affaire 14
A la prochaine o/
