Eeeeeet bonjour tout le monde !

Ça fait… 6 mois… bordel OTL

Désolée pour le temps que ça aura pris. Mais je suis enfin de retour ! Et avec deux affaires de prêtes et la troisième en cours d'écriture, j'espère bien pouvoir vous offrir une publication longue et régulière à partir de maintenant !

A ceux qui ne me suivraient pas sur Twitter (mais je ne doute pas de votre fidélité, chers lecteurs :p), j'ai définitivement planifiée le déroulement de cette fic jusqu'à la fin ! Il y aura en tout et pour tout 25 affaires + un épilogue.

Sur ce, je vous souhaite de nouveau la bienvenue, en ce jour de fête norvégienne, dans l'univers du Sherlock Holmes d'Oslo.

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Finlande : Tino Väinämöinen

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 15 : Sur le retour

Les serviettes sur l'épaule, Mathias empila les couverts sur les assiettes puis emporta le tout dans la cuisine, le téléphone coincé entre l'oreille et l'épaule. Son interlocuteur occupait toute la ligne et il n'avait qu'à lâcher de temps à autres un « hum » ou un « oui » pour participer à la conversation. Cela n'était pas dérangeant, cela dit. Ce qu'on lui racontait était très amusant, des anecdotes qu'il n'aurait pas eues le plaisir de connaitre si on ne lui en avait pas fait part. Sans compter que cela lui donnait l'occasion de s'occuper de la vaisselle en même temps. Le sourire en coin, il laissa les plats couler dans l'évier rempli de mousse et ne manqua pas de pouffer de rire. Il avisa du coin de l'œil les flocons de neige qui virevoltaient doucement au dehors, dans la grisaille de la ville. Il décida de leur tourner le dos, s'appuyant contre le plan de travail et croisant les bras. Il hocha la tête dans le vague encore une fois, avant de s'esclaffer :

- Lukas qui fait du headbang ! Ah ah ah ! Mais il n'a pas les cheveux assez longs pour ça.

Son interlocuteur lui assura pourtant que c'était bien le cas. Mathias ne put s'empêcher de partir dans un fou rire à se taper la cuisse. Il imaginait son partenaire en train de remuer la tête à s'en dévisser le cou, en rythme. Il connaissait l'amour de Lukas pour le métal, autant qu'il aimait la musique classique, mais il se l'était rarement imaginé, pour ne pas dire jamais, en plein concert. C'était exactement la raison pour laquelle il se délectait de ce qu'était en train de lui raconter Tino, à l'autre bout du combiné.

Celui-ci et Lukas étaient tous deux partis voir un concert d'un de leur groupe favoris à tous les deux à Göteborg, par-delà la frontière norvégienne. La veille, Mathias n'en avait pas cru ses yeux en ayant face à lui un Lukas habillé de pied en cap aux couleurs du groupe, en digne fan. Ce simple fait lui prouvait que son colocataire était capable d'extérioriser ses goûts, chose qu'il n'avait pas souvent remarquée. Alors de là à l'imaginer en train de se déchainer en plein concert…

Mathias repartit dans une crise de fou rire, tandis que Tino lui détaillait absolument tout de la soirée, prenant plaisir à partager surtout avec quelqu'un d'aussi joyeux et bon vivant que Mathias.

Soudain, la voix de Tino s'estompa pour laisser place à celle, un brin endormi devina Mathias, de Lukas. Pour sûr que la nuit avait été courte.

- Je t'entends te bidonner à travers le combiné. Quelle idiotie a encore raconté Tino ?

Mathias se mordit la lèvre inférieure pour ne pas repartir dans un fou rire. A l'autre bout du combiné, la voix lointaine de Tino s'exclamait :

- Eh ! Tu étais toi-même en train de sourire !

- Rien de compromettant, répondit Mathias, t'inquiète !

Lukas ne dit rien en retour, mais Mathias devinait aisément son petit pincement de lèvres tentant de réprimer une esquisse à la commissure. Il s'étonnait de plus en plus, récemment, de pouvoir parfaitement s'imaginer les réactions de son colocataire. Il commençait décidemment à bien le connaitre.

- Pourquoi appelais-tu à l'origine ? reprit Lukas

Mathias haussa les épaules, quand bien même il était seul dans la cuisine.

- Oh, pour rien. Juste pour savoir où vous en étiez, comment ça s'était passé hier soir…

- Et tu ne pouvais pas attendre que je sois rentré pour cela.

Ce n'était pas une interrogation mais belle et bien une affirmation. Lukas avait parfaitement saisi les raisons de Mathias. Ce dernier savait que Lukas ne lui aurait rien raconté et aurait répondu de façon très écourtée à la plupart de ses questions. En revanche, en téléphonant, il savait parfaitement qu'il pourrait compter sur Tino pour lui faire part des évènements. Mathias devenait décidément hors pair en la matière.

Lukas ne put réprimer un petit soupir agacé, ce qui fit de nouveau sourire Mathias.

- Je te laisse. Nous avons un train à prendre avec Tino.

- Attends ! Tu veux que je vienne te chercher à la gare ?

Le silence lui répondit d'abord.

- Tu viens me chercher à la gare.

Puis, Lukas raccrocha. Mathias se retint encore. Son partenaire était décidément incroyable. Au lieu de simplement répondre qu'il acceptait la proposition, il faisait passer cela pour un ordre de sa part. Mathias secoua la tête, désormais trop habitué à ce genre de comportement. Il posa le combiné sur la table, puis se remit à sa petite vaisselle.

Dès qu'il eut fini, il se précipita à l'étage. Lukas absent, c'était sa dernière occasion de découvrir la raison qui l'avait poussé à garder Mathias chez lui. Il s'était promis d'utiliser ce temps sans Lukas pour le découvrir ou tout du moins progresser. Et quoi de mieux que le frère de ce dernier pour espérer avoir de nouveaux indices. Mathias passa la tête par l'entrebâillement de la porte du salon.

- Emil ! susurra-t-il dans un grand sourire jovial

Le jeune homme perdit au même moment sa partie. Il lâcha un juron avant de se tourner désobligeamment vers Mathias.

- Quoi encore ?

Le sourire de Mathias s'élargit. Emil soupira.

- Vas-y. C'est quoi ta question cette fois ?

Mathias prit un air grave et s'assit sur le canapé, aux côtés d'Emil qui était installé par terre.

- Lukas a déjà accueilli des étrangers pour diverses raisons. Mais est-ce qu'il a déjà accueilli des Danois ?

Emil haussa un sourcil interrogatif.

- Je t'ai déjà dit tout ce que je savais des colocataires précédents.

- Oui, mais peut-être que je suis le premier Danois. Et peut-être qu'il a un rapport privilégié avec le Danemark et que c'est peut-être pour ça qu'il me garde. Peut-être que je lui rappelle quelque chose de mon pays.

Emil demeura un instant silencieux. Puis, il s'en retourna à son jeu vidéo dont une nouvelle partie en ligne commençait.

- Lukas serait là, il te dirait qu'il y a trop de « peut-être » dans ta phrase.

- C'est pas faux…

Mathias se laissa aller dans le canapé, tout en se frottant le menton pensivement.

- Je trouve que tu te montes trop la tête, finit par dire Emil tout en balançant de la peinture sur son adversaire virtuel

Il se garda bien d'ajouter qu'il trouvait cela simple comme bonjour. La raison pour laquelle son frère avait finalement entièrement accepté Mathias au sein du foyer lui apparaissait comme évidente. Apparemment, Mathias ne disposait pas du même recul.

oOo

Bien loin au sud, à des kilomètres d'Oslo, mais tout autant plongé dans le froid hivernal caractéristique des contrées septentrionales, la ville de Götebörg se dessinait dans la neige. Ses bâtiments peinaient à se découper sous les flocons virevoltant avec force dans le vent vif et cinglant. Le long des trottoirs, les passants encapuchonnés ne se dépareillaient néanmoins pas de leur bonne humeur. Sur le quai de la gare, dans l'attente de leur train, Tino était pareil à une tête de bonhomme de neige, ses joues rebondies rougies en prime. Il semblait tout aussi plein de vitalité, remonté sur ressort, que Lukas demeurait stoïque et inébranlable. Tino enchainait phrase après phrase avec entrain sans que Lukas ne paraisse réellement prêter attention à ce qu'il lui racontait.

Pourtant, c'était bien tout le contraire. Simplement, comme à son habitude, Lukas n'en montrait rien.

- Quand même ! s'exclama Tino, je ne t'aurais jamais imaginé un caractère aussi exubérant ! C'est marrant que tu ne le montres jamais. Regarde, tu es même redevenu complètement sérieux. Incroyable…

Tino se montrait sincèrement et naïvement étonné. Lukas le savait très bien et sourit intérieurement. Lorsque l'on connaissait peu l'un et l'autre, il était surement étonnant de se dire que ces deux là s'entendaient bien et partageaient beaucoup. Leur passion pour la musique métal les avait indéniablement rapprochés. C'était la première fois qu'ils avaient partagé un concert et ni l'un ni l'autre ne le regrettait. A remettre une prochaine fois.

Le nez aplati du train s'extirpa bientôt des tourbillons de neige, révélant petit à petit sa silhouette élancée aux rayures latérales bleues. Roulant au pas, il vint s'abriter sous l'auvent de la gare. Puis, les voyageurs purent y pénétrer.

Suivant la foule, Lukas et Tino montèrent à bord chargé de leur petite valise pour le premier, d'un gros sac à dos pour le deuxième. Ils prirent place aux sièges qui leur avaient été attribués.

- Allez ! Quatre heures de route et on est à la maison ! s'exclama Tino

Il empoigna son portable et composa un rapide message à l'adresse de son cher et tendre, en n'oubliant pas une petite note pour son fils Peter et l'adorable petite chienne de la famille Hanatamago.

De son côté, Lukas ne prit pas la peine d'envoyer quoi que ce soit. Après tout, il venait d'avoir Mathias au téléphone. Il estimait que c'était bien suffisant. Il se mit plutôt à son aise sur son siège, attrapa le roman dont la première moitié avait tenu l'aller. Le retour suffirait bien à l'achever.

Un coup de sifflet et une annonce plus tard, les portes du train se refermèrent. Puis, le moteur ronronna et la locomotive se mit en branle, entrainant avec elle les quatre wagons. Ils s'engouffrèrent dans la neige et le vent, prenant peu à peu de la vitesse en direction du nord.

Les voitures étaient bondées et Lukas ne tarda pas à mettre ses oreillettes en place, ce qui n'empêchait pas Tino de lui adresser de temps à autres la parole, sans se préoccuper qu'on l'écoute vraiment. Ce dernier repassait notamment en revue les dernières photos et courtes vidéos qu'il avait prises la veille. Il pouffa de rire tant la plupart était totalement inexploitable.

Le train desservit rapidement les premières gares. Lukas levait de temps à autres les yeux, son regard inquisiteur immanquablement attiré par le ballet des voyageurs arpentant le couloir dans un sens ou dans l'autre. Il ne pouvait s'empêcher de décrypter chaque détail composant la personne et deviner presque inconsciemment qui elle était, ce qu'elle faisait de manière générale, et la raison de sa présence dans le train. Le travailleur suédois qui rentrait chez lui dans une proche localité après une harassante journée de travail. Les touristes randonneurs couverts de pieds en caps en provenance du sud de l'Europe qui n'en étaient visiblement pas à leur première étape. L'étudiante qui rentrait chez elle pour les vacances. Les parents et les enfants qui allaient rendre visite aux grands-parents en campagne. Le globe-trotter qui rentrait au pays, la valise bardée de stickers de ses destinations et encore marqué du seau de l'aéroport. La femme d'affaire qui partait en séjour professionnel de l'autre côté de la frontière. La personne qui prenait le train pour la première fois et regardait tour à tour son billet et le train, l'air un peu hagard. Aucun d'eux ne lui échappait, ce qui satisfaisait pleinement son égo.

Lukas plissa pourtant les yeux à un moment. Un homme d'une quarantaine d'années passait régulièrement pour aller aux toilettes ou aux distributeurs automatiques, talonné par une femme d'âge mûr sans qu'elle ne fasse rien d'autres qu'attendre que l'homme en ait à chaque fois fini avec ses affaires. Si lui arborait une douce expression emplie d'une sincère bienfaisance, elle n'avait pas un sourire, pas une ride. Son regard strict balayait soi-disant les alentours, mais Lukas ne s'y trompa pas une seule seconde : elle était en train de scruter attentivement les passagers.

La curiosité de Lukas fut piquée au vif. Il referma aussitôt son roman.


Affaire à suivre…