Bonjour à tous !
Merci à tous ceux qui ont répondu à l'appel pour le retour de cette fic ! ça fait plaisir de voir que malgré le hiatus assez important, il y a toujours des personnes prêtes à sauter sur de nouveaux chapitres, tout comme il y a encore de nouveaux lecteurs ! ça m'étonnera toujours, ça, ah ah ! Etre tout de même tentée par la lecture malgré le nombre de chapitres et/ou de mots, moi, je vous tire mon chapeau bas. (parce que je suis la première à hésiter face aux très longues fics, je l'avoue !)
En outre, j'ai achevé cette semaine l'écriture de l'A17 ! Je me penche maintenant sur l'élaboration de l'A18, même si je n'aurai pas le temps de l'écrire avant fin juin.
En attendant, je vous souhaite en cette période de révisions et d'examens, bon courage pour tout, mais j'espère aussi que vous prenez le temps de vous reposer !
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Finlande : Tino Väinämöinen
Suède : Berwald Oxenstierna
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 15 : Observations
Lukas tapota le bras de Tino qui somnolait vaguement. Celui-ci se tourna vers lui interrogateur.
- Echangeons de place, s'il te plaît.
Tino haussa les sourcils, surpris par une telle demande. Lukas avait le siège près de la fenêtre, chose qu'il avait demandée en réservant. Il était d'autant plus étonnant qu'il formule une telle demande lorsqu'on connaissait le personnage. Néanmoins, Tino lui sourit, faisant ressortir ses pommettes saillantes, avant de libérer son siège. Ils échangèrent au grand bonheur de Tino qui s'amusa à filmer les paysages enneigés qui défilaient à toute allure par-delà la vitre.
Quand bien même cela ne se voyait pas, ce fut également au plus grand bonheur de Lukas. Tout à son aise avec une vue désormais imprenable sur le couloir, il observa attentivement les deux individus et surtout cette femme qui feignait la nonchalance avec une bonne maitrise de la discrétion. Il fallait être rudement attentif pour se rendre compte de son jeu, ce que personne n'était précisément dans un train, aspiré dans sa petite bulle créée pour l'occasion.
Lukas savait lui aussi très bien feindre l'occupation. Il soupira profondément puis appuya son coude sur l'accoudoir, déposant son menton au creux de la paume, prétextant l'ennui. Il n'en avait qu'une meilleure vue. Il laissait son regard errer tout en observant fixement la femme du coin de l'œil.
Elle était typée asiatique, sans que cela ne puisse apporter à Lukas de réelles indications supplémentaires. Son regard sombre observait le même petit jeu que lui. Elle n'était pas bien grande, habillée très sobrement, privilégiant clairement le confort. Elle dégageait pourtant de l'élégance. On devinait sous les épaisseurs une belle carrure. Ses jambes paraissaient bien moulées pour un pantalon pas si serré que ça, ce qui soulignait ses muscles. Elle ne portait pas de talons, remarqua-t-il. Ses ongles étaient coupés courts, sans être manucurés. Elle ne portait pas de maquillage, pas d'accessoires. Ses cheveux foncés étaient très simplement regroupés en queue de cheval. Sa stature était droite, presque guindée. Luka s'autorisa l'esquisse d'un sourire au coin des lèvres : il ne faisait aucun doute qu'elle opérait de la protection rapprochée.
Le regard de Lukas se posa alors sur l'homme qu'elle suivait à chaque instant. Elle était en tout point son opposé. Et pourtant, il se dégageait d'eux une indéniable complicité. Il lui souriait de temps à autres sans qu'elle se déride. Cela ne semblait pas le déranger le moins du monde. Il se montrait très poli et affectueux envers elle. Lui aussi typé de la même origine, ses cheveux un peu en broussailles contrastaient avec ses sages lunettes et son raffinement vestimentaire. Vêtu d'un costume oscillant entre le beige et l'ambre, piqueté de broderies, une écharpe de soie sur ses épaules, cet homme dégageait une grande sérénité.
Pour Lukas, la question était entière : que faisait un homme respectable sous une protection aussi scrupuleuse dans un train à destination d'Oslo ?
Il fronça les sourcils à cette pensée. La garde du corps tourna brusquement la tête vers lui. Le regard de Lukas bifurqua aussitôt sur Tino. Il ne se pencha pas de suite vers lui. Cela aurait paru bien trop coupable. Autant faire comme si de rien n'était. Il laissa quelques secondes s'écouler avant d'appeler Tino d'un petit hochement du menton.
- Montre-moi tes photos.
Il se redressa sur son siège, tout en sentant encore le regard de cette intrigante femme scruter le moindre de ses mouvements, jusqu'à détenir une quelconque preuve. Lukas ne lui en donnerait pas l'occasion.
Tino ne se fit pas prier et ne se contenta certainement pas d'un simple défilement. Il lui fallait argumenter et décrire chaque cliché, ce qu'il allait en faire et combien cela ferait plaisir à Berwald. Lukas avait entendu ce prénom au cours de ces dernières vingt-quatre heures bien plus de fois que toute sa vie durant jusqu'à présent. Une relation aussi attentive l'un à l'autre était un concept étrange pour lui. La dynamique au sein du couple que formaient Tino et Berwald le fascinait en un sens.
- La Suède manque beaucoup à Berwald, tu sais, déclara finalement Tino
Il zoomait et dézoomait une des photos de lacs gelés avec un petit sourire tendre en coin, le regard légèrement perdu.
Voilà encore une chose qui interpellait Lukas. Comment diable Tino, certes un ancien sniper mais pas observateur hors-pair pour autant, arrivait à comprendre Berwald et sa loquacité réduite ? Lui, Lukas le comprenait sans peine. Il n'avait pas besoin de mot pour comprendre cet homme. Mais Tino… c'était un mystère qu'il n'éclaircirait peut-être jamais, se disait-il frustré.
S'être laissé distrait et d'avoir pensé à tout autre chose avait passé l'envie à la garde du corps de pousser plus loin son incursion. Lukas l'aperçut bientôt du coin de l'œil passer juste après son protégé pour regagner leurs sièges. Il ne tenta pas de jeter un regard en arrière sous peine de se mettre à découvert. Il ne se leva pas de suite non plus. Il patienta jusqu'à ce que la prochaine gare soit passée pour finalement prétexter aller aux distributeurs automatiques s'acheter une cannette de café.
- Un yogourt pour moi s'il te plaît ! lui dit Tino en lui donnant quelques couronnes suédoises
Lukas s'avança d'un pas relâché. Une fois face à la machine, il fit mine d'inspecter les différents produits. Puis, il revint sur ses pas.
- Tu veux quelque chose à manger ? demanda Lukas
Ce petit faux-semblant lui permis de balayer à son tour la voiture et de prendre connaissance des voyageurs. Un premier balayage qu'il mettrait à profit lorsqu'il reviendrait avec les friandises. La garde du corps était difficile à repérer dans ses vêtements d'une sobriété exemplaire, mais aux yeux de Lukas, elle dénotait particulièrement dans le paysage de part son sombre regard si vif.
- Des bonbons alcoolisés ! Oh et puis de la réglisse aussi. Et tant qu'on y est, des cacahuètes, énuméra Tino tout en lui procurant la monnaie, merci bien !
Lukas ne fit pas cas de la gourmandise de Tino et reprit son chemin vers les distributeurs. Il commanda et tandis que la machine faisait son office, feignit l'attente, bras croisées à observer autour de lui. Il repéra l'homme qui désigna quelque chose par-delà la fenêtre à sa garde du corps, un sourire émerveillé aux lèvres. Ils n'étaient vraisemblablement pas d'ici. Ou alors cet homme était prompt à s'étonner de toute chose ce qui pouvait correspondre à son profil psychologique jusqu'alors.
Le distributeur rappela Lukas à lui lorsque le reçu lui chatouilla la paume de la main. Il tourna brusquement la tête, attrapa les amuses-bouches puis revint à sa place. Après ce déplacement, il ne lui resterait qu'une opportunité, celle d'aller aux toilettes, pour avoir une vue aussi imprenable sur le wagon. C'était le moment ou jamais d'enregistrer le maximum d'informations.
Cinq rangs derrière lui et Tino, côté droit dans le sens de la marche. Elle du côté couloir, lui du côté fenêtre. Deux valises au-dessus d'eux. Une orange, une noire. Rien sous ses pieds à elle. Pas de sac à main pour elle vraisemblablement. Tablette abaissée pour lui, relevée pour elle. Accoudoir entre elle et lui, pas à sa gauche côté couloir.
Lukas ne montra aucun signe qu'il observait, se contentant de reprendre place auprès de Tino, qui se jeta aussitôt sur les bonbons alcoolisés dont il raffolait tant. Cependant, le détective comprit une chose essentielle : c'était une véritable professionnelle qui ne laissait place à aucune fioriture. Elle était parée à toute épreuve. De plus, il était quasiment certain qu'elle dissimulait à tous les coups une arme de service. Quelle qu'elle soit.
Lukas prit même le parti d'attendre que les toilettes les plus proches soient occupées afin d'avoir la bonne excuse d'aller vers celles situées à l'arrière, et a fortiori de passer devant eux. Toujours dans l'unique but de les observer un peu plus. Néanmoins, personne ne se pressait et Lukas était bien prêt à abandonner cette idée lorsque quelqu'un daigna enfin utiliser les WC les plus proches.
Lukas ne sauta pas de suite sur ses pieds de peur d'éveiller les soupçons et préféra patienter quelques instants. Puis, lorsqu'il se leva, il garda en tête l'idée qu'il était une personne tout à fait désintéressée qui ne cherchait qu'à aller aux toilettes. Il marqua un temps d'arrêt en regardant les plus proches, puis observa les alentours, feignit de se résigner à pousser jusqu'à l'autre bout du wagon. Là, un large sourire intérieur s'étira tandis qu'il affichait une expression indicible comme à son habitude.
Lui était en pleine lecture, le visage reposé. Lukas ne put déterminer la langue d'un aussi rapide coup d'œil, seulement que l'alphabet n'était pas latin. Il était de fait probable que leurs traits asiatiques soient vraisemblablement bien plus que des origines. Quant à elle, elle demeurait les mains l'une sur l'autre, posées sur les genoux, sans bouger. Elle n'avait pas un regard pour son voisin mais observait par petits à-coups les alentours. Elle était décidément très investie dans sa mission professionnelle.
Lukas ne put rien en tirer de plus, surtout s'il ne voulait pas se faire remarquer par cette garde du corps. En tout cas, il était fasciné. Qui étaient donc ces deux personnages et que faisaient-ils à bord de ce train ? Quelle était leur destination ? Leur objectif ? D'où venaient-ils ? C'était une distraction inopinée qui tombait à point nommé.
Lorsqu'il sortit des toilettes, le détective lorgna une nouvelle fois sur le livre, se concentrant sur quelques caractères seulement afin d'en déterminer la langue. Dès qu'il reprit sa place, il extirpa son téléphone portable d'une poche, puis alla trouver sur internet une liste pertinente des langues à travers le monde.
Du thaï, en conclut-il en retrouvant l'alphabet aperçu dans le livre.
Il tapota son téléphone sur son menton, songeur. Il était donc bien question de personnes étrangères, ou tout du moins l'une des deux. Toute l'énigme résidait là : que faisait un Thaïlandais dans les contrées septentrionales européennes en compagnie de sa garde du corps ? D'autant qu'il ne s'agissait que d'une ligne régulière sans standing particulier. Hors, s'il avait à disposition quelqu'un pour assurer sa sécurité, c'est qu'il était indéniablement quelqu'un. Lukas frétillait sur son siège face à ce puzzle.
Néanmoins, il dut prendre son mal en patience car il ne pouvait décemment pas les observer plus encore. Il devait se contenter des éléments déjà en main et les ressasser dans l'espoir qu'une révélation miracle lui saute aux yeux. Ce qui était, bien entendu, parfaitement inconcevable aux vues de ses capacités de déduction. Frustré, il ne feignit même pas son ennui en rongeant son frein.
Alors que, quelques minutes plus tard, Tino s'était tourné vers lui pour lui montrer les prochaines éditions d'album d'un de leurs groupes en commun ainsi que les goodies d'un autre, Lukas aperçut du coin de l'œil le Thaïlandais et sa garde du corps, passer une nouvelle fois. Ils se rendaient aux toilettes. Lorsqu'il s'enferma dans le cabinet, elle croisa les bras et s'intéressa faussement aux friandises dans le distributeur.
Lukas y vit là peut-être une des dernières occasions de les observer de près et d'en retirer encore d'autres indices. N'y tenant plus, il agita la cannette pour justifier son futur acte.
- Je te reprends un truc ?
- Oh ! Non, pour moi ça va. Ah si ! se reprit au dernier moment Tino, encore des bonbons… s'il te plaît.
Tino eut un petit sourire gêné. Lukas savait très bien desquels il parlait et il ne voyait pas en quoi cela était en quoi que ce soit une honte. C'était son pêché-mignon, voilà tout.
Il hocha la tête puis se rendit en deux enjambées au distributeur à côté de la garde du corps. Tandis que la machine le servait, il sentit une légère pression dans les côtes.
- Bougez et vous verrez votre flanc blessé, prévint la garde du corps
Affaire à suivre…
