Bonjour à tous !
Comme vous l'avez tous remarqué en effet, nous partons pour une histoire en compagnie de Vietnam et Thaïlande ! C'est deux personnages que j'aime vraiment bien mais malheureusement, ils n'apparaissent pas souvent, que ce soit dans les strips officiels comme dans les créations de fan, je trouve :( Pour vous dire, quand j'ai recherché les noms humains utilisés pour Thaïlande, je n'ai pour ainsi dire rien trouvé… Il n'a même pas droit à un nom humain bien répandu dans le fandom, ce pauvre Thaïlande ! Enfin, bref ! Il est là !
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Finlande : Tino Väinämöinen
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 15 : Le jugement
Lukas ne fut même pas pris d'un petit accès de panique. Non. Seulement un frisson d'excitation. Il avait l'impression de toucher au jackpot. Les personnes étranges étaient décidément une source d'amusement sans borne. Et il avait le flaire pour les repérer. A cela se mêlait un fort sentiment de frustration. S'il se retrouvait avec une arme contre le flanc, c'était bien parce qu'elle avait repéré son petit jeu. Et cela, cela lui faisait moyennement plaisir. Il pinça les lèvres.
Sa voix était monocorde, mais son anglais était marqué par sa langue maternelle, sans qu'il ne puisse cependant déterminer laquelle. En tout cas, elle n'était pas anglophone de naissance. Elle n'était pas plus d'Europe, se dit-il puisqu'il connaissait beaucoup de locuteurs non-anglophones européens ainsi que leur accent lorsqu'ils s'exprimaient dans la langue de Shakespeare. Son ton était froid, ferme, sans état d'âme. Décidément la parfaite garde du corps qui ne se laissait pas impressionner.
Il tira une autre conclusion de cette rencontre singulière. Elle le menaçait par une arme pour les avoir seulement observés. Elle était tellement sur le qui-vive que le plus petit mouvement était considéré comme dangereux. Quelque chose d'important se jouait pour eux.
La distributeur automatique servit à Lukas sa cannette de café et lui rendit la monnaie.
- Si je vous dis que je n'ai strictement rien à voir avec vos affaires, vous ne me croiriez pas car c'est bien la première chose que quelqu'un dirait pour baisser la garde d'un adversaire, déclara Lukas posément, considérez que vous n'êtes qu'une distraction pour moi qui ne suis qu'un individu doué d'une curiosité sans borne. Mais ça aussi, ce serait beaucoup trop dur à croire tellement cela parait incongru. D'autant qu'il ne vous ait certainement pas permis d'accorder votre confiance au premier venu. Qui plus est lorsque votre premier réflexe est de le menacer d'une arme. Et désormais, je vous parais totalement singulier. Et je vois sur votre visage un froncement de sourcil perplexe. Ce qui se comprend parfaitement.
La pression sur son flanc s'accentua légèrement.
- Cette réaction aussi était prévisible. Il est parfaitement compréhensible que je ne vous mette absolument pas en confiance. C'est pourquoi je ne ferai rien. Je ne bougerai pas. Et ce sera tout à votre avantage que vous déciderez du moment où je ne serai plus une menace. En attendant, laissez-moi vous dire que j'admets être… étonné d'avoir été pris la main dans le sac. Vos capacités d'observation sont plus aiguisées que je ne l'imaginais.
Si seulement cette garde du corps avait idée de la valeur de ce compliment. Jamais Lukas n'admettait avoir été pris à son propre jeu. Reconnaitre cette personne comme une égale paraissait improbable au sortir de la bouche du détective. Elle ne le connaissait pas et ne pouvait certes pas estimer cela, ce qui était bien dommage.
Pour sa part, Lukas patientait tranquillement, sans le moindre soupçon d'angoisse. Après tout, s'il ne faisait aucun mouvement, elle n'avait aucune raison de l'attaquer. Tout comme agir ainsi lui garantissait la légitime défense quoi qu'il advienne. Il ne ressentait même pas le besoin de sortir Tino de sa somnolence. Il l'apercevait vaguement du coin de l'œil, la tête reposant contre la vitre, des écouteurs dans les oreilles. Cela ne lui apporterait rien de faire appel à lui alors qu'ils étaient sur le retour d'un concert, tout sniper que Tino était, à part peut-être créer un vent de panique qui nuirait à son innocence.
La garde du corps le fixait intensément. Même un battement de cil de travers suffirait certainement à lui donner le feu vert.
Il fallait attendre que son protégé sorte des toilettes. Elle continuerait de tenir Lukas à l'œil mais reprendrait place aux côtés du Thaïlandais.
Quelques instants plus tard, ce dernier sortit finalement du cabinet. Il marqua un temps d'arrêt en découvrant sa garde du corps toujours focalisée sur Lukas. Contre toute attente, le détective l'aperçut se détendre.
- Mademoiselle Lien ? Je suis là, nous pouvons y aller.
Elle croisa brièvement le regard de son protégé qui lui sourit. Elle ne se dérida pas pour autant, se contentant de se tourner vers Lukas.
- Prenez votre cannette et partez rejoindre votre siège.
- Ah excusez-moi, mais je n'avais pas que ça à acheter.
Elle fronça légèrement les sourcils.
- Et si je ne ramène pas ses confiseries à mon compagnon de voyage, je me verrais dans l'obligation de lui expliquer ce qu'il vient de se passer. Ce qui ne vous conviendrait pas le moins du monde, j'imagine.
- Vous pourriez lui dire qu'il n'y en avait plus.
Lukas en convint. Aucun des deux n'en démordit cependant. Ce fut le Thaïlandais qui trancha.
- Mademoiselle Lien, vous voyez bien que ce monsieur ne présente aucune menace.
Elle n'avait pas l'air aussi convaincu que lui, mais c'était dans sa nature professionnelle d'agir ainsi. Il posa une main apaisante sur son bras. Puis, sans quitter des yeux, elle rangea son arme aussi discrètement qu'elle l'avait sortie et fit deux pas en arrière pour se retrouver juste derrière son protégé.
Lukas gratifia le Thaïlandais d'un sourire, ce qui une fois encore était chose peu commune lorsqu'on connaissait le détective, mais l'homme le prit pour un remerciement sincère. Puis, il commanda les bonbons alcoolisés.
- Ils sont bons ? demanda le Thaïlandais
Lien sursauta quelque peu et dévisagea son protégé, les yeux ronds. Une fois encore, il la rassura.
- Je peux bien discuter avec lui. Tout le monde ne peut pas être suspect. Et puis… vous êtes là.
La garde du corps grimaça de façon à peine perceptible. Une fois encore, c'était son travail de trouver tout le monde suspect au contraire, et il n'était pas certain qu'elle apprécie que son propre protégé s'oppose à elle sur ce sujet. Néanmoins, elle ne pouvait rien faire à part réagir en cas de besoin. Elle demeura donc statique, légèrement en retrait.
Lukas récupéra le paquet qui venait de tomber.
- Je pense que oui. Je n'en ai jamais goûté à dire vrai.
- Je suis curieux !
Aussitôt, le Thaïlandais s'approcha pour réaliser la même commande. Lukas sentit la garde du corps paniquer intérieurement en voyant son protégé bouger en direction de l'ennemi qu'il représentait toujours à ses yeux.
- Etes-vous Suédois ? Norvégien ?
- Norvégien.
- Vous rentrez au pays donc.
Le Thaïlandais eut un petit sourire un brin mélancolique. Lukas plissa légèrement les yeux. Tiens donc, pensa-t-il, se pourrait-il qu'il soit nostalgique de son foyer ? Aurait-il fui ? Lukas aperçut derrière le regard perçant de la garde du corps. Il hocha la tête.
Il ne pouvait pas passer son chemin. L'occasion était trop belle d'en apprendre plus sur les motivations de ces deux individus. Cependant, il ne pouvait poser de questions directes, au risque de s'attirer les foudres de mademoiselle Lien.
- Vous connaissez Oslo ?
- J'y réside.
- Merveilleux ! Qu'y a-t-il d'incontournable ? J'imagine que la saison se prête à l'évasion sur les pistes, mais je crains que ça ne me soit pas permis.
Le Thaïlandais coula un bref petit regard vers sa garde du corps qui ne lâcha pas pour autant Lukas des yeux.
De son côté, Lukas comprit non seulement que c'était la première fois qu'ils s'y rendaient, mais aussi que cet homme n'était pas entièrement libre de ses mouvements. Dans quelles mesures ?
- Tout dépend de vos centres d'intérêts, répondit Lukas avisant la réaction de la garde du corps
Cette dernière le fusilla clairement du regard. Elle avait compris son petit jeu. Le visage du détective demeura inexpressif mais il n'en jubilait pas moins intérieurement.
- J'adore la bonne cuisine ! Je pense pouvoir me vanter d'être un fin gastronome exigeant. J'apprécie beaucoup le folklore et la sculpture.
- Dans ce cas, je peux certainement vous recommander des établissements de qualité sur Oslo.
- Volontiers !
Pour la garde du corps, c'en était trop. Le paquet de bonbons venait d'arriver. Elle le récupéra pour son protégé, puis l'attrapa par le bras.
- Monsieur, le somma-t-elle
Il tourna vers elle un visage insouciant avant que son visage ne s'attriste. Il avait l'air d'un enfant réprimandé par sa mère. Mademoiselle Lien demeura cependant inflexible.
- Ravi d'avoir pu discuter avec vous, déclara le Thaïlandais à l'adresse de Lukas avant de s'en aller.
Lukas répondit par un bref salut de la tête. Il les observa un instant s'éloigner avant de rejoindre son siège également. Tino s'était complètement endormi. Il déposa les bonbons sur la tablette, ouvrit sa propre canette de café et en avala une rasade. Il ferma les yeux et reprit chacune des informations qu'il avait compilées sur ces deux individus.
D'avoir ingéré autant de café ne le laissa pas en paix avec ses réflexions. Sa vessie se rappela à lui et bientôt, Lukas dut se rendre aux toilettes. Il soupira et Tino émergea de son sommeil au même moment.
- Quelque chose ne va pas ? demanda-t-il avant d'apercevoir son paquet de bonbons, oh ! Merci !
Lukas balaya furtivement l'air de la main puis se leva.
Lorsqu'il ressortit des toilettes une ou deux minutes après, il tomba nez à nez avec la garde du corps. Son protégé se trouvait bien évidemment à ses côtés. Lukas haussa brièvement un sourcil circonspect. Elle était vraisemblablement venue le voir lui.
- Vos menaces sont pitoyables, déclara-t-elle
Elle dévoila dans sa paume un papier froissé qu'elle prit soin de déchirer sous ses yeux. Les morceaux retombèrent comme des confettis sous le regard pour le coup ahuri de Lukas. Sans un autre mot, la garde du corps enjoignit au Thaïlandais de la précéder. Ce dernier adressa une petite moue affligée à Lukas.
Pour sa part, le détective observa encore un instant les bouts de papier sur le sol du wagon. Il jeta un coup d'œil à mademoiselle Lien et son protégé. Si celui-ci avait repris sa place, elle consultait sa montre et avisait les valises.
Les déductions fusèrent dans son esprit. Elle projetait de descendre à la prochaine gare, et sachant que le Thaïlandais avait demandé à Lukas des informations sur Oslo, c'est donc qu'elle voulait changer de plan et fuir. Le reste des pièces de puzzle se trouvaient dans le morceau qu'elle avait réduit en confettis, ce qui d'ailleurs révélait un professionnalisme ponctué d'une certaine fierté.
Lukas attrapa les morceaux et rejoignit son siège à pas pressé. Ils avaient quitté la précédente gare il y a peu. Il disposait de trois bons quarts d'heure pour réagir. Sans parler de sa curiosité, il était hors de question de se laisser accuser.
Tino se pencha vers lui.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Un quiproquo.
Tino écarquilla les yeux, puis avala un bonbon.
- Mais encore ?
Lukas lui narra en quelques mots ce qu'il se tramait depuis le début du trajet. Surement de par son passé, Tino ne montra pas le moindre signe de stupeur, tout au plus un brin de surprise. Pendant ce temps, Lukas rassemblait les morceaux. Le message était en thaï. Mademoiselle Lien considérait donc que Lukas, tout typé nord-européen qu'il était, connaissait cette langue. Qui pouvait donc les menacer pour qu'elle en soit venue à cette conclusion, elle qui lui était apparue si scrupuleuse dans son travail ?
En attendant, s'il était bien capable de reconnaitre la langue, il ne la comprenait pas. Mais peu importe finalement : le fait est qu'elle avait trouvé dans ce message une menace et Lukas savait pertinemment qu'il n'en était pas l'auteur. Il y avait quelqu'un dans ce train qui avait pris la garde du corps et son protégé pour cible.
Affaire à suivre…
