Bonsoir !

Je poste tardivement ce week-end et pour cause ! J'ai un rythme un peu particulier de travail ces deux premières semaines de juin. Du coup, je suis très peu présente. Par chance, mon jour de repos tombe un samedi, donc je peux poster ce week-end !

Au passage, un grand merci à tous ceux qui ont laissé une review ! Même si je n'y ai pas forcément répondu, elle m'ont fait très plaisir !

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Finlande : Tino Väinämöinen

Vietnam : mademoiselle Lien

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 15 : Le mot fatal

Outre l'amusement qu'il en retirait, il devenait important pour Lukas de découvrir qui menaçait réellement le Thaïlandais et sa garde du corps. Ce qui impliquait donc de découvrir la raison de leur fuite.

Le message en thaï aurait pu lui apporter beaucoup mais il n'avait pas le temps de tenter une traduction via internet. D'autant plus que cela aurait été beaucoup trop incertain.

Le plus simple était dans un premier temps d'observer des mouvements suspects autour du Thaïlandais, et dans un deuxième temps proposer tout bonnement ses services à mademoiselle Lien. Quand bien même il s'attendait déjà à devoir sortir une artillerie de diplomatie pour la convaincre du bien fondé de sa démarche.

Néanmoins, il ne devait pas montrer de signe d'empressement ou trahir son observation une fois de plus. Si quelqu'un les menaçait dans ce train, cette même personne les espionnait et avait forcément vu que la garde du corps tout comme le Thaïlandais lui avait parlé. Qu'avait bien pu penser cette personne ? Non, elle n'avait pas pu prendre Lukas pour un de leurs alliés et devait sans doute jubiler de voir que la garde du corps s'embourbait dans un quiproquo, ce qui laissait parfaitement les mains libres au véritable traqueur.

Ce dernier devait forcément se trouver dans le wagon, le papier ayant été découvert après leur rencontre aux distributeurs. Or, personne n'était passé derrière eux. Pour que le message ait été laissé, il était nécessaire que l'individu se soit trouvé plus en arrière, voire dans la voiture suivante. La garde du corps comme son protégé n'avaient en effet rien pu voir, sachant qu'ils tournaient le dos à leur siège à ce moment là. Lukas n'ayant osé aucun mouvement brusque n'avait pas non plus la possibilité d'avoir nettement vu quelqu'un s'approcher. Ajouter à cela le fait que, malgré des examens minutieux des lieux, la garde du corps n'avait pas une seule fois réagi face à un passager, hormis Lukas. Soit elle ne connaissait pas les têtes des poursuiveurs, soit le ou les individus n'étaient pas présents dans cette voiture là.

Lukas se pencha vers Tino.

- Va aux toilettes. J'en sors pour ma part, je ne peux pas y retourner tout de suite sans éveiller les soupçons. A ton retour, je veux que tu concentres ton regard sur l'arrière du wagon. Ne cherche pas de faciès en particulier. Juste une expression qui t'interpellerait.

Tino obtempéra sans mot dire.

Ce laps de temps laissait à Lukas l'occasion de tenter de traduire quelques mots, à défaut de pouvoir faire autre chose. Il se concentra sur les groupes de lettres les plus imposants, supposant qu'il devait s'agir des termes les plus conséquents.

Lorsque Tino revint, Lukas venait de découvrir un mot alarmant bien qu'il n'en montra rien.

- Trois individus : une qui flâne la tête en l'air, un à l'air sarcastique avec un sourire en coin omniprésent, un au visage fermé à toujours regarder droit devant lui, lui glissa son compagnon de voyage. Après, ce ne sont peut-être que des attitudes. Ce serait même très probable.

A dire vrai, Lukas l'écouta à peine.

- Tu as des connaissances en déminage ?

Tino écarquilla les yeux.

- Pardon ? Ne me dis pas que…

Tino se pencha un peu plus en avant et murmura :

- … Il y a une bombe dans ce train ?

- En tout cas, dans ce message, se trouvent les mots « bombe » et « train ». Je ne connais pas le fonctionnement syntaxique et grammatical du thaï, mais vu que la garde du corps l'a pris pour un message de menace, il y a fort à parier que la traduction de ces deux termes est bonne.

- Mais elle t'a pourtant bien dis que c'était pitoyable, non ?

- Deux possibilités : soit elle voulait elle-même tenter une intimidation, soit elle ne peut pas croire qu'on en vienne à ces extrémités là. Ce qui sous-entendrait qu'elle et son protégé ont des personnes aux trousses qu'ils ne pensaient pas capable de faire de vague. Qui n'en ont pas fait jusqu'à présent du moins. Et ils veulent descendre de ce train afin de se prémunir non pas eux mais les autres, ce qui colle avec le caractère du Thaïlandais. Il se présente comme une personne douce et aimable. Pour sûr qu'il ne voudrait pas mettre la vie d'autrui en danger par sa faute. Et sa garde du corps ne fait que la suivre. Elle est là pour assurer sa protection. Sauf que leurs poursuiveurs connaissent certainement les fuyards et peuvent très bien envisager leurs réactions. Donc tenter une intimidation en prétextant la présence d'une bombe. Et que cela soit vrai ou pas, le Thaïlandais prendra toujours la précaution de descendre du train afin que les autres ne soient pas affectés. Sauf que s'ils descendent de ce train, c'est eux qui vont se faire cueillir par leurs assaillants. C'est ça qu'elle a dû trouver pitoyable. La manipulation psychologique par le biais de l'intimidation. Et cette mademoiselle Lien me parait être une femme d'action, franche.

Tino plaqua brutalement les mains sur ses joues rebondis.

- Qu'est-ce qui nous dit qu'il n'y a pas une vraie bombe cependant ?

- Rien.

- C'est bien ce que je me disais… S'il y a une vraie bombe, qu'ils descendent ou pas, rien ne nous garantit qu'elle n'explosera pas.

- Et si cela s'avère vrai et que cela surprend mademoiselle Lien que leurs assaillants en soient arrivés à cette extrémité, c'est que leur fuite dure déjà depuis un bon moment. Soit les poursuiveurs sont las de se faire discrets. Soit ils sont dans l'urgence vis-à-vis d'une donnée qui nous échappe. Dans tous les cas, d'après ce schéma, ils feront de plus en plus d'erreur. Ce qui est indéniablement bon pour nous. Néanmoins, si jusqu'à présent ils se sont montrés discrets, c'est qu'ils ne sont uniquement intéressés que par eux. Nous autres, nous ne les intéressons pas et ils n'ont vraisemblablement aucune raison de s'en prendre aux passagers.

Tino se frotta le menton, songeur.

- Il ne faut pas activer les freins d'urgence du train. Cela alerterait les poursuiveurs qu'on les a remarqué. Sans compter que dans l'incertitude de la présence d'une bombe, il veut mieux considérer qu'elle existe et qu'elle est fonctionnelle. Et donc qu'elle peut être basée sur le principe du mouvement : si le train s'arrête inopinément…

Tino leva des yeux inquiets vers Lukas qui se contenta de hocher la tête.

- Le seul imprévu dans leur plan, déclara finalement Lukas, c'est moi. Ils n'avaient certainement pas prévu que la garde du corps et moi entrerions en contact et qu'elle croirait que j'ai un quelconque rapport avec leurs histoires. Et ils ne s'attendent certainement pas à ce que je sois doué d'une excellente capacité d'analyse et de déduction.

Un nouveau silence s'éternisa entre eux. Les secondes défilaient, les rapprochant un peu plus à chaque instant de la prochaine gare.

- Je peux toujours faire jouer mes contacts dans l'armée pour les prévenir et voir s'ils peuvent localiser une bombe… proposa Tino, quoique mitigé. Sauf que ça va prendre du temps de passer par toutes les strates protocolaires. Et puis, nous sommes en territoire suédois et je n'ai que des contacts en Norvège…

Lukas secoua la tête.

- Mauvaise idée en effet. Le Thaïlandais et sa garde du corps seront déjà descendus d'ici là. Hors de question qu'ils se fassent attraper pour si peu. Alors que je suis là.

Tino esquissa un sourire.

- Mathias serait content d'entendre ça.

- Qu'est-ce qu'il vient faire dans cette conversation ?

Tino haussa les épaules.

- Il se préoccupe beaucoup de toi. Au même titre que toi vis-à-vis de lui.

- Peu importe. Nous avons d'autres chats à fouetter de toute façon.

Tino prit aussitôt un air grave et approuva. Il savait se concentrer en une fraction de seconde, une déformation professionnelle qui était la bienvenue.

- Nous avons deux priorités : les empêcher de descendre et déterminer si une bombe se trouve véritablement dans ce train.

- Le tout en toute discrétion.

- Exact.

- La question, c'est comment ?

Quand bien même Tino avait un passé militaire, il n'était pas un stratège mais plutôt un homme de terrain. Il était dans l'attente du commandement de Lukas, qu'il reconnaissait donc comme le cerveau des opérations. Ce dernier avait le regard fixé sur le message en thaï. Il se devait de prendre une décision rapidement.

- Je ne peux pas avancer sans savoir ce que contenait véritablement ce message. Il faut que j'arrive à convaincre la garde du corps que je ne suis pas celui qu'elle croit. Mais pas d'inquiétude. J'ai un plan bien évidemment. Les faits, rien que les faits, seront toujours le plus haut gage de vérité.

Sur ces mots, le détective se leva et alla rejoindre les sièges du Thaïlandais et de mademoiselle Lien. Arrivé à leur hauteur, il jeta brièvement un coup d'œil autour. A l'arrière, une seule personne en train de dormir la bouche ouverte et la tête rejetée en arrière. Difficile de feindre ce genre de sommeil. A l'avant, une dame âgée résolvait des mots croisés norvégiens en dégustant des chocolats. Grille muette de niveau 5/6. Elle était forcément native et avait peu de chance d'être mêlée de près ou de loin à cette affaire. Il pouvait donc parler en toute confiance, quoiqu'il s'assurait de prendre un ton assez bas.

Lukas se cala bien contre l'accoudoir afin d'obstruer la vue à tout intrus. Aussitôt, la garde du corps réagit évidemment en conséquence. Elle ne le quitta pas des yeux, et, lorsqu'il extirpa d'une des poches de manteau son portefeuille, son regard se jeta dessus prête à le fusiller. Elle détailla l'objet, puis le détective, cherchant à comprendre son objectif.

Calmement, avec des gestes très simples, oubliant pour une fois son côté théâtral, Lukas sortit de son portefeuille sa carte d'identité et le billet de concert de la veille, nominatif de surcroît. Il les déposa sur la tablette devant mademoiselle Lien.

- Je doute que quelqu'un à votre poursuite prenne du bon temps.

La garde du corps considéra la chose. Son protégé attrapa le billet et la carte d'identité, les détailla en silence. Puis, il secoua la tête navrée en rendant les papiers à Lukas.

- Je crains qu'il n'y ait eu méprise, monsieur. Je vous prie de nous excuser.

- Qui êtes-vous et que voulez-vous dans ce cas ? coupa presque mademoiselle Lien

Elle restait méfiante, ce que pouvait très bien expliquer Lukas. S'il n'avait rien à voir avec eux, pourquoi s'évertuait-il à communiquer avec eux ? Pourquoi n'était-il pas perturbé au minimum, effrayé au maximum, par le comportement de la garde du corps ?

- Vous ne pouviez pas tomber mieux, déclara-t-il, je suis détective à mes heures perdues.

Elle plissa les yeux.

- Si vous descendez de ce train, je ne pourrais rien pour vous. Mais si nous unissons nos forces, nous pourrons mettre fin à cette longue cavalcade.

Elle le jaugea du regard. Elle s'interrogeait. Lukas lâcha un bref soupir.

- Je suis détective, je vous l'ai dit. J'ai pu sans problème déduire votre situation d'après quelques éléments.

- Pourquoi feriez-vous ça ?

- Parce que ça me plaît de résoudre des enquêtes.

La garde du corps continua de fixer le détective encore un moment, avant de finalement se tourner vers son protégé. Elle ne jugeait pas Lukas dangereux, le Thaïlandais pouvait prendre la décision qu'il souhaitait.

- Je ne veux mettre personne en danger, déclara finalement le Thaïlandais

- Ce n'est pas mon but.

- Mais d'après mademoiselle Lien, tout ceci n'est qu'un simulacre.

- Cela vous parait totalement invraisemblable, renchérit Lukas à l'adresse de la garde du corps

Ce n'était pas une question. Cette petite discussion venait peu à peu confirmer l'hypothèse de Lukas. L'un ne voulait pas prendre le risque de mettre des gens en danger, tout comme l'autre ne pensait pas concevable que leurs traqueurs en soient arrivés à une telle extrémité.

- Néanmoins, vous êtes certaine d'une chose avec ce message : au moins une personne vous a suivi à bord. Et c'est peut-être bien là quelque chose de plus angoissant encore.

- Vous pensez qu'il faut les prendre au sérieux ? demanda le Thaïlandais après un instant d'hésitation

Lukas attrapa son billet de concert et sa carte d'identité qu'il rangea soigneusement dans son portefeuille.

- C'est exactement la raison pour laquelle j'ai besoin de vous. J'aurais mieux aimé résoudre seul cette affaire, mais cela parait quelques peu complexe.

Il sentit le Thaïlandais se raidir à cette annonce. Quant à la garde du corps, mademoiselle Lien se contenta d'un bref rictus. Il était plus probable qu'elle se sente piqué dans son orgueil d'avoir sauter à des conclusions hâtives, plutôt que d'être véritablement préoccupée par une éventuelle bombe.

- J'ai besoin que vous répondiez à quelques questions. Qu'était-il marqué précisément sur le message ?

Le Thaïlandais ne put répondre car il n'avait jamais vu concrètement le message, sa garde du corps le lui avait simplement rapporté avant de le froisser. Ce fut donc elle qui se chargea de répéter la menace, quoiqu'en lâchant un bref soupir.

- « Une bombe surveillée à distance est avec vous. Si vous descendez ou faites arrêtez le train, elle explosera. »


Affaire à suivre…