Bonjour tout le monde !

Je suis désolée pour la publication hors week-end, j'ai une journée de boulot qui s'est improvisée hier alors que je pensais rentrer chez moi. Du coup, n'ayant pas mes données avec moi… ben… je pouvais pas poster XD

Une petite pensée pour les bacheliers pour qui, ça y est, c'est le moment ! Courage à vous ! Et courage à toute personne faisant face à une épreuve, en fait, quelle qu'elle soit :)

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Islande : Emil Steilsson

Danemark : Mathis Køhler

Finlande : Tino Väinämöinen

Vietnam : mademoiselle Lien

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 15 : L'ultimatum

La réelle teneur du message changeait sensiblement l'idée que Lukas s'en était faite. Il était décidément crucial qu'il parle avec eux. A partir de là, il était impensable que le Thaïlandais ait voulu descendre du train, plus inquiet du sort d'autrui que du sien. Mais mademoiselle Lien était plus préoccupée par son sort à lui qu'autrui, chose compréhensible.

- Et vous êtes certains de vouloir descendre du train ?

- Non, répondit le Thaïlandais

- Oui, répondit la garde du corps

C'est bien ce que Lukas venait de supposer. En plus d'une menace, réelle ou pas, les traqueurs avaient réussi à opposer leurs cibles essentielles.

- Vous avez vérifié vos affaires je suppose ?

- Non, affirma mademoiselle Lien à la surprise de Lukas, il devait bien admettre. J'ai tout vérifié avant de quitter notre logement et pas une seule fois je n'ai quitté les bagages que ce soit des yeux ou des mains. Il est parfaitement impossible que quoi que ce soit ait pu s'y glisser.

- L'impossibilité est un concept très flou. Qui vous dit qu'il s'agit des bagages ? Qu'il ne s'agit pas de vous-mêmes ?

Aussitôt le Thaïlandais se tata le corps. Le détective sentit mademoiselle Lien se retenir de faire de même.

- Si c'était le cas cependant, je doute qu'elle soit aussi facilement repérable. Vous seriez déjà tombés dessus par inadvertance, assura Lukas. Mais nous n'en saurons plus que lorsque j'aurais pris contact avec une personne de ma connaissance, habilitée en de telles circonstances. Quoiqu'il en soit, ils savent vous toucher en plein cœur. Bombe ou pas, c'est de la provocation. Ils veulent vous faire sortir de votre stratégie habituelle par manipulation. Néanmoins, vous pouvez les prendre de court. Ne prenez pas le risque de faire exploser un train, alors que vous avez un détective à disposition. Quelqu'un qu'ils n'avaient certainement pas prévu dans leur plan. Depuis combien de temps vous poursuivent-ils ?

- Depuis notre point de départ, il y a un an.

Lukas plissa les yeux.

- C'est la première fois qu'ils agissent ainsi, n'est-ce pas ?

Le Thaïlandais hocha la tête.

L'hypothèse du détective se confirmait donc sur ce point. Leurs poursuiveurs étaient las et voulaient en finir.

- Ont-ils besoin de vous vivant ?

La garde du corps marqua un temps d'arrêt. Elle n'aimait vraisemblablement pas qu'on traite la vie de son protégé de manière aussi anodine. Le Thaïlandais fut brièvement décontenancé lui aussi. Il n'avait surement pas l'habitude qu'on lui demande la chose aussi directement. Pourtant la réponse qu'il donna dans un doux sourire fut encore plus singulière.

- Ils sont envoyés par une secte qui veut m'exécuter publiquement face à leurs fidèles pour propos blasphématoires.

Pour le coup, Lukas ne put s'empêcher de cligner plusieurs fois des yeux. C'était bien la première fois qu'il se retrouvait face à ce genre de situation. Sans compte qu'une nouvelle interrogation venait s'ajouter. Même las, si leurs traqueurs avaient reçu l'ordre de les ramener vivants pour une exécution public, d'où venait cette idée de bombe ? Mademoiselle Lien les connaissait suffisamment pour connaitre leurs procédés et leur objectif. Elle avait, de fait, compris de suite que quelque chose clochait dans ce message. Ils ne pouvaient être pris au sérieux par la garde du corps. Pourtant, le Thaïlandais préférait assurer la sécurité des personnes alentours et agir comme si. Quant à elle, elle avait dû lui dire que c'était impossible qu'il y ait une bombe puisqu'ils devaient être capturés vivants. Néanmoins, elle avait ainsi la confirmation que quelqu'un les avait suivis à bord et préférait donc mettre son protégé à l'abri en descendant au premier arrêt venu. Cependant… pourquoi donc le prétexte de la bombe en particulier ? Pourquoi ne pas choisir quelque chose de plus crédible ? Et s'il s'avérait qu'une bombe se trouvait bien là, pourquoi ce revirement de situation ?

- Que faisons-nous du coup ?

La voix de mademoiselle Lien sortit brusquement le détective de ses pensées.

- Ils veulent vous ramener vivants, ils n'auraient donc pas intérêt à utiliser leur bombe, pour peu qu'elle soit réelle. Dans un premier temps, j'ai besoin de savoir si vous seriez capable de reconnaitre vos poursuiveurs.

- Quelques-uns, oui.

- Aucun visage ne vous est familier dans ce wagon. Avez-vous eu l'occasion d'aller faire un tour dans les autres ?

- Non.

Lukas se frotta le menton songeur. Puis, il attrapa un bout de papier et un stylo sur lequel il griffonna son numéro de téléphone.

- Bien. Nous en resterons là pour le moment. Nous devons attendre d'avoir de plus amples informations au sujet de cette soi-disant bombe. Je vous confie mon numéro de téléphone pour échanger par messages. Pour plus de discrétions.

Mademoiselle Lien approuva d'un hochement de tête. Elle attrapa furtivement le bout de papier qu'elle fourra dans sa poche. Puis, Lukas retourna à sa place.

Tino voulu de suite s'avoir ce qu'il avait échangé avec eux. Il écarquilla les yeux en apprenant à son tour ce que contenait réellement la menace.

- Il ne fallait déjà pas envisager d'utiliser les freins d'urgence pour mettre la puce à l'oreille, mais c'est maintenant totalement hors de question. C'est beaucoup trop dangereux !

Lukas hocha la tête.

Déjà bien loin dans ses réflexions, la voix de Tino n'était qu'un murmure aux oreilles du détective. Une bombe surveillée à distance impliquait forcément un lien avec l'informatique, le réseau, les échanges de données.

- Il nous faut quelqu'un d'efficace et rapide à distance, capable de génie informatique. Autrement dit, Alfred.

Face au regard interrogateur de Tino, Lukas dut brièvement lui raconter le phénomène que représentait cet étudiant en échange à Oslo. Il lui assura qu'il l'estimait tout à fait capable de prodige en la matière.

Lukas dégaina son téléphone portable. Il n'avait pas les coordonnées d'Alfred mais qu'importe. Il appela aussitôt Emil. Ce dernier décrocha rapidement.

- Oui ?

- Donne-moi de quoi contacter ton ami Alfred.

- Ce n'est pas mon ami, marmonna Emil à l'autre bout du téléphone.

- Je raccroche. J'en ai besoin dans les secondes qui suivent.

- Mais attend, pourq-

La fin du mot fut coupée. Lukas venait de raccrocher au nez de son petit frère, sans aucune gêne. A Oslo, Emil était peut-être ahuri, il fit néanmoins son travail et bientôt, l'aîné reçut le téléphone portable d'Alfred. Il appuya aussitôt.

Les doigts du détective marquaient chaque tonalité d'un coup sec sur la tablette.

- La garde du corps observe encore nos sièges.

- Pas étonnant : elle fait son travail.

A l'autre bout du combiné, une voix enjouée satura la ligne par ses salutations.

- Qui c'est ? s'exclama Alfred

- Lukas.

- Ah ! Salut, mec ! Comment ça va bien ?

Lukas passa outre la familiarité et la question.

- Peux-tu tracer le signal d'une bombe ?

Un blanc survint, avant qu'Alfred ne s'égosille :

- Whaaaat ?! Non mais on vit toujours des trucs de oufs avec toi, Lukas ! T'es pas sérieux !... Si ?

- Oui ou non ? demanda froidement Lukas

Il n'avait pas besoin de perdre de temps. Il lui fallait de la réactivité.

Au bout du fil, Alfred déglutit. Puis, il prit une grande inspiration. Dès lors qu'il reprit la parole, son ton était calme.

- Tout dépend du détonateur qui commande le tout. Si c'est artisanal ou électronique. Si le détonateur est enclenché manuellement ou à distance.

- Une bombe dans un train surveillée à distance.

- Dans un train ? Dans ton train ?! My god ! Mais qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi ils en parlent pas sur le net et à la télé ? Et Emil, il est au courant ?

- Peux-tu le faire oui ou non ? insista Lukas, un brin agacé

- Je peux toujours scanner les signaux. Une surveillance à distance, ça implique forcément un polling.

Lukas n'avait aucune idée de ce dont il parlait, mais il fit avec.

- Combien de temps ?

- Oh bah si j'utilise une bonne machine, quelques minutes à peine. Tout dépend de la vitesse d'exécution du zimbrèque.

- Tu as jusqu'à 14h22, pas une minute de plus. Et sois discret, ne put s'empêcher de préciser le détective

- Ça roule ! Je suis en mission top secrète ! Trop cool ! Alfred spy's adventures !

Lorsque Lukas raccrocha, il souffla. Difficile de garder le cap avec quelqu'un d'aussi distrait qu'Alfred, aussi compétent qu'il fut.

- 14h22 ? demanda Tino

- L'heure à laquelle nous arrivons dans la prochaine gare.

- Mais il est déjà près de 14h10…

- Raison de plus pour qu'il s'active.

En attendant, Lukas envisagea très sérieusement la procédure à suivre en cas de bombe. Il avisa Tino qui connaissait forcément un ou deux protocoles en la matière. A plusieurs reprises, son téléphone vibra, mais ce n'était qu'Emil qui tenait mordicus à le joindre. Il finit aussi par lui envoyer un message lui demandant de s'expliquer. Il s'inquiétait et Lukas le savait pertinemment. Cependant, non seulement il avait plus urgent à faire, mais il considérait que moins son petit frère en saurait, mieux ils se porteraient tous les deux. Bientôt, ce fut au tour de Mathias d'appeler. Lukas se doutait bien de ce qui était en train de se jouer dans la demeure osloïte, mais il lui paraissait inutile d'alarmer tout le monde pour le moment. Le train roulait toujours et il n'y avait aucune certitude de la présence d'une bombe. Il ignora l'appel.

Bien qu'il n'y paraisse pas, à mesure que les secondes défilaient, Lukas sentait l'angoisse poindre en lui. Il fut soulagé lorsqu'il vit le numéro d'Alfred s'afficher sur son téléphone, masquant le 14h19.

- J'ai décodé les différents signaux, commença Alfred, et placer un sniffer pour déterminer les différentes adresses IP. J'en ai trouvé une qui revient très souvent. Trop souvent…

- Et ?

- Je dois décrypter les données si je veux pouvoir comprendre ce qu'il se passe. C'est étrange qu'il y ait autant de trames courtes et puis des trames plus longues à fréquence réguliè-

- Il y a une, oui ou non ? coupa brutalement Lukas

- Ça se pourrait bien, oui…

- Poursuis ta manip.

Le détective n'avait décidément plus de temps à perdre.

- Sûr, mec ? Non, parce que je te dis, des données cryptées après… ça peut vouloir tout et rien dire. Et t'imagines le scoop si c'est vraiment une bombe ! J'aurais l'info en exclusivité !

- Tu poursuis ta manip, répéta Lukas, je veux absolument tout savoir sur ce signal dans les moindres délais.

- Roger !

- En attendant, pas un mot à qui que ce soit.

Un silence embarrassé lui répondit.

- Tu… tu es sûr ?

- Alfred, tu travailles sur ce décryptage. Point.

Le jeune homme à l'autre bout du fil s'empressa d'obtempérer. Puis, ils raccrochèrent. Au même moment, le train ralentit et entra en gare d'Ed. Lukas transmit les informations à Tino, tout en envoyant un message urgent à mademoiselle Lien. Il ne fallait en aucun cas qu'ils tentent de descendre du train. L'hypothèse de la bombe devenait bien trop réelle.

- Dès qu'on a plus d'informations, déclara aussitôt son compagnon de voyage, je contacte l'armée norvégienne. Elle ne pourra certainement pas réagir dans l'immédiat. Mais dès que la frontière sera passée, elle pourra passer à l'acte.

- Parfait. En attendant, dès que le train aura redémarré, va te promener dans les voitures à l'arrière. Mon visage est trop connu, et la garde du corps ne pourrait pas s'y rendre à moins d'emmener avec elle son protégé, ce qui est impensable. Ce serait l'exposer. Le seul qui puisse naviguer plus tranquillement que nous, c'est toi. Et j'ai vraiment besoin de renseignements sur les passagers qui sont installés dans les autres voitures.

Tino acquiesça puis demanda :

- Je me promène juste ?

- Te balader, prendre des photos, utiliser les toilettes, simuler un appel téléphonique… ce que tu veux, éluda Lukas en balayant l'air de sa main.

Sur ces dernières recommandations, Tino partit en reconnaissance.

Pendant ce temps, le cerveau de Lukas fonctionnait à plein régime. Il se récapitula la situation telle qu'il la connaissait jusqu'à présent. Tout tendait à confirmer qu'une bombe se trouvait bien à bord. La menace était donc réelle. Si le Thaïlandais descendait ou si le train s'arrêtait inopinément, ils pouvaient dire adieu à tous les passagers et le personnel de bord. Quel pouvait être l'avantage pour les traqueurs de les pousser à rester ? Le Thaïlandais et mademoiselle Lien ne descendait qu'à Oslo de toute façon, le terminus.

Une pensée fusa en un éclair. Lukas se traita alors de tous les noms. Qu'il était bête ! C'était l'évidence même !

Leurs opposants avaient beau les traquer, ils ne pouvaient avoir conscience de la destination prévue par leurs cibles. Ils ne pouvaient avoir aucune certitude qu'ils descendraient à la gare d'Oslo. Sauf avec la bombe. Avec cet ultimatum, ils s'assuraient de leur présence à bord jusqu'à la destination choisie, à savoir le terminus, où ils n'auraient plus qu'à les cueillir. De plus, une fois débarqués, le train sera toujours à quai. Le Thaïlandais et mademoiselle Lien ne pourront opposer aucune résistance sans déclencher une redoutable explosion au sein même de la gare centrale.

En somme, s'ils descendent, la bombe explose. S'ils résistent à Oslo, la bombe explose. Ils ne pouvaient que se rendre.

Pourtant, malgré le drame de la situation, Lukas esquissa un petit sourire en coin sarcastique.

Le traqueurs n'avaient jamais envisagé qu'il soit là, lui.

Alors qu'il élaborait son plan, son portable vibra encore. Mais cette fois, il ne s'agissait pas d'un appel mais d'un message de la part de son petit frère.

« Et tu crois que ça va nous rassurer d'apprendre que tu es à bord d'un train miné ! Espèce de grand frère incompétent ! »


Affaire à suivre…