En cette journée officiellement estivale, bien le bonjour !

Je suis heureuse de constater que le stress est là, parmi vous, chers lecteurs :) Ok, hors contexte, cette phrase est assez déplacée ah ah XD Mais je pense que vous saisissez ! Si vous ressentez de l'angoisse, alors mon but est atteint.

J'en profite aussi pour vous annoncer que j'ai entamé l'écriture de la 18ème affaire ! Ce qui est une bonne nouvelle car, plus j'écris, plus je prends d'avance et plus je peux m'assurer de vous offrir un chapitre toutes les semaines sans discontinuité.

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Islande : Emil Steilsson

Danemark : Mathias Køhler

Finlande : Tino Väinämöinen

Suède : Berwald Oxenstierna

Sealand : Peter

Vietnam : mademoiselle Lien

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 15 : En pleine inquiétude

Plus que d'être surpris, Lukas fronça les sourcils.

- Alfred, marmonna-t-il les dents serrés

Ni une ni deux, il composa le numéro du jeune génie de l'informatique et, tandis que les tonalités se succédaient, ses doigts tapotèrent la tablette. Cependant, lorsqu'on décrocha, il n'eut même pas le temps d'entamer ses reproches.

- Ouais, je sais : ça prend du temps. Mais tu sais, c'est long de décortiquer toutes ces trames. Faut que je me farcisse toute la doc avec. Pff ! Je te promets que je…

- Tu as parlé à Emil.

Un silence lui répondit. Lukas se prit l'arrête du nez entre deux doigts.

- Il n'a pas arrêté de m'appeler, se défendit finalement Alfred, alors j'ai bien dû répondre à un moment ! Mais…

- Je t'avais dit : pas un mot à qui que ce soit.

- Mais c'est ce que je suis en train de te dire. J'ai décroché mais je lui ai juste dit que j'avais du boulot et que j'avais pas le temps. Il voulait absolument savoir mais eh ! Je suis un pro, mec ! Je sais garder un secret. Je suis comme un super-héros avec sa doub-

Lukas le coupa aussitôt. Il n'en avait rien à faire des histoires de super-héros.

- Tu ne lui as pas parlé d'une bombe ?

- Ben non ! Je suis pas débile.

- Alors qui ?

Pile au moment où il disait cela, une ampoule s'alluma dans son esprit. Sans même s'excuser, il demanda à Alfred de poursuivre sa tâche et raccrocha.

Peu de temps après, Tino revint s'asseoir, quoique la tête basse et les joues roses, se rongeant les ongles. Lukas reçut un nouveau message de son frère cadet.

« Réponds ! »

Il mit son téléphone en veille et le reposa sur la tablette.

-Tu as parlé à mon petit frère.

Tino se mordit la lèvre inférieure. Sous le regard noir de Lukas, il s'empressa de dire :

- Emil m'a appelé tout à l'heure, oui, mais je lui ai rien dit. Promis !

Lukas plissa les yeux, se focalisant sur son interlocuteur.

- Mais Berwald t'a appelé par la suite, comprit le détective

Aussitôt, les joues de Tino rougirent violemment. Tant de gêne que par affection pour son compagnon.

- Je… je suis désolé, balbutia-t-il, mais… je ne peux rien cacher à Berwald…

Le visage de Tino prit une teinte d'autant plus écarlate. Lukas ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel.

oOo

Quelques minutes auparavant, dans la banlieue nord d'Oslo, lorsque Tino avait finalement étayé l'affaire auprès de Berwald, ce dernier avait à peine raccroché qu'il s'était effondré sur le canapé sous les yeux incrédules de son fils. Peter s'était alors jeté sur son père, accompagné par Hanatamago qui était venue lécher le visage de son maître.

- Papa ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Qu'est-ce qu'il a dit papa ?

- Appelle Mathias et Emil.

Peter venait d'empoigner le téléphone que celui-ci s'était remis à sonner. Hanatamago avait aboyé sur le combiné. Depuis le début de l'après-midi, ça n'arrêtait pas !

- Allô ? Maison des Oxenstierna-Väinämöinën, j'écoute !

- C'est Mathias. Du nouveau ?

- Tu tombes bien ! Papa vient de faire un malaise.

- Quoi ?! s'étrangla son interlocuteur, attends, attends ! On arrive !

Berwald n'avait pas eu le temps de réfréner ni son fils ni Mathias que le téléphone avait déjà retrouvé son socle.

Peu de temps après, la sonnette tinta. La petite chienne aux talons, Peter alla ouvrir à Mathias et Emil qui débarquèrent dans le salon. Ils s'arrêtèrent net en découvrant Berwald assis dans le sofa, une tasse de café entre les mains.

- Mais… t'as pas fait un malaise ? s'interrogea Mathias

- Juste un peu secoué.

- Peter, sermonna à moitié Mathias, faut pas rigoler avec ce genre de choses.

- Eh oh ! Pour qui tu me prends ? Il s'est effondré sur le canapé. Je m'inquiète, moi.

Pour toute réponse, Mathias lui ébouriffa les cheveux. Peter fit la moue en retour. Son père l'interpella.

- Il faut promener Hanatamago.

- Ah ! Tu veux que je le fasse ? Maintenant ?

Berwald hocha la tête.

- Mais ça va aller sans moi ?

Son père lui adressa un rictus qui devait sans doute être considéré comme un sourire.

- Hanatamago a besoin de sortir, déclara-t-il simplement

Peter hocha fièrement la tête. Il étreignit son père, lui tapota l'épaule. Puis, il appela la chienne qui comprit de suite le message et trottina gaiement jusqu'à son jeune compagnon à deux pattes. Lorsque la porte d'entrée claqua, Berwald lâcha un profond soupir, comme s'il s'était retenu de respirer tant que son fils était présent.

- Alors ? T'as des nouvelles, toi ? demanda Mathias en prenant place aux côtés de Berwald.

Emil, lui, demeurait sur le pas de la porte. Le visage blême et les poings crispés, il était visiblement préoccupé, sinon angoissé.

- Oui, j'ai réussi à joindre Tino.

- A la bonne heure ! s'exclama Mathias, de notre côté Lukas n'a toujours pas répondu à aucun de nous deux. Dis-nous que tu en sais plus, toi.

Berwald ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit dans un premier temps. Tout ce qu'il put lâcher finalement fut :

- Bombe.

Emil fit un bond en l'air, le mot résonnant à ses oreilles comme un claquement sourd. Il pâlit autant qu'il le pouvait encore. Mathias, quant à lui, dévisagea Berwald, les yeux ronds.

- Pardon ?

Un peu fébrile, Berwald raconta son échange téléphonique avec Tino et ce que ce dernier avait au bout du compte révélé. S'embrouillant un peu, parlant à demi-voix, il mâchonnait les mots encore plus que d'habitude ce qui rendait difficile la compréhension.

Alors qu'Emil rédigeait furieusement un message sur son téléphone portable, Mathias souffla, atterré :

- C'est pour ça qu'il a besoin d'Alfred. Et si Alfred est si occupé… ça ne peut que vouloir dire qu'il est bien tombé dessus…

Les mains de Berwald s'agitèrent sur sa tasse dans un accès de panique. Mathias posa les siennes dessus.

- Non mais ne t'inquiète pas. C'est Lukas. Ça va forcément bien se finir.

Etrangement, les mots résonnèrent de façon très lointaine à ses propres oreilles. Il écrasa de son mieux la petite pointe de doute qu'il sentait surgir au fond de lui.

- C'est une enquête comme une autre. Alala ! Lukas, toujours à dégoter des enquêtes même en vacances ! Ah ah ah !

Même son rire sonnait faux à ses propres oreilles. Inconsciemment, il raffermit sa prise sur les mains de Berwald. Ce dernier lui jeta un bref regard interrogateur auquel Mathias répondit par un grand sourire goguenard.

- Il a vu bien pire ! Et Tino aussi, non ?

Berwald hocha faiblement la tête, hésitant.

- Et il croit que d'ignorer nos appels, ça va nous rassurer ? s'énerva tout à coup Emil, mais quel imbécile !

Il se laissa tomber dans un fauteuil. Son regard se fixa sur son écran noir de téléphone, priant silencieusement pour qu'à l'autre bout son frère aîné daigne lui répondre.

- Cet Alfred, articula Berwald, où est-il ?

Mathias se tourna vers Emil. Ce dernier était bien le seul pouvant avoir la réponse. Pourtant, sa réponse ne fut que négative.

- Pourquoi est-ce que je le saurais ?

- C'est ton pote de fac, répondit Mathias

Emil roula des yeux. Il n'appréciait décidément pas qu'on voit en Alfred et lui une relation amicale. Il appréciait sa solitude. Sa jambe s'agita nerveusement. Il composa un nouveau message.

- J'aurais jamais dû lui confier les coordonnées d'Alfred, grogna-t-il

Puis, alors que le silence tomba sur la pièce, Berwald se leva brusquement, le regard sombre.

- Vous voulez boire quelque chose ? marmonna-t-il

Pris au dépourvu, Mathias cligna des yeux mais finit par accepter. Tandis que Berwald s'enfuit dans la cuisine, il se rapprocha d'Emil.

- Ça va ?

- Il veut me mettre à l'écart.

Mathias fut surpris par cette déclaration.

- Bah… c'est parce qu'il ne veut pas nous inquiéter. Même s'il se trompe cruellement pour le coup, j'admets.

- Ce n'est pas ce que je veux dire.

Emil resserra sa prise sur son portable.

- Il est directement passé par Alfred. Il ne veut pas que j'interfère.

Pour le coup, Mathias haussa un sourcil. Il ne comprenait pas ce qu'Emil était en train de lui dire.

- Je l'ai déçu la dernière fois.

A l'air interrogateur de Mathias, Emil détailla :

- Quand j'ai laissé Xavier-Henri se faire embarquer…

Là, Mathias écarquilla les yeux.

- Mais non ! Il ne t'en veut pas. Il va juste au plus court. Parce que… s'il y a une bombe dans le train…

Mathias ne put s'empêcher de déglutir. Il en avait vu des horreurs passées. Jamais aussi conséquente cependant. Il prenait peu à peu conscience de la chose.

- Tu dis ça, mais je sais ce qu'il se passe dans sa tête. Je le connais bien assez. Il ne me fait plus confiance.

- Non, c'est juste que… il faut être efficace.

- Autrement dit je ne le suis pas.

Mathias se retrouva à court de mots. Que pouvait-il dire au jeune homme en face de lui ? Les mêmes doutes refaisaient surface de temps à autres chez Emil, et Mathias ne savait jamais vraiment comment lui montrer son soutien. Il aimait bien Emil et il aurait bien voulu l'aider. Sauf qu'il ne savait pas comment s'y prendre.

D'autant plus dans ce genre de situation qui le laissait avec un sentiment d'impuissance comme il n'en avait jamais éprouvé jusqu'à présent. Lorsqu'Emil s'était fait enlever et que Lukas était parti à sa poursuite, Mathias s'était senti démuni certes mais pas impuissant. Là, c'était autre chose. C'était hors de contrôle. Et c'était finalement ce qui était le plus angoissant.

Berwald en faisait tout autant les frais, de cette angoisse, et le montrait sans aucune gêne. Il était clairement terrorisé à l'idée qu'il puisse arriver quelque chose à Tino. Sans compter que devait s'ajouter à cela un passé mouvementé qui avait dû laisser des séquelles. Mathias soupçonna Emil de ressentir lui aussi le poids de cette impuissance et de le décharger, d'une manière ou d'une autre, en se remettant lui-même en question. Alors que ce n'était clairement pas de son fait.

Lui-même se sentait tout petit et penaud face à la nouvelle. Cela lui paraissait à peine croyable. Une bombe ! Elle était bien bonne celle-là ! Mais il voulait croire en Lukas. Il était détective après tout. Et un détective, ça résolvait toutes les affaires, même celles qui incluaient des bombes. N'est-ce pas ?


Affaire à suivre…