Milles excuses, chers lecteurs !
Je n'ai pour le coup aucune excuse dans mon retard de publication. J'ai… tout bonnement zappé… Bon, ok, j'étais un peu prise. Mais quand même.
Et milles excuses bis ! Parce que c'était la fin de l'A15 et je ne l'ai même pas annoncé en fin de chapitre OTL
Vous l'aurez compris, j'ai un peu la tête n'importe où mais jamais au bon endroit ah ah ! XD
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Islande : Emil Steilsson
Danemark : Mathias Køhler
Bulgarie : Andrey Boyadjiev
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 16 : Je n'ai rien d'une vedette
Au cœur d'un frileux mois de février, un vendredi après-midi, Lukas s'était mis en tête de cuisiner des biscuits. Cela lui arrivait de temps en temps après une journée à compiler des informations ou étudier farouchement un sujet bien particulier. En l'occurrence, il venait de passer six heures d'affilé à travailler son savoir bien maigre en informatique. Depuis l'histoire du train miné, quelques semaines plus tôt à peine, il s'était promis d'affiner ses connaissances en la matière. Sauf qu'à se concentrer autant de temps, il en avait non seulement attrapé la migraine, mais il avait aussi tout bonnement oublié de manger dans la journée.
Lukas enfourna une plaque entière de biscuits en forme de têtes de lapin, ses préférés inavoués, puis régla la température et le minuteur. Satisfait de lui-même, il alla se préparer un café bien chaud. Tandis que la cafetière faisait son office, il observait le ciel couvert et gris par-delà la fenêtre ainsi que la neige s'entassant en congères là où elle ne gênait ni les passants ni les véhicules. La nuit s'installait peu à peu, encore précoce en cette période de l'année, accompagnée d'un brouillard plutôt épais.
La tasse fut bientôt remplie de café et, alors qu'il s'en emparait, la porte d'entrée claqua. Les pieds piétinèrent le tapis, suivis bientôt par des froissements de vêtements. Quelques secondes à peine après, la silhouette de Mathias se découpa dans le hall d'entrée. Il aperçut Lukas et prit aussitôt la direction de la cuisine.
- Parfait, tu es là !
Lukas haussa un sourcil intrigué en soufflant sur sa tasse fumante.
Mathias lâcha un journal sur la table. La une présentait les dernières actualités dont Lukas était déjà au courant, sans qu'il n'y ait rien qui le concerne véritablement. Il observa Mathias d'autant plus perplexe.
- Ah pardon…
Mathias s'empressa d'ouvrir le journal à une page de faits divers. Dans un coin, se découpait le portrait de Lukas, une vieille photo même antérieure à sa rencontre avec Mathias. Elle était accompagnée de la photo du Thaïlandais dont il avait sauvé la mise, sinon la vie, dans le train. Somsak Sivaraksa de son nom, comme il l'avait appris par la suite, un militant pacifiste qu'une secte extrémiste avait pris en grippe. Ce n'était pas la première fois que l'affaire était évoquée dans un journal, Lukas ayant volontairement mis l'affaire de la bombe et les coupables sous le feu des projecteurs pour les obliger à sortir de leur cachette et être connus du plus grand nombre, ce qui clairement n'avait pas figuré dans leur programme. Sans compter que l'évacuation d'une gare par les autorités accompagnées du service de déminage n'était certainement pas passée inaperçue. Néanmoins, le nom de Lukas n'était jusqu'alors jamais apparu et encore moins sa tête !
Avalant rapidement une gorgée de café, Lukas s'empara du journal et détailla l'article. « Lukas Bondevik, le sauveur de l'attentat à la bombe » tel était le titre pompeux. Le texte n'était pas très long mais suffisant pour assombrir le regard de Lukas. Il était écrit que les détails de la résolution de cette affaire avaient révélé le violoniste Lukas Bondevik comme le protagoniste pour ramener tout le monde à bon port et dénoncer les coupables aux autorités. Lukas eut un petit rire jaune. « Le violoniste. » Evidemment, il n'existait pas en tant que détective privé. Mais plus encore, il goutait moyennement de voir son nom associé à l'idée d'un sauveur, d'un brave samaritain, d'un héros. Il considérait qu'il n'avait fait que son travail. En plus de satisfaire son plaisir à enquêter, certes. Mais bien sûr, si on le considérait seulement comme un violoniste, il y avait peu de chances pour qu'on comprenne ses véritables motivations.
Lorsqu'il releva la tête, il découvrit un grand sourire épanouit sur le visage de Mathias, qui attendait sa réaction, les yeux pétillants. Lukas demeura muet.
- C'est génial, non ? s'exclama soudain Mathias
Lukas fit la moue. Seul résonnait le tic-tac de la minuterie du four.
- C'est pas génial ?
Pour toute réponse, Lukas attrapa sa tasse et avala d'une traite son café.
Les épaules de Mathias s'affaissèrent et il se laissa tomber sur un tabouret. Lukas se prépara un nouveau café et en proposa un à son colocataire. Lequel accepta en refermant mollement le journal.
- Je pensais que ça te ferait plaisir. Pour une fois qu'on reconnait ton talent…
- Quel talent ? Je ne suis qu'un violoniste à leurs yeux.
- C'est vrai, mais tout le monde sait maintenant que tu es doué. Peut-être même la police d'Oslo…
Lukas déposa la tasse de café devant Mathias, qui le remercia à demi-voix, puis prit place face à lui, la sienne en main. Il sirota un instant le breuvage.
- Je sais où tu veux en venir, mais mon but n'est pas d'être connu de tous. En vérité, je m'en contre-fiche de voir mon nom dans un journal. Mon but n'est pas d'entretenir une popularité. Et je m'en sors très bien sans avoir affaire à la police d'Oslo. C'est juste… frustrant, admit-il les dents serrés, de ne pas avoir accès à certaines facilités.
- Ça pourrait te permettre de faire valoir tes aptitudes, non ?
- Tout ce que je demande c'est pouvoir résoudre les énigmes qui se présentent devant moi. Je n'ai pas d'ambition professionnelle là-dessus.
Mathias posa la tête dans le creux de ses mains et fit la moue.
- Ça te fait même pas un peu plaisir de voir ta tête dans le journal ?
Lukas se contenta de hausser les épaules. Mathias s'affala sur la table.
- Pff… et moi qui pensais te faire une bonne surprise… wouhou… tu parles d'un début de vacances.
Un « ding » sonore résonna.
- Déjà les vacances scolaires ?
- Oui, on est le 12 février. T'as fait cuire quoi ?
Mathias releva la tête vers le four, intrigué. Lukas alla chercher des maniques et extirpa la plaque qu'il déposa sur la table. Il attrapa une assiette et transposa chaque biscuit dedans. La main de Mathias s'y glissa. Lukas la frappa aussitôt.
- Pas touche. Ils sont trop chauds.
- Mais ils ont l'air sacrément bon. C'est toujours rare quand tu cuisines.
Au même moment, la sonnerie tinta depuis l'entrée. Mathias et Lukas se dévisagèrent l'un l'autre, puis ce dernier décida d'aller ouvrir.
- Tu n'as pas intérêt à ce qu'il en manque un quand je reviens, menaça faussement Lukas en se débarrassant des maniques
Lukas savait pertinemment qu'il ne pourrait réfréner non pas la gourmandise mais l'obstination de Mathias. Il pouvait se montrer décidément très têtu lorsqu'il s'agissait d'obtenir ce qu'il voulait. Mais Lukas savait également ne pas céder. La seule chose dont Mathias était certain maintenant qu'il vivait sous le même toit depuis deux ans, c'est que Lukas ne mettrait jamais à exécution une quelconque sanction pour un biscuit ou deux.
Le maître de maison fut à dire vrai un brin surpris de découvrir Andrey, son ami d'enfance, sur le pas de la porte, en train de se tortiller les doigts. Et puis, il rassembla les pièces du puzzle et comprit la raison de sa venue. Il lui fit signe d'entrer afin de refermer la porte au nez du froid piquant. Le macareux d'Emil accueillit Andrey dans un grand cri, lequel sursauta. Il toussota nerveusement et Lukas lui répondit par un simple croisement de bras.
- Si je ne réponds ni à leurs mails, ni à leurs appels ni même à leurs lettres, déclara-t-il, je pense que la réponse est plutôt claire.
- Ce ne sont pas eux qui m'envoient. Je suis venu de mon propre chef.
- Quels sont donc tes arguments qui me pousseraient à accepter ?
Andrey haussa vaguement les épaules.
- Juste… parce que tu le mérites. En tant qu'ami, je n'ai aucune autre raison. Je trouverais ça dommage que tu ne saisisses pas l'occasion. Et puis, si tu viens, pour sûr que Vlad' ne manquera pas l'opportunité de s'inviter aussi. Ça fait longtemps qu'on n'a pas été tous les trois.
- Problème de concordances d'emploi du temps.
Andrey le concéda volontiers.
- Réfléchis-y encore un peu s'il te plaît, demanda-t-il finalement, même si c'est à la dernière minute, ça ne sera pas un problème.
Ils échangèrent encore quelques mots puis Andrey partit.
Mathias débarqua alors, se léchant les doigts. Lukas lui envoya un regard réprobateur.
- J'espère au moins que tu m'as laissé les plus beaux.
- Cela va sans dire. Qu'est-ce qu'il voulait ?
Lukas tourna les talons et retourna trouver son café en cuisine en compagnie de quelques biscuits. Mathias le suivit.
- Il tient à ce que je participe à une cérémonie de remerciements pour ce qu'il s'est passé avec le train.
Mathias ouvrit des yeux ronds.
- Ils ont prévu ça ? Mais c'est super !
Lukas grimaça et plongea dans sa tasse de café.
- Ça ne m'intéresse pas. On m'a envoyé des mails, des lettres, on a essayé de m'appeler, mais je n'ai aucune envie d'y aller. Qu'Alfred reçoive des remerciements officiels s'ils le souhaitent, je ne participerai pas à ce genre d'évènements.
- Alfred y va ? Ça serait dommage qu'il te vole la vedette quand même…
Lukas leva les yeux au ciel.
- Me voler la vedette ! Je n'ai rien d'une vedette et je ne prétends pas l'être. Je te l'ai dit et répété : ça ne m'intéresse pas, ces fioritures.
- C'est quand ?
- Mardi, dans l'après-midi. Si ça t'amuse, vas-y à ma place. Hors de question que je les gratifie de ma présence.
- En fait, c'est surtout une histoire d'ego, devina Mathias. Ils t'ont un peu claqué la porte au nez et ça t'énerve. Du coup, c'est ta petite revanche. En étant absent, tu les déconsidères autant qu'ils l'ont fait avec toi.
Lukas esquissa un sourire.
- Il se pourrait que tu t'améliores en déduction, dis donc. Pour la peine, tu as droit à une récompense : deux biscuits !
Mathias pouffa de rire en secouant la tête. Lukas était un sacré personnage. Quelque part, il était fasciné, attiré par ce caractère étrange. Puis, il se pencha vers son acolyte et déclara faussement grave :
- Sauf que mon cher Lukas, je suis en vacances et tu n'as rien de prévu me semble-t-il, mardi après-midi. Donc si tu n'y vas pas, c'est moi qui t'y pousserai.
Se prêtant au jeu, Lukas se pencha également.
- Je suis impatient de voir ça, tiens.
La sonnerie résonna de nouveau. Mathias prit le parti d'aller ouvrir cette fois. Sur le perron, emmitouflé dans un manteau de fourrure, vêtu d'un pantalon moulant à strass argenté et chaussé de baskets à plateforme arc-en-ciel, l'individu mâchonnait un chewing-gum sans aucune gêne. Mathias n'aurait pas su dire s'il s'agissait d'une femme ou d'un homme, mais au bout du compte peu importait, la personne face à lui débordait d'une personnalité franche et excentrique. C'était finalement le plus déstabilisant. Elle souffla une bulle qui explosa, puis demanda :
- Lukas Bondevik ?
- Ah euh… non. Je vais vous le chercher, bredouilla Mathias
Quelques secondes après, Lukas vint à la rencontre de leur visiteur.
- C'est pour quoi ?
- Vous êtes violoniste, n'est-ce pas ?
Allons bon, pensa Lukas, et voilà qu'on ne venait même plus le voir pour des enquêtes mais pour son maniement de l'archet.
- C'est exact.
- Parfait ! Vous êtes libre mardi aprèm ? Ça serait super cool.
Lukas se tourna vers Mathias avec un large sourire.
- Tout à fait ! répondit-il gaiement, complètement libre !
Affaire à suivre…
