Bonsoir à tous !
Et je m'excuse directement pour l'oubli du week-end dernier ! Entre la paperasse administrative et mon voyage, ça m'est un peu beaucoup sorti de la tête… OTL
J'avais l'intention de poster samedi matin, avant de prendre le train l'après-midi, mais j'ai zappé, comme quoi je dois vraiment tout noter sur mes petites ardoises (oui, parce qu'en plus je fais plusieurs listes de choses à faire XD). Et la question n'était même pas de retrouver via ma boîte mail ou ma bêta le chapitre du week-end vu que je partais à l'étranger, que j'avais mes vols en tête plus qu'autre chose (et j'adore l'avion… donc en général, quand j'ai des avions à prendre, je pense qu'à ça, excitée comme une puce XD) et que je n'avais pas pris d'ordi pour des questions pratiques. Donc bon, je me voyais mal tenter quand même de poster un chapitre via uniquement mon téléphone portable. J'aurais pu emprunter l'ordi de mes potes, mais de vous à moi, utiliser un clavier conçu pour les Danois, surtout quand on a besoin des accents français, c'est pas tip top ! Tout ce racontage de vie pour dire que j'ai préféré tout simplement reporter.
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Islande : Emil Steilsson
Danemark : Mathias Køhler
Pologne : Feliks Łukasiewicz
Finlande : Tino Väinämöinën
Suède : Berwald Oxenstierna
Sealand : Peter
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 16 : Les demandes de service
Sur le perron, bien qu'enveloppé dans son manteau de fourrure, le visiteur frissonna. Mathias lui proposa aussitôt de rentrer se mettre au chaud mais l'individu refusa.
- Non, j'ai que deux, trois choses à transmettre et monsieur le violoniste aura tout ce qu'il faut.
Une main sur la hanche, il énuméra les informations, les comptabilisant sur ses doigts.
- Y a mon super pote qui vient passer une semaine chez moi. Je lui fais un anniv' surprise et je veux un petit concerto. Viteuf hein. Pas besoin de jouer pendant trois plombes, mais je veux du divin. Ok ? Tapez plutôt dans le classique et le baroque. Tchaïkovski et toute la clique, vous voyez. Mardi 16 février, quinze heures. Voici mes coordonnées.
Il extirpa d'une de ses poches de manteau un énorme portefeuille alourdi par une impressionnante collection de porte-clés et straps en tout genre, puis tendit une petite note griffonnée sur un post-it à Lukas.
- On est d'accord ?
Lukas attrapa les coordonnées. Dessus, étaient notés le nom de Feliks Łukasiewicz, un numéro de téléphone mobile et une adresse au 67B, Markveien.
- Je serai rémunéré ? demanda-t-il seulement pour toute réponse
Feliks haussa les épaules, souffla une nouvelle bulle dans son chewing-gum.
- Si vous voulez.
L'argent n'était visiblement une source d'inquiétude.
- Bon, c'est pas tout mais je suis grave à la bourre à mon rendez-vous. Je peux compter sur vous, n'est-ce pas ?
Lukas acquiesça tout en fourrant le post-it dans une poche.
- Super cool ! s'exclama Feliks tout sourire, à mardi alors !
Puis, il s'enfuit à toute vitesse.
Malgré le froid, Mathias comme Lukas l'observèrent jusqu'à le perdre de vue. Encore un personnage haut en couleur, ne purent-ils s'empêcher de penser.
Puis, Lukas tourna les talons. Il avait toujours faim. Mathias referma la porte et s'élança à sa suite.
- Et bien ! Quelle aubaine pour toi, déclara mi-figue mi-raisin Mathias, te voilà indisponible mardi après-midi. Quel dommage pour la cérémonie…
- N'est-ce pas, se contenta de répliquer Lukas avant d'avaler un biscuit
Mathias se laissa tomber sur son tabouret. Il en grappilla lui aussi.
- Tu peux peut-être faire les deux ?
Lukas lui lança seulement un regard entendu en coin. Mathias leva les mains en signe d'abandon.
- Comment il s'appelle du coup ?
- Feliks Łukasiewicz.
- Excentrique, ce Feliks. Tu trouves pas ?
- Peut-être. Reste à savoir ce qu'on définit comme excentrique. A Grünerløkka où il vit, en tout cas, il se fond dans le paysage. Quartier d'artistes, ajouta Lukas face au regard interrogateur de Mathias
Peu importe la personne, Lukas était pleinement satisfait de cette aubaine qui lui permettait d'éviter en toute simplicité cette cérémonie officielle de remerciements. Ajouter à cela qu'on lui demandait tout bonnement de jouer des morceaux de son répertoire favoris, ce serait juste un pur plaisir de se préparer et d'y aller, fête d'anniversaire ou pas, monde ou pas. Cela méritait bien une nouvelle plaque de biscuits, décréta-t-il en se retroussant les manches.
Le week-end fut donc envahi par les révisions enthousiastes de Lukas. Il avait rapidement envoyé un message à Andrey, évoquant une mission impromptue pour le travail. Il se garda bien de préciser que l'opéra n'avait pas grand-chose à voir avec. Son ami d'enfance ne put que se résoudre à accepter l'empêchement.
De son côté, Mathias était agacé par les circonstances, quand bien même c'était les vacances. Le fait que Lukas soit si réfractaire à une reconnaissance le frustrait. Le frustrait même beaucoup. A tel point qu'il en était venu à se demander pourquoi il le ressentait ainsi. Alors que ça ne faisait strictement ni chaud ni froid au principal concerné.
Et puis lundi en fin de matinée, alors qu'il sortait les bras chargés de son marchand de bières favoris, Gulating, la réponse le frappa. Il avait eu tellement peur pour Lukas et il se souvenait encore si bien des mains tremblantes du détective au sortir de la gare, quand bien même il affectait un faux-semblant de maitrise totale de soi, qu'il avait cette irrépressible envie de montrer à la face du monde que cet homme, son acolyte, avait agi en véritable héros. Quoiqu'en dise Lukas, pour Mathias, il s'était montré maitre de la situation en dépit de l'angoisse qu'il avait dû ressentir. Lui-même s'était trouvé à des kilomètres et avait pourtant été terrifié à l'idée qu'il puisse lui arriver quelque chose. Il n'osait pas imaginer quelle aurait été sa réaction dans le train. Il n'avait jamais fait face à d'aussi graves circonstances. Il tenait d'autant plus à voir Lukas être gratifié que c'était un besoin pour lui de se dire que tout ceci était bien réel et que, par-dessus tout, Lukas était vivant. Tous les autres aussi, certes, et même à commencer par Tino, mais Lukas en avait réchappé. Et c'était un tel soulagement qu'il bénissait depuis chaque matin lorsqu'il le découvrait en train de siroter son café dans son fauteuil en train de décortiquer le journal. C'était stupide, mais rien que d'envisager la pire éventualité, il se sentit toute chose.
Quand son téléphone portable vibra, Mathias était encore fébrile. Son mobile lui annonça un appel de la part des Oxenstierna-Väinämöinen.
- Allô ?
- Salut Mathias ! s'exclama la voix enjouée de Tino à l'autre bout du combiné, ça va bien ? Je ne te dérange pas trop ?
Mathias repensa à la sérénité de Tino lorsqu'ils s'étaient finalement retrouvés sur la place de la gare. Il avait donné l'impression que c'était Berwald qui sortait du train plus que l'inverse…
- Euh… oui, bredouilla-t-il encore à moitié plongé dans ses pensées, enfin… oui, je vais bien ! Mais non tu me déranges pas.
Tino n'eut pas l'air de réaliser l'état de Mathias.
- Il se trouve que j'aurais besoin de te demander un petit service. Enfin, nous aurions besoin.
- Ah ? Je t'écoute.
- Demain, je pars pour une formation à Bergen et Berwald doit s'absenter pour rencontrer un fournisseur de bois. Il faut dire que les commandes, ça y va en ce moment ! Et il en a des très originales ! Mais tu t'imagines bien que c'est magnifique. Il a dû réaliser une fausse fontaine qui doit servir de bibliothèque. Il est tellement doué. C'est vraiment le dieu du bois, mon Beber.
Mathias ne savait pas si Berwald était dans la pièce, mais il était certain que si c'était le cas, il devait être rouge comme une écrevisse.
- Enfin, bref, je ne t'appelle pas pour ça. Le fait est que ni moi ni lui ne sommes libres demain et Peter a rendez-vous avec un ami.
- Et je peux y aller tout seul ! entendit-on crier la voix de Peter dans le combiné
- C'est vrai, ça, se permit Mathias, il a quatorze ans. Il peut bien se déplacer tout seul en ville ? A moins que ça ne soit loin. Dans ce cas, pas de problème ! Je vous l'escorte !
- Non, non, non. C'est en centre-ville.
- Je peux prendre les transports tout seul, papa !
- Mais ! geignit Tino, c'est la première fois que tu vas le rencontrer. On ne le connait pas nous et on s'inquiète ! C'est normal.
Mathias perçut les grommellements lointains de la part de Peter. Il entendit vaguement une porte claquée, puis un profond soupir de la part de Tino.
- Et dire qu'on est qu'au début de l'adolescence…
- Du coup… on fait quoi ? Je l'accompagne à son rendez-vous ?
- Ah oui ! On ne va pas se laisser marcher sur les pieds avec Berwald.
Mathias fut surpris d'un ton aussi autoritaire de la part de Tino. On le connaissait plus comme un sympathique petit bonhomme, rarement comme l'ancien militaire qu'il était. Ce qui était toujours un peu surprenant…
- On a conclu un marché tous les trois : pour la première fois au moins, il doit être accompagné. C'est quelqu'un qu'il a rencontré sur le net, il ne l'a jamais vu même à la webcam. Donc non, hors de question qu'il y aille tout seul la première fois.
Mathias se sentait un peu pris entre deux feux. Il connaissait bien Peter, tout comme ses parents. Il savait combien l'un et l'autre des partis pouvaient se montrer butés, chacun à leur manière. Il accepta de s'en charger. Tino lui confia l'heure et l'adresse en le remerciant chaleureusement, retrouvant sa bonhommie.
Lorsqu'il raccrocha, Mathias était pour ainsi dire arrivé à la maison. Il avait l'impression d'avoir parcouru le double de son trajet, tant ses réflexions et cette dispute entre père et fils l'avait éreinté. Il n'était décidément pas homme à réfléchir. Néanmoins, pour une fois, il ne pouvait s'empêcher de revenir sur cet épisode de train miné. En franchissant la porte d'entrée, il fut accueilli par des notes de violon trépidantes, et cela le fit sourire.
oOo
Le lendemain, Mathias partit avant Lukas. Peter l'attendait sur les marches menant au perron, les bras croisés, boudeur. Mathias leva les yeux au ciel, puis descendit de la voiture.
- Et bien alors, Peter ? Il fait beau et bon aujourd'hui, pourtant ! dit-il en guise de salut
- Ils me prennent encore pour un bébé !
Peter sauta alors sur ses pieds et rejoignit la voiture à grande enjambée, dans laquelle il s'installa à l'avant. Mathias lâcha un petit soupir, puis retourna derrière le volant. Alors qu'il enclenchait le moteur, il tenta de tempérer :
- C'est juste pour cette fois.
- Y a intérêt.
- T'es bien mal luné, dis donc. C'est ton pote qui va être content !
Aussitôt, le visage de Peter s'égaya.
- J'ai trop hâte de le voir en vrai. On s'est jamais échangé nos têtes. Je sais juste qu'il est un peu plus âgé que moi, mais entre nous, il parle un peu comme un gamin. Mais il est gentil.
- Tu connais son prénom ?
- Raivis.
Le trajet passa ainsi rapidement, Peter entretenant la conversation sur cet ami dont il allait faire la connaissance, mais avec qui il avait déjà vraisemblablement beaucoup partagé. Il était même surexcité, ce qui fit beaucoup rire Mathias.
Ils trouvèrent aisément l'immeuble dans un quartier très agréable, en bordure de la rivière Akerselva. L'ami de Peter habitait au premier étage. Bientôt, ils frappèrent à la porte de l'appartement 103. Lorsqu'on vint leur ouvrir, ils découvrirent sur le pas de la porte un adolescent au visage angélique, les cheveux blonds un brin bouclés et en bataille et de grands yeux intimidés, quand bien même il était vraisemblablement chez lui, bleus tirant sur le violet. Il était vêtu d'un costume sobre mais clairement distingué agrémenté d'un nœud papillon. Son regard s'illumina alors soudainement.
- Ah ! Peter ? C'est ça ?
Peter exulta, levant les bras au ciel.
- Oui, c'est bien moi ! C'est donc toi Raivis ? Je t'imaginais plus grand.
Raivis rosit et gonfla légèrement les joues. On devait sans doute lui faire assez souvent la remarque pour que ça l'agace. Alors que Mathias allait prendre congé, une voix résonna depuis l'intérieur de l'appartement.
- Raivis, c'est qui ?
- Peter. Tu sais, le jeune garçon que j'ai rencontré sur internet.
Ce fut au tour de Peter de grimacer. Il gonfla les joues : « jeune garçon »… il avait quatorze ans, que diable !
La voix devint une silhouette lorsqu'elle pénétra dans le hall d'entrée, en train de nouer soigneusement sa cravate. L'homme qui se présenta n'avait pour ainsi dire aucun trait commun avec Raivis. La coupe au bol d'un blond presque châtain, des yeux d'un bleu limpide et franc, soutenu par des lunettes, il était grand et de belle stature, lui aussi en costume.
- Enchanté ! Je suis Eduard, le tuteur de Raivis.
- Je t'ai déjà dit que je préfèrerais que tu te présentes comme mon grand frère, déclara Raivis un tantinet déçu
Eduard se contenta d'un petit rire nerveux. Il tendit une main chaleureuse à Mathias qui s'en empara.
- Mathias. Je suis juste euh… le pion favori de Peter !
Il ébouriffa les cheveux de ce dernier qui le tambourina de ses deux mains pour l'arrêter.
- Ses parents ne pouvaient pas se libérer donc je l'ai escorté.
- Même si j'ai quatorze ans et que j'aurais pu venir tout seul ! réitéra Peter en croisant les bras et relevant le menton
- Mathias ? s'étonna soudain une voix à l'arrière
L'interpellé fit volte-face et découvrit sur le palier du premier étage, la main encore sur la rambarde, et tout aussi surpris que lui, Lukas en habit d'apparat, son étui à violon avec lui.
- Bah ! s'exclama bêtement Mathias, qu'est-ce que tu fais là ?
Affaire à suivre…
