Bonjour à tous !
Une fois encore, je poste le dimanche et non le samedi, mais j'avais des soucis d'ordre personnel à régler, rien de bien grave, cela dit.
Néanmoins, je peux annoncer que j'ai entamé l'écriture de la 19ème affaire !
Et autre chose, je pense que vous comprendrez aisément la raison, mais ce chapitre figure parmi mes favoris x)
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Pologne : Feliks Łukasiewicz
Estonie : Eduard von Bock
Lettonie : Raivis Galante
Lituanie : Tori Laurinaitis
Sealand : Peter
Finlande : Tino Väinämöinën
Suède : Berwald Oxenstierna
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 16 : Une émotion saisissante
L'un était carré, le visage buriné, et tenait à la main un sac à dos tirer vers le bas par le poids d'un objet. L'autre plutôt chétif avait les yeux révulsés qui tournaient de façon angoissante dans leurs orbites.
- Non mais dites donc ! s'écria Feliks, pour qui vous vous prenez ? A débarquer comme ça chez les gens.
- Fermez-la ou je tire ! s'égosilla l'un des deux inconnus
Rien que le ton disproportionné de sa voix fit reculer Feliks, qui se recroquevilla derrière Toris. Lequel demeurait muet sous la stupeur. Mais plus encore que sa voix, l'inconnu avait un argument de taille : une petite arme à feu qui les fit tous pâlir.
- Vous la fermez. Tous ! On veut rien entendre.
- Vos portables, commanda d'un ton ferme et froid le deuxième, sortez tous vos portables et balancez-les-nous.
Feliks, Toris, Eduard, Raivis et Peter n'en menaient pas large. Ils se jetèrent un petit coup d'œil alarmé.
- Exécution !
Effrayés, ils obéirent tous. Ils tremblaient sous l'angoisse, sauf peut-être Peter qui faisait la moue. Mais peut-être ne tentait-il que de cacher son malaise.
- Tu crois qu'ils nous ont suivis ?
- Sais pas.
Les deux individus se turent et prêtèrent l'oreille, l'un contre la porte d'entrée et l'autre en jetant un bref coup d'œil par une des fenêtres. Seule la clameur de la ville résonna en arrière-plan, étouffée par le double vitrage. Les intrus parurent se détendre un peu.
- Vous bougez pas et vous la fermez, menaça de nouveau le plus chétif pointant son arme vers les convives
Il ne semblait pas très assuré, à répéter les mêmes ordres comme cela, mais personne n'osa le reprendre et le défier sur sa détermination.
- Y a quelqu'un d'autre dans cet appart' ?
Tous se regardèrent en tremblotant, mais aucun d'eux n'osa jeter de regard en arrière de peur de trahir la présence de Lukas ou Mathias. C'est alors qu'une chasse d'eau se fit vaguement entendre. Le plus carré des inconnus jeta un regard noir vers les otages qui se ratatinèrent un peu plus sur eux-mêmes. C'est alors que sans crier gare, Feliks s'exclama :
- C'est mal isolé entre les étages ! C'est grave chiant, mais je vis avec les chiottes des voisins.
Tout le monde dévisagea le maître des lieux avec étonnement, même les deux intrus. Néanmoins, le plus charpenté déclara à son partenaire dans un marmonnement :
- Je vais faire un tour.
L'homme lança aux pieds de son partenaire le sac à dos, dont le cliquetis métallique dévoila un amoncèlement de petits objets. Surement un butin. Ce qui expliquait pourquoi ils s'étaient introduits dans l'appartement de Feliks de cette manière.
Toris sentit alors Feliks agripper plus fermement son bras et se coller un peu plus contre lui. Il ne put s'empêcher de passer son bras libre autour des épaules de son ami d'enfance et de l'étreindre. Rien que ce mouvement paniqua leur chétif gardien.
- On a dit : pas bouger !
Toris se contenta de baisser la tête. Raivis glissa un coup d'œil à Eduard. Il aurait bien aimé être protégé de la même façon par celui qu'il considérait comme son grand frère, mais ce dernier semblait juste tétanisé et incapable du moindre raisonnement.
Pendant ce temps, l'intrus arpenta le couloir, les sens aux aguets. Il extirpa d'une poche un canif qui résonna dans un petit bruit sec et cinglant, tout aussi menaçant que le regard noir qu'il glissait le long des murs et des portes. Il inspecta chaque pièce minutieusement.
oOo
Lorsque la porte d'entrée avait claqué, Lukas était encore en train de frotter la tâche sur sa veste à l'aide d'une petite brosse, dans l'évier de la salle de bain. Dès qu'il avait entendu les premiers éclats de voix, il avait aussitôt coupé l'eau, éteint la lumière et entrebâiller la porte au minimum. Il s'y était accolé et avait tendu l'oreille. Il ne put entendre que les plus fortes interjections. Il comprit rapidement qu'il y avait deux intrus, que l'un d'eux était clairement plus sous tension que l'autre.
Puis, la chasse d'eau avait résonné. Lukas avait écarquillé les yeux et pincé les lèvres.
Cet imbécile était en train de les compromettre !
Il s'extirpa de la salle de bain, rejoignit les WC à grandes enjambées silencieuses et cueillit Mathias à la sortit. Il ne manqua pas de lui plaquer la main sur la bouche alors que celui-ci fut tenté de lâcher un cri de surprise. Sans lui donner d'explication, il le traîna ni vu ni connu dans la pièce d'en face, une chambre dont le mur du fond était parcouru tout du long par une penderie à miroir.
Ça ferait bien l'affaire, décréta Lukas dans sa tête.
Mathias se montra docile et le suivit dans la penderie. Elle était assez large mais les vêtements tellement nombreux et épais leurs permirent de s'y cacher à condition de se tasser un peu. Une fois à l'intérieur, Mathias posa un regard interrogateur sur Lukas. Celui-ci leva deux doigts, puis imita un pistolet. Son acolyte ouvrit de grands yeux éberlués, répéta le geste du pistolet en mimant un coup de feu. Lukas secoua la tête. Mathias comprit alors qu'il n'y avait pas eu de coup de feu de tiré, mais qu'il y avait bien au moins une arme aux mains d'individus au nombre de deux. La raison de leur intrusion ou leur objectif lui étaient cependant totalement inconnus, ce qui devait sans doute être aussi le cas de Lukas.
Mathias rejeta la tête en arrière tout en s'imaginant la réaction des invités. Lui-même avait le cœur qui tambourinait dans sa poitrine mais il avait appris à se défaire de cette angoisse naturelle, cette réaction corporelle qui ne dépendait pour ainsi dire pas de lui. Il pensa à Peter dont il se sentait quand même avoir la charge. Il avait promis à ses parents de l'accompagner afin qu'il rencontre un ami qu'il s'était fait sur le net. Et le voilà pris en otage par des malfrats. C'était à se demander si Mathias ne portait pas la poisse ! A chaque fois qu'il était dans le coin, le destin se faisait un devoir de lui mettre des bâtons dans les roues. A chaque fois qu'il avait eu Peter avec lui, il avait entrainé le jeune garçon dans des péripéties étranges. Il repensa à Feliciano, l'Italien qu'il ne connaissait pas au début et qui les avait suivis par timidité, leur donnant cependant un bon coup d'adrénaline. Puis, lorsqu'il avait commencé à travailler au collège, Peter avait été la cible d'intimidation. Mathias se fit soudain la réflexion qu'il valait peut-être mieux pour Tino et Berwald de ne plus lui confier leur fils.
Lukas retint soudain son souffle, interpellant Mathias qui sortit de ses pensées. Il tendit l'oreille et comprit au bruit de pas prudents que quelqu'un s'avançait dans leur direction. Pour connaitre ce genre de démarche, il sut que l'un des deux intrus était en train d'opérer une reconnaissance des lieux. Il devait même s'assurer que personne ne se trouvait là.
Ne pouvant empêcher leur cœur de bondir dans leur poitrine, Lukas et Mathias réprimèrent néanmoins un sursaut lorsqu'ils entendirent la porte de la chambre percutée le mur. Ils se jetèrent un coup d'œil étrangement sereins. Lukas lui désigna le sol. Mathias approuva d'un hochement de tête et se laissa glisser à terre silencieusement. Lukas le suivit dans son mouvement. Manquant de place, ils ne purent cependant faire mieux que de s'allonger l'un sur l'autre, plutôt que de s'asseoir au risque de dévoiler leurs jambes ou pieds au travers des vêtements.
Mathias perçut alors son cœur cogner d'une toute autre manière que sous l'angoisse d'être découvert. Ce n'était pas l'adrénaline. Et quelque part, cet autre sentiment prenant corps en lui lui permit de se détendre et de penser à tout autre chose en attendant que l'intrus passe son chemin.
Il sentit le léger souffle de Lukas à la naissance de sa nuque. Lui-même avait le nez dans les cheveux blonds de son acolyte. Ils exhalaient un doux parfum de camomille. Mathias ferma les yeux et les huma profondément. Tout à coup, il lui apparut que plus rien ne comptait à part cette odeur agréable qui l'enivrait. Tout le reste s'effaça et il sombra dans une tendre sérénité. Plongé dans le noir de son esprit, il discerna mieux que jamais le corps de Lukas qui tentait de maintenir une position décente. Les jambes emmêlées dans les siennes, une de ses mains effleuraient les côtes de Mathias tandis que l'autre n'avait eu d'autres choix que de s'appuyer sur son épaule. Ce poids aurait pu le faire grimacer, mais étrangement, il ne trouvait ce contact que bienfaisant. Lukas se tenait immobile autant qu'il le lui était permis. Sa joue rencontra celle de Mathias et, sous le joug de la prudence extrême, il ne s'écarta pas brusquement.
Alors qu'ils étaient dans une situation critique, Mathias savourait le moment présent. Ce fut aussi pour lui un précieux instant de réflexion. Il avait rarement ressenti ce genre de choses, et aurait été bien en peine de définir ce sentiment si complexe et qui faisait couler tant d'encre. Mais Mathias était un homme spontané et entier. Il ne se posa pas de question. Il comprit simplement. Il comprit qu'il tenait à Lukas d'une autre manière qu'il tenait à Emil, Tino, Berwald, Peter et toutes les personnes qu'il avait pu rencontrer depuis son arrivée à Oslo. Il comprit qu'il s'était créé un lien unique entre eux deux, un lien que Mathias était prêt à chérir et protéger. Il comprit qu'il était intrigué par le personnage de Lukas, qu'il était fasciné par le détective en lui, qu'il était émerveillé par le violoniste, qu'il était attiré par l'homme. Lukas l'attirait mentalement, moralement, psychologiquement, physiquement. Il était là, à se cacher d'individus armés, dans une penderie, et c'est ainsi qu'il se rendit compte à quel point Lukas l'avait aspiré tout entier.
Face à cette révélation, toute tension quitta le corps de Mathias. Lukas le sentit bien et tourna vers lui un regard perplexe. Néanmoins, Mathias ayant toujours les yeux clos ne s'aperçut de rien.
L'homme parcourut la pièce, martelant le plancher de ses pas lourds. Il s'arrêta devant la penderie.
Mathias ouvrit brusquement les yeux et planta un regard pétillant dans celui dubitatif de son acolyte. Il lui sourit, ce qui ne fit qu'accentuer l'expression de Lukas.
Dans le même temps, l'intrus éjecta pour ainsi dire le battant de la penderie qui coulissa sèchement avant de rencontrer le mur. Il patienta quelques secondes, puis n'y trouvant personne, il tourna les talons et sortit.
- Ils sont tous dans le salon ! hurla-t-il à son camarade
Aussitôt, ses muscles n'en pouvant plus, Lukas relâcha brutalement la pression et s'écroula de tout son long sur Mathias, lequel le recueillit volontiers.
Affaire à suivre…
