Bien le bonjour tout le monde :)
Merci beaucoup pour vos retours, ça fait toujours autant plaisir.
J'ai fini de rédiger l'A19, même si je vous avoue que je vais nécessairement revenir dessus parce que je l'ai écris tellement vite que je suis quasiment sûre qu'elle ne ressemble à rien, ah ah XD
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Pologne : Feliks Łukasiewicz
Estonie : Eduard von Bock
Lettonie : Raivis Galante
Lituanie : Tori Laurinaitis
Sealand : Peter
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 16 : Satisfactions personnelles
Lukas eut deux pensées dans la même fraction de seconde. Premièrement, Mathias avait l'air d'un idiot, avec son expression béate malgré la situation. Quoique, grand bien lui fasse s'il ne paraissait pas préoccupé plus que cela par les évènements. Et deuxièmement, l'intrus n'avait pas poussé plus loin sa fouille. Soit c'était une personne au caractère assuré, soit il n'était clairement pas familier de son acte. Dans un cas comme dans l'autre, cela leur permettrait au moins de pouvoir compter sur des faiblesses à exploiter.
Toujours coincés dans la penderie, les deux acolytes se redressèrent aussi discrètement qu'ils le purent. Les portes coulissantes et celle de la pièce étaient toujours ouvertes.
Mathias se pencha vers Lukas et lui glissa à l'oreille :
- On fait quoi ? On appelle la police ?
Le détective esquissa un petit sourire en coin avant d'adresser un regard entendu à Mathias.
- Rien qu'on ne puisse pas gérer nous-mêmes, c'est ça ?
Lukas se contenta d'un hochement de tête. Puis, il leva un doigt et lui fit comprendre que dans un premier temps, ils devaient écouter attentivement ce qui se tramait, afin de récolter un maximum d'informations. Mathias approuva. C'est ainsi que, assis l'un à côté de l'autre, ils laissèrent leur tête reposer contre le mur et tendirent l'oreille.
Dans la grande pièce à vivre, Feliks, Toris, Eduard, Raivis et Peter étaient toujours installés à leur place, sans oser bouger, un peu tremblotant pour certains. Le plus frêle des intrus avait fermé la porte d'entrée à clé et s'était éloigné des fenêtres donnant sur l'avenue. Il avait finalement baissé son arme, même si clairement tous ses muscles demeuraient tendus.
Il avisa la bouteille de champagne et les quelques flûtes remplies. Lorsqu'il s'approcha de la table basse autour de laquelle se trouvaient réunis les otages, ces derniers se raidirent. L'individu leur envoya un regard noir puis s'empara d'une des coupes qu'il avala d'une traite.
Son comparse revint au même moment.
- Pourquoi tu bois ?
- J'ai soif. La cavale, ça creuse.
L'homme se tourna vers le buffet. Il agrippa une poignée d'amuse-gueules qu'il engouffra négligemment dans sa bouche.
Feliks parut tellement outré qu'il sortit de son mutisme.
- Vous pourriez manger proprement, tout de même !
- Je t'ai causé, peut-être ?
- Fermez-la et il vous arrivera rien. On est juste là pour passer le temps, déclara froidement le plus musclé.
- Et pour massacrer tout ce que j'ai mis des heures à préparer… grommela Feliks
L'homme leva la tête. Il croisa le regard de Feliks qui déglutit et se tassa sur son siège. Puis, il attrapa le sac à dos dont le butin cliqueta. Il le laissa tomber à terre devant lui.
- Faut qu'on se trouve un autre sac pour se trimballer ça.
Son acolyte acquiesça. Il se tourna vers les convives et pointa de nouveau son arme.
- Où je trouve ça ?
- Dans un placard de la cuisine ! s'exclama aussitôt Eduard très anxieux, je vais vous le chercher tout de suite !
Il sauta sur ses pieds, mais le malfrat l'arrêta aussitôt d'une voix mauvaise.
- Je t'ai pas dit de bouger !
Penaud, Eduard reprit sa place. Il avait toujours eu une propension à fuir les situations délicates, mais pour une fois, cela ne fit que l'enfoncer un peu plus.
Le geôlier se rendit de lui-même dans la cuisine qu'il mit sans dessus dessous, au grand damne de Feliks, qui rongeait son frein en s'agrippant toujours plus fermement au bras de Toris. Il était bien en train de le lui broyer, mais son ami d'enfance, figé par la peur, ne s'en plaignait pas. Peut-être même ne ressentait-il même pas la douleur à dire vrai, à ce niveau d'angoisse.
- Dites, interpella tout à coup Raivis la voix chevrotante malgré tout
L'homme releva la tête et le jaugea d'un regard hautain. Raivis en fut d'autant plus secoué. Et Eduard et Toris de lui jeter un coup d'œil alarmé, comme s'il était devenu fou.
- Comment vous pouvez être sûrs que la police ne patientera pas indéfiniment dans le quartier jusqu'à vous attraper ? C'est un peu naïf de compter là-dessus, non ?
Les otages dévisagèrent Raivis avec des yeux ronds. Mais qu'était-il en train de faire ? Eduard pour le connaitre suffisamment savait ce que son pupille avait en tête. Il voulait que les intrus s'en aillent, qu'ils décident que ce n'était pas une bonne idée de rester là. Mais… pourquoi le faire de cette façon ? Raivis était décidément d'une franchise maladroite et mal venue dans les moments les plus critiques, qui ne faisait que les mettre un peu plus tous en danger ! Et surtout la critique sous-jacente ne passa pas dans l'oreille d'un sourd.
L'individu se redressa de toute sa hauteur, imposant sa masse musculaire autour des otages qui se tassèrent un peu plus dans leur siège. Il tendit le bras et, dans un effort qui paraissait tellement futile, ses biceps se contractant à peine, il souleva l'adolescent par le col, enserrant bien son cou par la même occasion.
- En quoi c'est si compliqué de la boucler, hein ? gronda-t-il
Il secoua alors Raivis comme une poupée de chiffon, qui gémit. Eduard paniqua plus que les autres.
- Ah ! S'il vous plait ! Lâchez-le et promis, il ne dira plus rien !
A l'autre bout de l'appartement, dans la penderie, Lukas et Mathias se tournèrent de concert l'un vers l'autre. Les menaces et les supplications sonnèrent comme un signal à leurs oreilles. Se penchant vers son acolyte, le détective récapitula la situation :
- Deux hommes. Celui qu'on a vu, armé d'un canif, force musculaire impressionnante, sans nulle doute que c'est lui qui s'en est pris à Raivis. Le deuxième armé d'un revolver. Vraisemblablement dans la cuisine ou aux abords. Ne connaissant pas leurs positions exactes, si nous nous engageons dans le couloir, nous risquons d'être exposés. Nous n'avons donc qu'une seule chance. Tu prends le plus costaud pour toi, je prends l'autre.
- Il a une arme à feu…
- Et ? Je peux très bien m'en charger.
- Fais attention dans ce cas, hein.
Lukas leva les yeux au ciel.
- Et toi, ne cherche pas à vouloir sauver tout le monde. Rapidité, efficacité. Le but : les mettre hors d'état de nuire, conclut-il
Aussitôt, ils se redressèrent et se glissèrent à pas de loup vers la sortie de la chambre. Lukas se faufila le premier dans le couloir en direction de la cuisine américaine. Une arme à feu aux mains d'un individu nerveux ne présageait jamais rien de bon. Si son comparse venait à être en danger ou hors course pour le tempérer, il était bien capable de tirer. Et c'était bien le pire à éviter.
Il ne fallait pas y réfléchir à deux fois. Lukas se propulsa dans la cuisine, avisa l'intrus, l'arme. Il se jeta sur lui alors même que son adversaire prenait conscience de sa présence. Lukas évita l'arme tendue vers lui en assenant un coup dans le coude qui changea aussitôt la trajectoire du revolver. Il attrapa fermement le poignet en train de l'utiliser. Mais l'homme lui opposa une force crispée sur l'épaule qui le fit grimacer.
Alors que son comparse tenant toujours Raivis par le col écarquillait les yeux en découvrant Lukas surgir de nulle part, Mathias s'élança vers lui et projeta son poids entier dans l'abdomen. Sous le coup de la surprise plus que de la force, il lâcha l'adolescent qui vint s'écraser en toussant sur le sol, renversant au passage le plateau et les flûtes de champagne. Dans un râle, l'homme se redressa et voulut assener un coup de poing dans la mâchoire de Mathias. Ce dernier l'esquiva facilement, s'empara du poing de ses deux mains, et profita de la vitesse de son adversaire pour le faire basculer en avant. Il s'écrasa lourdement sur le sol, faisant trembler toute chose dans l'appartement, à commencer par les otages.
Ces derniers étaient cloués sur place, incapable du moindre mouvement ou de la moindre parole. A part Peter, ils n'avaient jamais imaginé que Mathias ou Lukas puissent ainsi agir.
Le détective était d'ailleurs encore dans une situation délicate. Son opposant était peut-être malingre, sa nervosité lui conférait pourtant une réactivité et une force incisive qu'on ne lui prêterait pas de prime abord. A chaque fois que Lukas était prêt à lui infliger un coup pour lui faire lâcher son arme, il arrivait à le repousser, s'agrippant farouchement à son revolver. Alors que le canon était pointé sur lui, qu'il haletait après tant d'efforts aussi brusques, Lukas plongea un regard dur et convaincu dans celui presque aliéné de son adversaire. Ce simple fait déstabilisa l'homme dont la main trembla. Lukas en profita aussitôt pour se jeter dos à lui, le plaquant violemment contre le plan de travail. Puis, il lui agrippa le bras fermement et lui assena un coup précis sur le poignet. Le corps ayant ses réflexes, la main desserra aussitôt son emprise sur le revolver qui tomba à terre.
L'homme tendit la main pour s'emparer de son cou, mais Lukas passa le bras entre celui de son adversaire et son torse et repoussa l'attaque d'une simple poussée en avant. Puis, il lui attrapa le poignet, tout en ayant toujours l'autre en main. Il opéra un demi-tour sur lui-même ce qui le mit face à son opposant et lui permit également de croiser les bras de ce dernier dans une position inconfortable. Lukas serra franchement, arrachant une grimace à l'individu. Enfin, il lui administra un coup de genoux pile entre les côtes et le bassin. L'homme se plia en deux et s'effondra à terre.
De son côté, Mathias avait plaqué la pointe de son coude sur la poitrine de l'homme qui, malgré sa forte musculature, toussa et geignit. Il tenta bien d'attraper son canif mais Mathias s'écrasa aussitôt de tout son poids, lui broyant à moitié le bras. Il puisa alors dans ses jambes, dernières ressources. Il réussit à assener un coup à Mathias qui s'en trouva un peu sonné sur le coup. L'individu se coucha ensuite sur le flanc et assena un coup de genou dans son bras, puis étendit la jambe jusqu'à chercher le dos de Mathias. Ce dernier ne lui en laissa pas le temps. Faisant fi de la douleur dans son bras, il agrippa la cheville et l'écrasa brutalement au sol. Peut-être que son adversaire avait la force mais il se trouvait désormais dans une situation parfaitement inconfortable. Le basculement entraîna le reste du corps et l'homme se retrouva pris au piège sur le ventre. Le sourire aux lèvres comme s'il s'agissait d'un bête entrainement d'art martial, Mathias ramena les deux poignets dans le dos et s'installa sur son opposant, le genou bien placé au bas de la colonne vertébrale.
- Feliks ! tonna tout à coup Lukas
Tous les otages sursautèrent et par pur réflexe, Feliks sauta sur ses pieds, brusquement sortit de sa torpeur.
- Des cordes. Tout de suite.
Feliks parut un instant désorienté, puis il recouvrit peu à peu ses sens.
Quelques minutes plus tard, alors que Mathias et Lukas ficelaient chacun leur opposant, les convives reprirent peu à peu vie.
- Vous… vous n'avez pas appelé la police ? bredouilla Eduard
- Maintenant qu'ils sont hors d'état de nuire, nous allons le faire, oui, répondit simplement Lukas
Son adversaire à terre grommela. Lukas lui assena froidement une claque. Puis, il se redressa enfin, s'épousseta et détailla chaque personne. Mathias était encore juché sur l'homme à forte stature, et vu comment frétillait ce dernier, pieds et poings liés, il faisait bien de rester dessus. Lukas attrapa quelques mouchoirs et vint empoigner le revolver qui gisait toujours à terre. Il le déposa sur une desserte, près de la porte d'entrée, bien loin des deux intrus. Il alla aussi ramasser le sac à dos qu'il ouvrit, les mains toujours couvertes par des mouchoirs. A l'intérieur, se trouvait une quantité non-négligeable de bijoux qui étincelèrent à la lumière du plafonnier.
- Bijouterie Papaya à tous les coups, souffla Lukas
Il décrocha son téléphone et contacta les autorités.
Lorsque celles-ci débarquèrent, elles ouvrirent des yeux ronds tant elles furent étonnés de trouver les deux malfrats immobilisés, leur butin entier, mais surtout Mathias trônant comme une cerise sur le gâteau et Lukas confortablement installé dans un fauteuil dégustant sa flûte de champagne, alors que tous les autres convives étaient encore muets de stupeur, un brin tremblant, encore traumatisés par l'expérience.
Dès que la police eût déserté, embarquant avec eux les cambrioleurs, et remerciant vivement Lukas et son acolyte pour leur « efficacité et sûreté dans la prise de décision », le détective ne put s'empêcher de glisser à Mathias :
- Et bien, tu vois : pas la peine de cérémonie pour louer mon travail. Content ?
Mathias se contenta d'une petite moue mi-réprobatrice, mi-amusée.
Puis, Feliks attrapa aussitôt entre deux doigts dégoûtés le verre auquel l'individu avait porté ses lèvres. Il le jeta carrément à la poubelle.
- Bon, c'est pas tout, mes chéris, mais j'ai dis que ce devait être un anniversaire parfait ! Maintenant que la petite surprise est passée pour pimenter le tout, hop ! Hop ! Je veux mon cadeau pour Liet.
Alors que Lukas allait chercher son violon, Mathias se fit la réflexion qu'il n'avait pas tort. Ce n'était peut-être pas plus mal qu'il ne soit pas allé à cette cérémonie officielle. Il n'aurait pas pu régler cette prise d'otage par des cambrioleurs et ainsi sauver à la fois les convives et la fête. Et même pour lui, l'expérience avait été plus que profitable. Il se sentait assuré d'une conviction nouvelle. Mathias observa d'un regard lucide Lukas faire danser et virevolter les notes sur son violon dans une harmonie chatoyante.
Fin de l'affaire
