Bien le bonjour à tous !
Merci beaucoup pour vos commentaires ! Même le plus simple mot est une adorable attention.
Vous l'avez donc aisément compris avec le premier chapitre de cette affaire, nous voici partis en compagnie d'Autriche, Hongrie et leur entourage !
Par ailleurs, pour vous donner une petite idée de l'avancée des choses, j'ai fini d'élaborer la 20ème affaire, ne me reste plus qu'à trouver le temps de l'écrire.
Norvège : Lukas Bondevik
Islande : Emil Steilsson
Danemark : Mathias Køhler
Autriche : Roderich Edelstein
Hongrie : Erzsébet Edelstein
Magyar : Zoltán Héderváry
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 17 : Le visiteur du conservatoire
Après son rendez-vous, Emil avait à peine eu le temps de filer à l'université, avaler un encas, pour être à l'heure à ses cours de l'après-midi. La fin de son cursus avec les examens occupant une large partie de son agenda, il se retrouva par la suite à travailler assidument à la bibliothèque et ne rentra finalement qu'aux alentours de dix-neuf heures, pour le diner.
Une fois n'est pas coutume, ils se retrouvaient tous les trois attablés, lui, son frère et Matthias. Et pour ne pas changer, c'était ce dernier qui se chargeait bien souvent de la conversation. Pourtant, et sans se préoccuper le moins du monde de couper la parole à Matthias alors en pleine explication sur la raison pour laquelle il s'était retrouvé à danser la macarena dans la cour de récré, Lukas demanda à son frère :
- Alors ? Cet entretien ?
Emil releva brusquement la tête de son assiette avant de hausser les épaules.
- Ah ! C'est vrai, tu en avais un aussi ce matin, renchérit aussitôt Mathias, y avait pas une histoire de bateau-taxi ? C'était loin, non ?
- Non, pas vraiment. Ça prend juste du temps de parcourir le fjord mais ça reste à proximité.
- Tu as signé ?
Emil haussa un sourcil.
- Signer alors que je viens juste de passer un entretien ? T'es pas fou. Il me rappellera prochainement si je l'intéresse. Lui-même a besoin d'un temps de réflexion.
Sur ces mots, il décréta qu'il en avait fini avec le dîner. Il débarrassa son couvert et quitta la table. Il n'avait pas plus envie que cela de s'épancher sur ces entretiens. Tant que rien n'était conclu, il n'aimait pas trop partager.
Lorsqu'il fut parti, Mathias se pencha vers Lukas :
- Tu crois qu'il va s'en sortir ?
- Pourquoi crois-tu qu'il ne pourrait pas s'en sortir ?
- C'est sa première recherche d'emploi, non ?
- Et ? Il gère très bien. Je n'ai pas à être sur son dos tout le temps.
Mathias le dévisagea un instant.
- Quoi ?
Il secoua vivement la tête.
- Non, non, rien.
Il n'osa pas lui avouer qu'il trouvait que Lukas avait évolué vis-à-vis de son petit frère. Il repensait aux mots qu'Emil avait lâché, il y avait pourtant plusieurs mois, comme quoi son aîné ne lui faisait plus confiance. Il ne pensait pas qu'il s'agissait de cela, mais bien plus d'un changement positif de la part de Lukas. Il se garda bien cependant d'entrer dans le vif du sujet de peur de se voir rabrouer, et préféra retourner à son anecdote sur la macarena.
oOo
Le lendemain matin, Lukas venait à peine de déposer son manteau à une patère à son arrivée au conservatoire, lorsqu'un collègue vint lui annoncer qu'une visite l'attendait à l'accueil. Lukas fronça les sourcils et demanda de plus amples informations sans qu'on puisse cependant les lui apporter, la personne ayant seulement été mandatée. La curiosité piquée au vif, il déposa rapidement son étui à violon et se rendit dans la petite salle de réception attenante à l'accueil.
Lorsqu'il pénétra dans la pièce, il découvrit un homme dont le visage commençait à être marqué par quelques rides. Le regard aiguisé, Lukas conclut très rapidement qu'il avait face à lui un notable. Tout dans son apparence dégageait l'élégance, de sa chevelure brune sagement peigné en arrière, quoiqu'une mèche rebelle demeure indomptable, à sa posture très guindée, quoique nerveuse, en passant par son costume de soie, velours et autres tissages de haute qualité, et surtout hors de prix. Pareil à des microscopes modernes capables d'extraire un grand nombre d'informations à partir de l'infiniment petit, les yeux de Lukas allaient jusqu'à deviner les marques des vêtements et des accessoires. De plus, son visiteur exhalait un parfum de luxe, à l'essence parfaitement identifiable.
Lukas avisa par la suite ses doigts de pianiste, longs, effilés. Par ailleurs, son index droit était rougi, et le creux entre celui-ci et le pouce comportait une ampoule. Il le salua d'un bref hochement de tête et demanda aussitôt :
- De quel instrument jouez-vous exactement ?
L'homme ne parut pas décontenancé comme tant d'autres avant lui. Bien au contraire, il pinça les lèvres, visiblement outré par le manque de politesse et de manières de la part de Lukas. Il lui tendit sèchement la main :
- Je vous souhaite le bonjour, monsieur Bondevik. Tout violoniste que vous êtes, j'ai ouïe dire que vous pratiquiez également un passe-temps bien singulier.
Pendant les premières secondes, Lukas demeura silencieux. Musicien ou pas, son visiteur n'était pas là pour ça. Il était par ailleurs surpris qu'on qualifie pour une fois son activité de détective comme un passe-temps. Il était bien conscient que, jusqu'à présent, on préférait y voir au pire une lubie, au mieux une profession à part entière, allant jusqu'à être rémunéré. Sauf que Lukas n'avait jamais cherché à en faire autre chose qu'une occupation annexe. Passe-temps lui convenait parfaitement, il ne s'en cacherait pas. Il s'adossa finalement contre un meuble et croisa les bras.
- Que voulez-vous exactement ?
- J'aurais besoin que vous enquêtiez.
- C'est généralement ce que je fais, oui. Il s'agit d'un membre de votre famille en tout cas.
L'homme fronça légèrement les sourcils. Il se tortilla sur son siège et rehaussa ses lunettes sur son nez.
- Vous vous tortillez les doigts depuis tout à l'heure, très crispé, expliqua Lukas à la question implicite. Et vous m'avez donné raison en vous montrant mal à l'aise lorsque je l'ai évoqué. Il s'agit donc d'un proche et vous n'aimeriez pas que ce dernier découvre que vous enquêtez sur lui.
Le visiteur pinça les lèvres.
- Lui et d'autres.
Lukas lâcha un bref soupir.
- Vous pouvez décliner votre identité et me donner les détails de l'affaire. Je n'ai pas pour habitude de divulguer quoi que ce soit. Personne ne viendra interférer dans notre discussion ici.
L'homme approuva d'un hochement de tête. Il se racla la gorge avant de commencer.
- Je suis Roderich Edelstein et pour répondre à votre première question, je suis pianiste mais pratique également le violon, la flûte traversière, le clavecin et le violoncelle. J'exerce au Mozarteum, à Salzbourg, en Autriche, précisa-t-il face à la légère interrogation de Lukas. Cependant, je n'y vis qu'une partie de l'année, ma famille s'étant installée à Oslo depuis quelques temps suite aux… recommandations de mon beau-père.
- Et vous avez donc un problème avec lui.
Cette fois, monsieur Edelstein parut quelque peu décontenancé. Il cligna plusieurs fois des yeux.
- Vous ne me feriez pas part de ce genre de détails autrement que pour en venir au fait principal, expliqua Lukas. Vous vous sentez contraint d'avoir déménagé non seulement à Oslo mais également en Norvège. Pourquoi votre beau-père a-t-il recommandé que vous vous installiez ici ? Cela vous préoccupe.
- J'admets que vous êtes tout à fait dans le vrai. Mais s'il ne s'agissait que de cela…
Intrigué, Lukas prit finalement place dans un fauteuil face à son visiteur.
- Voyez-vous, mon beau-père a acheté cette propriété il y a de cela quelques années et nous l'a gracieusement offerte. Enfin… l'a gracieusement offerte à sa fille, trouvant l'opportunité de nous soumettre l'idée de s'installer ici. La propriété est d'ailleurs toujours à son nom à l'heure actuelle. Mais il n'y réside pas. Juste mon épouse, mon fils et moi-même. Il ne nous a même jamais rendu visite. Ce n'est que lorsque mon épouse et mon fils me rejoignaient de temps à autres à Salzbourg qu'ils en profitaient également pour séjourner quelques peu chez mon beau-père. Néanmoins, voilà qu'il y a bien deux semaines désormais, celui-ci débarque de nulle part et reprend possession de son bien. Il passe son temps à déambuler dans la maison et noter toutes les améliorations à effectuer, de l'entretien du réseau électrique aux changements de papier peint ! Je ne dis pas qu'il ne s'agit pas de sa demeure, puisque je viens de vous certifier que la propriété est toujours à son nom, mais…
- Mais lui qui ne semblait pas se préoccuper de cette propriété, pourquoi s'y intéresse-t-il autant tout à coup ?
- Exactement ! approuva sèchement monsieur Edelstein
Ses joues avaient rosi sous la colère et il ne cessait de triturer ses lunettes. Il fulminait et Lukas sentait bien que si une seule opportunité de se plaindre un peu plus de son beau-père venait à se présenter, il n'hésiterait pas à s'en saisir. Et toutes informations étaient bonnes à prendre, pensa Lukas en esquissant un maigre sourire, si minuscule qu'il y avait bien peu de personnes en ce monde capable de le déchiffrer.
- Vous souhaitez donc que je découvre ce que complote votre beau-père.
- Tout à fait ! Et si vous désirez être payé, je vous en donnerai le double.
Une telle hargne pour une simple cachoterie de famille… ces deux là n'avaient jamais dû s'entendre, reconnut Lukas
- Peu m'importe la rémunération. Ce dont j'ai besoin, c'est un profil détaillé de votre beau-père. Plus j'en saurai, plus je serai à même de mener à bien ma petite enquête.
Monsieur Edelstein s'apprêtait à fournir ce portrait au détective mais Lukas l'arrêta aussitôt d'une main ferme.
- Tout ce que vous pourrez dire ne sera que subjectif.
Quand bien même il fit la grimace, le visiteur convint de la chose et se ravisa.
- Que proposez-vous de faire ?
- Il me faut l'opportunité de me rendre chez vous et de rencontrer votre beau-père.
- Vous faire venir dans notre propriété ? Sans que cela ne paraisse étrange, je le conçois mal. Sans vouloir vous offenser.
Pourtant, l'offense était bien là. Roderich Edelstein ne considérait pas Lukas comme son égal vraisemblablement. Lukas se demanda un instant si son visiteur ne serait pas obnubilé par la classe sociale, mais se fit finalement la réflexion que tout devait plutôt se jouer sur les bonnes manières. Malgré l'allure distinguée qu'il arborait, le manque de politesse de Lukas avait dû être rédhibitoire. Monsieur Edelstein ne serait donc pas homme à faire des concessions. Puis, il se dit que peut-être aussi qu'il ne considérait pas de facto les musiciens sortant d'autre part que des prestigieux établissements autrichiens.
- Nous sommes tous deux musiciens. Jouez là-dessus, déclara Lukas
Monsieur Edelstein arrangea son foulard pour se donner le temps de réflexion. Lukas sut qu'il avait vu juste avec sa dernière hypothèse, mais il admettait volontiers qu'il se délectait de ce genre de personnages aux caractères affirmés. C'était souvent eux qui l'emmenaient dans des affaires extravagantes.
Puis, Roderich Edelstein se leva de son fauteuil et, les lèvres pincées, conclut leur entretien d'un simple :
- Soit.
Affaire à suivre…
