Bonsoir à tous !
Une fois n'est pas coutume, je suis complètement morte à courir à droite à gauche. En ce moment, je n'arrête pas ! Si bien que même avec toujours cette fic en tête, l'A20 et la suite, je n'ai pas encore pu en écrire une ligne… tss ! Néanmoins, j'ai bon espoir : la semaine prochaine, je ne bouge pas de chez moi, je suis seule et je n'ai quasiment rien d'autre à faire. Donc je vais me bouger le popotin à écrire XD
Norvège : Lukas Bondevik
Autriche : Roderich Edelstein
Hongrie : Erzsébet Edelstein
Magyar : Zoltán Héderváry
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 17 : La famille de Roderich Edelstein
Roderich sursauta lorsqu'il entendit la porte claquer au rez-de-chaussée. Paniqué, il pria fermement Lukas de sortir sur le moment. Le détective s'exécuta tranquillement.
- Roddy ? Chéri ? appella une voix en bas
Erzsébet Edelstein, assurément.
Le maître des lieux se crispa et ses joues rosirent. Vu ce qu'il connaissait du personnage, Lukas ne doutait pas de sa gêne. Son hôte lui indiqua une porte sur la gauche, un peu plus loin. Puis, il pressa le pas et poussa les portes, révélant la bibliothèque.
- Roddy, t'es là ? appela de nouveau la voix d'Erzsébet
Alors que Lukas profitait d'être dans la pièce pour faire un tour minutieux, Roderich ajusta sa veste, se racla légèrement la gorge et fit demi-tour.
- Je suis à l'étage. Avec un visiteur, ne put-il s'empêcher de préciser du haut de la balustrade
Dès qu'elle avait entendu la voix de son époux, Erzsébet grimpa les marches quatre à quatre avant de se jeter à son cou et de l'embrasser.
- Je… je viens de te dire que j'avais un invité, marmonna Roderich les joues cramoisies, un peu de retenu, je te prie.
Erzsébet prit à peine en compte les paroles de son mari et se rua sur la bibliothèque, tout sourire. Ce dernier partit sur ses talons, lâchant au passage un petit soupir fatigué.
Lukas était alors en pleine examen des étalages. La pièce ne reflétait que peu la personnalité des propriétaires. Une conséquente collection d'ouvrages sur l'histoire de la musique et manuels d'apprentissage prouvait que Roderich utilisait les lieux, tout comme son fils devait apprendre un instrument. Le musicien émérite ne devait pas avoir grande utilité de manuels. Pour le reste, il s'agissait d'une bibliothèque commune de bonne famille, plus présente pour faire étalage du bon goût et de la connaissance des habitants que d'afficher des affinités particulières. Lukas nota cependant qu'une partie était consacrée à Oslo et ses environs avec des guides touristiques, des livres d'histoire, d'anecdotes, agrémenté de romans signés d'Osloïtes d'hier et d'aujourd'hui en langue anglaise, allemande et hongroise. En outre, les seuls livres en norvégien se tenaient juste à côté et se concentraient sur la Hongrie, sa culture et son patrimoine. C'est peut-être ce qui interpella le plus le détective.
- Bonjour à vous ! le coupa tout à fait innocemment Erzsébet
Elle s'avança vers lui et lui serra chaleureusement la main. Indéniablement sportive et active, conclut aussitôt Lukas face à sa poigne.
- Je suis Erzs-
- Erzsébet Edelstein, l'épouse de Roderich Edelstein ici présent.
Erzsébet cligna un temps des yeux avant de s'esclaffer. Elle se tourna aussitôt vers son époux, les yeux pétillants comme une enfant face à un tour de magie.
- Tu lui as parlé de moi ? Quelle gentille attention ! Et puis-je savoir qui est cet invité ?
Lukas se présenta de lui-même.
- Oh ! Un violoniste ? Tu t'es donc enfin décidé à collaborer avec les musiciens d'Oslo, mon chéri ? C'est merveilleux ! Ne force pas trop sur la corde, cela dit, hein. Je file vous chercher des boissons et des biscuits ! Vous aimez le café, Lukas ?
Il eut à peine le temps d'hocher la tête qu'Erzsébet partit comme un tourbillon, déposant au passage une bise sur la joue de son mari. Les deux hommes l'entendirent dévaler les escaliers en sifflotant avant que le silence retombe définitivement.
- Je confirme votre description, déclara enfin Lukas
Les épaules de Roderich se détendirent brusquement. Il ôta ses lunettes et les essuya avec un petit mouchoir qu'il remisa par la suite dans une poche.
- Qui a choisi les ouvrages de la bibliothèque ?
- Zoltán avait tout meublé avant notre arrivée. C'est de son fait. A part ma somptueuse collection, évidemment.
- Utilisez-vous souvent cette pièce ?
- Non. Je préfère les salons qui sont orientés à l'est car j'ai pour habitude de lire le matin. En outre, comme je vous le disais, depuis son arrivée, mon beau-père s'y enferme régulièrement sans qu'aucune interruption ne soit admise.
- Que lisez-vous ?
Roderich fronça les sourcils.
- Je croyais que vous aviez pour objectif d'établir le portrait de Zoltán.
- C'est le cas, et ces questions en font partie.
Son hôte ne put s'empêcher d'hausser un sourcil. Puis, il se résigna et répondit :
- Je lis des romans classiques.
- De cette bibliothèque ?
- Non. J'en emmène quelques-uns de ma bibliothèque personnelle, chez moi, à Salzbourg.
- Vous n'avez donc jamais consulté ceux de cette bibliothèque.
- En effet. Mais… pourquoi donc vous arrêtez-vous là-dessus ? Aurais-je manqué l'évidence ?
- Vous comprendrez en temps voulu.
Sur ces mots, ils entendirent à nouveau une porte, suivie pour ainsi dire aussitôt par la voix d'Erzsébet au rez-de-chaussée.
- Bonjour papa ! Coucou, mon ange. Ça s'est bien passé l'école aujourd'hui ?
Il y eut un petit temps de silence, puis de nouveau Erzsébet :
- Tu me raconteras ce soir au diner. Repose-toi, tu dois être fatigué.
- A qui apportes-tu du café ?
Lukas nota aussitôt les caractéristiques de la voix de Zoltán : profonde, gutturale, âgée mais charismatique et bienséante. Une voix de vieux patriarche tel qu'on peut se l'imaginer.
Le détective aperçut Roderich se raidir légèrement lorsqu'il entendit sa femme expliquer à son beau-père la présence d'un violoniste. Puis, lorsqu'il entendit des pas lourds accompagner ceux d'Erzsébet, il envoya un regard entendu à Lukas.
Ce dernier s'installa dans un fauteuil, près des ouvrages de musiques et invita son hôte à l'y rejoindre.
Roderich s'était à peine assis qu'Erzsébet pénétra dans la bibliothèque, plateau garni en mains, suivi de près par son père, Zoltán Héderváry. Face à ce patriarche, Lukas remarqua aussitôt sa carrure : haut personnage, large d'épaule, la barbe poivre et sel foisonnante. Ses yeux cachés dans les replis d'une peau vieillissante scrutaient les alentours. Il avait entre ses mains imposantes une canne. L'homme se tenait droit, l'expression grave, un brin d'insolence caché dans un regard de braise émeraude, couleur d'iris qu'il partageait avec sa fille. Il dégageait un faux calme, une fureur de vivre qui s'impatientaient au bout des doigts.
Lukas sentit Roderich s'agiter légèrement sur son siège, rehaussant ses lunettes sur son nez. A contrario, Erzsébet ne paraissait se douter de rien. Elle déposa le plateau sur une table basse proche de son époux.
- Tu veux boire quelque chose, papa ?
- Non, merci, Erzsébet. Je comptais aller me changer et profiter de l'éclaircie pour faire un peu d'escrime.
Le regard d'Erzsébet s'alluma d'une flamme excitée. Elle sauta aussitôt sur ses pieds, manquant de renverser le café de son mari. Ce dernier rattrapa d'ailleurs sa tasse in extremis.
- Oh ! Je te défie, dans ce cas !
Zoltán eut un sourire mutin à l'égard de sa fille. Puis, lorsque son regard vint se poser sur Lukas et son gendre, il retrouva une expression grave.
- Vous me présentez, Roderich ?
Lukas sentit Roderich se raidir une fois de plus. Il prit le temps d'humecter ses lèvres dans le café fort, puis reposa la tasse dans sa soucoupe. Zoltán, lui, demeura debout.
Erzsébet était soit sincèrement aveugle du jeu tendu qui se tramait entre les deux hommes, soit elle feignait l'indifférence totale pour ne pas se faire engloutir, ou bien dernière hypothèse, elle n'en avait strictement rien à faire. Lukas observa les personnes présentes dans la pièce et jubila intérieurement : un vrai petit théâtre que cette famille de haute société.
Quoiqu'il en soit, le fait est qu'Erzsébet ne s'attarda pas plus longtemps. Peu préoccupée ou ne résistant ni à l'appel du duel, ni à celui de l'épée, elle s'éclipsa après avoir servi Lukas.
- Je vous présente Lukas Bondevik, violoniste au conservatoire d'Oslo. Nous discutons d'un futur projet tous deux.
Lukas observa avec une feinte indifférence le regard perçant de Zoltán couler sur lui, gravant son image dans son esprit. Il fut aussitôt intimement convaincu que le patriarche était un homme à la solide mémoire, encore vif de corps et d'esprit malgré les apparences.
- Lukas, voici mon beau-père Zoltán Héderváry qui nous vient de Hongrie, en visite familiale pour quelques temps.
Lukas comprit que cette raison officielle rendait au fond de lui Roderich fout de rage, ravalant ses commentaires.
- Enchanté, salua-t-il brièvement
- Vous êtes donc norvégien.
- Tout à fait.
- Mais violoniste.
Lukas approuva de nouveau quand bien même il goûtait peu ce « mais » péjoratif. Il était tout aussi fier de sa nationalité que de sa profession, il est vrai.
- Je crains que ce ne soit pas deux choses incompatibles.
- Certes, non.
Mais être violoniste mettait en porte-à-faux vraisemblablement. Lukas aperçut le bref regard de côté envers Roderich qui se concentra soudain sur sa tasse. Non, il ne s'agissait pas de cela, rectifia Lukas dans son esprit, Zoltán n'appréciait pas qu'on exerce la même profession que son gendre.
- Sur ce, je vais vous laisser à vos… préoccupations, déclara le patriarche.
Sans un mot de plus, il tourna les talons et quitta la bibliothèque.
On entendit quelques pas dans le couloir puis dès qu'une porte, surement celle de sa chambre, claqua, Roderich se détendit considérablement, souffla même profondément. Il attrapa sa tasse et avala une longue gorgée de café avant de paraitre plus à son aise. Il s'apprêtait à prendre la parole mais Lukas l'interrompit aussitôt.
- Je pense qu'il vaut mieux pour nous d'attendre que votre beau-père soit en plein duel d'escrime avec sa fille pour parler de lui.
- Cette maison est pourtant très bien isolée, lui assura Roderich
- Je n'en doute pas une seconde.
Avec de pareils travaux de rénovations et aussi modernes, il y avait en effet peu de chance que le bruit puisse s'étendre dans toute la demeure, à moins que les portes ne soient ouvertes. Quand Zoltán avait lancé le chantier, il avait assurément déjà eu dans l'idée d'y placer sa fille, son gendre et son petit-fils. Il connaissait donc déjà la profession de Roderich et avait déjà pu imaginer se prémunir de ce qu'il pourrait considérer comme des nuisances sonores. Donc, en effet, Lukas ne doutait pas une seconde de l'isolation de la maison.
Néanmoins, il était certain que Zoltán ressortirait de sa chambre et souhaiterait se rendre dans la cour. Il serait alors obligé de repasser devant la bibliothèque, peu ou prou face à l'escalier, et ne manquerait pas, certitude du détective en Lukas, de tendre l'oreille afin de prendre connaissance du discours que pourrait être en train de tenir son gendre. Et dans cette perspective, mieux valait parler de toute autre chose.
- Comment se nomme votre fils ?
- Edwin.
- Il fait toute sa scolarité ici-même, à Oslo ?
- C'est exact. Il valait mieux.
- Qu'entendez-vous par là ?
- S'il était resté avec moi à Salzbourg, il aurait été livré à lui-même pendant mes absences professionnelles, chose que nous ne pouvions nous permettre avec Erzsébet. Edwin est… dans sa bulle.
- Des troubles, vous voulez dire ?
Roderich fronça les sourcils.
- Je crains de ne pas vous suivre.
- Certains troubles peuvent donner cette sensation à l'entourage que la personne est dans sa bulle. Les troubles autistiques ou de l'attention pour ne citer qu'eux.
- Je… je n'avais jamais songé à cela.
- Vous passez beaucoup de temps avec lui ?
- Et bien… quand je suis là, oui. Je l'aide à s'exercer au piano notamment.
Autrement dit, Roderich Edelstein n'était pas un père très présent, lui-même dans sa propre bulle, nota Lukas dans un coin de son esprit.
- Quoiqu'il en soit, là n'est pas la question, réagit son hôte. Avec toujours le nez en l'air, Edwin en arriverait à oublier le temps qui passe si nous n'étions pas là pour le rappeler à l'ordre. Alors qu'il reste chez moi à Salzbourg, c'était impensable.
Zoltán ne tarda pas, comme prévu, à repasser devant la bibliothèque. Lukas poursuivit ses questions sans se préoccuper de sa présence, au contraire de Roderich qui, décidément, n'en avait pas fini de s'agiter sur son siège.
- Quel âge a-t-il ?
- Edwin ? Treize ans, me semble-t-il.
- Il joue donc du piano. Un digne futur héritier de son père, j'imagine.
- Je n'irai peut-être pas jusque là. La fibre artistique est certes éveillée en lui, mais il préfère le pinceau aux touches de clavier. Il est plus emballé à l'idée d'avoir les mains pleines de glaise que pleines d'encre.
Lorsque Roderich entendit la porte du rez-de-chaussée claquée, il demanda subitement à son invité :
- Je conçois bien qu'il nous faille tenir une autre conversation que celle pour laquelle j'ai souhaité votre venue, entendons-nous bien, mais je ne vois vraiment pas l'intérêt de s'entretenir au sujet de mon fils. La musique eût été un propos plus adéquat selon moi.
- Je récolte toutes les informations possibles. L'entourage de votre beau-père est une donnée essentielle, répondit Lukas
Il omit dans un sourire malicieux intérieur qu'il ne cherchait pour le coup qu'à assouvir sa curiosité.
Affaire à suivre…
