Bonjour, bonjour
Je me suis bougée le popotin ! Oui, j'ai largement entamé l'écriture de la 20ème affaire. Ce qui fait bizarre quand on y pense… déjà le numéro 20… Les dernières se comptent désormais sur les doigts d'une seule main… Mais j'arrive plutôt bien à tenir mon rythme et je pense sincèrement que vous n'aurez plus à subir de hiatus. Bon, ok, j'émets peut-être un doute pour la toute dernière affaire, que je veux bien évidemment plus complexe et spectaculaire que toutes les autres. (et c'est là que je me dis que je dois être un peu maso…)
Par ailleurs, je tenais à vous remercier, vous tous qui lisez (avec ou sans commentaire, peu importe). Ça sort un peu de nulle part et c'est surement d'énièmes remerciements qui paraissent peut-être un peu vide de sens mais je suis sincère. Ce n'est peut-être qu'une fanfiction mais elle représente énormément pour moi, en dehors même de mon goût pour Hetalia, et de savoir que des gens prennent le temps de lire, prennent vraiment du plaisir à suivre cette aventure, ça me touche beaucoup.
Norvège : Lukas Bondevik
Autriche : Roderich Edelstein
Hongrie : Erzsébet Edelstein
Magyar : Zoltán Héderváry
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 17 : Le bureau
Roderich se racla la gorge, avala une gorgée de son café fort, puis ajusta sa tenue qu'il voulait décidément sans pli. Maintenant que son beau-père était dehors, il tenait ardemment à revenir au sujet qui le préoccupait le plus. Lukas lisait en lui comme dans un livre ouvert et sentait l'impatience poindre en son hôte. Il voulait qu'on délaisse le violoniste pour que le détective se mette réellement à l'ouvrage.
Avant même que son hôte ne puisse prendre la parole, Lukas lui déclara :
- Vous n'avez pas à douter de mes capacités. J'ai déjà extrait toutes les informations de la chambre de Zoltán ainsi que de sa propre personne. Nous touchons au but.
Il empoigna sa propre tasse de café et la sirota, tout à son aise. Il profita du coup de l'œil de la réaction de son hôte.
- Vraiment ? Heureuse nouvelle que voici. Pouvez-vous m'en confier plus.
- Pas pour le moment, non. Je tiens à vérifier quelques détails avant de vous affirmer quoi que ce soit.
- Et une simple visite vous aura suffit… J'admets que cela tient du prodige.
- Autant de prodige chez moi, que chez vous en tant que pianiste, réfuta Lukas dans une humilité peu ordinaire. Ce n'est qu'une question de sens aiguisés et rompus à l'ouvrage.
Il reposa sa tasse vide sur le plateau, puis se leva et prit la direction des fenêtres. Roderich ne tarda pas à le rejoindre.
La pluie s'étant arrêtée et les rayons de soleil opérant quelques trouées, le paysage à contempler était magnifique. Les arbres denses encerclant la demeure ne laissait que peu de place aux eaux sombres du fjord dont on distinguait à peine le scintillement. Juste en contrebas de la maison, s'étendait la cour de gravier blanc, bordée de rosiers buissonnants et agrémentée d'une fontaine de taille raisonnable, inactive en cette saison. A l'extrémité, les voiturettes de golf était sagement parquées. Pour le reste, l'espace était bien occupé par Erzsébet et son père en pleine joute.
Lukas les observa longuement, prenant note de la ténacité et de la férocité avec laquelle ils échangeaient, cependant avec le sourire. Comme il l'avait compris, Zoltán se révélait être un homme d'une grande vitalité encore malgré son âge. Erzsébet rit aux éclats à plusieurs moments et n'hésitait pas à user de ruse et de force face à son père.
- En dehors du sport, que fait votre épouse de sa vie ?
Il perçut le léger soupir que Roderich ne put retenir. Il le savait bien que ses questions paraissaient hors contexte et qu'elles agaçaient son hôte.
- Elle a monté son propre petit spa en ville il y a cinq ans. Elle tenait, je cite, à partager les bienfaits de sa Hongrie natale avec les Norvégiens. Son commerce fonctionne plutôt bien et je crois même que le gouvernement hongrois lui doit bien quelques touristes !
- Zoltán est-il au courant de l'affaire ?
- Oh que oui. Il ne manquerait pour rien au monde quoi que ce fût en rapport avec sa fille adorée. Il l'a même soutenu financièrement pour démarrer, et lui a trouvé des sponsors en Hongrie pour l'importation de produits spécialisés. Il n'a clairement pas fait les choses à moitié.
- Elle est également connue des expatriés hongrois ici, à Oslo.
L'affirmation de Lukas surprit Roderich. Il dévisagea le détective avant d'approuver, sans chercher à comprendre d'où il avait pu tirer cette information.
- Erzsébet discute-t-elle avec son père régulièrement ?
- Oui. Plus encore maintenant qu'il est là.
- Avez-vous déjà discuté avec elle de vos doutes ?
- Une fois. Mais d'après elle, je ne fais qu'élucubrer. Ou pour reprendre son expression, je suis trop stressé et m'invente des histoires. D'après elle, j'aurais besoin de vacances. De vous à moi, je me sentirais déjà plus en vacances si Zoltán ne faisait pas tant de mystères.
- Erzsébet a-t-elle accès au bureau de son père ?
- Pas plus que moi. Du moins, à ma connaissance.
- Emmenez-moi voir ce bureau.
- Comme je vous l'ai expliqué, je n'en ai pas les clés. Je crains qu'à part contempler les boiseries de la porte, vous ne puissiez en tirer grand-chose.
- J'en jugerai par moi-même.
- Soit.
Roderich ouvrit la marche. Ils se retrouvèrent de nouveau au rez-de-chaussée, puis rapidement, comme décrit par l'hôte, devant la porte boisée à double battant. Elle était bien entendu fermée à clé. Le couloir dans lequel elle donnait ne disposait que d'une fenêtre ouvrant sur l'avant de la demeure. Le bureau devait disposer de la même vue.
- Allons dehors.
Roderich haussa un sourcil circonspect mais s'exécuta. A l'extérieur, Lukas passa par-dessus les buissons qui s'alignaient au bas du mur et colla son visage sur la vitre, les mains de chaque côté de son visage pour éviter les reflets.
Le bureau de Zoltán était à l'image de la plupart des pièces de la maison dont le détective avait pu prendre connaissance : contemporain, minimaliste, fourni en technologies de pointe et autres domotiques. Il remarqua que le patriarche était beaucoup plus attentif aux affaires de son bureau qu'à celles de sa penderie. Tous les dossiers étaient bien rangés, par ordre alphabétique même, dans les étagères incrustées dans le mur. Un ordinateur, éteint, clapet rabattu, reposait sur le bureau de métal et de verre. Le siège était bien centré et rentré contre. La pièce disposait également d'un petit coin réception avec une petite table basse et trois fauteuils, deux faisant face au dernier. A côté, calé contre le mur, se trouvait un minibar. Quelques plantes vertes embellissaient le tout. Aussi maigres étaient les informations que Lukas en retiraient, elles venaient un peu plus confirmer sa théorie.
Son regard s'arrêta finalement sur un aquarium dans lequel nageaient quelques poissons.
- Qui s'occupe des poissons ?
- Plaît-il ?
Lukas décrocha son visage de la vitre. Il avait vu tout ce dont il avait besoin de toute façon. Il revint sur le gravier et enfouit ses mains dans les poches.
- Des poissons, vous dites ? répéta Roderich
- Vous n'avez vraiment donc pas idée de ce qui se trouve dans ce bureau, constata Lukas
- Je vous l'ai dit : je n'y suis jamais entré.
- Pas même quand Zoltán n'avait pas encore investi les lieux ?
Roderich haussa les épaules.
- Je n'y avais aucun intérêt et j'avais bien d'autres chats à fouetter. En outre, je préfère de loin la compagnie de mon salon de musique.
- Il y a un aquarium dans ce bureau. Il est utilisé puisque s'y trouvent des poissons. Je me demandais de fait si votre beau-père s'en occupait également ou pas.
Au même moment, une goutte vint toquer contre le verre de lunettes de son hôte. La pluie avait décidé de reprendre ses droits. Les deux hommes retournèrent à l'intérieur et se retrouvèrent dans le salon principal, où Zoltán et Erzsébet avaient également trouvé refuge.
Roderich se pétrifia face au regard interrogateur de son épouse et de son beau-père. Lukas désespéra intérieurement. Il vint à sa rescousse.
- Magnifique propriété, déclara-t-il seulement
Zoltán esquissa un sourire.
- Il n'y avait pas grand-chose à la base et nous avons fait le nécessaire pour qu'elle soit présentable et confortable, expliqua-t-il de sa voix gutturale, dommage que la pluie vous aie surpris. Vous n'avez pas dû pouvoir aller bien loin.
Lukas aperçut du coin de l'œil Roderich comprendre enfin l'alibi qu'il venait de monter en quelques secondes.
- Ce sera pour une prochaine fois, assura-t-il
Zoltán se tourna alors vers sa fille et lui ébouriffa les cheveux, déjà bien en bataille pourtant.
- Je vais vous laisser, mais sache, Erzsébet, que si tu souhaites gagner un jour contre moi, tu ferais mieux de couper ces cheveux ou de les attacher du moins.
- Ma victoire n'en sera que plus satisfaisante encore lorsque je te battrai, cheveux au vent !
Le père étouffa un rire rauque et assena quelques claques amicales dans le dos de sa fille avant de prendre définitivement congé.
- Vous restez diner ? demanda subitement Erzsébet à l'adresse de Lukas
Roderich parut scandalisé, ce qui amusa beaucoup Lukas intérieurement. Mais il lui tardait désormais de pouvoir rentrer chez lui et mener à bien ses dernières recherches.
- Non, je ne veux pas vous déranger.
- Oh pas du tout ! Plus on est de fous, plus on rit !
- Vraiment, je suis désolé, mais qui plus est, la journée a été longue pour moi.
- Comme vous voudrez ! Mais vous savez que vous êtes le bienvenu, ici. Venez répéter dans le salon de musique la prochaine fois ! Hein, Roddy ?
Roderich ne sut que balbutier. Il avait décidément du mal à intégrer deux univers, en l'occurrence son intimité et sa vie professionnelle. Il se contenta donc d'un hochement de tête.
- Bon et bien, puisqu'il pleut, je vais aller faire un tour du côté de mes altères, moi. A la prochaine fois, Lukas !
Lorsqu'elle fut partie, Lukas annonça son départ. Roderich le raccompagna en bateau jusqu'aux quais d'Oslo. Avant qu'ils ne se séparent, ce dernier tint tout de même à s'assurer d'une chose.
- Vous avez vraiment une idée de ce qui se trame ?
- Oui.
- Avec cette seule visite ?
- Cela s'est avéré très fructueux, bien plus que je ne l'aurais imaginé. Mais je ne vous dirais rien. Il faut que je vérifie deux, trois informations. Je vous recontacte très rapidement. Inutile de vous en faire.
Roderich pinça une dernière fois les lèvres avant de saluer Lukas et de repartir pour son île.
Lukas observa le bateau s'éloigner au travers du rideau de pluie. Habiter sur une île du fjord tout à soi avait quelque chose d'irréel. Lukas avait l'impression d'être revenu dans la réalité après avoir quitté une douce illusion, celle de la solitude qui rimait pour lui avec tranquillité. Loin du tumulte de la ville, il se voyait bien jouant du violon à longueur de journée, dans l'étreinte protectrice d'une forêt aux atours mystérieux. Mais il n'avait clairement pas les moyens de déménager. Il se savait déjà bien chanceux de pouvoir profiter de l'ancienne propriété de ses grands-parents. Il tourna les talons pour rentrer chez lui.
Affaire à suivre…
