Bonjour à tous !

Je suis toujours en plein écriture de l'A20, mais sur la fin cependant. Encore un petit effort de ma part et elle sera bouclée. Et à dire vrai, j'aimerais bien qu'elle le soit parce que je ne suis pas sûre d'avoir beaucoup de temps les prochaines semaines.

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Khøler

Islande : Emil Steilsson

Autriche : Roderich Edelstein

Hongrie : Erzsébet Edelstein

Magyar : Zoltán Héderváry

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 17 : L'accusation inopinée

Alors que Lukas refermait la porte de l'entrée et remisait son parapluie trempé dans un coin, Mathias débarqua de la cuisine, tablier noué autour de la taille et louche en main.

- Je commençais à me faire un sang d'encre ! le sermonna-t-il, où étais-tu passé ?

- Au conservatoire, répondit machinalement Lukas pressé de retrouver son ordinateur

Il gravit les escaliers quatre à quatre alors que Mathias le suivait à la trace.

- Conservatoire, mon œil. Tu rentres jamais si tard du conservatoire. De l'opéra, je veux bien, mais du conservatoire ! Je te connais bien assez, Lukas.

Ce dernier jeta un regard en arrière et étouffa un léger rire moqueur. Mathias s'arrêta net et cligna plusieurs fois des yeux.

- Quoi ?

- Tu as toujours de ces blagues vaseuses.

- Hein ?

- Mon petit frère est rentré ?

- Hein ? Bah, oui ! Lui, il rentre à l'heure pour le diner !

Lukas rebroussa chemin pour s'arrêter devant Mathias, main sur les hanches. Il attrapa de la sauce accrochée à la louche et lécha son doigt.

- Tu n'as pas encore mis les épices. Le diner n'est pas encore prêt. Je suis donc dans les temps. Si tu me connaissais si bien, tu n'aurais même pas pensé à user de cette excuse.

Sur ces mots, il tourna les talons et alla s'enfermer dans sa chambre.

Mathias demeura encore un moment sur le palier de l'étage, désarçonné. Puis, il leva les yeux au ciel, sourire jusqu'aux oreilles et retourna dans sa cuisine.

Quand vint l'heure du véritable dîner, Lukas avait à peine entamé ses recherches. Il avala son repas rapidement avant de se faire un café et de monter s'enfermer dans sa chambre, sous les regards surpris de Mathias et Emil. Ce dernier l'interrogea du regard.

- Il m'assure qu'il était au conservatoire.

L'un comme l'autre se jetèrent un regard entendu.

- Ta journée à toi Emil, sinon ?

- Un de mes entretiens a porté ses fruits. Je signe demain.

- Oh ! Félicitations !

Emil haussa les épaules, en piquant dans une carotte.

Si Lukas avait rapidement trouvé des éléments qui allaient dans le sens de sa théorie, obtenir des preuves pertinentes fut une autre paire de manches. De café en café, il poursuivit toute la nuit son périple virtuel avant de s'endormir, épuisé, au petit matin.

Ce fut la sonnerie de son téléphone portable qui le réveilla en sursaut. Il se frotta le visage et déchiffra péniblement le nom sur l'écran.

- Allô, Roderich ?

- J'ai grand besoin de vos services : l'acte de propriété de la maison est introuvable.

L'annonce eut le don de réveiller Lukas pour de bon. Il se redressa aussitôt sur son siège. Si Roderich Edelstein n'avait pas un « bonjour » ni une politesse pour son interlocuteur, c'est qu'une chose grave se jouait pour lui.

Pourtant, la première question qui vint à l'esprit de Lukas était bien moins alarmiste.

- Pourquoi m'appeler ?

- Quelle question ! Vous êtes détective, non ?

- Ce n'est pas ce que j'entendais par là. Aussi précieux soit-il, l'acte de propriété n'est pas un document uniquement entre vos mains. Votre notaire en a forcément un exemplaire.

Pendant quelques secondes, il y eut un silence de l'autre côté de la ligne.

- Il est vrai. Mais si je vous appelle, c'est que cela vous concerne directement.

Lukas se dit qu'il devait avoir l'esprit encore embrumé car il ne voyait décidément pas le lien entre lui et l'acte de propriété.

- Zoltán le conservait dans son bureau.

Cette seule phrase suffit à Lukas pour faire le lien entre toutes les pièces du puzzle. Roderich ne put même pas poursuivre.

- Il recherchait ce document ce matin, qu'il conserve consciencieusement rangé dans son bureau. Or, s'il ne le trouve pas, c'est que quelqu'un l'a pris. Mais personne n'a accès à son bureau et il est impensable que sa fille ou son petit-fils puisse le dérober. Zoltán a pensé à vous. Vous avez bien entendu démenti férocement, votre épouse à vos côtés. Ne reste que moi, l'inconnu de la veille. Il croit que j'ai volé l'acte de propriété.

- C'est exact.

Seul dans sa chambre, Lukas rejeta la tête en arrière et observa le plafond, un brin désabusé. Quand les gens réfléchiront-ils un minimum ?

- Il n'y a aucune raison pour moi de dérober ce bout de papier, même de son point de vue. Je ne suis qu'un violoniste norvégien à ces yeux. La colère et la panique l'aveuglent.

- Je sais bien que vous n'êtes pas responsable. Du reste, cet acte de propriété a bel et bien disparu. Et si nous ne le retrouvons pas rapidement, je crains la fureur de mon beau-père. Si vous savez ce qu'il nous cache, peut-être serez-vous plus à même de découvrir le voleur.

Lukas haussa un sourcil circonspect. Il était justement en train d'y penser. Et à dire vrai, s'il y avait un seul intérêt à dérober ce document face au secret de Zoltán Héderváry, il s'agissait vraiment d'un acte désespéré de faire capoter une affaire déjà bouclée.

- Pour ma part, reprit Roderich face au silence de Lukas, sachez que cela ne m'étonne guère qu'un voleur ait pu s'infiltrer parmi nous. Comme je vous l'ai expliqué auparavant, mon beau-père s'amuse à vérifier la maison de fond en comble depuis qu'il est ici. Il a fait venir plusieurs personnes sur l'île ces derniers jours. Je ne sais pas ce qu'ils venaient faire ici. Zoltán m'a juste quelques fois mandaté pour aller les accueillir au portail principal.

Lukas esquissa un sourire en coin. Roderich était surtout agacé de ne toujours pas comprendre qui étaient ces gens, ce qu'ils étaient venus faire dans sa propre maison. Au final, c'était surtout cela qui l'intéressait, plus que l'acte de propriété en lui-même. Il faisait en théorie un parfait coupable d'ailleurs, le seul de la maisonnée gêné par la présence de Zoltán et qui se préoccupait de ses agissements, qui remettait en question sa position de propriétaire.

Comme Lukas demeurait toujours silencieux à l'autre bout du téléphone, Roderich prit de nouveau la parole :

- Si vous avez une quelconque piste, je tiens à en être informé sur le champ.

- Je sais ce que trafique votre beau-père, en effet.

- Il trafique donc bien quelque chose ! Soyez au port dans dix minutes, je vous y attendrai. Je tiens à ce qu'Erzsébet soit témoin et que Zotlán nous rende des comptes. Vous en profiterez pour prouver votre innocence dans ce vol d'acte de propriété.

Lukas n'eut pas son mot à dire, à peine put-il corriger l'heure de rendez-vous, histoire d'avoir le temps de se préparer.

Ce fut trois quarts d'heure plus tard, au grand damne de Roderich, qu'ils se retrouvèrent à traverser le fjord en direction de l'île de Kildholmen. Tout du long, Lukas avait observé son hôte du coin de l'œil. Les sourcils froncés, le regard dur et les lèvres pincés, Roderich Edelstein ne s'était pas déridé une seule fois, pas même lorsqu'ils furent arrivés dans le salon face au patriarche.

Zoltán Héderváry ne s'appuyait quasiment pas sur sa canne, redressé dans toute sa hauteur. Sa carrure paraissait d'autant plus imposante que, le menton relevé, il défiait quiconque d'un regard enflammé, dardé d'éclairs.

- Alors c'était donc bien vous ?! hurla-t-il à l'adresse de Lukas l'attaquant de sa canne

Lukas ne chercha même pas à la repousser, alors même que l'extrémité n'était qu'à quelques centimètres de son torse.

- Ne sautons pas aux conclusions, voulez-vous.

- Où est Erzsébet ? demanda Roderich

- Partie chercher quelqu'un au portail avec qui j'ai rendez-vous.

- Encore un de vos nombreux invités débarquant de nulle part pour d'obscures raisons, marmonna Roderich en rehaussant ses lunettes

- Mes affaires ne regardent que moi, Roderich.

- Qui se trouve sur mon domaine me regarde.

- Il s'agit de la propriété de ma fille. Jamais il n'a été question qu'elle soit vôtre.

- Et Erzsébet est-elle au courant de vos manigances ? Il ne me semble pas.

Zoltán parut mouché et ne rétorqua rien.

- Voilà bien ce que je vous disais, Lukas ! s'écria Roderich, il nous cache quelque chose à tous ! Et je ne le supporterai pas plus longtemps. Dès lors qu'Erzsébet aura franchi la porte de ce salon, elle sera tout aussi témoin que moi de la révélation de vos agissements. J'y tiens.

- Mes agissements, mes manigances, gronda Zoltán qu'est-ce que cela m'importe ? Je vous signale que quelqu'un s'est introduit dans mon bureau, ce que je ne puis tolérer. Et si votre ami ici présent m'assure de son innocence, je n'aurais d'autre choix que de vous croire coupable.

Roderich s'étrangla.

- Je suis las de devoir vous le répéter mais je n'y suis pour rien dans cette affaire. Vous détournez le propos !

Les deux hommes se fusillèrent du regard. Lukas se demanda s'ils échangeaient aussi ouvertement leurs désaccords en présence d'Erzsébet.

- Vous faites un parfait coupable, Roderich, intervint Lukas

Ce dernier fit volte-face, absolument atterré par la déclaration.

- Comment pouvez-vous….

- A première vue. Mais il y a un point qui vous dédouane de tout acte malhonnête.

Ce fut au tour de Zoltán de se montrer stupéfait.

- Vos scrupules marqués par la bienséance. Vous êtes incapable d'oser un quelconque acte qui pourrait vous mettre en porte-à-faux. Vous ne défiez jamais ni l'éthique, ni les protocoles, peu importe combien votre curiosité ou vos doutes vous rongent. C'est pour quoi vous avez même fait appel à moi.

Roderich baissa les yeux.

- Faire appel à vous ? Vous n'êtes donc pas violoniste ? Vous m'avez menti ?

Si le temps était clair au dehors, l'orage gronda dans le salon. Lukas l'arrêta tout de suite.

- Je suis violoniste. Je peux vous en apporter toutes les preuves que vous désirez. Cependant, il est vrai que je n'ai pas rencontré votre gendre dans un cadre musical. Je suis détective à mes heures.

Zoltán fusilla Roderich du regard.

- Et comment puis-je être assuré dans ce cas que vous n'avez rien à voir avec l'intrusion dans mon bureau ?

- Je sais ce que vous avez caché à votre gendre et votre fille. Et vous comme moi, nous savons que je n'aurais eu aucune utilité à dérober un acte de propriété.

- Mais vous avez forcément pénétré mon bureau pour comprendre.

- Non. Tous les indices sont disséminés dans la maison. Voir le bureau ne m'a apporté que peu d'éléments en comparaison.

La porte d'entrée claqua et bientôt Erzsébet se présenta sur le pas de la porte en compagnie du rendez-vous de Zoltán. A sa vue, Roderich s'écria aussitôt :

- Voyez ! C'est un des étranges personnages venus récemment sur l'île. Peut-être a-t-il des comptes à nous rendre.

Lukas ne put alors s'empêcher d'éclater de rire. Toutes les personnes présentes le dévisagèrent, les yeux éberlués. Erzsébet était d'autant plus étonnée qu'elle ne comprenait pas la présence du violoniste.

- Lukas ? Mais… qu'est-ce que tu fais là ? demanda finalement le nouveau venu, remis de sa surprise

- Je peux vous assurer, Roderich, que ce jeune homme n'a strictement rien à voir avec notre affaire, assura Lukas. Mon petit frère en serait bien incapable et n'en aurait surtout rien à faire.


Affaire à suivre…