Bonsoir !

L'A20 est bouclée ! C'est un bon morceau de passé et je pense que je vais attendre un petit peu avant de reprendre l'écriture. J'ai assez de matière pour que vous ne sentiez même pas la pause.

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Khøler

Islande : Emil Steilsson

Autriche : Roderich Edelstein

Hongrie : Erzsébet Edelstein

Magyar : Zoltán Héderváry

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 17 : L'affaire cachée

- Votre…

Roderich, Zoltán, Erzsébet se tournèrent comme une seule personne vers Emil. Ce dernier était complètement désorienté. Il rentra légèrement la tête dans les épaules, observant tour à tour les personnes présentes.

- Je… je n'en ai rien à faire de quoi exactement ?

- Je me disais bien que tu avais dû croiser cette annonce sur le net, mais qui eût cru que nous nous croiserions précisément ce jour-là.

- Comme toujours, je comprends rien à ton charabia, Lukas. Sois plus clair. Qu'est-ce que tu fous là ?

- Quelque part, on pourrait dire que je suis là pour la même raison que toi.

Emil soupira profondément.

- Ouais, ok. T'es en mode théâtral, t'es sur une affaire. Pas vrai ?

- Oh, rien de bien compliqué, tu sais.

- Au moins, tu m'as pas espionné. C'est déjà ça, maugréa Emil

Les trois personnes présentes dans la pièce observèrent, incrédules, l'échange entre les deux frères. Puis, soudain, Zoltán jugea que c'en était assez. Il frappa le plancher de sa canne.

- Qu'on m'explique tout ceci, tonna-t-il, suis-je sur le point de signer avec le frère d'un voleur ?

Emil fronça les sourcils et envoya un regard noir à son frère. Dans quoi s'était-il encore mis ? Il n'allait tout de même pas faire capoter son futur job tout de même ? Alors même qu'il lui assurait il y a deux jours qu'il lui faisait pleinement confiance… Pourquoi fallait-il qu'il arrive toujours à se mettre en travers de sa route ?

- Et moi j'aimerais bien qu'on m'explique de quoi il en retourne ? Signer quoi ? s'interrogea Roderich

- Ce ne sont pas vos affaires, Roderich. Combien de fois faudra-t-il vous le dire pour que cela rentre dans votre crâne ?

On frappa fort du poing sur la porte, laquelle rebondit contre le mur, laissant au passage une marque noire. Tout le monde sursauta. Erzsébet envoya un regard sombre à chacun d'eux et plus encore à son père et son époux.

- ça suffit maintenant ! s'égosilla-t-elle

Personne n'osa piper mot.

- Je me réveille ce matin. Il fait beau pour une fois : je me dis que je vais aller faire une balade à cheval et voilà que mon père m'apprend qu'on s'est introduit dans son bureau et qu'on a volé un acte de propriété. Il est furieux, s'emporte contre Roddy, qui s'emporte à son tour, puis disparait pour revenir ensuite avec le violoniste de la veille, que je découvre être le frère d'un type venu signer un truc. Vous avez pas un peu l'impression que c'est un beau bordel votre histoire et qu'il serait temps de vous poser et de vous expliquer ? De m'expliquer !

Ses réprimandes furent suivies d'un profond silence.

Erzsébet attrapa finalement le bras d'Emil et le fit entrer dans le salon. Elle se laissa ensuite tomber sur un fauteuil, et tapota impatiemment un des accoudoirs. Elle fit signe aux autres de prendre place également d'un geste sec. Ils s'exécutèrent.

- Je vous écoute !

Personne n'osa d'abord prendre la parole. Puis, Roderich inspira profondément.

- Lukas Bondevik ici présent n'est pas que violoniste. Il est aussi détective. Et j'ai eu recours à ses services car je souhaitais découvrir ce que Zoltán nous cache.

Erzsébet retrouva une expression calme. Elle haussa un sourcil innocent.

- Oui, je maintiens, Erzsébet : ton père n'est pas venu nous rendre visite par hasard. Cela dit, je ne sais pas moi-même de quoi il en retourne, mais Lukas m'a affirmé avoir compris ce qui se tramait. Preuve s'il en était besoin que je ne suis pas fou, ajouta-t-il après une pause.

- Il y a une différence entre s'occuper de ses affaires et cacher quelque chose, Roddy, tout de même.

- Tu n'es pas là tous les jours. Tu ne le vois pas arpenter la maison à la recherche de je ne sais quoi, faire venir inconnu sur inconnu, s'enfermer dans la bibliothèque.

Erzsébet adressa un regard interrogateur à son père. Ce dernier s'enferma dans un mutisme boudeur.

- Et bien dans ce cas, Lukas, expliquez-nous ! déclara-t-elle, mais si on pouvait ne pas trop tarder. J'aimerais vraiment pouvoir profiter de ma balade à cheval avant d'aller travailler cet aprèm.

- Volontiers.

Lukas se leva et enfonça les mains dans les poches de sa veste, puis se dirigea vers la porte-fenêtre menant au jardin d'hiver. Emil se renfrogna : voilà son frère repartit dans son délire théâtral. Qu'est-ce qu'il détestait ça…

- Eclairons tout de suite la raison de la présence d'Emil chez vous. Cela vous donnera déjà un aperçu de la chose. Car je peux vous assurer, Erzsébet, que votre père vous a en effet caché quelque chose. Et ce depuis au moins cinq ans, si ce n'est dix ans. Emil Steilsson ici présent est venu signer son contrat d'embauche auprès de son futur employeur Zoltán Héderváry. La question serait : pour quel emploi ? J'avoue être privilégié. Mon frère vient d'achever sa formation en communication et a répondu à toutes les annonces en lien, dont celle de votre père qui recherchait un…

Lukas dégaina son téléphone portable et lut :

- « Chargé de communication, minimum bilingue anglais-norvégien, hongrois en bonus, pour des missions de promotion, d'accueil et de renseignements auprès d'un public hongrois sur la Norvège et la ville d'Oslo. Excellente connaissance du pays et de la capitale exigée. » Pas étonnant que mon cadet vous ait ravi.

Erzsébet, tout comme son époux, dévisagèrent Zoltán avec perplexité. Le patriarche demeurait muré dans son mutisme. Lukas poursuivit, arpentant le salon de long en large :

- Zoltán Héderváry est un richissime propriétaire terrien et un excellent homme d'affaire qui ne rate jamais une occasion, vous en conviendrez tous. Depuis qu'il s'est largement assis en Hongrie, il a cherché d'autres marchés, au-delà des frontières. Le fait est que les pays alentours se refusaient à lui pour diverses raisons : les notables roumains qui n'avaient aucune envie de voir le Hongrois débarquer sur leur terre, le marché des thermes déjà saturé en République Tchèque, l'insatisfaction et le désintéressement des Autrichiens, et ainsi de suite. Une carrière est toujours jalonnée d'échecs à un moment ou un autre. Alors il a visé plus loin, à la grande surprise de tous, avec la Norvège. Ce n'est pas sorti de nulle part cela dit : il a croisé l'information de la presse spécialisée concernant une île du fjord, Kildholmen, l'île de la source thermale. Un nom des plus prometteurs, n'est-ce pas ? Oh, il ne m'a pas fallu grand-chose pour apprendre cela à part éplucher les articles de la presse économique d'il y a dix ans, répondit Lukas à la question qui brûlait les lèvres d'Erzsébet, Héderváry n'est qui plus est pas un nom inconnu dans les hautes sphères.

Lukas, dans son sentiment de toute puissance, reprit place dans le fauteuil, croisant élégamment les jambes.

- Néanmoins, il ne souhaitait pas s'aventurer en terre inconnue. Il avait besoin de prendre le pouls du pays. Quelle activité pourrait fonctionner en Norvège ? Quel pont pouvait-il bâtir entre la Hongrie et la Norvège ? Le mieux était encore d'avoir quelqu'un de prédisposé pour cette mission.

Aspirée par l'explication, Erzsébet se désigna d'un doigt incrédule.

- Exactement. Il vous a offert cette île, qui restait néanmoins sa propriété. C'était bien évidemment important pour lui de pouvoir garder la main dessus. Je ne doute pas un seul instant néanmoins qu'il vous l'ait réellement offerte. Après tout, s'il ne devait rien en tirer, au moins aurait-il fait plaisir à sa précieuse fille. Vous et Edwin, vous vous êtes donc installés ici, avec Roderich quand il le pouvait. Quelques années ont passées et vous avez souhaité monter votre propre entreprise, Erzsébet.

- Le spa.

- Tout à fait. Tout ça, je le tiens de Roderich qui a gentiment répondu à mes questions.

Roderich commençait enfin à replacer toutes les pièces du puzzle à leur juste place.

- Votre père a sauté sur l'occasion, reprit Lukas, pour voir si les spas fonctionnaient en Norvège. Et cela ne m'étonne pas vraiment que les Osloïtes y aient adhéré. De plus, sa fille était en contact avec les expatriés et les touristes hongrois sur le territoire. C'est là qu'il a commencé à comprendre ce qu'il voudrait faire de cette île, quelle affaire il voulait monter en Norvège. Durant ces cinq dernières années, il a tâté le pouls du côté hongrois, s'est engagé dans un milieu qu'il connaissait bien moins que les autres, décrochés des sponsors et des soutiens. Et le voici qu'il débarque pour opérer lui-même les derniers ajustements. Le plus marrant dans l'histoire, c'est que vous auriez très bien pu deviner quel était son projet en détaillant la bibliothèque.

Les deux époux échangèrent un regard profondément interloqué. Ils reportèrent ensuite leur attention sur le détective. Emil leva les yeux au ciel. Voilà son frère de nouveau en train de savourer son suspens pseudo-dramatique, monté de toute pièce.

- Il veut ouvrir des chambres d'hôtes. Pour bourses fortunées.

Sa déclaration fut suivie d'un profond silence.

- Juste… des chambres d'hôtes…

L'incompréhension de Roderich était telle qu'il en était bouche bée et s'était laissé tombé dans le fond du fauteuil. Il s'était vraisemblablement attendu à tellement pire qu'il n'arrivait pas à le croire.

- Vous me diabolisez beaucoup trop, Roderich, déclara soudain Zoltán de sa voix caverneuse

Cela sembla sortir Erzsébet de sa léthargie qui n'en revenait pas, au même titre que son mari.

- Des chambres d'hôtes ! s'exclama-t-elle, mais pourquoi tu ne nous l'as simplement pas dit, papa ?

- Oh pour une raison très simple, assura Lukas, Roderich.

- Roddy ?

- Zoltán connait parfaitement votre relation. Vous vous influencez l'un l'autre tout autant. Zoltán vous aurait parlé du projet, que vous vous seriez entretenu avec votre époux, lequel aurait émis des réticences, car comme il vient d'être dit, il se méfie toujours de son beau-père. Même avec toute la sincérité du monde, Roderich n'aurait pas cru les choses aussi simples. Zoltán a fait un choix, celui d'agir puis d'expliquer.

De nouveau, le silence tomba dans le salon. Lukas observa le dessous de ses ongles sans se préoccuper du regard de son cadet, qu'il savait en train de le juger pour sa théâtralité. Emil était en effet un brin désabusé par son frère, comme toujours.


Affaire à suivre…