Bonsoir à tous,
Nous ne sommes que vendredi soir mais étant indisponible ce week-end, je prends les devants )
C'est donc la fin de l'affaire 17 et nous passerons la semaine prochaine à l'A18 !
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Khøler
Islande : Emil Steilsson
Autriche : Roderich Edelstein
Hongrie : Erzsébet Edelstein
Magyar : Zoltán Héderváry
Kugelmugel : Edwin Edelstein
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 17 : Résolution de l'acte
La question était maintenant de savoir ce qui allait advenir mais cela, ce n'était pas une question pour le détective. Cela ne concernait que les habitants de l'île qui devraient discuter entre eux de l'affaire, ce que fit remarquer le patriarche avant de poursuivre :
- Ceci mis à part, mon exemplaire de l'acte de propriété est toujours porté disparu, et je souhaite retrouvé l'intrus qui s'est introduit dans mon bureau.
Comme pour appuyer ses propos, il martela le sol de sa canne.
Lukas sauta aussitôt sur ses pieds et étira ses doigts.
- Rien de plus simple, affirma-t-il
Emil laissa retomber sa tête sur le dossier du fauteuil dans lequel il était assis, ne pouvant s'empêcher au passage de lâcher un léger soupir.
- Il vous suffit pour cela de répondre à une seule et unique question.
Zoltán plissa les yeux, un brin sceptique.
- Qui s'occupe des poissons ?
La tension retombée, Erzsébet ne put s'empêcher d'éclater de rire, se frappant la cuisse. Néanmoins, Lukas demeura le plus sérieux du monde et quémanda du regard une réponse de la part du patriarche.
- Je m'en occupe mais je laisse parfois Edwin les nourrir. Il aime bien observer les poissons, le nez collé contre la vitre.
Les parents furent visiblement très surpris d'apprendre que leur fils avait eu l'opportunité de pénétrer dans l'antre de son grand-père, alors même que c'était surement la pièce la plus secrète de la maison.
- Vous confirmez ma pensée.
- Attendez, intervint Roderich, comment avez-vous deviné ?
- Mais précisément parce que je n'ai rien deviné. Même en regardant à travers une fenêtre, on aperçoit facilement des traces de peinture, laissé par les doigts d'Edwin, sur le verre de l'aquarium. Or, il n'y a que votre fils qui ait un penchant pour cet art dans cette maisonnée.
- Vous n'êtes pas sérieux ? s'offusqua brusquement le patriarche en se levant, mon petit-fils ! Mon petit-fils aurait dérobé l'acte de propriété ?
- Je rejoints mon beau-père : nous parlons d'un enfant !
- C'est un ado, Roddy ! Mais il n'empêche que oui, je suis d'accord : qu'est-ce qu'Edwin irait voler un acte de propriété ?
- Allez lui demander.
Aucun des trois adultes n'osa s'engager dans le couloir jusqu'à la chambre de l'adolescent tant ils étaient sceptiques face à la théorie du détective. Lukas leva les yeux au ciel.
- Zoltán n'a compris qu'on s'était introduit dans son bureau que lorsqu'il a constaté l'absence du document. C'est donc qu'il n'y avait pas de trace d'effraction. Et s'il n'y a pas de trace d'effraction, c'est donc que c'était une personne qui savait parfaitement s'introduire sans heurt dans le bureau. Ce n'est pas Roderich pour son éthique. Ce n'est pas Erzsébet qui passe son temps dehors, en salle de gym ou au travail. Et ne parlons pas de Zoltán lui-même. Emil a un alibi et ne s'est pas rendu sur l'île depuis son rendez-vous il y a deux jours. Quant à moi, même si je l'avais voulu, je n'aurais pas pu m'introduire sans laisser des traces. Edwin reste la seule personne de cette maison à avoir pu pénétrer dans le bureau.
Sur ces mots, Roderich, Erzsébet et Zoltán se ruèrent hors de la pièce en criant le nom d'Edwin. Désormais seul avec son frère dans le salon, Emil laissa soudain retomber la pression. Il délaissa son sac par terre.
- Je ne peux même pas signer un contrat tranquillement…
Lukas passa devant lui avec un sourire en coin, puis lui tapota l'épaule.
- Pour cette fois, je peux t'assurer que je n'y suis pour rien.
- Je sais… maugréa Emil
Lukas quitta la pièce pour rejoindre l'étage. Dans la chambre d'Edwin, l'adolescent ne s'y trouvait pas, mais les trois adultes avaient entrepris de retrouver l'acte de propriété. Lukas, toujours les mains dans les poches, jeta un coup d'œil aux alentours.
Spacieuse, lumineuse mais surtout marquée par un beau bazar que ce soit au sol ou sur les murs, cette pièce là était bel et bien investie par son propriétaire. Devant une des fenêtres se trouvaient un chevalet et une table basse sur laquelle reposait palette, pinceaux, couleurs et eau. Lukas découvrit une toile en cours : elle représentait la vue du jardin et de la forêt sous un ciel gris d'où s'échappaient quelques éclairs. Edwin faisait preuve d'un grand talent. Le détective attrapa un carton à dessin et feuilleta les sujets tracés au fusain, des objets en tout genre sans réel lien les uns avec les autres, quelques paysages de forêts. Puis, son regard tomba sur le bureau. Erzsébet était en train d'ouvrir tous les tiroirs.
- Vous êtes sûrs de votre coup ? demanda-t-elle
Zoltán brandit soudain une feuille cartonnée sur laquelle était dessinée, au détail prêt l'acte de propriété.
- Pourquoi diable a-t-il décidé de reproduire ce document ? s'interrogea au nom de tous Roderich
Son épouse haussa les épaules. Leur fils était parfois une grande énigme.
- L'original doit forcément être quelque part ! Continuez de chercher, somma Zoltán
Lukas attrapa une maquette en glaise d'une boule dans laquelle étaient creusés des rectangles allongés. Une échelle longeait les rebords arrondis de haut en bas, sur toute une moitié et, au milieu, se trouvait une ouverture vers l'intérieur. La sphère était posée au milieu d'une reproduction minutieuse d'arbres et de buissons.
- Laissez tomber la chambre, déclara Lukas
Les trois adultes se tournèrent vers lui. Il leur montra la maquette. Le regard d'Erzsébet s'éclaira.
- Mais c'est sa cabane !
- Sa cabane ? s'étonna Roderich
Erzsébet reposa doucement la maquette sur le bureau, dans un sourire attendri.
- Edwin s'est amusé à construire une cabane dans les bois avec les planches d'une des vieilles maisons de pêcheurs qu'on a dû détruire pour le garage à bateaux. Ça fait des années qu'il travaille dessus. C'est surement son œuvre la plus mémorable ! Il l'a fini le mois dernier, juste avant que tu n'arrives. Il ne te l'a pas montré ?
Roderich essuya les verres de ses lunettes et pinça les lèvres.
- Non, je n'en avais aucune idée…
Erzsébet observa son mari, un peu attristé.
- En tout cas, coupa Lukas, c'est à tous les coups là-bas que vous retrouverez votre acte de propriété, monsieur Héderváry.
Peu après, Erzsébet mena le groupe à travers la forêt et ils se retrouvèrent bientôt face à la cabane. Comme la maquette l'avait présentée, elle était ronde, perchée dans un arbre, reliée au sol par une échelle qui épousait ses formes. Une porte se découpait en son milieu, des fenêtres avaient été aménagées dans cette façade particulière.
- Edwin, mon chéri ? appela sa mère
Une tête apparue dans l'encadrement de la porte, encadrée par deux longues tresses blondes presque blanches. Edwin avait les yeux améthyste de son père, mais était animé du même regard que sa mère, curieux et innocent. Lukas remarqua à quel point en quelques secondes on pouvait à la fois retrouver le père et la mère en lui.
- Tu n'aurais pas emprunté quelque chose à ton grand-père, mon chéri ?
Edwin leva les yeux au ciel et parut s'absenter du monde réel pendant plusieurs minutes. Puis, il retourna dans sa cabane. Les adultes durent patienter encore quelque temps avant de le voir reparaitre, un baluchon sur l'épaule.
Lorsqu'il fut à leur hauteur, Lukas constata qu'il était bien plus petit que la moyenne. Tout du moins, que la moyenne norvégienne. Artiste jusqu'au bout des ongles, il affichait un style vestimentaire bien à lui, coloré, de formes et de textures diverses, devant lequel Roderich ne pouvait s'empêcher de pincer les lèvres. Le jeune Edwin présenta son baluchon à ses parents et son grand-père, sans un mot.
Zoltán fut étonné d'y trouver une ribambelle d'objets sans autre lien que le fait de tous lui appartenir : rasoir jetable, eau de toilette, chaussette, pommeau de canne, écharpe, livre, chevalière… et même trognon de pomme. Il trouva finalement l'acte de propriété dans sa pochette plastique et ce fut un grand soulagement pour tout le monde.
- Mais enfin, Edwin, s'offusqua le père, que t'est-il donc passé par la tête ?
L'adolescent marmonna quelques mots, grattant la terre du bout de sa bottine.
- Plus fort, je te prie.
- Le quotidien, c'est de l'art, articula-t-il
Stupéfaits, aucun des trois adultes ne parvint à poursuivre les remontrances à l'encontre d'Edwin. Ce dernier leur laissa le baluchon, tourna les talons et courut se réfugier dans sa cabane d'où il ne ressortit plus.
Tout à coup, Erzsébet pouffa de rire.
- Et bien ! Qui l'eût cru, papa : ton petit-fils t'admire au point de dessiner tes trognons de pommes !
Le patriarche grommela quelques paroles inaudibles puis finit par soupirer de fatigue.
Roderich se tourna finalement vers Lukas, toujours un peu déboussolé par ce qu'il venait de se passer.
- Et bien… fini-t-il par déclarer, je crois que nous vous devons quelques remerciements. Moi plus encore.
- Nous aurions pu chercher encore longtemps, admit Erzsébet ayant retrouvé son franc sourire
Zoltán se racla la gorge et prit le chemin de la maison.
- Vous m'excuserez désormais mais j'ai un futur employé qui attend son contrat de travail.
- Pas si vite ! Je vous arrête tout de suite : je n'en ai pas fini avec cette histoire pour ma part ! s'exclama aussitôt Roderich en partant dans son sillage. Nous cacher que vous vouliez ouvrir des chambres d'hôtes, voilà bien une idée saugrenue !
Roderich poursuivit son beau-père en continuant son sermon, sous le regard enjoué d'Erzsébet.
- Notre petite famille n'est certainement pas un modèle, mais je crois que nous venons de faire un pas en avant ! Croyez-moi, ils ne se sont jamais autant parlé qu'aujourd'hui.
Erzsébet éclata de rire. Elle passa un bras par-dessus les épaules de Lukas, lequel se raidit aussitôt.
- Vous resterez bien déjeuner, cette fois ? Votre frère est de la partie bien sûr !
Sans attendre sa réponse, elle appela son fils à les rejoindre et les entraîna gaiement vers la maison.
Fin de l'affaire
