Bonjour à tous,
Que dire à part que je croule sous le travail et que j'ai pas avancé d'une miette sur l'écriture de l'affaire 21… je l'écrirai surement après le 20 décembre (soit après la plupart de mes exams)… Bref, rien de neuf sous le soleil (oui, chez moi, on a encore droit au ciel d'azur actuellement).
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Khøler
Islande : Emil Steilsson
Belgique : Manon Maes
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 19 : Le problème d'Emil
- C'est super sympa à toi, Manon ! s'exclama Mathias
- Je considère que c'est la moindre des choses, déclara-t-elle, et je souhaitais aussi que mon compagnon puisse rencontrer mes anges gardiens.
La jeune femme pouffa de rire.
- Je peux compter sur vous ?
Son regard demeura sur Lukas, dans l'attente de sa confirmation. Ce n'était en effet pas difficile de convaincre Mathias d'une sortie, mais elle soupçonnait le détective d'être moins enclin.
Et elle n'était pas loin de la vérité. Ce genre de mondanités, Lukas y avait déjà goûté un bon nombre de fois et il y allait toujours à reculons. Entretenir une bête conversation entre deux bouchées et un verre de vin, ce n'était clairement pas son truc. Il s'ennuyait la plupart du temps durant ces repas, que cela ait un lien avec son travail de violoniste, où l'élitisme était encore bien ancré chez certaines personnes, ou des remerciements comme celui-ci. Les personnes venues requérir ses services n'arrivaient jamais à cerner ses intérêts dans l'investigation. Cela semblait dépasser tout le monde qu'il ne cherchait tout simplement qu'à, dans le meilleur des cas, rendre justice et lever le voile sur des crimes impunis. Même s'il était vrai que beaucoup de ses enquêtes se résumaient la plupart du temps à de banales disparitions sans aucune saveur particulière.
Le regard de Lukas se posa sur Mathias. Néanmoins, c'était bien lors d'une banale disparition, celle de Peter, le fils de Berwald et Tino, qu'ils s'étaient rencontrés. Comme quoi, même les évènements les plus triviaux peuvent réserver des surprises. Qui sait, se dit-il en se retenant de lever les yeux au ciel, peut-être bien qu'il tomberait sur un cas d'empoisonnement ou de vol à la sauvette au restaurant.
- Bien sûr, répondit-il enfin
Satisfaite, Manon se leva. Elle déclara qu'elle n'allait pas les déranger plus longtemps, d'autant plus qu'elle tenait à faire la surprise d'une visite à Antonio. Elle aviserait par la suite pour sa soirée. On sentait qu'elle cherchait quoi faire dans cette ville, seule. Pour sûr qu'elle serait ravie de retrouver son compagnon lorsqu'il atterrirait enfin à Oslo. Mais cela confirmait à Lukas qu'elle n'était décidément venue avec aucune autre ambition que de passer du bon temps. Cela dit une question demeurait et, alors que Manon s'apprêtait à franchir le pas de la cuisine, il demanda subitement :
- Pourquoi la Norvège ?
Manon lui adressa un regard malicieux.
- Je tenais à partager mon aventure, même à rebours, avec mon chéri. Et puis, la Norvège est une terre pleine de mystères.
A cela, Lukas lui concéda un petit sourire en coin.
Les deux hommes la raccompagnèrent jusqu'à l'entrée. Elle remercia une nouvelle fois Mathias pour sa citronnade. Ce dernier lui tint gentiment la porte. Derrière, à la grande surprise de tous, se trouvait Emil qui s'apprêtait à pénétrer dans la demeure. Il écarquilla les yeux en apercevant Manon, puis rentra précipitamment en bredouillant quelques salutations. Il grimpa par la suite les marches quatre à quatre. Puis, le craquement de ses pas sur le plancher laissa la place à un nouveau silence.
- Il va bien ? demanda Manon stupéfaite
- Fatigué par son travail, j'imagine, répondit Mathias
- Il travaille désormais ? Quelle nouvelle ! J'espère que ça lui plait et que ça ne l'épuise pas trop, tout de même. Si demain il le souhaite, et qu'il le peut surtout, il est tout autant convié à notre déjeuner.
- Je lui transmettrai, assura Lukas
Sur ces mots, Manon les salua une dernière fois puis partit de son pas guilleret, le nez en l'air à observer avec une curiosité sincère pour toutes choses alentours. Lorsque Mathias referma, Lukas repartait déjà vers l'étage.
- Tu crois que ton frère s'en veut encore sérieusement pour la dernière fois ?
- Oui.
Ce fut le seul commentaire de Lukas. C'était l'évidence même d'après lui, et il n'y avait rien à ajouter ou débattre : Emil se sentait responsable de l'enlèvement, aussi furtif fût-il, de Xavier-Henri, le frère cadet de Manon. Il était seul avec lui sur le moment et, trop plongé dans un jeu, enfermé dans sa chambre, il n'avait absolument pas relevé la disparition du jeune homme à peine plus âgé que lui. Pourtant, Manon n'avait pas eu l'air de lui en vouloir pour quoi que ce soit. C'était semble-t-il un problème de conscience avec lui-même seulement. Lukas grimaça intérieurement. Il y avait peu de chance, selon lui, qu'Emil accepte de se joindre à eux le lendemain midi. Néanmoins, il devait lui en faire la proposition, par politesse et respect pour Manon. Et en vérité surtout pour lui-même, préférant avoir son petit frère avec lui, plutôt que d'être seul avec un inconnu, une jeune femme beaucoup trop malicieuse à son goût, et son colocataire.
Alors que Mathias retourna en cuisine se servir un verre de citronnade fraîche, Lukas, lui, gravit les deux escaliers pour se retrouver face à la porte close de son frère. D'ordinaire, il serait entré sans même prendre la peine de frapper. Mais depuis quelques temps déjà, il essayait d'améliorer son comportement vis-à-vis de son cadet. A plusieurs reprises, il l'avait déjà remarqué et bien compris : Emil avait définitivement grandi. C'était notamment lorsque ce dernier s'était engagé dans ses examens de fin d'année, en vue de l'obtention de son diplôme, ainsi que pendant sa recherche d'emploi, que Lukas en avait pris conscience. Il avait déjà eu beaucoup de mal à se faire à l'idée qu'Emil avait eu son permis de conduire il y avait de cela quelques années. Néanmoins, il n'utilisait finalement que rarement la voiture, se satisfaisant des transports en commun pour l'université ou retrouver Jia Long. Mais l'université, ce n'était qu'une école. Au fond, cela ne faisait pas grande différence, n'est-ce pas ? En revanche, voir son frère dignement vêtu pour enchainer les entretiens d'emploi, alors même qu'il affichait d'ordinaire un style vestimentaire pour le moins décontracté, et signer son premier contrat, ceci faisait prendre conscience à Lukas que son petit frère n'avait décidément plus rien du petit garçon qu'il avait récupéré plus d'une dizaine d'années auparavant.
A dire vrai, Lukas accusait également le coup, réalisant le poids des années passées. Il était certes doué pour les enquêtes et les investigations, dénicher et rassembler des preuves. Cependant, tout ce qui était du ressort de l'immatériel, et à commencer par cette grande énigme qu'était le temps, cela lui échappait complètement. Avoir fêté ses trente ans l'avait à peine effleuré, quand bien même il avait eu droit à une belle surprise. Mais voir son petit frère partir pour sa première journée de travail l'avait beaucoup plus marqué. Ce n'est pas tant nos propres années que celles des autres qui nous permettent de prendre conscience de l'existence du temps, pensa Lukas en frappant deux petits coups timides à la porte.
La voix d'Emil lui répondit vaguement de l'autre côté. Lukas pénétra dans la pièce, et découvrit son cadet étendu sur son lit, les yeux rivés au plafond.
- Tu es fatigué.
Comme d'habitude, les mots de Lukas tenaient bien plus de la déclaration que de l'interrogation.
- Non, répondit contre toute attente Emil
Son frère aîné en fut le premier surpris et haussa un sourcil.
- Enfin, si, je suis fatigué. Mais comme après n'importe quelle journée de boulot.
Lukas esquissa un sourire en coin.
- Tu parles comme un vrai petit employé de bureau.
Emil grimaça.
- Dis pas ça, l'angoisse.
Il lâcha par la suite un profond soupir.
- Quelque chose te préoccupe.
- Je reconnais bien là mon détective de frère.
- C'est Manon.
Emil s'apprêtait à répondre mais se tut finalement. Puis, il répondit, pesant ses mots :
- Pas vraiment. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit là. Mais je suis surtout aux prises avec autre chose.
- Jia Long a pris l'avion il y a une semaine maintenant et tu n'es pas du genre à te languir de ton bien-aimé.
Emil rougit à l'expression. Il se retourna et enfouit son visage dans les draps. Des draps bordés de petits trolls bleus, remarqua Lukas, des draps qu'Emil avait depuis qu'il était ici, mais que lui-même avait connu toute son enfance durant. Il trouva tout à coup ces trolls bien mal assortis au reste de la chambre.
- C'est donc d'ordre amical, reprit-il également pour se distraire de ses propres pensées. Tu n'as pas beaucoup d'amis donc le tour est vite fait. Qu'est-ce qu'Alfred a encore fait ?
Il perçut un bref gémissement avant qu'Emil ne montre de nouveau son visage.
- Ils vont bientôt repartir en Amérique.
Lukas savait qu'il parlait d'Alfred, l'Etats-unien, et de Matthew, son cousin canadien. Les deux personnages, chacun haut en couleur à leur manière, quoique l'exubérance d'Alfred pouvait facilement occulter les traits atypiques dont n'était pourtant pas dépourvu Matthew, étaient arrivés pour un échange universitaire en Norvège à la rentrée dernière. Il était évident qu'avec la fin de l'année scolaire leur séjour touchait à sa fin. Néanmoins, Lukas n'avait jamais constaté de réelles accroches entre son frère, Alfred et Matthew. Certes, il ne crachait jamais sur une partie ou deux de jeu vidéo, et il était à dire vrai même plutôt persuadé qu'Emil les appréciait malgré tout. Il ne voyait cependant pas son cadet s'affliger de leur départ. Il y avait forcément autre chose derrière cette déclaration.
- Et ?
- Et du coup, face à cette, je cite, « distance de ouf qui va nous faire péter une durite », Alfred veut qu'on se voit encore plus que d'habitude... Comment te dire que j'ai pas le courage de le voir tous les quatre matins ? Venir jouer à la maison, ça m'embête un peu, mais là il veut carrément marquer le coup et partir sur le fjord, pêcher, camper ou d'autres trucs du genre. Il m'a même prévu une surprise qui a l'air de le rendre surexcité. Jusqu'à présent, je pouvais dire que je bossais mais demain c'est mon jour de repos. J'ai aucune excuse…
Un nouveau sourire s'accrocha aux lèvres de Lukas.
- Vas-y. Fous-toi de moi, grommela Emil
- Mais pas du tout. J'étais simplement en train de penser que, comme d'habitude, ton grand frère a une solution pour te tirer de ce ô combien mauvais pas.
- Tu vois que tu te fous de moi.
Lukas passa outre le commentaire et poursuivit. Il enfonça les mains dans les poches, assuré de son petit plan.
- Tu as vu passé Manon. Il se trouve qu'elle voyage en Norvège avec son compagnon dans un but purement touristique. Néanmoins, elle souhaite nous inviter à déjeuner demain midi. Moi, Mathias, mais également toi. Te voilà bien assez occupé pour décliner l'invitation d'Alfred.
Emil se redressa sur son lit, l'expression contrariée. Lukas savait qu'il venait de placer son petit frère dans une situation inconfortable, l'obligeant à choisir entre deux.
- Je peux pas juste me faire porter pâle ?
- Par un si beau temps ? Peu crédible. Et Alfred ne manquerait pas l'occasion de venir jouer les gardes-malades héroïques. Tout en ayant pour objectif de profiter de tes consoles, ajouta avec un brin de malice Lukas
Emil comprit que son frère venait de le coincer. Il lui assena un regard noir que Lukas dédaigna royalement, prenant congé.
Affaire à suivre…
