Bonjour à tous,
Vous allez enfin découvrir le compagnon de Manon ! Et pour ce que j'en sais, je pense que personne ne sait qui c'est… Une personne s'en est approchée. Surprise, surprise. Néanmoins, sans que cela ne constitue véritablement un indice, si j'ai mis ce personnage avec Manon, c'est grâce à Niniel Kirkland qui m'a fait découvrir ce pairing et qui m'a étrangement plu.
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Khøler
Islande : Emil Steilsson
Belgique : Manon Maes
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 19 : Rencontres et découvertes
Le lendemain, sous un beau ciel d'azur pareil à celui de la veille, les trois résidents du 4 Meltzers gate se préparèrent en fin de matinée avant de prendre la direction d'un restaurant du centre-ville. Nul besoin de voiture, d'autant plus que pour Lukas, il était impensable de ne pas profiter de la capitale par pareille météo.
Mathias était seul en avant, les deux frères rechignant pour une raison ou pour une autre à participer au déjeuner. Autant il comprenait sans saisir les subtilités du problème d'Emil. Il le savait contraint d'assister à ce déjeuner d'une certaine manière mais ne connaissait certainement pas la véritable raison, celle d'échapper à Alfred toujours plus insistant. En revanche, pour ce qui était de Lukas, son acolyte était bien en peine de deviner que le détective n'était décidément pas un adepte de la sociabilité. C'était une différence dans leur caractère qui empêchait parfois l'un de saisir les réactions de l'autre.
- Nous y sommes ! annonça jovialement Mathias
Il ôta ses lunettes de soleil et admira la façade de ce bel édifice. A vivre dans une ville, on en oubliait la plupart du temps de la visiter. Il enfonça une main dans son short rouge tandis que l'autre accrochait à son t-shirt noir la paire de lunettes. Puis, il se tourna vers les deux frères.
- Avec un peu d'avance cela dit.
Il constata que si lui ne s'était certainement pas pris la tête et avait enfilé simplement les premiers vêtements d'été qu'il avait sous la main, Lukas, lui, avait fait preuve de plus d'austérité, adoptant costard bleuté et chemise légère.
Comme à son habitude, pour patienter, Mathias crut bon de faire la conversation, art dans lequel il était seul sur le podium.
- Je me demande à quoi il ressemble, le compagnon de Manon. Je suis sûr qu'elle est avec un grand blond, un peu comme Berwald ou… ouais, ou comme son frère. Non, en fait, ça craint. Non, non, c'est un type méditerranéen. Après tout… elle est déjà sortie avec Antonio, non ?
Lukas leva les yeux au ciel.
- Ou sinon, tu peux considérer que c'est bien vain d'essayer de déterminer l'apparence physique d'un inconnu dont tu ne connais strictement rien.
Mathias passa une main gênée dans ses cheveux. Il reconnaissait que ce n'était pas très probant. Mais il avait décidément du mal à tenir sa langue lorsqu'il n'y avait rien d'autre à faire. Sans compter que sa curiosité était piquée au vif. Cela faisait un bon moment qu'il n'avait pas eu de nouvelles de Manon. Il s'était rapidement lié à la jeune femme et appréciait énormément sa compagnie. Il était donc tout naturellement impatient et enthousiaste à l'idée de la revoir, et pouvait difficilement s'empêcher de deviner.
- Quoiqu'il en soit, c'est super sympa de sa part d'être passée nous voir et de nous inviter à déjeuner.
Lukas observa Mathias, les yeux plissés. Ce dernier jetait des coups d'œil aux alentours, empressé. Il ne l'admettrait jamais, mais l'enthousiasme dont faisait preuve son acolyte pour Manon l'interpellait. Il savait que c'était principalement lié à une certaine ressemblance avec une sœur mais, ne connaissant rien du passé de Mathias finalement, il était bien en peine de comprendre jusqu'à quel point c'était le cas. Ce qui l'intriguait le plus finalement, c'était de se dire que Mathias avait fini par mentionner cette sœur, mais il s'était tellement attaché à Manon et si fortement qu'il était étrange qu'il n'en ait pas parlé avant, car s'il débordait d'affection pour la jeune femme comme s'il s'agissait de sa sœur, c'est bien qu'elle devait lui manquer. Mathias étant quelqu'un d'expansif, qui ne manquait jamais une occasion de bavarder, comme il venait encore d'en donner la preuve, Lukas ne pouvait s'empêcher de se demander pourquoi il n'avait jamais rien raconté d'elle. Le détective en lui vint à la conclusion que Mathias parlait beaucoup mais ne confiait finalement que peu de choses essentielles. Il en revenait encore à ce mystère tout entier qu'il représentait. Si au début de leur colocation, il n'en avait eu strictement rien à faire, Mathias n'ayant été qu'un pion de plus, il était dans de toutes autres dispositions désormais.
Lukas jeta un coup d'œil à son petit frère. Emil était plongé dans son téléphone portable, en train d'échanger avec Jia Long très certainement. Il n'y avait pas beaucoup de personnes dans son entourage avec qui il discutait aussi fréquemment et intensément. Cependant, il revint sur sa déduction en le voyant grimacer et ronchonner face à son portable. Emil finit même par soupirer profondément et lever les yeux au ciel. Face au regard interrogateur de son frère aîné, il expliqua dans un marmonnement :
- Alfred me dit qu'on peut toujours se voir après déjeuner. Je lui ai dit que je ne savais pas combien de temps ça prendrait, mais il s'en fout juste royalement. Je suis sûr qu'il serait même capable de se ramener au resto à ce train-là…
- Pourquoi lui as-tu mentionné le restaurant de toute façon ?
- Ben parce que j'allais pas juste lui dire que j'étais occupé. Il m'aurait jamais cru !
- Je le concède.
- Après, c'est pas forcément très grave, intervint Mathias, ça peut être sympa aussi d'être tous ens-…
Le reste de la phrase mourut dans sa bouche à voir les regards réprobateurs des deux frères. Il leva les mains en signe d'innocence. Il le savait pourtant mais il avait voulu tenter.
Peut-être au titre d'une quelconque revanche, Lukas lui demanda abruptement :
- Pourquoi Manon te fait-elle penser à ta sœur ?
Emil ouvrit des yeux éberlués.
- Une sœur ? Quelle sœur ? Mathias a une sœur ?
- Ah, ça… et bien… elles se ressemblent. Dans le comportement, ajouta-t-il face à l'expression perplexe de Lukas
- Mais d'où Mathias a une sœur ? insista Emil
Pour une fois, Mathias se contenta d'un haussement d'épaule. Après un instant de silence, il répondit tout de même :
- Je ne viens pas de nulle part.
Emil fronça les sourcils puis chercha une réponse du côté de son frère. Ce dernier était concentré sur Mathias. Lui aussi était intrigué par leur colocataire.
- Ah ! Voilà Manon ! s'exclama tout à coup Mathias
Distraction qui tombait à point nommé, se dit Lukas.
Manon était accompagnée d'un homme pas forcément bien plus grand qu'elle, bien portant, paraissant tout aussi jovial qu'elle, le sourire flottant gaiement sur le visage. Il avait le teint halé, des yeux sombres mais pas moins pétillants, et des cheveux en dreadlocks ramenés en queue de cheval. Il avait la démarche nonchalante, une main dans une poche de bermuda, une tenue qui alimentait pour le moins le cliché du vacanciers, l'autre enlacée dans celle de Manon, se balançant au rythme tranquille de leurs pas.
- Bonjour, bonjour, les salua Manon, je vous présente mon compagnon, Carlos ! Carlos, voici Lukas, Emil, son petit frère, et Mathias.
Carlos entreprit de serrer la main de chacun d'entre eux, accompagnant son geste d'une accolade amicale. Bien évidemment, les deux frères se crispèrent au contact de l'inconnu.
- Je suis ravi de vous rencontrer ! Manon m'a beaucoup parlé de vous.
La voix de Carlos était profonde et pourtant tellement chaleureuse. Il se rapprochait du stéréotype de l'homme débonnaire au caractère de gros ours tendre. Sa langue roulait les R malgré son anglais confortable, ponctué d'un accent chantant. Carlos était un ensemble de contrastes qui se complétaient pourtant parfaitement.
Manon pouffa de rire malicieusement. A ce moment-là, Emil baissa les yeux, l'expression contrite et les joues rouges. La jeune femme s'en aperçut et se demanda un instant si son intervention n'était pas malvenue. Néanmoins, elle ne comprit pas en quoi. C'était tout à leur honneur qu'elle avait parlé d'eux.
Ils pénétrèrent par la suite dans le restaurant. Mathias avait définitivement délaissé la question de la ressemblance avec sa sœur. Lukas remisa dans un coin de son esprit cette propension qu'il avait à éviter le sujet, alors même qu'il était d'ordinaire prompt à parler de milles et une anecdotes le concernant.
Mathias trouva en Carlos une personne tout aussi prompte à échanger et plaisanter. Ils naviguèrent ainsi de souvenirs en blagues, entrecoupés par les commentaires ou les rires de Manon. Les deux frères, quant à eux, demeuraient distants.
Alors qu'on les servait, Carlos leur narra son périple pour arriver jusqu'ici, ce qui n'avait pas été une mince affaire, même s'il en riait volontiers. Il était parti de la Havane, à Cuba, son pays natal, et avait transité par Montréal, mais, là-bas, du fait d'une grève à l'aéroport de Bruxelles, son deuxième vol n'avait pas pu décoller car n'aurait par la suite pas été en mesure d'atterrir, sans compter que les bagages en soute auraient mal suivis. Il avait donc dû patienter un peu plus de vingt-quatre heures à Montréal avant de pouvoir s'envoler pour Bruxelles puis Oslo, le faisant atterrir il y avait à peine deux heures.
- Mais Montréal est agréable. J'en ai profité pour flâner un peu en ville. Et puis, les Canadiens sont tellement sympathiques.
- A l'origine, nous voulions nous retrouver à Bruxelles et prendre ensemble l'avion pour Oslo, expliqua Manon, voilà pourquoi j'étais seule hier. Mais nous allons rattraper ce retard !
- Et comment, assura Carlos en levant son verre et le faisant tinter contre celui de sa compagne, j'ai à peine eu le temps de balancer mes valises à l'hôtel que mon petit tourbillon m'a embarqué pour le restaurant.
Il se pencha ensuite vers Mathias qu'il avait en diagonale :
- Je vous le répète, mais quand je vous disais qu'elle m'a beaucoup parlé de vous. Elle était impatiente qu'on se rencontre.
Manon joignit les mains, coudes sur la table, et affirma avec toujours ce brin de malice :
- Tu dois connaitre les personnes qui marquent ma vie pour mieux me connaitre moi-même.
- Cela fait longtemps que vous êtes en couple ? demanda Mathias
- Officiellement, non. Mais on se tournait autour depuis un bon bout de temps.
- Depuis la première fois que je suis allée à Cuba et que je me suis perdue dans ta rue !
Ils échangèrent un regard de connivence. Puis, Carlos enfourna une grosse bouchée de son plat, visiblement affamé, avant d'avaler une rasade de bière.
- Et alors dites-moi, Lukas, vous enquêtez sur quelque chose en ce moment ? Manon m'a dit que vous étiez violoniste et détective.
Lukas se raidit à l'annonce de son nom. Il aurait mieux aimé que la conversation continue de tourner autour de Mathias et des deux touristes. Il envoya un bref regard à son acolyte qui se trouvait justement en face de lui. Ce dernier lui adressa un sourire d'encouragement. Lukas prit son air ordinaire, détaché et inexpressif. Il fut d'abord tenté de répondre qu'il enquêtait sur une affaire de longue date, au regard du mystère planant autour de Mathias, mais se ravisa car ce dernier aurait aussitôt été d'autant plus intrigué que les autres.
- Non, rien de particulier.
- Mais racontez-nous ! Je suis sûr que vous avez dû vivre des histoires palpitantes.
Lukas considérait qu'il n'avait pas la même définition « d'histoires palpitantes » que la plupart des personnes qu'il avait pu rencontrer. Il se contenta d'un haussement d'épaules. Mathias n'y tint plus et intervint finalement :
- Roh ! Mais ne l'écoutez pas ! Si tu savais Manon, tout ce qu'il s'est passé depuis que toi et Xavier-Henri êtes partis. Lukas a sauvé les passagers d'un train miné.
Evidemment, c'était l'histoire sensationnelle de ces derniers mois. Mathias ne pouvait pas s'empêcher d'en faire étalage. Lukas n'aurait pas été gêné qu'on vante ses exploits, mais il savait que Mathias faisait ça pour compenser la cérémonie officielle de remerciements que Lukas avait soigneusement évité. Il débordait d'une fierté qui n'était en rien la sienne, chose qui échappait quelque peu au détective.
Au milieu du discours de Mathias, Emil se rendit aux toilettes et, un instant, Lukas fut bien tenté de le suivre. Mais il demeura à table et observa son frère s'éloigner, les yeux toujours rivés sur son téléphone portable.
Emil franchit la porte des cabinets et leva les yeux au ciel, tandis qu'il décrochait. Il n'eut même pas le temps de dire un mot, même s'il ne cherchait même pas à prendre la parole le premier, que la voix d'Alfred emplit le combiné :
- J'ai perdu-
- Faut pas être mauvais joueur comme ça, Alfred.
- Mais non ! J'ai perdu quelqu-
- Allons bon. Et bien, tu n'avais qu'à ranger tes affaires.
- T'es un petit rigolo Emil, mais moi, c'est sérieux : j'ai perdu quelqu'un !
- Quelqu'un ?
Emil soupira profondément.
- Non, je ne te dirais pas où je suis.
- J'ai besoin de ton frère.
- Il ne te le dira pas non plus.
- Ah ah, arrête de me couper Emil. Je suis hyper sérieux : j'ai besoin de ton frère pour retrouver… quelqu'un.
- Qui ?
Un long blanc s'éternisa à l'autre bout du combiné.
- Qui ? insista Emil
- Mais c'était une surprise ! geignit Alfred avant d'inspirer profondément puis de marmonner, mon petit frère…
- Ton… quoi ? Mais qu'est-ce que vous avez tous aujourd'hui à débarquer avec des frères et sœurs là ? Pourquoi je suis jamais au courant ?
Affaire à suivre…
