Bonsoir,

Désolée du retard, avec le boulot, ça m'est complètement sorti de la tête…

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Khøler

Islande : Emil Steilsson

Belgique : Manon Maes

Cuba : Carlos

Amérique : Alfred F. Jones

Canada : Matthew Williams

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 19 : L'affaire d'Alfred

Emil se laissa tomber sur les WC les plus proches, clapet rabattu, agacé. Non seulement, cela l'énervait de découvrir des frères et des sœurs, comme ça, d'autant plus quand son entourage était au courant, pensa-t-il dans le cas de Mathias, mais en plus de cela il était irrité par le fait qu'il se retrouvait de nouveau à jouer les intermédiaires entre Alfred et son frère.

- Pourquoi t'appelles pas mon frère directement ? lui fit-il remarquer

- Lol, mec, tu crois que j'ai fait quoi ?

Plusieurs réponses vinrent à l'esprit d'Emil mais il s'abstint de tout commentaire.

- Beh non. J'ai essayé de l'appeler mais il décroche pas. Me dis pas qu'il est busy !

Tout était relatif, se dit Emil. D'un autre côté, si Alfred avait vraiment essayé de joindre son frère aîné, pourquoi ce dernier n'avait-il pas saisi cette occasion de s'absenter de table. Ou alors, il avait vu le nom d'Alfred et quitte à choisir, il préférait encore être au restaurant.

- Tu peux me le passer ou me dire où vous êtes que je vous rejoigne ? continua Alfred, mon frangin vient de débarquer des States et je l'ai paumé. Ça craint quoi.

Emil était sur le point de retourner auprès des autres mais s'arrêta à la question. Ainsi donc, il s'agissait réellement de cela.

- Tu veux juste que je te donne l'adresse du resto, en fait, Alfred. Tu veux juste pouvoir squatter et que tout aille selon tes plans.

- Mais what !? C'est quoi c'tte idée. Jamais de la vie ! Tiens, demande à Matthew, si c'est pas vrai toute cette histoire.

Emil entendit le combiné changer de main, puis la voix du Canadien, plus tenue que celle de son cousin.

- Salut Emil. A moi aussi, ça me fait bizarre de dire ça, mais c'est vrai. On devait retrouver le petit frère d'Alfred à la gare centrale mais il s'est perdu et…

Le téléphone changea une fois de plus de main.

- Ah ! Tu vois ! s'exclama Alfred, je te l'avais bien dit.

- Ok, ok, tenta de tempérer Emil, je te crois. Mais sérieusement, c'était ça, ta surprise ?

- Bah, ouais. Je voulais que tu rencontres ma famille. Mon frangin, il est space mais il est cool. C'est mon bro', quoi.

- Bon, je vais te passer Lukas, abrégea Emil ne cherchant même pas une réponse à cela

Tandis qu'Alfred se réjouissait d'une si bonne nouvelle, comme si le simple fait que le détective prenne la main était déjà une garantie de la bonne résolution de l'histoire, Emil revint en salle. Il posa une main sur l'épaule de son frère aîné qui accueillit volontiers cette interruption. Mathias était alors en train de conter les multiples petites aventures qu'ils avaient vécus ensemble et détaillait notamment la précision et la logique avec lesquelles Lukas brillait. C'était flatteur, certes, mais une distraction n'était pas de refus.

- Alfred a essayé de te joindre, glissa Emil

Pendant une brève seconde, Lukas parut s'en étonner. Il consulta son portable et constata qu'il avait en effet un appel en absence. Son téléphone était en mode vibreur et il ne l'avait tout simplement pas entendu, une chose qui arrive à tout un chacun mais qui fit grimacer Lukas. Devinant qui était au bout du fil chez Emil, il tendit la main, prêt à recevoir le combiné.

Il eut simplement à dire « allô » qu'aussitôt Alfred débita son histoire à toute allure. Tous les convives s'étaient tus autour de la table et observaient Lukas avec grand intérêt. Quand enfin Alfred se tut, il posa quelques questions :

- Tu l'as appelé ?

- Oui, mais c'est pas ça le problème ! Le problème, c'est qu'il en fait qu'à sa tête ! Il ne veut pas de mon aide parce qu'il croit qu'il peut tout faire tout seul. Non mais c'est ouf, ce frangin, je sais pas d'où ça lui vient, ça.

Lukas n'en pensait pas moins.

- Donc ce que tu veux, c'est que je retrouve quelqu'un qui s'est perdu et ne veut pas être retrouvé.

- Euh… ouais.

Lukas sentait tout le monde pendu à ses lèvres. Sauf qu'ils oubliaient tous une chose : il était détective pas faiseur de miracles. Il exploitait seulement des faits.

- Il n'utilise pas d'application GPS sur son téléphone ?

- Non, il veut se débrouiller tout seul, mima Alfred d'une voix ridicule

- Pourquoi ne traces-tu pas son portable ? C'est bien quelque chose que tu es capable de faire.

- Je peux pas. J'ai déjà renvoyé toutes mes affaires aux States. Même mes supers gadgets…

- Je suppose qu'Emil peut le faire depuis chez nous. Il l'a bien déjà fait.

A ces mots, Emil ouvrit de grands yeux éberlués, fustigeant du regard son aîné. C'était bien la dernière chose qu'il voulait faire désormais. S'il rentrait chez lui, il était sûr qu'Alfred allait débarquer illico presto et finit la journée de congé.

Pourtant, Lukas acheva la conversation et raccrocha tranquillement. Il rendit son téléphone portable à son frère, lequel cherchait quoi répondre. Il ne pouvait tout bonnement pas laisser Lukas lui refiler cette histoire.

- Tu pourrais m'accompagner, tout de même. Alfred t'a demandé sur cette affaire, répliqua-t-il en insistant bien sur le dernier mot comme pour lui donner une importance toute particulière

- Oh mais je ne voudrais pas manquer de politesse face à Manon et Carlos qui nous ont si gentiment conviés au restaurant.

Emil plissa les yeux pour sonder ceux de son frère. Il savait qu'il les prenait à partie maintenant que cela l'arrangeait bien. C'était un bon prétexte pour se dédouaner de toute autre chose. Pas de chance pour Lukas, Manon intervint :

- Au contraire ! Je propose même qu'on abrège le déjeuner pour vous suivre sur cette enquête !

- Quelle bonne idée ! Suivre un détective, ça, c'est une expérience unique ! renchérit Carlos en glissant ses doigts dans ceux de sa compagne

Lukas se renfrogna.

- Une affaire, une enquête… Il ne s'agit que d'une simple bagatelle qui sera résolue en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Vous déplacer pour si peu, ce serait ridicule.

Carlos n'était vraisemblablement pas du genre à tergiverser. Il avala une dernière bouchée, acheva sa pinte de bière et se leva. Il frappa jovialement dans ses mains et invita tout le monde à l'imiter.

Quelques minutes après, Emil et Lukas se jetèrent un coup d'œil entendu en arrivant aux abords de leur maison, suivis de près par Manon, Carlos et Mathias. Ce dernier ne tarissait pas d'éloges sur la capitale norvégienne et leur demeure. Emil était néanmoins satisfait d'une chose : il avait réussi à embêter son frère et, quelque part, prendre sa revanche sur lui. Quant à Lukas, lèvres pincées, il maudissait son cadet d'avoir trouvé le moyen de le mettre ainsi dans l'embarras. Et en même temps, il n'était pas mécontent de constater qu'ils partageaient un point commun. Même s'il n'appréciait guère que cela se retourne contre lui.

Néanmoins, il eu droit à sa petite satisfaction à son tour lorsque, à peine passé le portillon en fer forgé noir, ils entendirent un énorme :

- Emil !

Toutes les personnes se retournèrent et virent Alfred accourir, Matthew sur les talons. Pas essoufflé pour un sou, lorsqu'il arriva à leur hauteur, il enchaina aussitôt :

- Mon bro' veut pas m'écouter. Il veut absolument se débrouiller tout seul. Et du coup, il me répond même plus ! Houston, nous avons un problème !

Mathias éclata de rire, pas vraiment paniqué par la situation bien au contraire.

- Quand même, il faut le faire : se paumer à Oslo. Enfin, je veux dire, on est loin du standard de la ville américaine quand même.

- Ah nan mais faut pas croire, mec, réfuta Alfred en rehaussant ses lunettes sur son nez, je viens d'une ferme paumée dans le Nevada près de Reno, entre trois épis de maïs et un élevage de vaches. Je suis partie de la baraque depuis que je conduis le tracteur de mon paternel mais sinon mon frangin, il vit encore là-bas. Il a toujours pas l'air d'être prêt à bouger. Il est bizarre quand même. Faut voyager à perpette, c'est ça la vie !

- C'est peut-être une vie qui vous convient, jeune homme, l'interrompit Carlos, mais votre frère mène la sienne comme il l'entend. Ça ne m'étonne pas qu'il ne veuille pas de votre aide si vous le jugez tout le temps ainsi.

Alfred dévisagea Manon et Carlos comme s'il les découvrait pour la première fois.

- Wow, my god, mais c'est quoi tout ce people ?

Manon fit les présentations et aussitôt Alfred répondit.

- Moi, c'est Alfred ! Trop de la balle que vous m'aidiez. Je suis sûr de le retrouver comme ça ! Eh, Emil, l'interpella-t-il alors qu'ils avaient finalement tous pénétrés dans la maison, j'étais pas au courant que t'avais cracké mon logiciel de reconnaissance mobile.

Emil s'empourpra.

- Je n'ai rien cracké du tout et certainement pas le tien. Cela doit faire quelques années que je l'ai maintenant, bien avant qu'on ne se rencontre.

- Sérieux ?! Mais fallait me le dire que t'étais geek comme moi ! Je croyais que t'étais juste un gamer, moi.

Alors qu'Emil montait jusqu'à sa chambre, talonné par un Alfred surexcité, Carlos demanda aux autres :

- Il est toujours comme ça, ce gamin ?

Matthew soupira, faisant presque sursauter Manon qui en avait oublié sa présence.

- Et encore, il est inquiet pour son frère aujourd'hui. C'est pas comme s'il était plus que cela enthousiaste.

Carlos haussa un sourcil dubitatif et se frotta le menton. Puis, il assena une claque amicale dans le dos de Matthew, qui ne broncha pas malgré la visible force avec laquelle Carlos avait frappé.

- Et bien mon pauvre garçon, vous devez en voir tous les jours !

- Oh, on s'y habitue. Et puis, heureusement, ce n'est que mon cousin.

Matthew esquissa un petit sourire en coin puis gravit les escaliers pour rejoindre Emil et Alfred.

Passant devant Carlos à son tour, Lukas leur assura une nouvelle fois que ce n'était rien d'extraordinaire et qu'ils perdaient leur temps plutôt que de profiter de la capitale.

- Vous rigolez ! lui répondit Carlos jovialement, personne ne pourra jamais nous proposer de visiter Oslo de cette manière.

- Vous comprenez pourquoi nous sommes ensemble, conclut Manon en tirant la langue

Elle et Carlos s'étreignirent avant de monter rejoindre les autres en compagnie de Mathias.

La chambre d'Emil se retrouva envahie d'un nombre peu ordinaire de personnes, au grand damne de son propriétaire. Ce dernier, boudeur, croisait les bras, en retrait. Devant son ordinateur, Alfred avait pris les commandes et pianotait sur le clavier avec une aisance déconcertante, n'utilisant même pas la souris, connaissant tous les raccourcis. Emil avait dû être délogé par le jeune homme, ce qui lui en mastiquait une surface.

Alfred eut tôt fait de retrouver la trace de son cadet. Aussitôt, il chargea le plan sur son propre téléphone, sauta sur ses pieds et s'élança vers la sortie. Il désarçonna tant et si bien tout le monde qu'il y eut un temps de flottement avant que tous ne partent dans son sillage.


Affaire à suivre…