Bonsoir,
Et le frère d'Alfred se trouve être… pas besoin de roulement de tambour, vous l'avez tous deviné !
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Khøler
Islande : Emil Steilsson
Belgique : Manon Maes
Cuba : Carlos
Amérique : Alfred F. Jones
Canada : Matthew Williams
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 19 : Interpellation fastidieuse
Alfred n'avait même pas attendu Emil et donc potentiellement les clés de la voiture. Il était déjà parti à grandes enjambées. Oslo n'était pas une ville très grande en effet, et d'un pas aussi leste que le sien, il était aisé de rallier deux points opposés.
Si Matthew, habitué à son cousin et possédant également le même type d'enjambée que lui, n'avait aucun mal à suivre sa trace, pour le groupe que formaient Lukas, Emil, Mathias, Carlos et Manon, la tâche s'avérait plus rude. Lukas finit par imposer une halte à tous, sauf à Alfred et Matthew déjà bien loin devant.
- Nous n'avons à dire vrai aucune nécessité de les suivre. Alfred n'aura finalement eu besoin de nous que pour mettre à sa disposition de quoi rechercher son frère. Nous pouvons les quitter là.
Tous, sauf Emil il fallait bien le dire, le dévisagèrent avec étonnement. Son propre frère au contraire approuvait grandement. S'il pouvait en plus trouver le moyen d'échapper à Alfred et un Alfred bis, pour peu que les deux frères se ressemblent, il n'allait pas dire non. Mais ils durent se raviser car aussitôt, Mathias comme Manon ou Carlos répliquèrent.
- On a commencé à les accompagner, on va juste qu'au bout !
- Rappelez-vous la dernière fois. Je préfère avoir Alfred à l'œil.
- C'est comme une promenade digestive au pire. Certes un brin sportif.
Lukas et Emil échangèrent un regard. Connaissant l'un et l'autre bien assez, Mathias réagit aussitôt. Il les empoigna par les bras et les entraina avec lui. Alfred et Matthew étaient encore en vus. Ils pressèrent le pas.
Bientôt, les deux cousins bifurquèrent sur la droite. Ils aperçurent Alfred marquer un temps d'arrêt avant de héler quelqu'un au loin. Lorsqu'ils tournèrent à leur tour, ils découvrirent un adolescent trainant derrière lui une valise bleu ciel.
- Mais Kevin, arrête-toi !
- Va te faire, Al' ! Je me démerde tout seul jusqu'à l'hôtel ! lui cracha-t-il en retour
Les spectateurs de la scène, passants ou pas, observèrent l'étrange cortège d'un air interloqué.
- Pourquoi t'as pris un hôtel ? Je t'ai dit que tu pouvais squatter chez moi et Matt.
- Même pas en rêve !
Kevin avait beau être chargé d'une valise, il devançait toujours Alfred. Et ce dernier avait beau être doué d'une belle enjambée, il ne rattrapait pas son jeune frère. Ce dernier lui adressa même un superbe doigt d'honneur.
Mathias écarquilla alors les yeux, éberlué.
- Mais qu'est-ce que c'est que ce frangin ? ne put-il s'empêcher de déclarer
Il fallait bien dire que c'était ce que tout le monde pensait tout bas. Le petit groupe tentait toujours eux de rattraper Matthew, qui commençait à se faire distancer par Alfred, qui était toujours loin de Kevin.
Ce dernier arborait une tignasse châtaine qu'une casquette avait bien du mal à faire tenir, des mèches rebelles s'échappant de toute part. La moue geignarde et ses lunettes de soleil lui donnaient un air d'adolescent rebelle. En outre, il affichait un style vestimentaire qui venait parfaire cette impression.
- C'est à se demander pourquoi il est venu voir son frère aîné en Norvège, si c'est pour avoir cette attitude… continua Mathias
- Qui nous sommes en public et en privé peut s'avérer être diamétralement opposé, affirma Lukas d'une voix monocorde
- Oh, ça, je te crois sur parole.
Mathias adressa un clin d'œil à Lukas. Puis, il s'aperçut que ce dernier goûtait peu cette marche rapide à travers le centre-ville et commençait à avoir un point de côté.
- Ça va aller ?
Au même moment, Kevin s'élança dans une rue adjacente, Alfred sur les talons. Lukas n'eut pas le temps de répondre que leurs sens furent attirés par un étrange vacarme.
Des pneus crissèrent. Ils virent Alfred bondirent puis s'élancer à corps perdu dans la rue, avant d'être rejoint par Matthew. Il y eut des éclats de voix. Lukas, Mathias, Manon, Carlos et Emil se jetèrent des coups d'œil alarmés puis accoururent à leur tour. Le moteur d'une voiture vrombit avant de leur passer devant furieusement. Ils aperçurent la figure paniquée de Kevin, quand bien même il portait toujours ses lunettes de soleil, sur la banquette arrière, encadré par deux parfaits inconnus.
Arrivés à hauteur d'Alfred et Matthew, chacun reprit son souffle et tenta de recoller les morceaux. Tout s'était déroulé à une telle vitesse que personne ne semblait avoir réussi à comprendre. Le seul obstacle pour Lukas cependant était son essoufflement. Sans cela, il avait déjà tous les éléments en main pour saisir. Un rapide coup d'œil à la scène et il avait pu en recréer la cause. Les cousins se tenaient là, plantés au milieu du trottoir d'une rue pas très passante, la valise grande ouverte à leurs côtés. La majeure partie des affaires était étalée tout autour.
- Je rêve ! s'exclama soudain Alfred, je rêve mais… mon frère vient de se faire kidnapper ou je suis barge ?
- Je serais bien tenter de répondre les deux, avoua à demi-voix Matthew puis reprenant son sérieux, rehaussant ses lunettes sur son nez, il me semble que c'est bien le cas.
Alfred frappa du pied.
- Triple crottes, c'est encore pire que Sharknado ! Je le savais que j'aurais dû venir le chercher directement à l'aéroport. Avec un héros comme moi, il fallait forcément que mon entourage en fasse les frais.
Il ôta ses lunettes, pareil à un super-héros remisant son identité quotidienne au placard pour endosser sa cape. Puis, il fit volte-face vers Lukas.
- Que me veulent ces malfrats ? demanda-t-il avec aplomb au détective
- A vous ? Rien.
Alfred tomba en déconfiture.
- Rien ? Mais genre… rien comme… rien ?
Encore essoufflé, Lukas désigna d'un coup de menton la valise. Aussitôt, Alfred bondit sur celle-ci.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'ils cherchaient ? Qu'est-ce qu'ils ont pris ?
Il éjecta les dernières affaires qui se trouvaient à l'intérieur.
- Mais qu'est-ce que… ? s'étonna soudain Carlos
Il s'avança à grands pas vers la valise bleu ciel, y jeta un œil, observa les affaires alentours, puis, les yeux écarquillés, grands ouverts comme deux ronds de flan, il se tourna tout penaud vers les autres.
- Mais qu'est-ce que ma valise fait ici ?
- Attendez… quoi ?! Vous êtes sûr ? demanda Mathias
Carlos attrapa une trousse de toilettes en cuir, décorée de mariposa blanches.
- Oh que oui ! C'est la mienne.
Il l'ouvrit même et détailla son contenu, avec notamment sa mousse à raser parfumée rhum-vanille, une de ses petites fantaisies. Il s'agissait bien de sa valise.
- Mais alors… réfléchit Manon, on te l'a volé à l'hôtel ?
- Pas on, mais Kevin, rectifia Matthew, c'était la valise que Kevin transportait que ces… inconnus ont ouvertes. On est arrivé à ce moment-là avec Alfred.
- Eh ! Mon frère n'a rien volé ! C'est mon frère, il vole rien mon frère. Mais pourquoi on l'a kidnappé, lui, par contre, hein ?
- Olala… Je sens la migraine poindre.
Mathias se massa l'arrête du nez entre deux doigts.
- Lukas, s'il te plaît. Je suis sûr, je sais, que tu sais déjà tout. Explique-nous.
Le détective approuva d'un simple hochement de tête. Il se redressa, prit une grande inspiration, puis entama son explication.
- Les ravisseurs sont uniquement intéressés par la valise et son contenu. Ils ne l'auraient pas fouillée autrement. Ils s'attendaient à trouver quelque chose qui n'y ait vraisemblablement pas puisqu'ils ont décidé d'enlever Kevin. Tu ne devrais pas tarder à recevoir un message de rançon ou d'échange à tous les coups, Alfred, sur ton portable. Un message envoyé depuis celui de ton frère. Cette valise leur était familière.
- Il y a quelque chose que je ne comprends décidément pas, releva Matthew, pourquoi kidnapper Kevin après avoir constaté que sa valise n'était pas la bonne ? Pourquoi sont-ils si sûrs d'eux, que leur butin ou je ne sais quoi était dans la valise de Kevin ? C'est insensé !
Lukas secoua la tête.
- Ils ont dû le suivre depuis l'aéroport. Sur les tapis de bagages, Kevin a dû embarquer la mauvaise valise. Néanmoins, sa couleur bleu ciel est caractéristique. Peu de voyageurs disposent d'une valise de couleur vive. Si la taille et la couleur correspondait, les ravisseurs ont de suite estimé que c'était la leur.
- Et ils n'auraient pas juste pu interpeller Kevin à l'aéroport et récupérer leur valise ?
- Ils auraient pu, si. Mais s'il s'agit d'une cargaison spéciale, l'idée de faire passer la valise avec quelqu'un aux apparences innocentes, parce que soyons clairs, il ne trompe personne avec une casquette et des lunettes de soleil, alors c'était bienvenu de le laisser faire et de le cueillir à la sortie. Sans compter qu'ils n'ont certainement pas eu envie d'attirer l'attention de quelques manières que ce soit. Sauf qu'un samedi, début juillet, à l'aéroport d'Oslo, il y a pas mal d'affluence, ce qui a dû les empêcher de retrouver Kevin ou de sortir rapidement de la zone d'arrivée. Enfin, on pourrait trouver mille et une raisons au fait qu'ils n'ont pas réussi à récupérer leur valise tout de suite.
- Mais pour leur propre discrétion, répliqua Mathias, pourquoi enlever Kevin ? Pourquoi ne pas juste lui demander la valise ?
Lukas lui adressa un regard désabusé.
- Tu accepterais, toi, de confier une valise que tu crois tienne à un individu qui t'aborde dans la rue ? Tu n'es même plus à l'aéroport, donc la question parait tout à fait incongrue, hors-contexte. Si c'est bien ta valise, bien entendu que tu ne veux pas t'en défaire. Si tu réalises que ce n'est pas ta valise, tu peux très bien paniquer et te demander où est donc la tienne, ce qui se trouve dans celle-ci. L'inconnu ne va pas te proposer de regarder dedans pour prouver que c'est la sienne puisqu'il ne veut pas dévoiler le contenu de sa valise. Du coup, il veut juste la récupérer. Kevin ne veut pas. Il insiste, s'empare de la valise. Kevin l'agrippe également. Ils sont plusieurs donc ils pourraient maintenir le jeune homme et simplement embarquer la valise, mais là arrivent Alfred et Matthew. Le grand frère fonce sur eux. Plus qu'une solution : récupérer son butin en vitesse. Ils ouvrent la valise en catastrophe, fouillent mais ne trouvent pas ce qu'ils cherchent. Que faire dans ce cas ? Kevin a forcément un lien avec leur valise bleu ciel, puisque lui-même l'a confondu avec la sienne. Mais un boulet de canon ou deux te foncent dessus et tu dois rapidement prendre une décision. Embarquons Kevin pour faire pression sur son entourage et retrouver la valise bleu ciel et surtout son contenu. Voilà pourquoi il a été enlevé.
Un long silence accueillit sa tirade. Puis, Alfred lâcha un long sifflement.
- Il m'arrive toujours de ces trucs à moi !
Matthew eut un claquement de langue agacé envers son cousin. Ce dernier ne comprit pas ce qu'il avait dit de mal.
De son côté, Carlos ramassa ses affaires qui trainaient sur le trottoir, toujours aussi incrédule. Le voyant faire, Mathias vint aussitôt à son aide, ainsi que Manon. Epoussetant un t-shirt décoré d'un imprimé d'ananas qu'elle reconnut en effet appartenant à son compagnon, elle se demanda à haute voix :
- Si la valise de Carlos est là, que s'est-il passé à l'hôtel ?
- Si Kevin a confondu celle de Carlos avec la sienne et que les ravisseurs aussi, alors nous jouons avec trois valises identiques, trois grosses valises bleu ciel. Au minimum. Mais la probabilité d'avoir plus encore de valises similaires commence à passer dans le domaine de l'invraisemblable. Un cas comme celui-ci est déjà bien assez rare.
- C'est déjà bien assez incroyable, en effet, approuva Manon
Alors que tout le monde mettait finalement la main à la pâte pour rassembler les affaires de Carlos, Alfred demeurait planté au milieu, les bras ballants.
- Et on fait quoi pour mon frangin ?
- Je te l'ai dit, lui répondit le détective, tu vas recevoir un message de Kevin, en réalité rédigé par les ravisseurs, te demandant un échange.
- Mais j'ai rien à leur donner moi ! Je suis même pas friqué.
Matthew s'étouffa à moitié.
- Ils te demanderont surement leur butin en échange de ton frère, continua de répondre d'un ton placide Lukas
- Et je sais pas ce qu'ils ont foutu de leur trafic ! Je suis pas Superman, faut pas abuser. Batman, je veux bien mais personne peut prétendre être comme Superman.
Matthew se frappa le front de la paume de sa main. Seul Carlos semblait l'avoir remarqué et compatit d'un hochement de tête.
Affaire à suivre…
