Bonjour à tous,
… pas grand-chose à dire de plus en vérité. Je suis au prise avec plein d'autres choses. Par la suite, je pourrais publier l'A20 et j'ose espérer que j'aurais l'occasion d'achever l'A21 entre temps pour pouvoir enchainer. Auquel cas, je serais obligée de reprendre un hiatus… ce qui m'embêterais pour vous mais aussi pour moi car j'aimerais bien pouvoir apposer le point final un jour !
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Khøler
Islande : Emil Steilsson
Belgique : Manon Maes
Cuba : Carlos
Amérique : Alfred F. Jones
Canada : Matthew Williams
Molossia : Kevin F. Jones
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 19 : Les valises
Manon ne put s'empêcher de pouffer de rire face à l'attitude d'Alfred. Kidnapping ou pas, elle avait totalement confiance en Lukas et ses capacités. Elle avait quelque part déjà l'expérience de ce genre de situation, et le fait qu'elle soit en vacances l'incitait fortement à relativiser également.
- Ça inquiète personne que mon bro' se soit fait sauvagement enlevé ? En plus, ça se trouve, Lukas se goure totalement et il a été enlevé par un laboratoire secret qui mène des opérations ultra-dangereuses. Oh mon dieu ! Je vais jamais revoir Kevin…
Alfred n'était déjà pas bien mat, mais il blêmit d'un seul coup.
- Je vais me faire tuer par papa et maman…
Lukas leva les yeux au ciel.
- Il n'arrivera rien à ton frère. Je pense que c'est bien la dernière chose qu'ils ont en tête.
- Tu fais confiance à mon frère, non ? demanda tout à coup Emil
Autant Alfred que Lukas furent pour le moins surpris que cela sorte de la bouche du jeune homme. Ce dernier croisa les bras en apercevant leurs regards étonnés.
- Euh… bah, oui. Oui, je lui fais confiance, mais…
- Bon, bah alors fait ce qu'il dit.
Emil se pencha pour ramasser une serviette de bain. Alfred avait beau être rassuré par les raisonnements de Lukas, il était toujours à réfléchir, à voir plus loin, peut-être de manière trop précoce. Mais voilà, quand Alfred avait quelque chose en tête, il ne pouvait faire autrement que d'être focalisé dessus.
- Le logiciel de détection des portables ! Je vais retrouver mon frère avec ça. Emil, les clés de chez toi !
- C'est inutile, affirma de nouveau Lukas
- Je l'ai bien retrouvé comme ça la première fois !
- Sauf que cette fois-ci, son portable est aux mains de ses ravisseurs. Ils vont surement éteindre le portable dès qu'ils auront envoyé le message ou l'abandonner sur une fausse piste. Le mieux sera encore de suivre leurs indications et de les rejoindre au point de rendez-vous qu'ils auront convenus.
Sur ces mots, les dernières affaires retrouvèrent leur juste place dans la valise bleu ciel de Carlos. Celui-ci était encore étonné de la tournure des évènements. Il avait atterri à Oslo quelques heures auparavant à peine qu'on avait embarqué sa valise et qu'il se retrouvait mêlé à une histoire de kidnapping et d'échange. Il coula vers sa compagne un regard. Manon lui sourit malicieusement et il comprit qu'il était en train de vivre la même chose qu'elle, quoique dans des circonstances quelque peu différentes.
- Et maintenant ? demanda-t-il, nous allons prévenir la police ?
- Non ! s'exclamèrent en chœur Alfred et Lukas
Carlos fut seul à les dévisager tandis que les autres parurent plus désabusés qu'autre chose. L'un s'accordait le futur triomphe de son acte de sauvetage héroïque, quand l'autre avait sa fierté de détective quoiqu'il en dise.
- La police saura en temps voulu qui, quand, quoi, où et comment, expliqua Lukas. Pour l'heure, nous allons nous rendre à l'hôtel de Manon et Carlos.
Rongeant son frein, Alfred dut s'y plier. Le petit groupe se mit en route et rejoignit rapidement l'établissement dans lequel séjournait le couple. Lorsqu'ils pénétrèrent dans la chambre, simple mais très agréable, ils formèrent un bel arc de cercle autour de lit sur lequel trônait la valise bleu ciel, la même que Carlos avait finalement ramené avec lui.
- Elles sont vraiment pareilles, souffla Matthew
Le silence retomba et personne n'osa faire un pas en avant.
- Bon et bien… on l'ouvre ? demanda tout à coup Mathias
Aussitôt, il tendit les mains, prêt à s'emparer de la fermeture éclair. Lukas lui attrapa le bras et l'arrêta dans son élan. Il balaya la pièce du regard puis s'en alla dans la salle de bain adjacente. Il revint bientôt avec les petits sachets plastiques, ceux qui d'ordinaire emballaient les gobelets reposant sur le bord de l'évier. Les enfilant sur ses mains, le détective écarta les autres personnes présentes et entreprit d'ouvrir la valise.
C'est alors que la sonnerie du téléphone d'Alfred résonna dans le silence de cathédrale. Il dégaina à la vitesse de l'éclair et ouvrit le message qu'il lut à voix haute. Il s'agissait bien en effet d'un rendez-vous de la part des ravisseurs demandant à ce que leur valise soit restituée en échange de Kevin.
- Goodness ! C'était donc vrai !
- Il faut vraiment prévenir la police tout de même, insista Carlos
- Non, marmonna Lukas qui avait commencé à fouiller la valise
- Ah non ! s'exclama à son tour Alfred, je serai celui qui sauvera mon frangin de ces super-vilains ! Enfin… pas si super-vilains parce que c'est de la pacotille évidemment, mais bon tout de même, des méchants.
- Crois-moi, Carlos, intervint à son tour Manon, je sais ce que c'est que de se sentir responsable pour son cadet.
A ses mots, Emil se tassa un peu plus dans ses épaules. Elle évoquait là comment elle avait résolu toute seule le kidnapping de son propre cadet, opérant dans le même temps un habile recueil de preuves contre les fraudeurs. Néanmoins, pour Emil, il s'agissait toujours de son loupé magistral à veiller sur le jeune Xavier-Henri, personnage volage.
- Ah, les fratries, ça m'échappe… reconnut Carlos en balayant l'air de sa main
- On ne kidnappe de toute façon pas quelqu'un pour mettre sa vie en danger lorsqu'on en a besoin pour un échange, affirma Mathias on ne peut plus sérieux, Kevin ne craint rien. Tout ce qu'il nous faut, c'est le tirer de là et fournir aux autorités de quoi coincer les ravisseurs. Qu'ils les chopent après que nous ayons récupérer Kevin, ça, c'est notre problème.
- Ah, les voilà.
Tous se tournèrent vers Lukas. Celui-ci découvrit enveloppées dans des serviettes des pochettes plastiques teintées qu'on pouvait très bien prendre pour des trousses de toilettes. Religieusement, tous les autres l'observèrent agir avec précaution. Il ouvrit une des pochettes et en extirpa consciencieusement le contenu. Dans des petits flacons qui servaient d'ordinaire à stocker shampoing, savon, crème et autres produits de bains, se trouvaient des poudres. Lukas esquissa un léger sourire.
- De stupides passeurs de drogue.
A la suite de ce constat, il rangea le tout à l'exacte place où il l'avait trouvé, au sein même des pochettes. Lorsqu'il eut refermé la valise, il observa les étiquettes cachées dans une glissière mais aucun nom ni adresse n'était noté. Bien évidemment, pensa-t-il
Lukas libéra finalement le lit, redressa la valise bleu ciel des ravisseurs. Puis, il tapota le matelas.
- Je vous en prie, dit-il à Carlos, cette place est toute disposée à recevoir votre vraie valise.
Carlos s'exécuta. Encore complètement sidérée par un tel chambard, il ouvrit sa valise pour constater de nouveau qu'il s'agissait bien de la sienne. On ne pouvait jamais être trop sûr. Ce serait désormais sa nouvelle devise. D'autant plus qu'il remarqua :
- C'est donc moi qui avait embarqué leur valise et Kevin la mienne.
- Mais où est celle de mon bro' du coup ?
- Recolle les morceaux, Al', lui répondit Matthew
- Elle est toujours à l'aéroport ?
- Non, tu crois ?
- Mais y a trop de valises dans votre histoire ! Je m'y perds, moi…
Passant devant lui avec la valise au contenu douteux, Lukas esquissa un petit sourire amusé.
- Veillez juste à ne pas oublier, toi et ton frère, de repasser à l'aéroport pour réclamer sa valise.
Puis, il somma Mathias et Alfred de le suivre. Les autres s'interrogèrent.
- Et nous ? demanda Emil
- Pas besoin d'être autant pour un bête échange.
Manon fut alors traversée par une idée.
- Oh, je sais ! Nous allons tous y aller juste pour leur mettre la pression, comme si Kevin lui-même appartenait en réalité à un gang et qu'ils n'auraient pas dû se frotter à nous.
- Ma p'tite gaufre, je t'aime beaucoup, mais parfois ton imagination déborde un peu trop si tu veux mon avis.
Manon se contenta de rire à cette remarque.
Lukas s'en fichait. Il n'avait besoin que de Mathias et d'Alfred au minimum. Si les autres voulaient le suivre, c'était leur problème.
Alors que tout le monde quittait la chambre, Manon se permit d'attraper Emil par le bras et de le retenir à sa hauteur.
- Emil, se pourrait-il qu'il y ait quelque chose qui te dérange chez moi ? demanda Manon sans détour
Le jeune homme piqua un fard, comme pris la main dans le sac. Il détourna aussitôt le regard. Il s'apprêtait à presser le pas de nouveau, mais Manon l'en empêcha d'une poigne ferme, quoique son visage n'exprimait que douceur et préoccupation.
- A plusieurs reprises, je t'ai vu mal à l'aise face à moi. Si, hier après-midi, j'ai cru que c'était la fatigue à cause de ton nouveau travail, j'ai de plus en plus l'impression qu'il y a un malaise entre nous. Sauf que je ne vois vraiment pas…
Emil ne savait que répondre. Il bredouilla à voix basse. D'ordinaire, il n'avait pas à s'expliquer. Soit on le laissait tranquille, soit il s'agissait de son frère aîné qui n'avait de toute façon pas besoin qu'Emil lui explique quoi que ce soit. Mais Manon n'entrait dans aucune des deux catégories. Elle le dévisagea d'un air soucieux toujours sans comprendre. Emil inspira alors profondément.
- C'est vis-à-vis de Xavier-Henri et de… de ce qui s'est passé.
Manon fronça les sourcils.
- En quoi cela a-t-il un rapport avec toi ?
- Ben… c'est ma faute s'il s'est fait enlevé…
Emil se sentit encore plus penaud de le formuer à voix haute.
- Olala mais Emil ! s'exclama en réponse Manon, mais il ne faut pas t'en vouloir pour ça ! Xav' est bien assez grand pour s'occuper de lui. Si je devais en vouloir à quelque chose, ça serait au vin plutôt ! Non vraiment, tu n'as pas à te sentir mal à l'aise pour cela. Je t'assure.
Elle lui tapota gentiment l'épaule et lui adressa un sourire chaleureux, plein de malice comme elle seule en avait l'habitude. Emil ne sut si c'était cette douce expression ou le fait d'avoir avoué son sentiment de culpabilité, mais il se sentit par la suite le cœur plus léger.
Sur le chemin, Alfred marchait à grands pas pressés et n'avait cessé de demander à ce qu'on lui confie la valise. Mais pour Lukas, c'était hors de question. Il la confia à Mathias. Il avait un petit message à rédiger à un certain agent de police de sa connaissance. Il ne travaillait pas du tout dans cette section mais il ferait passer le message à qui de droit.
Ils atteignirent le point de rendez-vous où ne se trouvait encore personne. Il n'y avait cependant rien d'étonnant à cela : on devait les observer de loin et s'assurer que leur parti était hors de danger. Finalement, trois hommes émergèrent de l'ombre d'une rue adjacente, dont deux encadraient Kevin. Ce dernier avait plus l'air d'être le boss qu'un otage avec sa dégaine qui se voulait terrifiante. Néanmoins, à ces doigts crispés, on sentait qu'il n'était pas en position de force. Le dernier homme fermait la marche.
Aucun mot ne fut échangé, seulement des regards et des gestes. Alfred avait bien été tenté au départ de se lancer dans un discours héroïque mais il fut aussitôt arrêté par Lukas. Celui-ci fit signe à Mathias de s'avancer avec la valise. Lukas savait que son acolyte saurait identifier et réagir à la moindre entourloupe. Il n'en craignait pas, mais on n'était jamais trop prudent. Quant à lui, il lui valait mieux rester en retrait, afin de garder une vue d'ensemble tel un général. Un des deux hommes fit de même avec Kevin. Ils se dépassèrent l'un l'autre. Le ravisseur avisa Mathias d'un œil torve qui parut une seconde de trop surpris. Mathias plissa les yeux, intrigué, puis passa son chemin.
Il aperçut Kevin arrivé à hauteur d'Alfred qui l'attrapa par les épaules et le ramena contre lui. Aussitôt, il sentit la valise, dont il agrippait toujours la poignée, être ramené vers le deuxième homme resté en retrait. Il ne la lâcha pas tout de suite, se contentant de fixer son opposant droit dans les yeux. Mathias prit son temps. Seulement après avoir constaté que personne ne risquait quoi que ce soit, il accepta de relâcher la valise.
Sans demander leur reste, les trois hommes s'enfuirent rapidement après cela. Dès qu'ils furent hors de vue et que le groupe se retrouva de nouveau dans un carrefour fréquenté, chacun relâcha la pression.
- C'est qui tous ces gens ? s'exclama Kevin à l'intention de son frère et de son cousin
- Mes acolytes ! Ils m'ont aidé à te sauver. Surtout Lukas, lui, le détective.
Kevin le dédaigna du regard.
- J'avais pas besoin d'aide, affirma-t-il malgré tout
Alfred lui assena une frappe dans le dos, manquant de le faire s'étouffer avant de lui ébouriffer les cheveux. Il éclata de son rire caractéristique.
- Pourquoi ils en voulaient à ma valise, ces enflures ? Je croyais qu'ils en voulaient pas après l'avoir envoyée valser sur le trottoir…
- Vous avez pris un vol Montréal - Bruxelles, n'est-ce pas ? intervint Lukas
Kevin approuva. Lukas lui laissa par la suite le soin d'assembler les pièces du puzzle. Il eut à peine le temps de le faire qu'Alfred lui fit le résumer à toute allure de ce qu'il s'était passé et conclut par un tonitruant :
- Bienvenu en Norvège !
Mathias éclata de rire. De son côté, Carlos glissa à Lukas :
- Très marrant votre quotidien de détective mais clairement pas pour moi.
Lukas haussa un sourcil dubitatif. Ce qu'il venait de se dérouler n'avait rien d'une visite guidée ou d'un pamphlet en faveur de l'investigation. Il admettait cependant que, même si ce n'était pas un empoisonnement ou un vol au restaurant, quelque chose était finalement venue animée le repas et ce n'était pas désagréable.
Fin de l'affaire
