Bonjour à tous !

Je n'ai pas vu la semaine passer au point que d'avoir eu besoin de vérifier si j'avais posté hier. Ce qui n'était pas le cas. On va donc éviter de refaire la boulette de la semaine dernière et essayer d'être un peu plus consciencieuse désormais, hein.

Et dans tout ça, je n'ai toujours pas apposé le point final à cette ridicule A21. Elle est courte, elle est sympa, sans prise de tête, mais pourtant son écriture trainasse. Et je ne vous cache pas que ça m'agace ! Mais j'y viendrais à bout. D'autant que la suivante est tellement… croustillante ? peut-être. En tout cas, elle comporte un évènement que j'ai hâte de traiter.

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Khøler

Islande : Emil Steilsson

République Tchèque : Anna Trnka

Slovaquie : Johan Trnka

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 20 : Le choc

La nouvelle foudroya Lukas sur place. Sa grand-mère avait toujours été l'image même de la rigueur et de l'austérité pincée bourgeoise dans laquelle elle avait été élevée. Sa grand-mère avait toujours démontré que sa force de caractère était aussi une force physique chez elle. Qu'elle soit à l'hôpital sonnait simplement comme une vaste plaisanterie. Même un accident paraissait invraisemblable.

- Elle… elle est en visite ? Un examen de routine ?

Quand bien même tout était flou autour de lui, il sentit le regard curieux de Mathias s'accrocher à lui.

A l'autre bout du combiné, la voix du vieillard soupira.

- Lukas… mieux que quiconque, tu as compris…

Lukas se sentit se vider subitement de toute énergie. Il fut incapable de prononcer un seul mot. Son regard se perdit dans le vague, se couvrit d'un voile opaque.

- Lukas ? appela la voix de son grand-père, allô ?

- Je suis là, articula-t-il

- Je me devais de te prévenir.

- Oui…

Il s'entendit vaguement demander les références de l'hôpital où avait été intégrée sa grand-mère. Il ne s'aperçut même pas qu'il avait raccroché. Ce fut finalement la voix de Mathias qui le sortit de ses pensées.

- Tout va bien ?

- Non, souffla-t-il

Il attrapa aussitôt une veste, les clés de la voiture et claqua la porte d'entrée derrière lui, sans même laisser l'opportunité à Mathias de réagir.

Ce dernier cligna plusieurs fois des yeux. Il avait à peine tendu la main afin de freiner son acolyte que celui-ci s'était volatilisé. Il se demanda s'il devait partir à sa poursuite. Lukas avait tellement eu l'air paniqué et si subitement, chose bien inhabituelle chez lui. Il avait peur qu'il n'agisse imprudemment. Mais déjà le moteur vrombit. Mathias avait compris qu'on parlait d'hôpital sans avoir pu saisir autre chose. Néanmoins, il ne connaissait ce Lukas spontané que dans de très rares cas. Emil étant à la maison, il ne voyait que deux autres personnes qui auraient pu susciter chez Lukas une telle réaction : ses grands-parents.

Emil dévala les escaliers. Son macareux s'agita d'autant plus lorsqu'il l'aperçut.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-il tout en allant caresser le plumage de l'oiseau

- Euh…

Mathias se passa une main dans les cheveux, confus.

- Lukas vient de partir pour l'hôpital. Je crois que ça concerne un de ses grands-parents.

- C'est grave ?

Mathias se laissa tomber sur la fenêtre en baie en expirant profondément.

- J'en sais rien. J'espère pas…

Ces quelques mots se répétèrent dans son esprit toute la soirée.

Mathias ne put se résoudre à aller se coucher. Il était trop angoissé pour Lukas. Il patienta dans la salle à manger, à côté d'une assiette sous cloche aux mets refroidis. Il triturait vaguement un coin de la serviette en tissu.

Il n'était pas très doué pour pressentir quoique ce soit. Il sentait les choses, tout au plus. Le regard hagard suivi de la panique qui s'était brusquement emparée de Lukas tournait en boucle. Le moment avait été bien furtif et pourtant, il était capable de détailler l'expression de son acolyte. En l'espace de quelques secondes à peine, il avait vu passer sur son visage un panel d'émotions, comme s'il n'existait tout à coup plus aucun filtre, lui qui avait pourtant toujours su conservé un masque froid et imperméable.

Il était bien tard quand la porte d'entrée s'ouvrit de nouveau. Mathias avait toujours les yeux ouverts, affalés sur la table. En attendant le pas de lourd de Lukas, il se précipita dans le hall. Le front barré par l'inquiétude, il découvrit un homme aux traits tirés, cernés, les yeux… rougis ? La gorge de Mathias se noua. Il n'osa pas prononcer un mot, ni même bouger.

Lukas déposa mollement les clés sur la table d'appoint et ôta sa veste. Il voulut la poser sur une patère mais elle retomba à terre, lâchée trop tôt. Mathias bondit en avant et vint s'en charger. Lukas capta alors la présence de son colocataire. Ses yeux errèrent un moment avant de croiser ceux de Mathias, très inquiets. Celui-ci posa une main tendre sur son épaule.

Mathias n'osait pas lui poser la question fatidique et Lukas ne se sentait pas de parler. Face à ce silence pesant, il l'encouragea d'un sourire mais Lukas se contenta de se dégager et prendre la direction de l'étage.

- Lukas, osa-t-il l'interpeller finalement

Son colocataire ne se retourna même pas. Mathias se sentit très mal, l'estomac retourné.

- Je… si t'as faim, ton assiette est sur la table. T'as plus qu'à faire réchauffer.

- J'ai un auteur à retrouver.

Mathias prit le parti de laisser Lukas tranquille et monta à l'étage. Arrivé à sa hauteur, il ralentit un peu le pas. Il chercha quelque chose à dire. Insatisfait, il se contenta d'une accolade puis partit. Une fois allongé dans son lit néanmoins, il sut qu'il dormirait peu cette nuit là, attentif au moindre bruit venant des étages inférieurs.

oOo

Le lendemain matin, lorsqu'il passa devant la chambre de Lukas, il le trouva endormi sur son bureau, portrait qu'il avait déjà croisé plus d'une fois en descendant vers la cuisine, mais ce matin-là, il s'autorisa à pénétrer la chambre de Lukas sans frapper. L'ordinateur s'était mis en veille, son voyant clignotant. Des encyclopédies et des ouvrages de références sur la littérature norvégienne étaient étalés. Des journaux de l'époque se trouvaient également là.

Il observa les dates et se remémora la discussion de la veille avec les jumeaux Trnka. Les années 80 jusqu'au début des années 90. C'était pile l'époque de la série de meurtres perpétrés par Gerdi Thomassen, la mère de Lukas. Un souvenir encore vif et douloureux, Mathias n'en doutait pas, quoiqu'en dise ou en montre Lukas. Il grimaça. Il n'était pas sûr de vouloir voir cette enquête entre les mains de son acolyte. Il ne trouvait pas cela très sain, d'autant plus s'il avait un grand-parent à l'hôpital. Et puis, il était bien assez fatigué comme cela ces derniers temps, se dit Mathias en l'observant dormir.

Agacé, l'expression fermée, Mathias attrapa délicatement chaque journal et les remisa au fond du carton que Lukas rangeait d'ordinaire sous son lit. Il chercha ensuite à mettre la main sur les coordonnées des jumeaux Trnka. Ils allaient les appeler et leur dire que Lukas n'était pas en état de mener quelque investigation que ce soit. Une toute petite part de lui trouvait cela moche, d'agir ainsi, mais il la fit rapidement taire. Lukas comptait plus pour lui.

Au moment où il s'apprêtait à attraper le petit papier, Lukas geignit dans son sommeil et s'éveilla peu à peu. Il se frotta longuement la tête. Sa barrette se détacha même. Mathias la rattrapa avant qu'elle n'atteigne le sol.

- Mathias ? Qu'est-ce que tu fais dans ma chambre ? Tu ne devrais pas être en train de dor… oh.

Il avait aperçu l'heure sur son réveil. Il s'abandonna dans son fauteuil et rejeta la tête en arrière, en soufflant et se frottant les yeux.

- Peut-être qu'il vaudrait mieux que tu prennes un temps de repos. Tu ne crois pas ?

- Allons bon. Première nouvelle.

- Dis celui qui, dès le matin, se masse les tempes de lassitude.

- Dis celui qui n'est pas réputé pour son observation et ses déductions, répliqua à son tour Lukas

Mathias eut un petit sourire triste accroché aux lèvres. Puis, il s'assit sur le lit.

- Sauf que j'apprends vite. Et crois-moi, j'ai un bon prof. Je pense sincèrement que tu dois décrocher un peu. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé exactement hier soir. Mais entre ça et ta fatigue des derniers temps, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.

- Que je ?

- Que tu gères cette enquête.

- Tu n'es pas en train de te mettre en retard pour ton travail ?

Mathias fut un instant surpris par la réponse. Puis, il écarquilla les yeux.

- Merde ! C'est vrai que j'ai pas la voiture aujourd'hui.

Il sauta sur ses jambes. Il allait franchir le pas de la porte lorsqu'il se retourna :

- Sérieusement. Tires pas sur la corde !

Lukas balaya l'air de sa main. Il attendit d'entendre les pas de Mathias résonner sur le carrelage de la cuisine pour en revenir à ses recherches. Il refit le tour des documents dont il disposait et s'aperçut tout à coup de la disparition des journaux. Il fronça les sourcils. Il n'avait aucun souvenir de les avoir rangés, qui plus est puisqu'il s'était endormi sur son travail.

En bas de la cuisine, Mathias lâcha un juron pour s'être brûlé. Lukas comprit.

Mais quel intérêt avait-il eu de rangé les journaux ? se demanda le détective. Une seconde à peine après la raison lui parut évidente. Se frottant les yeux, Lukas soupira. Comme si cela pouvait l'empêcher d'avoir les idées claires… Il leva les yeux au ciel.

Alors que Mathias remontait se préparer, il s'arrêta sur le pas de la porte de Lukas et frappa cette fois. Il n'attendit pas la réponse cependant pour s'avancer.

- Je t'amène une tasse de café.

Lorsqu'il posa la tasse sur un coin du bureau, il aperçut le regard en coin réprobateur de son acolyte. Il ne mit pas longtemps à comprendre que le détective savait pour les journaux. Il se passa une main dans les cheveux, avec un grand sourire innocent.

- Je vais bien. Je t'assure.

Et comme pour prouver ses dires, Lukas avala une longue gorgée de café chaud.

- Tu es sûr ?

- Ce n'est pas une simple date qui va chambouler mon professionnalisme.

A dire vrai, elle ne risquait pas de chambouler grand-chose en effet, puisqu'il l'avait toujours en tête finalement. Mais il s'abstint d'en faire mention.

Mathias était encore là. Lukas pivota alors sur son siège, sans crier gare, et lui fit face.

- Ma grand-mère est à l'hôpital, mais elle est vivante. Elle nous a fait une petite frayeur. C'est tout.

Mathias avait envie de lui rétorquer que vu le zombie qu'il avait retrouvé hier soir lorsqu'il était rentré, il avait du mal à croire que c'était aussi simple. Mais il n'avait pas envie d'embêter Lukas avec cela.

- Tu tiens vraiment à être en retard ce matin, hein ?

Mathias lui adressa un large sourire de garnement et s'en fut aussitôt, sous le regard de son colocataire en train de siroter son café. Puis, plus tard, dès que Lukas l'entendit partir pour le travail, il décrocha le téléphone pour prendre des nouvelles de sa grand-mère.

Emil descendait justement pour son petit-déjeuner lorsqu'il raccrocha. Son petit frère l'interrogea du regard. Il dodelina de la tête, indécis, avant de remonter se terrer dans sa chambre.

Il passa ainsi près de la moitié de la journée chez lui, à farfouiller et grappiller la moindre information sur l'auteur et la maison d'édition, et l'autre partie à aller à la rencontre de libraires et bibliothécaires de sa connaissance. Il s'avérait qu'une majorité d'entre eux étaient avant tout des connaissances de ses grands-parents. Quand il revint en fin d'après-midi, il avait finalement l'impression d'avoir passé plus de temps à répéter l'état de santé de sa grand-mère qu'à parler du sujet qui l'intéressait en priorité. D'autant plus que la récolte d'informations s'était révélée très peu fructueuse, pour ne pas dire nulle. Quelques-uns avaient vaguement émit l'hypothèse que cela pouvait leur dire quelque chose, mais autant ne pas trop compter là-dessus. C'était beaucoup trop incertain.

Le plus contrariant, c'était également ce manque d'informations autour du livre. Il n'était pas du genre à porter aux nues Internet, mais il voulait bien le considérer comme une source certes foisonnante. Néanmoins, ce livre paraissait être un fantôme sur la toile. Il ne le retrouva nulle part, pas même su un blog obscur et déserté depuis plusieurs années. Il décida de contacter les jumeaux. Il les salua à peine que la voix de Johan s'exclama :

- Vous l'avez retrouvé ?

- Pas encore. Il me faudrait le nom de l'imprimeur.

Anna avait repris le combiné et le lui avait fourni.

- Vous pensez arriver à quelque chose dans combien de temps ?

- Je ne peux pas vous le dire.

- Par peur de nous décevoir ?

- Non. Ce n'est pas dans mes habitudes.

Il ne précisa pas s'il parlait de décevoir ses clients ou d'avoir peur, et peu lui importait comment Anna Trnka le prendrait.

Sur ces mots, il acheva promptement la conversation et retourna à ses recherches, ce nouvel élément en main. La tâche fut loin d'être aisée car si la maison d'édition avait fait faillite, l'imprimeur, lui avait changé de noms par deux fois depuis. Le temps de refaire tout le cheminement arrière pour en revenir à cet imprimeur lui prit un temps considérable. Mais enfin, lorsqu'il eut le nom du propriétaire de la société actuelle sous les yeux, enfin !, il eut l'impression qu'il avait attrapé le fil qui lui permettrait de remonter le labyrinthe.


Affaire à suivre…