Bonjour tout le monde,
Une fois n'est pas coutume, j'oublie de poster le samedi… Enfin, circonstance atténuante, j'étais occupée hier (et en fin de journée, tellement crevée que la seule chose dont j'étais capable, c'était de papillonner en tentant de regarder un film jusqu'au bout…) Bref.
Il y a beaucoup de choses qui tournent dans ma tête, qui accaparent mon temps libre, et de fait, je vous avoue en toute honnêteté que je ne sais pas s'il n'y aura pas un autre hiatus. J'aimerais vraiment éviter, autant pour vous que pour moi, comme je ne cesse de le dire. Mais arf… trop peu de temps pour un organisme qui ne supporte pas les courtes nuits font que j'avance très lentement…
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Khøler
Islande : Emil Steilsson
République Tchèque : Anna Trnka
Slovaquie : Johan Trnka
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 20 : Le soutien indéfectible
Lukas devait bien le dire : il était satisfait d'enfin tomber sur un début de piste. Tant et si bien qu'il se laissa retomber dans son fauteuil, tête en arrière, et expira longuement. Il passa une main dans ses cheveux. Ce genre d'investigation n'était certes pas très palpitant. D'autant plus lorsqu'on avait d'autres préoccupations.
La fatigue le prenant de nouveau, et satisfait d'avoir trouvé quelque chose, il ne se fit pas prier lorsque Mathias l'appela pour dîner. A dire vrai, ce dernier s'était presque attendu à devoir lui préparer un plateau-repas ou tout du moins insister. Du coup, il resta comme deux ronds de flanc lorsque Lukas passa devant lui afin de rejoindre sa place à table.
- Bonne journée ? lui demanda son frère en le voyant s'installer
Emil était perplexe, ne sachant déterminer dans quel état se trouvait véritablement son aîné.
- Lassante, reconnut Lukas
- Tu as trouvé quelque chose ? s'enquit Mathias en apportant le plat du jour
- Enfin, oui.
Ni le frère ni l'acolyte n'osèrent poser la question fatidique. Au lieu de quoi, Emil dévia la conversation sur une anecdote.
- Les jumeaux Trnka sont revenus aujourd'hui aux bains. Anna Trnka était bien la première à critiquer le spa d'Erzsébet et pourtant… Elle revient. C'est à n'y rien comprendre.
- Peut-être qu'elle ne vient pas que pour le spa, taquina Mathias avec un sourire goguenard
Emil piqua un fard tant il était gêné.
- Mais oui, bien sûr, j'allais te le dire… J'espère que t'as trimé pour aller au boulot ce matin, tiens.
- J'ai réussi à choper le train juste à temps ! Et je suis arrivé pile à l'heure au boulot, mais une seconde après et mon supérieur me tombait dessus. Et croyez-moi, personne n'a envie de le croiser ! Les élèves ont même découvert qu'il collectionnait les lacets de chaussures… Je me suis toujours dit que c'était pour m'étrangler lorsqu'il en avait marre de moi, ah ah !
Lukas ne se dérida pas. Il avait l'air ailleurs. Emil et Mathias se jetèrent un coup d'œil. Il avait l'air d'avoir… le moral ? conclurent-ils avec une pointe de doute tout de même.
- Et bien… euh… tu vois que tu peux te passer de véhicule, Mathias, tenta Emil pour poursuivre
Ce n'était vraiment pas dans son habitude de faire la conversation. Il était certain que son frère n'était pas aveugle, ni sourd en l'occurrence. Mais il commençait à se demander sérieusement si cela servait à quelque chose. Il soupira.
- Tu as des nouvelles de ta grand-mère ?
- Il faut que j'appelle.
Ce fut la seule réponse de Lukas.
Durant le reste du repas, Mathias prit à cœur de le divertir et tenta par mille et unes anecdotes saugrenues de capter son attention. Le dérider paraissait impossible, il s'agissait de Lukas tout de même. Emil se prêta au jeu également.
Plus tard, Mathias essayait de ne pas écouter la conversation que Lukas avait au téléphone avec son grand-père. Il ne pouvait s'empêcher cependant de capter quelques bribes.
- J'essaierai de passer demain.
Puis, il raccrocha peu de temps après. Il demeura un moment dans le hall d'entrée. Mathias hésitait à venir l'interrompre.
- Est-ce que… ça va ?
Lukas releva la tête, brusquement sorti de ses pensées.
- Demain, tu viens avec moi chez l'imprimeur.
Il grimpa ensuite à l'étage sans attendre de réaction.
Pourtant, Mathias en avait des réactions ! Et surtout des questions. Quel imprimeur ? L'éditeur s'était-il reconverti en imprimeur ? Mais surtout, pourquoi Lukas lui demandait-il de l'accompagner ? Non pas qu'il n'en était pas ravi, mais d'ordinaire, le détective savait pertinemment que Mathias était un homme d'action, et qu'il trépignait facilement d'impatience lorsqu'il ne s'agissait que de mystère sans danger. Les dernières fois avaient amené Lukas à décréter que Mathias ne mettrait plus le nez dans ces affaires là. Son comportement impatient l'agaçait, avait-il déclaré. Alors pourquoi cette fois ? Se sentait-il si mal en point qu'il voulait s'en remettre à Mathias ? Cela fit très chaud au cœur de ce dernier. Il savait que Lukas ne devait voir en lui qu'un soutien, peut-être bien un ami, et ne partageait pas les mêmes sentiments que lui, mais cela lui fit très plaisir de constater qu'il comptait sur lui. Du reste, il ne s'était cependant pas attendu à ce que Lukas se repose sur quelqu'un. Il était, au contraire, plutôt du genre à s'isoler, ce qui confortait Mathias dans l'idée que son acolyte s'ouvrait encore un peu plus à lui. Il serait un soutien indéfectible, se promit-il en hochant la tête vigoureusement.
oOo
Le lendemain, dans la matinée, le détective et son acolyte parcoururent la ville en transport, puis à pied, au grand damne de Mathias. La voiture aurait dû être à lui pour la journée, mais Emil avait argué que lui ne travaillait pas en ce samedi. Mathias avait fini par reconnaitre qu'il aurait, en effet, été injuste de priver l'employé de son moyen de locomotion. Il n'empêche que cela avait contrarié son humeur.
Ils se présentèrent devant l'imprimerie, modeste établissement en bordure de la capitale norvégienne, entourée d'autres enseignes dont une de vélo. Mathias ne put s'empêcher de s'arrêter devant la vitrine, attiré comme un aimant par les modèles proposés, en amateur de cyclisme qu'il était. Son grief s'était vite envolé.
- Et bien la voilà votre solution, déclara Lukas
Mathias l'interrogea du regard.
- Un vélo, c'est moins cher qu'une voiture.
- Tu veux qu'on se prenne des vélos avec Emil ?
Lukas leva les yeux au ciel.
- Emil n'aime pas pédaler. Il préfère la marche ou conduire. Je te laisse conclure tout seul.
Le détective pénétra chez l'imprimeur tandis que Mathias se frottait le doigt songeur. Il avait bien compris où Lukas voulait en venir, mais il se demandait s'il était bien raisonnable d'engager des frais. Certes, il avait un salaire et rien, en apparence, ne l'empêchait d'investir. La voiture, il en était hors de question car il s'agissait d'une somme beaucoup trop… voyante. Mais un vélo… L'idée fit son chemin et il conclut ses réflexions par un grand sourire de bienheureux. Il espérait juste avoir le temps de s'en occuper le jour-même.
Il sautilla presque pour rejoindre Lukas. Ce dernier attendait de rencontrer l'imprimeur. On leur présenta un homme relativement jeune, surement dans la trentaine comme eux. Impossible pour le détective qu'il s'agisse de l'imprimeur qui avait eut l'album en charge. Il s'agissait en réalité du fils, qui leur expliqua que son père était désormais à la retraite et s'était installé à Kristiansand, dans le sud du pays. Il se montra d'abord peu à l'aise face à l'austérité et l'inexpressivité du détective. Mathias crut comprendre quelle tâche lui revenait réellement et se chargea d'adoucir les contours de la conversation, d'assener accolades joviales et d'adresser de grands sourires ingénus. L'imprimeur accepta volontiers de consulter les archives lorsque les deux compères en vinrent à les lui demander. La société n'était pas bien grande et ils eurent tôt fait de retrouver la commande de la maison d'édition Liten Regnbue.
- Voilà les coordonnées. Néanmoins, si vous me dites que la maison d'édition n'existe plus, il y a fort à parier que l'adresse et le numéro de téléphone tombe dans le vide.
Lukas ne broncha pas. Le nom du directeur lui serait certainement suffisant mais on ne crachait pas sur les informations, qui plus est lorsqu'on traitait d'un album aussi inconnu.
Au sortir de l'imprimerie, Mathias supplia :
- Je peux aller dans le magasin de vélos ? J'en ai pas pour longtemps, promis !
- J'ai besoin de rentrer pour poursuivre mais je n'ai plus besoin de toi.
- Cool ! Pars devant dans ce cas. Je veux pas te retarder !
Mathias était déjà prêt à pénétrer dans la boutique lorsqu'il s'aperçut que Lukas n'avait pas bougé. Il était en pleine réflexion ?
- T'as oublié quelque chose ?
Lukas mit du temps à répondre. Néanmoins, cela lui arrivait tellement souvent que Mathias n'en fit pas cas.
- Non.
Mathias se gratta la tête, perplexe.
- Tu veux que je rentre avec toi ?
La réponse ne vint jamais. Mathias eut un grand sourire. Il serait un soutien indéfectible, se rappela-t-il à lui-même. Il attrapa Lukas par les épaules et ils prirent le chemin de la maison.
A peine de retour que Lukas se carapata dans sa chambre pour poursuivre ses recherches. Mathias prit le temps de lui préparer un déjeuner qu'il vint lui apporter.
- Il n'y a pas de place sur mon bureau, affirma Lukas
Mathias lui adressa pour seul réponse un grand sourire. Il posa le plateau sur le fauteuil et repartit sans un mot.
Lukas l'observa jusqu'à qu'il soit hors de portée, puis revint à son office. Il venait d'appeler et comme il s'y attendait, était tombé sur un numéro hors service. Il entreprit alors de retrouver dans l'annuaire l'éditeur. Plusieurs homonymes s'y trouvaient et Lukas dut les essayer un à un. Vu le nombre d'années, il s'autorisa même à envisager qu'il puisse s'agir de l'homonyme installé à Tromsø, bien loin au nord du pays.
Il perçut vaguement le macareux s'agiter dans l'entrée, suivit du claquement de la porte d'entrée. Mathias était sans aucun doute allé chercher son futur vélo.
Enfin, il tomba sur un homme qui avait jadis été le directeur d'une toute petite maison d'édition, du nom de Liten Regnbue. L'homme était un vieillard mais avec encore toutes ses capacités.
La gorge de Lukas se noua. Il y avait quelques jours encore, c'était aussi le cas de sa grand-mère.
- Allô ? Monsieur ?
- Oui. Excusez-moi. Je suis toujours là.
- Je vous disais donc que j'ai sous les yeux mes cartons d'archives. Ce ne sera pas très long à éplucher ! J'ai toujours adoré travailler pour les enfants. C'était en soi un rêve de gamin que de pouvoir éditer des livres pour eux. Mais évidemment, n'y connaissant rien, je n'ai pas fait long feu… En tout cas, je suis ravi qu'un des ces albums aient même voyagé ! Je me souviens très bien de cet auteur. C'est son seul ouvrage. Je crois même qu'il avait mon âge. Je n'ai vu l'illustratrice qu'une ou deux fois. Une charmante jeune femme cependant. Tous les deux, ils partageaient une telle complicité. C'était un formidable binôme. Je me demande ce qu'ils sont devenus… Vous me tiendrez au courant lorsque vous les aurez retrouvés ?
- A dire vrai, je ne cherche que l'auteur. Les mandataires dont je vous parlais se trouvent être les enfants de l'illustratrice, Petra Hegerlíková.
- Mais oui, madame Hegerlíková ! Ses aquarelles m'émouvaient toujours. Comment va-t-elle ?
- Elle est morte.
A l'autre bout du combiné, il y eut un blanc.
- Je ne sais pas dans quelles circonstances, crut bon de préciser Lukas à un moment. Ses enfants tiennent à retrouver cet auteur pour faire leur deuil.
- Quelle nouvelle… Si je m'attendais… J'aurais aimé pouvoir mieux la connaitre. Elle avait l'air pleine de talents. Mais les enfants ont besoin de ces informations ! Je vais vous retrouver ce nom. Patientez juste quelques instants.
Ce vieillard venait d'apprendre le décès d'une illustratrice, a fortiori plus jeune que lui, et pourtant, il avait à cœur d'aider les jumeaux Trnka. Il ne l'avait certes pas beaucoup connu mais il l'avait assez croisé pour pouvoir être choqué de la nouvelle. Lukas se demandait bien où il pouvait trouver une telle énergie.
- Ah le voilà ! s'exclama son interlocuteur
Avant de raccrocher, l'ancien éditeur lui fit de nouveau promettre de le recontacter lorsqu'il en saurait plus.
Armé du nom et d'une adresse postale, Lukas décida de s'y rendre. Il hésita un long moment sous les coassements du macareux. Il avait très envie de passer voir sa grand-mère, mais sa mission l'appelait. Il repensa à sa conversation avec l'éditeur. Il inspira profondément, regrettant l'absence de Mathias, et prit finalement la direction de l'hôpital.
oOo
Mathias revint dans l'après-midi, tout guilleret, juché sur son tout nouveau vélo. Il respirait la bonne humeur. Il remisa son précieux investissement dans la petite courette à l'avant de la maison.
- Je suis rentré ! tonna-t-il en passant le pas de la porte
Le macareux lui répondit aussitôt. En dehors de ça, cependant, le silence s'abattit. Perplexe, Mathias gravit les marches quatre à quatre. Lukas n'était pas dans sa chambre, constata-t-il. Et il n'avait pas non plus touché à son plateau-repas… Mathias soupira en secouant la tête. Impossible de savoir où il était parti. Mais s'il était sorti seul, c'est bien que Mathias n'était utile que lorsqu'il devait rencontrer un inconnu. Quoiqu'il avait un doute, au regard de Lukas quémandant silencieusement sa présence sur le chemin du retour. Néanmoins, tout ce qu'il pouvait faire désormais, c'était vaquer à ses occupations.
Alors qu'il était en pleine vaisselle, on sonna. Il découvrit sur le pas de la porte les jumeaux Trnka.
- Quelle est donc cette nouvelle ?
- Quelle nouvelle ? balbutia Mathias
- A vous de nous le dire, répliqua Anna en croisant les bras
- Le détective nous a demandé de le rejoindre ici pour une annonce, expliqua Johan
- Ah ! Il a dû vous appeler alors qu'il était sur le retour. Il ne va pas tarder, j'imagine. Montez au salon, je vous amène des boissons ! offrit cordialement Mathias
En effet, Lukas débarqua quelques minutes après. Mathias demeura dans le salon, lui aussi curieux de cette nouvelle. Sans jamais croiser leurs regards, le détective s'avança vers la fenêtre.
- L'auteur que vous cherchez… est décédé il y a vingt-cinq ans de cela.
Affaire à suivre…
