Bonjour à tous,

Voilà qui est quasiment certain. Je vais devoir remettre la fic en hiatus… Plus j'y repense et plus l'A21 me parait moche. Et quant à la suite, je ne sais même pas quand est-ce que j'aurais le temps de l'écrire…

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Khøler

Islande : Emil Steilsson

République Tchèque : Anna Trnka

Slovaquie : Johan Trnka

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 20 : Le code

Lorsqu'il se réveilla, il constata que l'heure du déjeuner était largement passée. Sa tête avait entrainé son corps sur l'accoudoir, écrasant à moitié le livre sous lui. Lukas se redressa en se frottant les yeux. Il attrapa la tasse que Mathias avait déposée pour lui sur la table d'appoint. Le café était froid. Lukas tordit le nez.

Il s'étira en repensant à cette dernière découverte. Il avait des chiffres et des aiguilles. Sauf qu'elles n'allaient pas lui indiquer un deuxième lieu. Si ? Pris d'un doute, Lukas rejoignit la carte d'Oslo toujours au sol et traça les points comme la veille mais en prenant en compte les nouvelles données. Elles le faisaient tomber en plein milieu du fjord. Certaines, même, ne rejoignaient aucune autre. Non, décidément, ce n'était pas ça. Elles transportaient une autre information.

Par ailleurs, le détective ne voulait pas croire que le texte soit inutile dans cette histoire. S'ils avaient voulu caché tout le témoignage, tous les indices, dans les aquarelles, ils ne se seraient pas embêté à collaborer sur un conte. L'histoire avait son importance, forcément. Le texte avait son importance. D'autant plus qu'il s'agissait de quelque chose liée à l'auteur. Il avait rédigé l'histoire. Il y avait quelque chose à en tirer, il en était convaincu.

Alors qu'il se frottait le menton, songeur, face aux dessins, le téléphone sonna. En descendant les escaliers, il y pensait encore. Tout à coup, une nouvelle idée émergea : et si les aiguilles des reflets étaient à mettre en lien avec le texte ? Cela valait le coup d'essayer.

Il pressa le pas pour décrocher et tomba sur son grand-père. A entendre sa voix fatigué, les épaules de Lukas s'affaissèrent, tout entrain pour l'enquête envolée.

- Est-ce que tu viendras voir ta grand-mère aujourd'hui ?

La gorge de Lukas se noua. Il savait ce que cette question sous-entendait.

- Qu'envisagent les médecins ?

- Pas beaucoup.

La peine de son grand-père transparaissait au travers du combiné. Lukas lui-même se sentait profondément affecté. Les deux hommes demeurèrent un moment dans le silence de leur conversation avant de se donner rendez-vous dans l'heure. L'enquête pouvait bien attendre, se dit Lukas.

Il laissa tout en plan et quitta la maison.

oOo

Lukas revint une fois de plus à la maison sur l'heure du diner. Epuisé, il ne dit rien, se contentant de profiter du diner qu'avait cuisiné Mathias. Ni ce dernier ni Emil n'osèrent lui poser de question. A dire vrai, à sa tête aux traits tirés et son teint un brin cireux, ils avaient déjà une bonne idée de ce qui se tramait. Ils n'arrivaient simplement pas à savoir si le mutisme de Lukas était dû à une extrême fatigue ou bien à une nouvelle plus importante.

Sans un mot, Lukas quitta la table puis s'en fut dans sa chambre avec le conte. Il était reparti pour une soirée, sinon une nuit, de recherches, à tenter de trouver un lien entre les aiguilles des reflets et le texte. Cela se révéla moins compliqué qu'il n'y parut. Cependant, il était tellement fatigué, d'autant plus avec sa nuit blanche de la veille, que la concentration commençait à se tarir, peu importe les litres de café qu'il pouvait ingurgiter.

Le détective se réveilla en sursaut au beau milieu de la nuit. Il alla se rafraichir dans la salle de bain adjacente. En revenant, il observa longuement les feuilles griffonnées de notes sur son bureau. Il prit son courage à demain et se replongea dedans.

Une fois n'est pas coutume, Mathias passa devant sa chambre au petit matin. Il fut étonné de trouver son acolyte encore éveillé pour une fois, mais n'osa pas le déranger. Comme il commençait à en prendre l'habitude, il lui apporta un café accompagné d'un solide petit déjeuner. Il devinait bien que le détective ne décrocherait pas de ses recherches avant un moment. Lukas lui adressa de vagues remerciements, concentrés.

Trouver comment faire correspondre les aiguilles et le texte ne fut pas mince affaire. Ce ne fut qu'en pleine matinée qu'il trouva. C'était comme si, tout à coup, un poids énorme s'enlevait de ses épaules. Il avait trouvé… Il n'avait pas envie de dire qu'il était stupéfait d'avoir réussi à trouver, non, bien au contraire, mais ces cellules grises s'étaient soudain arrêtées, ayant fait leur office. Il se laissa tomber dans son fauteuil.

C'était donc cela : l'aiguille des heures pour la place qu'occupait le mot dans la phrase, l'aiguille des minutes pour celle de la lettre dans le mot.

Après le calme, la tempête, et Lukas fut aussitôt pris d'une frénésie. Il se jeta sur toutes les pages de l'album où se trouvaient les reflets et reporta consciencieusement chaque lettre trouvée sur sa feuille. Il eut bientôt entre les mains un nom : Karl Mathisen.

Allons bon, se dit Lukas, comme d'habitude, des questions qui trouvent des réponses en posant de nouvelles énigmes. Il y avait donc le nom d'un illustre inconnu dans l'album de cet auteur norvégien et cette illustratrice tchèque. Il fit le tour des personnes qu'il avait pu rencontrer ou dont il avait entendu parler au cours de cette affaire. Force était de constater que ce nom était neuf.

Trois jours qu'il était sur cette enquête, d'abord pour retrouver un auteur qui s'avérait mort, et désormais pour résoudre l'énigme d'un conte pour enfant qui avait un message à délivrer. Au moins avait-il la satisfaction pour le moment de ne pas s'être trompé : la dédicace avait bien quelque chose à cacher. Maintenant, ne lui restait plus qu'à faire le lien entre cet auteur norvégien, ce nom inconnu et la dédicace dédiée aux jumeaux de l'illustratrice.

Après une première recherche sur internet, Lukas n'avait rien trouvé sur le nom de Karl Mathisen. Des homonymes, des patronymes similaires à quelques lettres près, mais rien de concret et de précis. Il prit le parti de se rendre à la mairie et demanda à consulter les archives. Avec un peu de chance, cet homme avait toujours vécu dans ce fameux quartier du nord-est d'Oslo et il pourrait ainsi retrouver sa trace. Sans quoi… la tâche s'avèrerait plus complexe car il devrait en passer par les différentes strates administratives. Sans compter qu'il pouvait s'attendre à un résultat dans deux jours comme dans deux mois.

Devant la base de données en ligne qu'il consultait depuis une salle de la mairie, Lukas pinça les lèvres. Non, il ne se voyait pas faire trainer cette affaire aussi longtemps.

Quel ne fut pas son soulagement lorsqu'il tomba sur un acte de naissance répondant au nom de Karl Mathisen. Il croisa néanmoins les doigts : pourvu qu'il ne s'agisse pas d'un homonyme. L'homme en question était né dans les années 1910 dans un village aujourd'hui disparu sous la capitale. Il avait servi dans l'armée lors des conflits ayant atteints la Norvège durant la Seconde Guerre Mondiale, puis avait résidé dans un immeuble, au nord-est du centre-ville, à quelques kilomètres de son lieu d'origine. Son acte de décès était joint au reste. L'homme s'était éteint au tournant de l'an 2000.

Le détective prit notes de toutes les informations. Puis, il tapota le bord du clavier d'un doigt songeur. Cet homme était mort. L'auteur était mort. L'illustratrice était morte. L'éditeur, l'imprimeur les avaient trop peu connus. Sa seule piste était bel et bien ce quartier. Un quartier résidentiel et d'habitués. Par les quelques lignes décrivant sa vie, Karl Mathisen avait de grandes chances d'avoir fait lui aussi partie de ses riverains.

Lukas s'apprêtait à fermer la base de données et faire une petite virée dans le bar de ce quartier, lorsqu'il fut pris d'une envie de vérifier quelque chose. Il tapa le nom de l'auteur. En quelques secondes, il retrouva sa trace. Il se maudit de ne pas avoir pensé à cela avant car il aurait aussitôt su qu'il était décédé. Au lieu de courir à travers la ville pour retrouver un fantôme. Lukas se maudit de tous les noms. Décidément, il n'avait pas toute sa tête en ce moment. Mais cette frustration s'envola bien vite au regard des informations sur lesquelles il venait de tomber. Extrêmement intéressant.

Ça y est. Il le sentait : le puzzle qui commençait à se résoudre de lui-même. Le détective esquissa un léger sourire.

Il quitta la mairie plus satisfait que jamais. Sans voiture, cependant, il mit un certains temps à coup de tramway et de bus pour rejoindre le bar. Il s'y présenta les mains dans les poches, nonchalamment. De toute façon, se convainquit-il, avec la fatigue qui se lisait à coup sûr sur son visage, il ne faisait aucun doute qu'il passait pour un travailleur acharné en quête d'une petite distraction. Il s'étala à moitié sur le comptoir sans même à avoir à se forcer.

- Vous êtes le gars de la veille, non ? l'interpella le gérant

- Ça se pourrait.

- Oulah. Dure journée de labeur. C'est ça ?

Lukas hocha brièvement la tête, puis commanda une double pinte. Aussitôt qu'il l'eut entre les mains, il en avala une grande gorgée.

- Vous n'êtes pourtant pas du quartier. Vous avez pas de bar à Majorstuen ?

Le tenancier pouffa de rire.

- Mon travail est dans le coin.

- Ah oui ? Pourtant, il n'y a que des immeubles et des baraques dans le coin.

- Autant dire le terrain parfait pour un inspecteur des impôts.

L'homme se raidit légèrement, comme n'importe qui le ferait face à ce genre d'emploi qui faisait toujours grimacer. Lukas extirpa d'une poche de sa veste le morceau de papier sur lequel il avait griffonné notamment la dernière adresse de résidence de Karl Mathisen. Il ne montra au gérant du bar que cette dernière.

- Vous pourrez peut-être me renseigner.

Le gérant décrypta l'écriture puis leva des yeux préoccupés vers Lukas.

- Il n'y a plus personne à cette adresse, je crois. Eh, Gudmund ! Amène-toi pour voir ! héla-t-il

Un vieil homme s'avança armé de son verre qu'il acheva d'une traite avant d'en demander un nouveau. Le tenancier lui désigna l'adresse d'un signe du menton.

- Y a quelqu'un qui vit là ?

- C'est vide depuis belle lurette.

- Pas même un certain M. Mathisen ? demanda innocemment Lukas dans son rôle, Karl Mathisen ?

Il sentit le vieillard à ses côtés se raidirent. Sa main trembla même un peu lorsqu'il attrapa son nouveau verre. Lukas prit note de tous ces petits détails.

- Il est mort depuis le début du siècle, Mathisen.

- Allons bon… notre service n'en aura pas été informé. Ce qui est fâcheux car il a toujours des dettes à rembourser.

- M'étonne pas de ce détraqué… marmonna Gudmund

- Il a déjà eu des histoires ?

- Il était l'histoire.

Le vieil homme termina sa boisson puis les quitta en tonitruant qu'il était déjà bien assez saoul. Autrement dit, conclut le détective, il n'avait pas envie de parler. Le tenancier paraissait interloqué. Il ne semblait pas comprendre ce qu'il se passait. Quelques choses avaient traumatisés les plus anciens de ce quartier.


Affaire à suivre…