Bonjour à tous,
La publication reprend à peine que j'oublie de poster… et pour ma défense, j'ai eu de travail le week-end dernier. Ce week-end n'est pas mieux, mais j'ai au moins un peu de temps ce soir. Désolée !
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Khøler
Islande : Emil Steilsson
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 21 : Petit-déjeuner revisité
Mathias trancha soigneusement la brioche tressée puis la disposa dans la corbeille en sifflotant. C'était le week-end et le voile grisâtre s'était levé, révélant un beau et agréable soleil. La capitale norvégienne était cependant toujours recouverte de son manteau blanc. Mathias était sorti dans la nuit encore noire pour aller à la boulangerie. Il avait été pris d'une envie de brioche et de viennoiseries. A présent, les premiers rayons de soleil irradiaient l'horizon et pénétraient dans la cuisine, accompagnant la préparation du petit-déjeuner.
Lukas fit irruption dans la cuisine, enveloppé dans son peignoir. Il avisa la cafetière pleine de café chaud. Mathias avait pris depuis bien longtemps le réflexe, dès qu'il se levait, de mettre la machine en route. Il observa son comparse se servir une tasse à ras-bord. Puis, Lukas se posa sans un mot à la table centrale, le regard rivé vers la fenêtre. Mathias esquissa un sourire en coin.
C'est qu'il le comprenait parfaitement désormais et il n'eut pas besoin de plus pour comprendre que Lukas avait mal dormi, qu'il s'était levé bon gré mal gré non pas en quête d'un petit-déjeuner mais plutôt de compagnie. Chose qu'il n'avouerait jamais. Mais Mathias se passerait très bien d'aveu.
Il poussa la corbeille de viennoiserie vers Lukas. Ce dernier ne parut pas surpris le moins du monde et empoigna directement sans aucune hésitation un morceau de brioche. Mathias avait vu juste : Lukas ne donnait l'air de rien mais était attentif à ce qu'il faisait.
Il attrapa lui-même une tasse et, plutôt que de tout transvaser dans la salle à manger, il prit place en face de Lukas. Ils entamèrent un petit déjeuner silencieux. Emil était déjà parti pour le travail depuis longtemps et le macareux dans l'entrée était sage. Mathias lui-même, pourtant si bavard d'ordinaire, profita du calme matinal, saupoudré du murmure étouffé de la ville.
De longues minutes s'écoulèrent. Lukas gardait le regard fixé sur sa tasse, grattant distraitement de l'ongle l'anse. Mathias l'observa sans aucun scrupule. Il était dans ses pensées, s'aperçut-il. Il aurait déjà réagi autrement. Mathias n'aimait pas voir les gens tristes. D'autant plus quand il tenait particulièrement à eux.
Alors qu'il se perdait dans la contemplation du visage de son acolyte, on sonna. Mathias sursauta et renversa le fond de café sur la table. Lukas releva la tête vers lui. Il sentit ses joues rosir.
- Ah ah ! Je crois bien que j'étais en train de m'endormir. Trop calme pour moi ce genre de petit dèj !
On sonna une nouvelle fois, accompagné de coups à la porte. Le macareux cria également et battit des ailes dans sa cage.
Mathias sauta sur ses jambes.
- Dis donc, on nous en veut ! plaisanta-t-il avant de filer
Lorsqu'il ouvrit la porte, une petite tornade blonde emmitouflée dans sa doudoune bleu ciel lui passa sous le nez en courant vers la cuisine.
- Lukas ! hurla le nouveau venu
Mathias dévisagea Peter. Puis, il s'aperçut qu'il y avait encore quelqu'un sur le pas de la porte. Recouverte par sa capuche vermillon et le nez rougi par le froid dépassant à peine de son écharpe en laine, la jeune fille gratta de sa botte la neige accumulée sur un coin de perron.
- Abigail ? s'étonna-t-il
Autant Mathias avait été pris de court par l'arrivée brusque de Peter sans qu'il ne soit vraiment alerté de voir l'adolescent débarqué, autant il était très stupéfait de découvrir Abigail, amie de Peter, sur le pas de sa porte, un samedi matin.
Et avec un sac de sport.
- Mais rentre, rentre. Viens te mettre au chaud.
Sans un mot, Abigail pénétra dans la demeure. Elle tapota consciencieusement ses bottes sur le paillasson et ne le quitta que lorsqu'elle s'aperçut que Mathias ne pouvait refermer la porte d'entrée.
Dans la cuisine, Lukas s'était retenu d'écarquiller les yeux mais n'en pensait pas moins. Il était plutôt habitué à des matins calmes. D'autre part, cela faisait bien longtemps que Peter n'avait pas débarqué comme cela.
Peter abattit dramatiquement ses deux mains sur la table et s'exclama :
- Lukas ! Il faut que tu nous aides !
- Pas la peine de crier.
- L'heure est grave !
- Arrête de crier et je t'écouterai.
Peter ne se souciait guère de ce que Lukas lui disait. Il l'attrapa par la manche de son peignoir et l'obligea à le suivre dans l'entrée. Là, le détective découvrit à son tour Abigail. Pour sa part, il ne la connaissait pas, mais il reconnut la description que Mathias avait pu en faire, lui qui parlait si souvent de son travail au collège.
Lukas conclut par ailleurs que malgré son menton relevé et ses sourcils froncés, Abigail se sentait mal à l'aise, cherchant désespérément à poser son regard quelque part, sans avoir à se concentrer sur ses bottes.
- Lukas, je te présente…
- Abigail, le coupa le détective
Des paillettes plein les yeux, Peter se tourna vers la jeune fille.
- Tu vois ! Un vrai détective. Avec lui, tu pourras rester ici. Il trouve toujours une solution.
Pour toute réponse, Abigail fourra les mains dans les poches de son blouson. Lukas ouvrit à peine la bouche que Mathias demanda :
- Qu'est-ce que vous faites ici de si bon matin ?
Abigail serra les lèvres.
- Est-ce que vos parents savent au moins que vous êtes ici ?
Comme les deux adolescents demeurèrent silencieux, Mathias attrapa le téléphone.
- Non ! s'écria Peter
Il lui arracha aussitôt le combiné des mains. Mathias en tomba des nues.
- Mais qu'est-ce qu'il vous arrive à la fin ?
Dans l'attente d'une réponse, Lukas croisa les bras et s'assit sur la fenêtre en baie. Mathias pour sa part dévisagea tour à tour les deux adolescents. Abigail finit par baisser la tête et marmonna quelque chose, inaudible dans son écharpe.
- Qu'est-ce que tu as dis ? On ne t'a pas entendu.
La jeune fille dégagea vaguement son visage et répéta les dents serrés.
- Je ne veux pas partir.
Mathias écarquilla les yeux.
- Partir ? Où ça ?
C'est alors que les yeux d'Abigail s'embuèrent. Elle se retint de fondre en larmes mais renifla fortement. Face à une telle réaction, Mathias paniqua tandis que Peter vint tapoter le dos de son amie.
- Oh là, on se calme. Tout va bien, Abigail.
Mathias ramena de la cuisine un mouchoir dans lequel la jeune fille se moucha bruyamment. Puis, il l'accueillit dans ses bras dans une étreinte rassurante.
- Tout va bien.
Il l'attrapa par les épaules et l'observa, le front barré par l'inquiétude.
- Mais enfin… je ne t'ai jamais vu comme ça, Abigail.
Tentant de conserver un air résolu et fier, la jeune fille se contenta de le fixer droit dans les yeux. Puis, n'y tenant plus, elle détourna le regard et se passa une main sous le nez. Mathias soupira.
- Enlevez vos manteaux d'abord. Mettez-vous à l'aise. Je vais vous faire des chocolats chauds.
Il lui tapota l'épaule, avant de s'éloigner. Sous le regard tout autant inexpressif qu'intimidant de Lukas qui ne bougea pas de la fenêtre en baie, les deux adolescents se débarrassèrent de leurs épaisseurs, et Abigail de son sac également.
Peu de temps après, ils étaient tous dans le salon. Mathias était en train d'allumer un feu dans la cheminée. Les premières flammes commençaient à lécher dans un crépitement sonore les bûches qu'il venait de déposer. Lukas avait pris sa place dans le fauteuil, jambes croisées, et sirotait un nouveau café, sans dire un mot. En face de lui, Abigail et Peter étaient installés sur le canapé, chocolat chaud entre les mains. Mathias avait même rajouté des marshmallows. Pourtant, Abigail demeurait muette, le regard concentré sur les carreaux encore un peu givrés dispersant la lumière comme de petits scintillements. Elle serrait dans l'une de ses mains un mouchoir usagé. Aucun des deux n'avait même fait mention du salon décoré la veille.
Il fallut attendre que Mathias vienne finalement s'accouder au fauteuil, derrière Lukas, pour que les langues se délient.
- Alors, alors… qu'est-ce qu'il t'arrive exactement, ma chère Abigail ?
La jeune fille resserra son emprise sur la tasse. Elle n'eut pas le temps d'intervenir que Peter s'élança :
- Il faut que tu l'aides Lukas, comme tu m'as aidé moi !
Mathias coula un regard oblique vers Lukas en quête de réponse. Mais bien évidemment le détective demeura le regard insondable, fixé sur les deux invités.
- Sa famille l'a traité comme une enfant !
Face à l'absence de réaction de la part des deux adultes, Peter reprit avec d'autant plus de verve :
- Ils lui ont menti ! Ils n'ont aucune considération à son égard !
- Oh, Peter. Tais-toi s'il te plaît, rétorqua tout à coup Abigail en levant les yeux au ciel
Puis, elle avala une gorgée de chocolat chaud.
- La seule chose de vraie dans ce qu'il raconte, c'est que ma famille m'a menti.
Elle releva la tête gravement vers Mathias et Lukas.
- Ça m'a énervé et je me suis dis que j'avais juste besoin de… m'évader un peu. Et Peter a tout de suite pensé à ici.
Mathias se redressa tout à coup.
- Besoin de t'évader… Abigail… tu n'es pas en train de nous dire que… ton sac de sport ? C'est pour le foot, hein ? C'est pour ça ?
La jeune fille n'osa pas affronter le regard de son pion de collège.
- Mais enfin Abigail… Il ne faut pas fuguer de chez soi !
- Et pourquoi pas ? répliqua-t-elle on ne peut plus sérieuse avant d'ajouter plus bas à moitié dans sa tasse, après tout… quand ma mère est partie, c'est un peu comme si elle avait fugué…
Mathias ouvrit des yeux ronds, abasourdi. Il ne savait pas trop par quoi, mais abasourdi.
Affaire à suivre…
