Bonsoir à tous,

Tout n'est peut-être pas perdu. La dernière affaire me harcèle.

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Khøler

Islande : Emil Steilsson

Sealand : Peter

Wy : Abiagail

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 21 : Fuguer

Mathias était tellement stupéfait par la nouvelle qu'il secoua la tête comme pour se remettre les idées en place.

- Du coup, je me suis dis que tu pourrais lui donner quelques trucs et astuces, reprit Peter dans un large sourire confiant

Mathias recula brusquement. Qu'est-ce qu'il venait de dire ? Aussitôt, il fit le tour du fauteuil, attrapa Lukas par la manche de son peignoir et l'entraina dans le couloir en refermant la porte du salon derrière lui.

Tentant de conserver son calme, il garda un instant la main sur la poignée de la porte. Puis il fit volte-face vers Lukas.

- Des trucs et astuces ? Pour fuguer ? Tu as donné des trucs et astuces à Peter pour fuguer ? s'exclama-t-il incrédule

Lukas aspira une gorgée de café brûlant.

- Non.

Mathias se détendit aussitôt.

- Je lui ai simplement donné un mode opératoire pour que ses parents ne le retrouvent que quand il le voudrait, lui.

Mathias fit un bond.

- Mais ça va pas la tête ? Lukas ! Ce sont des ados ! On ne donne pas ce genre de conseils à des ados !

Lukas haussa les épaules.

- Il est venu avec une requête. J'y ai répondu. C'est tout. Et il y a prescription.

- Il y a prescription ? C'est quand on s'est rencontré, non, que ça s'est passé ? C'était il y a même pas deux ans !

Mathias attrapa ses cheveux en bataille, ce qui ne fit pas grande différence pour traduire son malaise et son état paniqué. Au contraire de ses allers-retours sur le palier.

- Je n'arrive pas à croire que tu aides des gamins à fuguer… Non mais tu te rends compte de la gravité de la chose ? Il faut que je prévienne leurs parents.

- Je te dis que je ne les aides pas à fuguer. Et je ne l'ai fait qu'une fois qui plus est.

Alors qu'il s'apprêtait à s'élancer dans les escaliers, Mathias s'arrêta subitement.

- Une fois, c'est déjà une fois de trop, Lukas, déclara-t-il gravement, pointant un doigt accusateur vers lui

Lukas n'apprécia guère ce geste. Il l'obligea à l'abaisser immédiatement.

- Peter, tout comme Abigail aujourd'hui, avait besoin de s'isoler. Ce qu'il ne pouvait pas obtenir de la part de ses parents qui le surprotégeaient.

Lukas s'apprêtait à rajouter quelque chose, mais se ravisa finalement. Mathias haussa vaguement un sourcil interrogateur avant de revenir au sujet.

- Alors pourquoi tu ne l'as pas juste gardé chez toi ?

- C'est ce que j'ai fait. Jusqu'à ce que ses parents arrivent.

- Attends… tu veux dire qu'il était chez toi en réalité ? Au moment où Tino et Berwald étaient venus te rendre visite ? Et tu ne leur as rien dit ?

Lukas avala une gorgée de café, enfonçant une main dans la poche de son peignoir.

- Lukas !

- Premier arrivé, premier servi. Peter était devenu mon client avant eux.

- Lukas ! s'exclama une fois de plus Mathias, il n'est pas question de client avec Peter, enfin ! Il avait treize ans ! Tu ne peux pas faire payer un gamin de treize ans.

- Je n'ai jamais demandé à être payé, répliqua Lukas les dents serrées, et il ne l'a pas fait. Je te l'ai dit : je réponds à des requêtes.

A court de mots, Mathias se passa les deux mains dans les cheveux en expirant bruyamment.

- Quoiqu'il en soit, je ne peux pas laisser Abigail fuguer comme ça. C'est impensable.

- Et tu préfères donc compromettre son désir de solitude. Tu l'as bien vue fondre en larmes.

- Tu peux être un détective de génie Lukas, mais tu ne me diras pas quoi faire face à une ado de quatorze ans. Tu n'as jamais eu de sœur qui…

Mathias s'arrêta brusquement. Il ne voulait pas entrer dans cette conversation.

- Enfin, bref, peu importe.

Il tourna les talons mais trop tard : la curiosité de Lukas avait été piquée au vif. Il l'attrapa par le poignet.

- De sœur qui ?

Mathias se dégagea aisément de son emprise. Il détourna le regard.

- De sœur qui a fugué pendant des semaines au point que tu imagines le pire et deviennes complètement fou d'inquiétude. Je ne le souhaite à personne.

Il n'attendit aucune réponse de la part de son colocataire et s'élança enfin dans les escaliers.

Lukas se demanda si Mathias avait vraiment conscience de ce qu'il avait dit. Pensait-il sincèrement que Lukas n'ait jamais vécu situation similaire ? Il avala la dernière gorgée de son café avant de pénétrer dans le salon.

Aussitôt, Peter sauta sur ses pieds.

- Mathias ne veut pas qu'elle reste. C'est ça ?

- Jusqu'à preuve du contraire, je suis toujours maître de cette demeure, affirma Lukas et reprenant place dans son fauteuil, tu peux rester ici, Abigail.

- Mais Mathias est parti appeler mon père. N'est-ce pas ?

- Je ne peux pas le nier. Néanmoins, pour le moment, il n'est pas là.

Abigail s'enfonça dans le canapé.

- En d'autres termes, il finira tôt ou tard par arriver…

Elle soupira.

- Je veux juste qu'on me laisse tranquille. Pendant deux, trois jours.

Peu de temps après, Mathias revint. Les bras croisés dans l'encadrement de la porte, il observa tour à tour chacune des personnes présentes. Peter balaya l'air de sa main.

- Arrête, Mathias. On dirait que tu es en plein boulot.

- Je ne suis plus d'humeur à plaisanter, Peter.

L'adolescent roula des yeux.

- J'ai prévenu ton père, Abigail. Il va venir te chercher. Sache qu'il était mort d'inquiétude.

Abigail croisa les bras.

- Ah bah ça… Pour sûr qu'il devait être mort d'inquiétude. Ça contrarie ses petits plans.

Mathias se détendit. Il vint s'asseoir sur l'accoudoir du canapé, sincèrement préoccupé.

- Allons, Abigail. Pourquoi tu dis ça ? Pourquoi as-tu décidé de fuguer ?

La jeune fille se renfrogna.

- Où sont les toilettes ? demanda-t-elle en guise de réponse

Mathias soupira mais finit par lui indiquer celle de l'étage du dessus. Il avait peur de ce que pouvait entreprendre Abigail si jamais il lui donnait l'opportunité de descendre au rez-de-chaussée. Sa sœur lui avait fait le coup des toilettes pour mieux pouvoir filer en douce à nouveau.

Une fois que les marches de l'escalier eurent fini de grincer, Mathias se tourna vers Peter.

- Tu sais ce qu'elle a, toi, je parie.

- En vérité… pas vraiment.

- Allons bon ! Et tu nous l'emmènes comme ça parce qu'elle te l'a demandé ?

Les joues de Peter rosirent. Il se frotta les mains l'une contre l'autre.

- Non, c'est juste qu'elle a débarqué chez moi ce matin à l'improviste et me demandant si elle pouvait rester quelques jours à la maison. Elle m'a juste dit qu'elle ne voulait pas rentrer chez elle. Alors je me suis dit que le mieux, c'était encore de l'amener à Lukas. Lui, il sait quoi faire dans ce genre de situation.

Mathias coula un regard vers le détective.

- Mouais… ça se discute tout ça.

Lukas ne put s'empêcher de laisser échapper un petit claquement de langue.

Peter avala une gorgée de son chocolat chaud et déclara posément :

- C'est peut-être une simple crise d'adolescent. Il parait que ça nous arrive. Après tout, Abi est jeune.

- Tu parles comme si tu étais bien plus âgé, soupira Mathias, toi ou elle, il n'y a pas grande différence. Enfin… si : je la pensais plus mature et réfléchie.

- Eh ! Qu'est-ce que ça veut dire ça ? Je suis mature et réfléchi moi aussi, s'exclama Peter outré

Pour seule réponse, il se reçut non pas un mais deux regards blasés. Le jeune homme se renfrogna.

Puis, sans crier gare, Lukas se leva. Toujours sa tasse en main et sans un mot, il quitta le salon pour rejoindre l'étage. Peter sauta sur ses jambes, talonné par Mathias, mais Lukas les arrêta aussitôt.

- Je dois m'entretenir seul avec elle. Je ne veux pas d'interférence.

Mayhias fronça les sourcils, cherchant à discerner une quelconque entourloupe. Lukas leva les yeux au ciel.

- Quoique tu penses, sache que tu as faux. Je ne tenterai rien.

- Abigail et son père ont besoin de discuter tous les deux.

- Et je pense qu'à l'heure actuelle, cette jeune fille a besoin de se confier à une tiers personne. Vous êtes trop impliqués l'un et l'autre.

Mathias ne trouva rien à redire mais n'en pensa pas moins. Il attrapa Peter par les épaules et fit demi-tour. Lukas ne put s'empêcher d'ajouter :

- Arrête de me diaboliser.

- Tout ce que je demande c'est que tu n'incites pas à la fuite. Fuir n'est jamais la solution.

Lukas nota dans un coin de son esprit le regard perdu et sombre que Mathias venait d'afficher. Il se doutait bien qu'il fuyait quelque chose. La question était de savoir quoi. Une chose à la fois cependant.

Il gravit les marches et s'adossa contre le mur. Il prit son temps, avala une gorgée de café.

Qu'est-ce que Mathias croyait ? Il avait pour ainsi dire élevé Emil et avait vécu son adolescence de plein fouet. Sans savoir s'il s'en était réellement bien sorti ou pas, il avait au moins connu un adolescent. Il savait à quel point cette période pouvait couvrir les extrêmes.

- Abigail ?

- Vous allez me forcer à sortir ?

- Non. Quel en serait mon intérêt ?

Un silence lui répondit.

- Il est là ? Mon père.

- Non. Peter t'a dit que j'étais en mesure de t'aider, ce qui n'est pas faux.

Il perçut un léger ricanement.

- Ce qui ne veut pas dire que c'est vrai. C'est ça, hein ?

- Tu es intelligente, Abigail. La description que j'ai pu avoir de toi ne correspond pas à ce que je retrouve là. Et en tant que détective, je me dois de résoudre ce mystère.

Il laissa volontairement passer un moment. Puis, il entendit des pas de l'autre côté et bientôt la porte s'ouvrir. Abigail n'était pas très grande mais semblait pourtant à sa hauteur. Elle planta son regard assuré dans le sien et croisa les bras.

- Pourquoi une fille pas stupide pour un sou décide sur un coup de tête de quitter le foyer ?

Lukas s'autorisa un petit sourire en coin.

- J'ai l'impression que je n'aurais même pas besoin de poser les questions.

- C'était pas sur un coup de tête.

- Cela, je m'en doute bien.

Elle s'adossa au mur en face du détective.

- Tu vis seule avec ton père et ton frère aîné.

Elle approuva d'un simple hochement de tête.

- Tes parents sont divorcés depuis dix ans. Ton grand frère est en fin de lycée. Tu as sauté une classe et te retrouve donc la plus jeune. Tu pratiques le football et la peinture.

- Mathias parle beaucoup trop.

- C'est un fait indiscutable. Et malgré toute sa bavardise, il ne peut pas tout savoir.

- Et donc vous ne pouvez pas tout savoir.

Abigail soupira et se laissa couler contre le mur. Elle ramena ses genoux contre elle. Pendant ce temps, Lukas sirota une gorgée de café.

- Je peux tout savoir. C'est bien pour cela que je mène l'enquête.

Abigail releva la tête et haussa les épaules.

- Il n'y a plus grand-chose à découvrir. Ne vous cassez pas la tête. Je ne suis pas bête. J'avais juste besoin de deux, trois jours… mais si Mathias a prévenu mon père, ça ne sert plus à rien.

Lukas fronça les sourcils et dévisagea la jeune fille. Il observa ensuite le fond de sa tasse.

- En effet, tu n'as pas fugué sur un coup de tête. Et à dire vrai, il n'était pas tant question pour toi de fuguer. Tu es obsédée par ces deux, trois jours. Il doit se passer quelque chose d'ici là et tu veux l'éviter. C'est cet évènement qui t'importe.

Abigail grimaça.

C'est alors que la sonnette de l'entrée résonna dans toute la demeure. Abigail tout comme Lukas se turent et prêtèrent l'oreille. Alors qu'elle paraissait nerveuse, le détective pour sa part était on ne peut plus détendu. Il avala la dernière gorgée de son café.

- Il ne s'agit pas de ton père, Abigail.

- Et vous en êtes sûr parce que ?

- Parce qu'il ne sait pas où nous habitons. Comme tu vas au collège Ellinsgrund, il est facile de déterminer le périmètre de provenance des élèves, en y ajoutant les limites imposées par la présence d'autres établissements. GPS ou pas, vous habitez forcément bien au nord de la ville et il faudrait plus de temps que cela pour y parvenir. Ce n'est donc pas ton père.

Comme pour confirmer ses dires, ils entendirent s'égosiller à plein poumon la voix de Tino depuis le rez-de-chaussée.

- Peter Oxenstierna-Väinämöinen ! Tu me dois des explications, jeune homme !


Affaire à suivre…