Bonjour à tous,

Pour le coup, rien à voir avec Hetalia, ni même avec le français, juste avec la fanfiction de manière générale. Si vous étiez intéressés, lecteurs, j'ai ouvert mon compte AO3 uniquement pour les fics en anglais (oyanachi, tout simplement). Pour le moment, ma seule fic en ligne est un crossover entre Andi Mack et It (oui, oui, vous avez bien lu) mais prochainement, j'y mettrai aussi sûrement les versions anglaises de mes fics d'Hetalia. Rien de transcendant pour vous donc, vu que vous les avez déjà en français, mais si jamais ! Voilà, la petite news du jour.

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Khøler

Islande : Emil Steilsson

Espagne : Antonio Hernandez Carriedo

Romano : Lovino Vargas

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 22 : La réflexion

C'était tout ce que Mathias avait besoin d'entendre. Il attrapa les deux mains d'Antonio et les serra dans les siennes avec une confiance débordante.

- Toutes mes félicitations !

- Ah ah ! Attendez, rien n'est encore fait. J'ai juste acheté la bague pour le moment.

- Peu importe ! C'est magnifique !

Antonio voyait les étoiles dans les yeux de Mathias. Il avait l'air tellement enchanté par l'idée qu'il en vint à rire.

- Je suis désolé ! Je ne m'attendais pas à une réaction aussi… enthousiaste !

- Pourquoi ne le serait-elle pas en même temps ? On vous a connu d'une manière bien étrange mais pratiquement depuis les débuts de votre relation. Certes, nous ne sommes pas vraiment restés en contact mais on s'est tout de même vu quelques fois. On se suit de loin. Je suis sûr que Lukas va vous aider !

Antonio sourit, ravi. Ils trinquèrent et avalèrent le reste de leur glögi.

oOo

- Hors de question que je l'aide.

La réponse de Lukas était sans appel. Son ton n'était même pas froid. Il était tout simplement détaché de toute chose. Cela le dépassait complètement. En d'autres termes, il n'en avait strictement rien à faire.

La mine déconfite, Mathias l'observa poursuivre sa lecture.

En rentrant, il sautillait tout guilleret et, impatient d'annoncer la bonne nouvelle à Lukas, il s'était mis à pâtisser pour cent. Son colocataire avait haussé un sourcil dubitatif face à la montagne de petits biscuits sentant bon la cannelle. Il n'avait même pas eu le temps d'ouvrir la bouche que Mathias lui avait sauté dessus pour lui parler de la demande d'Antonio. Mais contre toute attente, Lukas s'était contenté d'embarquer une tasse de café et quelques biscuits avant d'aller se poser dans son fauteuil, et de poursuivre la lecture de son roman.

- Cesse de me regarder de la sorte. Cela n'y changera rien.

Lukas n'avait même pas levé les yeux de son livre. Et Mathias quant à lui restait planté devant lui, ne sachant que faire, se sentant tout à coup terriblement impuissant. Frustré, il serra le poing. Soudain, il plaqua ses mains sur les accoudoirs du fauteuil, obligeant Lukas à lever le nez.

- On parle d'une belle histoire et de bonnes connaissances. Tu peux bien l'aider à monter un stratagème pour qu'il puisse réussir à coup sûr sa déclaration.

Leurs visages étaient très prêts l'un de l'autre. Mathias était cependant si déterminé et se sentait investi d'une telle mission qu'il ne réalisa même pas qu'il était pour ainsi dire collé contre le visage de Lukas. Il ne remarqua pas plus les joues rosées de ce dernier. Puis, Lukas détourna le regard.

- C'est sa déclaration. C'est personnel.

- Il veut que tout soit parfait. C'est son souhait. En quoi est-ce que c'est compliqué pour un super détective de venir en aide à quelqu'un afin de créer la surprise parfaite ?

- Justement. Je suis détective. Pas créateur d'évènement.

- On parle d'une belle histoire d'amour, Lukas. Ce que tu peux être insensible parfois…

A ces mots, Lukas vint planter un regard amer dans celui de Mathias.

C'était faux. Mathias le savait. C'était complètement faux, mais ça lui avait échappé. Il se mordit la lèvre inférieure.

- Et bien si je suis insensible à leur cause, je ne risque pas de pouvoir faire grand-chose pour ce cher Antonio.

Sur ses paroles sèches, Lukas replongea férocement dans sa lecture.

- Désolé, bredouilla Mathias

Mais bien évidemment, Lukas ne bougea pas d'un pouce. Mathias fut pris d'un élan de tristesse. Lukas savait réagir avec sang-froid. Il était bien rare qu'il sorte de ses gongs. Mais sa réponse avait été si implacable, si froide, si… insensible ! Rien qu'avec cette réponse, Mathias savait que ce qu'il avait dit était faux. Il avait heurté Lukas. Et cela le peinait bien plus qu'il ne l'avait imaginé.

La journée avait bien démarré et voilà que tout allait de travers. Il avait fait une promesse à Antonio qu'il ne serait pas capable de tenir. Il ne voyait même pas comment lui annoncer le refus de Lukas sans l'incommoder. Et maintenant, il venait d'essuyer une dispute avec une des personnes qui comptait le plus pour lui. L'âme en peine, Mathias retourna à la cuisine. Il avait laissé une pâte à biscuit en plan.

oOo

Le lendemain, Mathias avait donné rendez-vous à Antonio dans un café du centre-ville pour lui annoncer la nouvelle. En attendant son arrivée, il triturait machinalement la chope de bière qu'on lui avait servie quelques minutes auparavant, tout en observant vaguement les passants au dehors. Il avait réfléchi à ce qu'il allait dire. Mais il repensait également à la soirée qu'il avait passé. Un peu morne.

Se mettre à dos Lukas, se disputer avec lui… ça n'arrivait pas souvent finalement. Et ça ne le minait certainement pas autant. Mais ça, il comprenait désormais parfaitement pourquoi.

Emil n'était pas là, à découcher chez Jia Long. Se retrouver tous les deux seuls n'avait pas arrangé l'affaire. Ils avaient dîné dans un silence austère. Mathias n'avait même pas osé prendre la parole pour animer la conversation, comme à l'ordinaire. Lukas lui avait fait comprendre qu'il n'avait aucune envie de traiter avec lui. Les mois passant, ils avaient pris quelques habitudes, Mathias arrivant même à décocher un sourire à son colocataire peu expressif.

Il n'avait pas tenté les excuses. Parce qu'au fond de lui, il était persuadé de la réaction de Lukas. Un grand vide. Il aurait ignoré ses excuses, fait comme si de rien n'était. Mais la vérité, c'était que Lukas s'était refermé en conséquence. Sûrement habitué à refouler ses sentiments.

Tout le contraire de moi, pensa Mathias.

Mathias n'aimait pas les conflits. Mais il les faisait volontairement exploser. Il s'exprimait avec ferveur à la moindre opportunité. Il jouait cartes sur table. Il se payait le mur en pleine face. Lukas, lui, préférait éviter.

Mathias soupira. Comment pouvait-il s'excuser proprement si Lukas faisait mine de rien ?

Le visage souriant et basané d'Antonio apparut alors dans le bar, les joues rougies par le froid. Mathias recouvra son attitude ordinaire et le héla d'un geste de la main. Sautillant presque, Antonio vint le rejoindre et commanda un café bien serré. Il avait en effet les traits tirés. Mathias le dévisagea avec un sourire narquois.

- Trop excité à l'idée de faire votre demande ?

- J'aurais bien aimé ! Mais non, un sacré tas de copies à corriger en vérité. Et puis Lovi' qui avait envie qu'on fasse l'amour. Pas que ça ne m'enchantait pas, mais l'un dans l'autre, je suis épuisé.

Mathias ne put s'empêcher d'éclater de rire. Antonio ne présentait aucune gêne et parlait sans détour. Ils avaient bien ça en commun, lui et Mathias. Il doutait que Lovino soit de la même trempe cela dit.

Les points communs et les différences. Ça ne les empêche pas de vivre, se dit Mathias en avalant une gorgée de bière, calmant par la même occasion son rire. Puis, il secoua la tête fugacement. Allons bon. S'il commençait à comparer sans cesse sa relation avec Lukas, où allait-il ? Et puis, il n'était pas là pour ça. Sa dispute avec Lukas attendrait.

Mathias se redressa sur son siège et inspira profondément. Antonio le dévisagea, surpris, mais conserva son sourire en coin.

- Je suis désolé mais Lukas ne pourra pas vous aider.

Il avait hésité sur le verbe, mais il ne se voyait finalement pas déclarer que Lukas ne voulait pas. Il replongea néanmoins aussitôt dans sa chope de bière. Il n'aimait pas décevoir les gens. D'autant plus quand il lui semblait que c'était une si belle occasion. Il y avait un bonheur qui ne demandait qu'à s'épanouir. Mathias trouvait cela vraiment dommage de ne pas y participer alors même qu'on l'avait invité.

- Oulah ! Mais vous n'avez pas à tirer la grimace comme ça, le rassura aussitôt Antonio

On lui apporta son café dont il sirota une gorgée. Puis, il posa une main amicale sur le bras de Mathias.

- Vous savez, je m'en doutais un petit peu à dire vrai. Je n'ai croisé Lukas que quelque fois mais, même s'il apparait comme un détective exemplaire, il n'a pas l'air très…

- Sensible ?

- Oui, admit Antonio dans une moue gênée

Mathias le reprit de suite. Cela le piquait trop.

- Lukas est sensible. Croyez-moi, il l'est.

Il repensa à la fois où Lukas avait paniqué suite à la disparition d'Emil, et comment il avait pleuré après l'avoir retrouvé, à cette veillée auprès de sa grand-mère agonisante, ainsi que le deuil qui avait suivi. Il repensa aussi aux facéties de Vladimir qui lui arrachait des sourires, voire même des rires. A l'inverse, il était tout autant capable de haïr comme c'était le cas avec sa mère. Et comment ne pas parler de son père, l'être qu'il aimait sûrement le plus au monde, peut-être même au-delà d'Emil. Qui sait ? Lorsqu'il s'agissait de son père, il se peignait sur son visage tant de mélancolie, de frustration, de joies passées, de gratitude… Mathias les avait observés, ces sentiments. Ils étaient bien réels. Alors pourquoi donc avait-il fait la bêtise de lâcher ces mots la veille ? Ah, ce qu'il se détestait quand il ne réfléchissait pas à deux fois à ce qu'il disait !

Mathias devait franchement grimacer et d'une manière assez évocatrice, car aussitôt Antonio s'excusa.

- Je ne voulais pas vous froisser.

Mathias écarquilla les yeux, un air interrogateur collé au visage. Il se pointa du doigt.

- Me froisser ? Moi ?

- Eh bien oui, Lukas est une personne qui vous est chère. Je sais que Lovino est borné, casse-pied, bruyant, injurieux même parfois, bordélique, du genre à conserver un peu trop de choses et difficilement jeter, à facilement avoir des a priori sur les gens… Mais j'avoue que je n'aimerais pas l'entendre dire de la bouche de quelqu'un d'autre.

Mathias s'affala sur la table. Comment ne pouvait-il pas se comparer à eux si Antonio le lui mettait sous le nez ? Et Antonio se révélait être quelqu'un qui n'avait pas sa langue dans sa poche. Qui l'eût cru ?

Il eut un petit rire nerveux tout en triturant sa chope de bière.

- Non, ne vous en faites pas. Ça ne me froisse pas. Ça me rappelle juste… des souvenirs.

De la veille.

- Il s'est passé quelque chose ?

- Boarf, la routine ! Vous savez, à vivre sous le même toit, on fait des boulettes. Mais on est là pour vous. Je suis bien embêté qu'il ne veuille pas.

- Pourquoi ? C'est sûr, ça aurait été un sacré coup de main s'il avait été là pour m'épauler, mais je suis toujours décidé à faire ma demande. Je ferais de mon mieux pour créer une belle surprise, voilà tout.

- Ah, ça me gêne quand même ! Peut-être que je peux vous aider… Enfin, je suis pas détective mais… ça me touche que vous aillez pensé à Lukas, alors bon. Je veux pouvoir faire quelque chose pour vous.

Antonio avala le reste de son café d'une traite.

- Chouette ! Plus on est de fous, plus on rit. Je suis sûr que vous avez de la suite dans les idées ! Mais moi aussi je veux pouvoir faire quelque chose pour vous, dans ce cas.

- C'est-à-dire ?

- Dites-moi ce qui vous tracasse.


Affaire à suivre…