Bonjour à tous,
Oui, j'ai un faible pour Perse et Chine. Ne me demandez pas ah ah
Et comme j'ai rien d'autre à baragouiner, je vous laisse au chapitre !
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 24 : Une pensée inopportune
Les dernières notes résonnèrent dans le silence de la grande salle de réception avant que les convives n'applaudissent. Roderich, Iryna et l'orchestre saluèrent le public. Puis, les lumières revinrent et les conversations s'animèrent. On vint notamment féliciter le chef d'orchestre et la cantatrice. Parfois, on congratulait également les musiciens. Ceux-ci eurent droit à une pause bien méritée.
Lukas ne manqua pas de se faire harangué par Yao.
- Que je suis content de vous voir ici ce soir !
- Moi de même.
Ils se serrèrent la main. Puis, Yao attira Dariush à lui et lui présenta le violoniste.
- Figure-toi qu'il est également détective. Une vraie perle !
- Je serais tenté de dire que la perle ici, c'est toi, répliqua dans un sourire séducteur Dariush à son partenaire
- Aiyaa ! Comment tu vas me faire rougir !
Yao balaya l'air de ses deux mains comme pour cacher sa gêne.
- Un détective, donc ? Vous devez avoir mille et une histoires à raconter !
- Oh, je ne fais que retrouver des égarés et recoller des morceaux d'histoires de famille. Rien de sensationnel.
- Comment ? s'exclama-t-on dans leur dos
Les trois hommes se retournèrent et découvrirent Iryna, un verre à la main. Aussitôt, Dariush la salua avec force louanges.
- Oh, comme vous êtes gentils. Je fais simplement de mon mieux.
- Votre voix est un trésor, ne put s'empêcher de glisser Lukas
Nerveux, il toussota et empoigna une coupe sur un plateau.
- Allons, allons, déclina Iryna avant d'en revenir à son propos premier. Quant à vous, vous êtes bien trop modeste. Figurez-vous qu'il y a de cela quelques années maintenant, Lukas a brillamment résolu l'affaire d'un joyau volé à l'opéra d'Oslo.
Dariush comme Yao écarquillèrent les yeux, impatients d'en apprendre plus. Iryna leur narra toute l'histoire, au grand damne de Lukas. Cette énigme était de loin celle dont il souhaitait le moins se souvenir. C'était d'autant plus douloureux qu'Iryna affichait une telle innocence que, soit elle ignorait tout de l'identité de la véritable coupable, laquelle n'était autre que sa sœur cadette, soit elle était si bonne comédienne que Lukas ne pouvait pas non plus avoir confiance en elle. Tout comme il devrait au passage accuser le coup d'une nouvelle déception de la part d'une idole. L'un dans l'autre, Lukas n'avait simplement pas le moins du monde envie d'entendre parler de cette histoire d'émeraude. Il fit mine de se concentrer sur son verre en attendant, les dents serrés.
- C'est bien dommage que Natalya n'ait pas pu venir ce soir. Je suis sûre qu'elle aurait été ravie de vous revoir, elle aussi, déclara Iryna avant de préciser à l'adresse de Dariush et Yao, Natalya est danseuse étoile du ballet russe, et ma petite sœur.
Lukas tiqua.
- Natalya aurait dû venir ?
- Peut-être. J'avais une invitation avec moi en tout cas. Mais elle a refusé. Elle a bien voulu m'accompagner à Oslo, mais il se trouve qu'elle avait rendez-vous ailleurs ce soir. Ce ne sera que parti remise, j'ose espérer.
Lukas n'était pas sûr de vouloir l'espérer pour sa part. Il avait si peu confiance en Natalya qu'il doutait même de la véracité de ces propos. Elle avait accompagné sa sœur aînée en Norvège mais n'était pas présente ce soir ? Il n'y avait pourtant rien de suspicieux. A part le personnage en lui-même. Lukas ne put s'empêcher de se montrer méfiant.
C'est alors qu'Erzsébet surgit à leurs côtés.
- Tout se passe bien ?
- A merveille !
Iryna posa sa main gantée sur le bras de la jeune femme.
- Si je puis me permettre, d'ailleurs, je tiens à vous dire que je vous trouve absolument exquise dans ce costume.
Erzsébet l'en remercia puis renouvela ses félicitations pour la prestation.
Elle n'en avait absolument pas conscience, mais Lukas éprouvait toute la gratitude du monde en cet instant pour la jeune femme et son irruption qui avait permis de dévier la conversation.
- J'en profite pour vous annoncer que mon père ne va pas tarder à faire son petit discours. Avec sa fameuse annonce !
- Je n'attends que ça ! s'exclama Dariush, un éclat déterminé dans le regard
Lukas se demanda de quoi il en retournait. Concentré sur l'orchestre et leur prestation, devant répondre aux consignes on ne peut plus exigeantes de Roderich, il n'avait en vérité aucune idée de la teneur et de l'organisation de cette soirée. Il n'avait par ailleurs jamais pris la peine de demander à Emil. Il chercha son cadet des yeux et le trouva en train de glisser quelques mots à un employé en service, lequel s'élança ensuite vers les cuisines.
Zoltàn frappa solennellement le sol de sa canne pour quérir l'attention de tous. Les convives se tournèrent vers lui, impatients, et les conversations se turent au fur et à mesure.
- Mes bien chers invités ici présents ce soir. Permettez que je vous assomme de quelques phrases avant de profiter pleinement de la soirée.
On s'autorisa quelques rires discrets.
- Voilà un an maintenant que cette propriété sur l'île de Kildholmen, que les locuteurs norvégiens pardonnent ma prononciation, accueille des chambres d'hôte et je ne peux que me réjouir de la satisfaction de ceux d'entre vous qui profitent de nos activités. Ainsi pour fêter cet évènement ai-je décidé d'organiser cette réception. Je tiens à remercier profondément toutes les personnes qui se sont investies dans mon entreprise, moi qui ne suis qu'un vieillard ne connaissant rien à l'hôtellerie.
Lukas ne put s'empêcher d'apercevoir Roderich, guindé auprès de son épouse, pincer les lèvres quelque peu amer aux souvenirs de son beau-père lui ayant forcé la main. En effet, il considérait toujours avoir été trompé par Zoltàn et n'approuvait pas les chambres d'hôte, tout au plus les tolérait-il. Même un an après, le contentieux n'était donc toujours pas résolu.
- Qui dit soirée exceptionnelle, dit animations et produits d'exception. Vous avez d'ors et déjà pu profiter d'une partie de notre buffet, composé par des traiteurs et sommeliers hors pairs, ainsi que de la prestation d'un orchestre scrupuleusement sélectionné et dirigé par mon gendre, Roderich, et accompagné, nous ne cesserons jamais de le répéter, de la voix enchanteresse d'Iryna.
Le patriarche applaudit de nouveau la cantatrice, suivi par l'assistance. La jeune femme réitéra ses remerciements, toute attendrie par tant d'égards.
Lukas ne put s'empêcher de penser à nouveau à la présence de Natalya à Oslo. L'information lui trottait dans la tête, et reporter l'attention sur Iryna lui rappelait sans cesse ce qu'elle lui avait dit.
- Mais cette soirée ne fait que commencer et je vous prie de croire que j'ai encore beaucoup à partager. Notamment, et je sais que vous l'attendez tous avec impatience, mon petit clou gustatif de la soirée, j'ai nommé ma fameuse cuvée de 1986, mon vin rouge EveK 1986.
Là, un sommelier vint apporter solennellement une bouteille et un verre à Zoltàn tandis que les serveurs s'affairaient déjà à servir les convives. Lorsqu'il se retrouva avec la coupe entre les mains, Lukas ne put s'empêcher d'hausser un sourcil, dubitatif. Une grande annonce, un vin ? Soit.
- Mon cher EveK 1986 est emblématique du nom Hédèrvàry, avec cette touche originale de paprika. A quoi peut-on s'attendre d'autre de ma part, n'est-ce pas ? Pour ceux qui ignoreraient cette aventure, sachez que, oui, fut une époque où je me suis essayé à l'activité viticole. Et vu ma place parmi les vins mondiaux, c'est-à-dire nulle part, voilà bien longtemps que j'ai compris que ce n'était définitivement pas pour moi. Seul ce vin rouge aura été ma gloire, aussi furtive qu'inattendue. Cette cuvée est unique et j'en détiens une grande partie que je réserve pour des occasions tout aussi uniques. A l'image de celle-ci. Ainsi, je vous souhaite à tous une bonne dégustation !
Il leva son verre et aussitôt les convives l'imitèrent. Puis, chacun sirota une gorgée et y alla de son commentaire élogieux.
- Sur ce, je laisse la parole à Roderich, le plus à même de vous présenter un autre produit d'exception ce soir. Je parle bien entendu des peintures du jeune Feliciano Vargas.
On entendit Ottavio rouspéter dans l'assistance, maugréant que cela aurait dû être lui sur l'estrade pour présenter son petit-fils. Aussi, lorsque Roderich vint prendre la place de son beau-père, il déclara aussitôt :
- En tant que résidant et copropriétaire de cette demeure, il est vrai que je fus l'instigateur de cette exposition. Je suis bien loin d'être le plus à même de vous décrire l'art et la dextérité de Feliciano Vargas, mais je peux du moins répondre de mon choix. J'eus l'immense privilège, lors de l'été 2008, d'accueillir en ma résidence de campagne, en Autriche, ce jeune artiste-peintre qui n'était alors qu'un adolescent mais qui pourtant peignait depuis longtemps déjà. Quoique j'aurais préféré qu'il demande mon accord avant de toucher à mes œuvres personnelles, fusse pour leur apporter des corrections…
Roderich n'avait pas une voix monocorde mais son ton était tellement ampoulé que Lukas décrocha définitivement des discours. Sans compter que, dans son esprit, il se répétait sans cesse que Natalya était à Oslo. Cela le taraudait et il avait besoin d'en avoir le cœur net. Il lui devenait nécessaire de s'assurer qu'elle n'était pas présente sur l'île. Il s'échappa discrètement.
Si Natalya était sur l'île et trompait son monde comme à son habitude, ne put-il s'empêcher de penser, elle était surement invisible aux yeux de tous, à la recherche d'objets précieux.
Il bifurqua vers les appartements de Zoltàn et notamment son bureau.
Au fond de lui, résidait encore l'espoir infime qu'il se trompe totalement sur le compte de la jeune femme et qu'elle ne soit qu'une ballerine facétieuse.
C'est ainsi le cœur battant qu'il apposa silencieusement sa main sur la poignée du bureau, désirant secrètement que la porte soit fermée à clé, telle qu'elle l'était toujours. Il inspira puis appuya.
La poignée lui opposa une résistance ferme.
Lukas ne put s'empêcher de se sentir soulagé. Mais le doute le gagna aussitôt de nouveau. La demeure Hédèrvàry regorgeait de biens précieux. Il grimpa à l'étage pour consulter la chambre de Zoltàn. La dernière fois, voilà plus d'un an, il avait découvert une chambre fonctionnelle mais dénuée de toute personnalité. Il se demanda si, tant de temps après, celle-ci lui apparaîtrait de la même manière. Il s'avança prudemment vers la porte et y colla une oreille attentive.
Pas le moindre bruit ne provenait de l'intérieur.
Délicatement, Lukas appuya sur la poignée et pénétra dans la pièce. La chambre, en effet, était clairement plus habitée qu'auparavant. Quelques bibelots supplémentaires étaient venus l'agrémenter ainsi qu'un livre ou deux sur la table de chevet. Guère plus cependant. En outre, nulle présence n'était à noter.
Lukas se résolut à faire demi-tour et alla vérifier la bibliothèque en face. La plupart des murs couverts d'étagères, même vides, n'offrait pas de cachettes. En dehors de cela, la pièce était plutôt dépourvue que ce soit de recoins ou de mobiliers de taille. Il opéra un tour précautionneux mais ne trouva rien de plus.
Quand bien même son sentiment de méfiance persistait, il retourna dans la salle de réception. Les convives étaient désormais en plein bavardage mondain, leur verre de vin à la main et passant de toile en toile. Chacun y allait de son petit commentaire érudit, cherchant toujours à dépasser son interlocuteur. C'était pour Lukas parfaitement horripilant.
Il se trouva un petit coin sage avant de se voir rejoindre par Iryna.
- Je suis bien contente d'être ici mais tous ces visages inconnus… C'est un peu étourdissant !
Lukas approuva silencieusement, sans oser regarder son idole cependant. Il repensa à Natalya Arlovskaya.
- Où avait rendez-vous votre sœur ?
Tapotant son menton d'un doigt songeur, Iryna mit un certain temps avant de répondre.
- Bonne question. Elle a pris un petit bateau de location et nous nous sommes quitté sur le quai.
Lukas releva subitement la tête.
- Elle a pris la même direction que vous ?
- Peut-être bien… Je n'ai pas fait très attention. La personne qui m'a accompagnée ici était tout à fait charmante et nous avons sympathisé presque aussitôt ! Et vous avez sans doute remarqué à quel point ma petite sœur peut se montrer discrète.
Oh, ça… pour sûr qu'il l'avait remarqué, oui.
Cette nouvelle information électrisa sa suspicion. Non seulement Natalya se trouvait-elle à Oslo, mais elle avait comme par hasard pris un bateau pour une destination inconnue dans le fjord, dans le même temps que son aînée. Lukas bredouilla quelques excuses puis s'échappa à nouveau de la soirée. Il arpenta toutes les pièces les plus attractives mais n'y trouva personne. Par acquis de conscience, il retourna du côté des appartements de Zoltàn, lesquels lui apparaissaient sincèrement comme les plus à même d'être la cible d'un quelconque forfait. Le bureau était toujours fermé, la bibliothèque toujours aussi vide et la chambre toujours si peu personnalisée. Elle n'était décidément nulle part.
Sauf que Natalya était une ballerine émérite qui avait déjà prouvé qu'elle était capable de bien des prouesses acrobatiques pour atteindre son but.
Cette pensée lui parut à la fois tout à fait sérieuse et parfaitement saugrenue. Il n'y avait personne, il devait se rendre à l'évidence. Il fallait qu'il arrête de se méfier ainsi. Que Natalya soit à Oslo et Iryna présente ce soir ne signifiait rien de plus. Néanmoins…
Lukas s'avança vers les penderies qu'il savait pourtant étriquées. Il se sentait stupide mais poussé en avant par la méfiance et la curiosité qui faisaient son caractère depuis bon nombre d'années. Il ouvrit l'une des portes coulissantes.
- Allons, bon. Me voilà découverte. Et par nul autre que monsieur le détective d'Oslo. Je ne savais pas que vous étiez de la partie.
Le sentiment qui s'empara de Lukas était indescriptible, coincé entre la déception de voir son maigre espoir bafoué et la satisfaction d'avoir suivi son instinct.
Natalya Arlovskaya s'extirpa de sa cachette, l'étagère la plus haute, et se glissa sur le sol avec la grâce d'un félin. Toute vêtue de noire et les cheveux noués en un chignon bien serré et laqué, elle nargua Lukas d'un sourire malicieux.
- Qu'avez-vous l'intention de voler ?
Elle s'étira. Elle ne prit pas la peine de nier l'évidence de la raison de sa présence.
- Et qu'est-ce qui vous dit je n'ai pas déjà commis mon forfait ?
- Vous auriez fui par la fenêtre plutôt que de vous cacher.
- Vous me croyez capable de sauter par la fenêtre ?
- Nous ne sommes qu'au premier étage.
Natalya s'approcha nonchalamment de la fenêtre et opina, songeuse. Puis, elle fit volte-face.
- Et vous ? Pourquoi vous ne vous trouvez pas à la réception ?
- Iryna m'a parlé de vous.
- Vous êtes décidément un grand fan.
Elle s'amusa à arranger les vêtements dans la penderie tandis que Lukas la dévisageait d'un regard sombre et triste.
- Oui, un grand fan…
Une fois satisfaite, elle se retourna et s'avança à grand pas vers un buste en marbre.
- Vous m'excuserez mais le travail m'attend en effet.
Lukas l'attrapa par le poignet. Elle lui fit face et soutint son regard sans ciller.
- Pourquoi volez-vous ?
Sans brusquerie aucune, elle s'extirpa de son emprise.
- Parce que c'est mon métier. Tout comme vous qui êtes à la fois violoniste et détective, je suis danseuse et voleuse à gage.
- Je suis détective parce que je veux que justice soit faite.
- Eh ben, figurez-vous que je suis voleuse à gage pour que justice soit faite également.
Elle l'accusa d'un regard noir et s'avança de nouveau vers le buste.
- Que justice soit faite ? Vous avez volé l'émeraude qui appartenait à l'opéra d'Oslo. Vous avez fait accuser une de vos comparses qui était parfaitement innocente.
- Oh, je vous en prie ! Nadjeda n'a eut qu'à payer une amende. Ce n'était qu'une petite farce.
- Vous avez dupé tout le monde.
Il eut envie de préciser que lui en particulier avait été dupé et que, même trois ans après, il lui en voulait encore pour cela.
- Il n'y a aucune justice dans votre acte.
Natalya haussa les épaules et appuya son coude sur la commode.
- Et vous vous prétendez détective ?
Lukas ne savait si elle parlait du fait qu'elle ait réussi à le duper, ou bien le fait qu'il n'arrive pas à déterminer ses intentions. Dans un cas comme dans l'autre, il sentait la colère poindre en lui.
- N'incriminez pas les gens sans savoir. La présomption d'innocence, ça doit vous dire quelque chose.
- Mais vous n'êtes pas innocente.
- Je suis pleinement consciente de mes actes, oui. Mais mes raisons sont innocentes. Votre chère émeraude venait de Russie.
Lukas balaya l'air de sa main et s'approcha d'elle.
- Ça, je le sais bien. Vous travaillez pour un oligarque russe.
- Si je ne devais pas être si discrète, j'éclaterais de rire.
Lukas s'arrêta net. Elle se moquait ouvertement de lui et d'une telle manière que cela l'horripilait. Ajouté à cela qu'il la considérait malgré lui encore comme une idole, d'être ainsi jugé par une personne qu'il estimait n'allait pas pour plaire à son ego.
- Je ne travaille pas pour ces gens-là. Je ne suis même pas rémunérée la plupart du temps, à dire vrai. Non, ma seule gratification est de réparer les torts.
- Vous vous prenez pour une Robin des Bois.
- Hum… je n'avais jamais envisagé la chose ainsi, mais pourquoi pas, oui.
Elle tata le buste de marbre à la recherche d'un mécanisme.
- Je n'avais rien contre votre pays ou l'opéra. Mais cette fameuse émeraude qui vous tient tant à cœur apparemment, si vous voulez tout savoir, un actionnaire russe véreux l'avait dérobé à une famille de mineurs. Ils l'avaient en leur possession depuis des décennies jusqu'à ce que ce sale type s'en empare sous couvert de billets dont ils n'ont jamais vu la couleur. C'était un trésor matériel et symbolique.
Elle avait beau être concentrée, son regard s'était profondément assombri, animé d'une flamme vengeresse.
Lukas était dérouté. Il ne savait pas s'il pouvait faire confiance à cette réaction. S'il s'y fiait, il ne faisait aucun doute de la sincérité de Natalya dans ses intentions. Et dès lors, il devrait reconnaitre qu'ils avaient bien plus en commun qu'il ne l'aurait cru. Mais pouvait-il seulement la croire ? Si elle se jouait encore de lui, sa malice devenait alors mesquine et retors.
Empêtré dans ses réflexions et ne sachant démêler le vrai du faux dans cette énigme nommée Natalya Arlovskaya, il observa la voleuse opérer.
Elle retrouva tout à coup un sourire mutin lorsque le buste de marbre émit un cliquetis discret. Elle manipula précautionneusement l'une des épaules et y enfonça sa main gantée.
- Oh ?
Elle en ressortit une main vide.
- On dirait bien que quelqu'un est passé avant moi.
Affaire à suivre…
