Bonjour !
J'oubliais de vous dire… Cette fic a atteint les 100 suivis. Je suis… estomaqué. Oui, c'est le mot o_O
Sinon, qu'est-ce que je peux gagatiser quand j'écris des scènes DenNor. Je vous jure que moi-même, je me demande comment j'ai fait pour que certaines scènes n'apparaissent qu'au bout de plus de 800 pages lol Vous comprendrez dans ce chapitre.
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 24 : Les ombres de Mathias
Mathias ne s'était bien évidemment pas résolu à se dérober à cette dernière semaine de travail. Il s'était dit qu'il devait faire comme si de rien n'était. Dans le temps présent, il était surveillant à la Ellingsrudåsen et rien d'autre. Il faisait son travail correctement et il n'avait rien à se reprocher. Ce fut néanmoins la boule au ventre qu'il se rendit à l'école ce matin-là. Mais la journée se déroulant normalement, sans rien de suspicieux, Mathias finit par se détendre et retrouver sa bonhommie habituelle. A la fin des cours, il salua Peter, Vassili, Rauf et Ruben qui s'empressèrent de retrouver Abigail et Ernst qui les attendaient au portail, impatients de pouvoir enfin jouer au foot. Matthias les observa s'éloigner jusqu'à les perdre de vue. Puis, il acheva sa propre journée de labeur. Il alla récupérer ses affaires et prit le chemin de la voiture.
Bifurquant dans la rue où il s'était garé, Mathias s'amusait machinalement avec ses clés, et passa devant un groupe de personnes qui ne manquèrent pas de le suivre du regard. Il ne s'en préoccupa d'abord pas, avant de les entendre trainer la patte derrière lui.
Génial, voilà qu'on venait lui chercher des noises désormais, pensa-t-il contrarié. Il n'avait pas besoin de ça en ce moment. Mieux valait continuer à les ignorer, décida-t-il. Il poursuivit sa route sans leur accorder la moindre attention.
Il commença néanmoins à s'interroger lorsqu'il vit en face de lui un autre groupe remonter la rue. Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. Peut-être était-il tombé au milieu d'un règlement de comptes entre petites frappes. Pourtant, se dit-il en avisant les regards fielleux qu'arborait le groupe face à lui, il semblait bien l'avoir en ligne de mire.
Les ignorer et rejoindre la voiture, se répéta Mathias, c'était tout ce qu'il avait à faire.
Cela s'avéra finalement impossible.
D'une rue perpendiculaire, un troisième groupe s'avançait vers lui avec assurance. Mathias ne voulut d'abord pas tourner la tête vers eux, quand bien même il avait compris qu'il était leur cible. Pourquoi ? Cela lui échappa jusqu'à ce qu'il découvre le visage en tête de ce dernier groupe.
Ce sourire carnassier rehaussait en une masse informe la cicatrice courant le long de cette joue gauche.
Le cœur de Mathias rata un battement. Il se figea, blême.
L'homme à la cicatrice parut jubiler d'entrainer une telle réaction.
- J'avais donc pas rêvé.
La phrase de cet homme faisait écho à la propre pensée de Mathias. Il avait la même voix que dans son souvenir, toujours aussi rocailleuse et essoufflée, comme vibrante d'une colère impossible à faire éclater.
Les trois groupes achevèrent de l'encercler et de l'acculer.
- Je désespérais de te retrouver un jour. Mais qui eût cru que ce soit aujourd'hui et ici. C'est beau le hasard, hein ?
La mine sombre, Mathias ne répondit pas. Il avisa du coin de l'œil les fourrés non loin. S'il s'élançait à travers bois, il serait peut-être à même de les semer. Mais l'homme à la cicatrice le rappela à l'ordre aussitôt.
- N'y pense même pas !
Il propulsa sa main vers le cou de Mathias, lequel se déroba de suite et lui assena une claque sur le bras. On l'agrippa sur-le-champ des deux côtés pour le maintenir en place. Bien évidemment que Mathias ne se laissa pas faire. Infligeant des coups de pieds, voire même des coups de tête, il repoussa ses agresseurs. L'un d'eux parvint néanmoins à lui faire une clé de bras. Prêt à riposter, Mathias balança sa jambe en arrière mais on fut plus rapide à le faire fléchir d'un bon coup dans le genou. Il tomba à terre en grimaçant. Dès lors, dépassé par le nombre, Mathias se retrouva prostré et fermement maintenu.
L'homme à la cicatrice s'accroupit. Leurs visages si prêts l'un de l'autre, Mathias eut l'impression de se retrouver englouti par une vision délirante et cauchemardesque. La vue de cette cicatrice, quand bien même il en était à l'origine, ne lui apportait aucune joie.
Son assaillant l'empoigna par la mâchoire, enfonçant ses doigts crasseux dans ses joues jusqu'à laisser des marques blanches. Tentant le tout pour le tout pour se défaire de son emprise, Mathias chercha à le mordre. L'homme recula aussitôt sa main.
- Décidément, t'as toujours été un homme dangereux, toi.
Sans crier gare, il lui assena un coup de poing dans la mâchoire. C'était le signal et tous se mirent à le rouer de coups. Coincé à terre, le bras tordu dans le dos, encore sonné par le coup, Mathias encaissa sans sourciller. Il serra les dents.
Combien de temps lui infligea-t-on ce châtiment, il n'en avait aucune idée. Il remarqua à peine lorsque les coups s'espacèrent avant un ultime poing que lui assena l'homme à la cicatrice dans l'estomac. Il s'étrangla, lâcha un râle de douleur.
- Là. Il faudrait pas que tu déballes tout. Compris ?
Son agresseur lui tapota la joue, faussement amical, avant de se relever et de faire signe à ses sbires.
- Tu nous as manqué, le Déserteur.
Sur ces derniers mots, ils tournèrent les talons et s'en furent les mains dans les poches.
Piqué par la douleur des hématomes qui prenaient corps un peu partout, Mathias demeura un long moment avachi contre le mur, essoufflé, seul. La rue était de nouveau déserte et pas une seule âme ne passa par là. Lorsqu'il trouva l'énergie pour, il se redressa péniblement et se traina jusqu'à sa voiture.
Une fois assis dans l'habitacle, il expira bruyamment et porta les mains à son visage. Il s'observa ensuite dans le rétroviseur. Par certains endroits, des bosses avaient d'ors et déjà jailli. Il se laissa aller en arrière sur l'appui-tête. Il était vide tout en étant submergé.
Ces derniers jours, à chaque fois qu'il se disait que cela ne pouvait pas être pire, le destin lui prouvait le contraire. C'en était donc fini de lui ? Tout ce qu'il avait construit jusqu'à présent était-il voué à s'effondrer comme un vulgaire château de cartes, soufflé au premier coup de vent ?
Il frappa rageusement le volant.
Cela éveilla une douleur lancinante. Il serra les dents.
Une bonne demi-heure s'écoula avant que Mathias se ne résolve à enclencher le moteur pour rentrer à la maison.
oOo
Ce qui était certain, ce que Mathias s'était promis il y a bien longtemps déjà, c'était de ne mêler personne à tout ce qui touchait à son passé. C'était deux bulles, deux univers, qui devaient demeurer distinctes l'une de l'autre. Jamais elles ne devaient se rencontrer. Il était angoissant de constater à quel point en quelques jours à peine ces deux bulles s'étaient inexorablement rapprochées, prêtes à se percuter à tout instant. Mais tant qu'il le pourrait, Mathias ferrait tout pour les tenir à bonne distance.
Sauf que les bleus passeraient difficilement inaperçus, se dit-il en avisant son reflet dans le rétroviseur.
Avant de sortir de la voiture, il plaqua son sourire habituel sur le visage. Il pénétra à grandes enjambées la maison et se rua vers le dernier étage. Le macareux annonça son retour à grands renforts de cris et de battements d'aile dans sa cage. Il fonça tête baissée, ne cherchant pas à savoir où se trouvait Lukas.
S'enfermant dans la salle de bain, il se laissa tomber sur les toilettes. Puis, il prit son courage à deux mains pour affronter de nouveau son reflet meurtri et entreprit de soigneusement se débarbouiller et se désinfecter, se retenant du mieux qu'il put de grimacer à chaque pointe de douleur.
Mathias était en pleine inspection des moindres parcelles de son corps pour appliquer de la crème, lorsque les marches et le plancher craquèrent. Il suspendit son geste dans l'attente d'un mouvement à l'extérieur. On frappa finalement un coup.
- Mathias ?
Ce dernier lâcha un profond soupir, un brin désespéré, en entendant la voix de Lukas.
- Je suis à poil.
- Et ?
Mathias se railla lui-même intérieurement. Quelle excuse pitoyable. Qu'est-ce que Lukas en avait à faire qu'il soit nu comme un ver dans la salle de bain ? Il l'avait déjà vu ainsi plusieurs fois depuis que leur relation avait évolué. Et pour couronner le tout, ce n'était même pas vrai. Il était juste torse-nu. Ce que Lukas constata lorsque Mathias lui ouvrit finalement.
Son compagnon le détailla de pied en cape, perplexe à mesure que son regard se posait sur chacun des hématomes. Puis, il leva vers lui des yeux inquisiteurs mais surtout inquiets. Il s'approcha et effleura du doigt un bleu sur le torse de Mathias, qui ne put s'empêcher de frissonner et de grimacer.
- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? souffla Lukas
- Rien.
- Prends-moi pour un abruti encore une fois…
Mathias tenta de rire comme il en avait l'habitude. Ce ne fut pas très concluant. Il finit par soupirer et passer une main dans ses cheveux encore plus en bataille qu'à l'ordinaire.
- J'ai juste voulu arrêter une bête bagarre de rue.
Lukas fronça les sourcils tout en poursuivant son inspection du corps de Mathias. Lequel retint sa respiration sans le vouloir, priant pour que son compagnon ne se montre pas plus suspicieux.
- Très concluant, vraisemblablement.
- Ah ah, ouais… je crois qu'ils ont pas apprécié que je me mêle de ce qui me regarde pas.
- Une de tes spécialités.
Lukas esquissa un sourire.
- Tu as besoin d'aide pour la crème ?
Mathias sentit un poids quitter ses épaules. Il n'aurait pas à s'expliquer plus et c'était un véritable soulagement. Il eut un sourire éclatant.
- Oui, s'il te plaît.
C'est ainsi que, dans le silence de la salle de bain, tous deux poursuivirent l'inspection du corps de Mathias, Lukas appliquant précautionneusement la crème sur les hématomes qu'il croisait. Mathias ne pouvait s'empêcher de frissonner lorsque la pommade froide rencontrait son épiderme.
- Il est où Emil ?
- Enfermé dans sa chambre.
- Ah. Il va bien ?
Mathias sentit la main de Lukas se figer dans son dos.
- Je ne crois pas, non.
- Qu'est-ce qu'on peut faire pour lui ?
Il aperçut dans le miroir Lukas secouer la tête.
- Il est enfermé dans sa tête.
Mathias hocha pensivement la tête tandis que Lukas reprenait sa tâche.
- Dis, Lukas ?
- Oui ?
- Tu veux bien qu'on se fasse quelque chose, ce soir ?
- Si tu veux. Quoi ?
- Je sais pas. Juste être tous les deux. Je crois que j'ai besoin de câlins, ah ah !
- Tu veux qu'on s'occupe des Lego que je t'ai offerts pour ton anniversaire ?
- Tu voudrais bien ?
- Si ça te fait plaisir.
Il sentit Lukas glisser ses bras autour de son torse et lui embrasser l'épaule. Mathias agrippa ses mains et les serra tendrement.
Affaire à suivre…
