Bonjour !

C'est la grosse joie x) (dans la fic, hein, pas IRL)

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 24 : Les cœurs rongés

A partir de ce jour, Lukas avait décidé qu'il se concentrerait désormais sur la liste des employés de la réception. Les dépositions des convives concordaient avec ce qu'il avait pu observer lors de la réception. Il connaissait ces visages, connaissait ces personnalités également pour la plupart. En revanche, les employés représentaient une frange des personnes présentes opérant dans l'ombre, des mains qui passaient mais ne laissaient pas de trace, invisibles aux yeux d'un public trop occupé à festoyer. Là, il y avait du travail.

Lukas prit la matinée entière à passer en revue chacun des noms et des sociétés desquelles ils provenaient. Le plus simple était encore l'orchestre. Vu tout le temps passé ensemble et les exigences de Roderich Edelstein, leurs identités lui étaient parfaitement connues. Internet et les réseaux sociaux lui fournissaient parfois un visuel. Il n'hésitait pas à contacter les individus, leurs entreprises. Beaucoup étaient agacés d'être encore dérangés, la police leur ayant déjà demandé de témoigner. D'autres se montraient plus ouverts ou tout simplement indifférents. Parfois, il tombait sur le répondeur.

Se remémorant son échange avec l'inspecteur, Lukas se demanda un moment comment il ferait pour obtenir le témoignage de ces personnes. Andrey freinerait surement des quatre fers et trouverait une manière détournée de refuser. Lukas pinça les lèvres à cette pensée. Ne lui restait qu'une solution : si les témoignages ne venaient pas à lui, il viendrait aux témoignages. Empoignant ses affaires, bien déterminé à mener sa propre enquête en marge de celle de la police, il alla à la rencontre de chacun des employés.

Pour l'heure, toutes les informations qu'il avait pu regroupées concordaient avec les propos qu'il recueillait. Si le coupable se trouvait parmi les convives ou le personnel, il demeurait encore indécelable.

Vingt-quatre heures plus tard, Lukas touchait enfin à la fin de la liste. La dernière personne inscrite dessus, tout en bas dans l'ordre alphabétique, ne serait pas forcément une partie de plaisir, mais Lukas était tout de même bien ravi de tomber sur ce nom familier. Il opéra un détour par un supermarché, achetant de quoi entrer dans les bonnes grâces de cet individu qui ne manquerait pas, le détective en était persuadé, de se montrer réfractaire de prime abord.

- Il y a trois ans, j'étais convaincu que ce serait la dernière fois que je vous verrai, marmonna l'homme derrière le comptoir

- C'est donc vous, Vash Zwingli ? Je n'ai jamais eu l'honneur de vous rencontrer en face à face la dernière fois. C'est une parfaite occasion.

L'homme ronchonna et reprit le cirage de son coucou. Pendant quelques secondes, seul le tic tac désordonné de multiples horloges résonna. Lukas laissa le temps à Vash Zwingli d'appréhender la chose. Après tout, il avait tiré sur le détective. Il avait attenté à sa vie, certes bien malgré lui. Mais pour ce que Lukas en savait du personnage, sa droiture devait lui mener la vie dure à ce sujet et se retrouver face à sa cible, bien portante et pleinement consciente de ce qu'il s'était tramé, devait être éprouvant. Hors, Lukas avait besoin qu'il soit disposé à parler. Il le laissa donc prendre son temps.

- Et qu'est-ce que vous voulez savoir du coup ?

Lukas déposa la boîte de chocolat enrubanné qu'il venait d'acheter.

- J'aimerais m'entretenir avec vous au sujet de vendredi soir.

- Vous aussi ? Mais j'ai déjà dit à la police que j'avais rien à voir avec tout ça ! Je n'ai pas mis les pieds sur cette fichue île.

Lukas haussa un sourcil intrigué.

- Je serais curieux d'entendre cette histoire moi aussi.

Vash Zwingli avisa la boîte de chocolat orné de son élégant ruban rouge et blanc. Il lâcha finalement son chiffon et se dirigea vers la porte de sa boutique. Il retourna le panneau signalant qu'il était désormais fermé puis tourna les talons. Il empoigna les chocolats au passage et fit signe à Lukas de le suivre dans l'arrière-boutique.

Contrairement à son petit commerce qui sentait bon le bois et la patine et arborait des airs d'antan, le reste de la maison était on ne peut plus contemporain et reluisant. Vash Zwingli les installa dans une grande pièce à vivre. A la table de la salle à manger se trouvait une jeune femme de petite taille qui ressemblait fortement à Vash. Nul doute qu'il s'agissait d'Elise, sa sœur cadette. Elle vint aussitôt saluer le visiteur et leur proposa d'amener une collation.

- Mais non, Elise. Retourne à ton travail, je vais m'en occuper, grommela son frère, tu voudras boire quelque chose ?

- Je prendrai ce que vous prendrez.

Ils se retrouvèrent bientôt autour d'un café fumant, au grand bonheur de Lukas.

- Allez-y. Je vous dois bien ça mais qu'on en finisse…

- Vous m'avez laissé entendre que vous n'étiez pas sur l'île Kildholmen vendredi soir pourtant votre nom figure sur la liste du personnel. Expliquez-moi donc cela.

Vash se délecta d'abord d'une bonne gorgée de sa boisson avant de prendre la parole.

- Je suis sur la liste parce qu'en effet, je devais passer chez ces aristos pour entretenir leur horloge de parquet. Une véritable œuvre d'art, hors de question que quiconque y touche à part moi. Cet Edelstein aura au moins eu cette présence d'esprit.

- Vous êtes en charge de cette horloge depuis longtemps ?

- Depuis qu'Edelstein l'a ramenée d'Autriche et l'a installée dans sa baraque, oui.

Ce qui voulait donc dire que Vash Zwingli avait l'habitude de venir chez les Hédèrvàry-Edelstein et que, n'ayant d'ordinaire pas de personnel à domicile, ce devait être Erzsébet ou Roderich la plupart du temps qui devaient l'accueillir. Il était ainsi le plus à même de connaitre la résidence, voire peut-être même certains secrets. Lukas repensait encore au pendentif disparu en plus du meurtre.

L'horloger bougon, qui n'avait pas l'air de porter dans son cœur les personnalités qui se targuaient d'un certain standing, piocha un chocolat qu'il approuva d'un vague hochement de tête. Il tendit la boîte vers sa sœur.

- T'en veux un, Elise ?

La jeune femme releva la tête de ses documents et le remercia. Pour la peine, elle se joignit à eux. Elle devait travailler dur depuis plusieurs heures car elle se frotta les yeux et parut bienheureuse de pouvoir prendre place aux côtés de son frère.

- Vous n'y êtes donc pas y aller.

- Non, j'ai eu un impératif.

Elise se crispa sur sa tasse.

- Il a du m'emmener à l'hôpital. J'ai des faiblesses au cœur pour le dire facilement. Il m'arrive parfois d'avoir comme des pointes et par mesure de sécurité, il vaut mieux me rendre à l'hôpital le plus rapidement possible.

Lukas n'avait pas prévenu de sa visite. Il était venu voir Vash Zwingli sans l'en avertir. C'était Elise qui avait pris les devants pour expliquer l'absence de son frère. Ajouté à cela, Lukas savait qu'elle disait vrai au sujet de sa faible constitution. Ainsi donc, il y avait peu de chance que cet alibi soit factice.

Pourtant, le fait est que sur la liste d'Emil, la venue de Vash Zwingli avait été validée.

Le personnel employé pour l'occasion ne connaissait pas les habitudes de la résidence et n'avait donc de fait pas pu reconnaitre l'horloger. Or, quelqu'un s'était vraisemblablement présenté en son nom sans que personne ne puisse soupçonner qu'il s'agissait d'un usurpateur.

Lukas tenait là un bon filon. Coupable du vol, coupable du meurtre ou même des deux, il ne pouvait le dire encore, mais voilà qu'entrait en scène un inconnu qui avait menti sur son identité.

Dès lors, le détective échangea encore quelques mots avec Vash et Elise, puis prit congé. Avant de passer la porte de la boutique, il serra une dernière fois la main de l'horloger.

- Considérez que votre dette est payée.

Il était certain que la police avait opéré les mêmes déductions. Peut-être même qu'elle était en avance sur lui, ce qui agaçait Lukas. Mais il était tout autant en possession de ce nouvel élément clé qui lui permettait de repartir de plus belle. Quelqu'un s'était fait passer pour Vash. Il y avait peu de chance pour que les convives aient croisé l'individu. S'il partait du principe qu'il s'agissait bien du meurtrier, il s'était fondu dans la foule au moment de l'élan de panique pour mieux atteindre Zoltàn. En dehors de quoi, tout occupés qu'ils étaient à la fête, personne n'avait dû prêter attention au personnel. En revanche, les employés eux, allant et venant dans les couloirs en marge de la réception, avaient pu le croiser. Et Lukas comptait bien sur eux pour leur faire part de la moindre suspicion et d'une description. Il était reparti pour quelques jours au moins à retoquer toutes les personnes.

oOo

Emil détestait toujours autant être enfermé dans sa chambre. Mais il n'avait aucune énergie à accorder au monde. Il demeurait donc avec ces pensées insidieuses qui se mêlaient aux visions horribles qu'il avait encore du vendredi de la réception. A celles-ci venaient désormais s'ajouter une voix qui lui soufflait que tout se briguait contre lui, même Jia Long. On lui avait fait entendre que son compagnon n'en avait rien à faire de ses sentiments, qu'il le délaisserait à présent et irait faire sa vie à l'autre bout de la planète, qu'il voulait même le contrôler au même titre que Lukas contrôlait sa vie, schéma relationnel dont Emil était coupable car il le reproduisait en ayant accepté de sortir avec lui. Ces pensées le paralysaient.

Dimanche, après être rentré se cacher sous ses draps, Emil avait reçu bon nombre d'appels de la part de Jia Long. Il n'avait répondu à aucun. Il lui avait aussi envoyé des messages qui tour à tour s'inquiétaient puis lui souhaitaient de bien se reposer. Les messages, il les avait lus. Mais il n'avait pas plus répondu.

Emil n'arrivait pas à passer au-dessus de cette torpeur qui le grignotait depuis ce jour funeste, et qui lui servait paradoxalement de refuge face à un monde dont il ne saisissait plus la cadence.

Chaque jour depuis sa visite chez Jia Long, ce dernier lui envoyait des messages régulièrement. Des messages simples et courts, lui souhaitant juste bonne nuit ou lui racontant des anecdotes idiotes. Parfois ce n'était même que des émoticônes. Des bêtises qui ressemblaient bien à Jia Long, qu'ils s'échangeaient d'ordinaire en privé sur les serveurs de leurs jeux en ligne. Ces petites attentions faisaient partie d'un quotidien qu'il n'arrivait plus à situer. Il essayait de les conserver dans le présent mais il avait l'impression qu'elles n'avaient rien à faire ici. Qu'il y avait un avant et un après le 9 juin.

Emil se sentait mal de ne pas lui répondre. Ouvrir chaque message était une vague de culpabilité supplémentaire et pourtant, il ne pouvait s'empêcher de les lire. Il avait bien été tenté d'éteindre son téléphone, se disant que c'en était trop, qu'il voulait simplement être seul, qu'on le laisse dans son coin. Néanmoins, chaque fois qu'il avait sous les yeux la demande de confirmation d'arrêt du système, Emil ne pouvait s'y résoudre. Il annulait tout et fourrait son portable quelque part où il ne pouvait ni le voir ni l'entendre.

Un jour, Emil ne savait pas très bien lequel, dans l'après-midi lui semblait-il, on sonna à la maison. Il pria intérieurement pour que Lukas soit là. Ou que quiconque se trouvait sur le pas de la porte rebrousse chemin. Il ne pouvait pas bouger de son lit. Cet effort lui paraissait insurmontable.

Son cœur s'emballa tandis que son corps demeurait amorphe lorsque les craquements du plancher s'approchèrent. On gravissait les marches, on s'arrêtait dans le couloir. Deux voix s'élevèrent. Celle de son frère et celle de Jia long. Emil crut défaillir.

On frappa à sa porte.

- Emil ? appela Lukas, ton copain est là.

Les mots restèrent bloqués.

- Il vaut peut-être mieux que je le laisse tranquille, entendit-il Jia Long déclarer

Non ! eut-il envie de crier. Il serra le drap entre ses mains.

Emil ne se comprenait même pas lui-même. Pourquoi avait-il envie qu'on le laisse seul mais qu'on ne le laisse pas seul ? Pourquoi restait-il enfermé dans sa chambre avec ces pensées alors qu'il détestait ça ?

Puisant au plus profond de lui ce qui lui paraissait être un effort surhumain, il s'extirpa de son lit et alla ouvrir tout en demeurant dans la pénombre de sa porte. Il n'avait aucune envie de croiser le regard de son ainé qui devait tout autant s'inquiéter.

- Entre, souffla-t-il

Jia Long échangea un regard soucieux avec Lukas, puis pénétra dans la chambre, toujours plongée dans la pénombre malgré le soleil resplendissant de l'été qui brillait au dehors. Emil referma aussitôt derrière lui. Il attendit d'entendre les pas de son frère redescendre avant de faire face à Jia Long.

- T'es un vampire, pas vrai ? voulut plaisanter Jia Long

Emil ne réagit pas. Son compagnon s'approcha de lui. Il posa ses mains sur ses épaules, les laissa glisser le long de ses bras avant d'entrelacer ses doigts dans les siens.

- Ton frère m'a expliqué ce qu'il s'est passé.

Les doigts d'Emil commencèrent à trembler. Calmement, Jia Long caressa du pouce ses mains. C'est alors que sans qu'il ne puisse rien y faire, Emil sentit grimper en lui tout ce qui était tapis dans l'ombre de son être depuis des jours. Ses émotions jaillirent et explosèrent comme une bombe sur son visage. Il s'écrasa contre Jia Long, à bout.

Jia Long l'étreignit et lui frotta longuement le dos.

- C'était juste mon patron, bredouilla-t-il, c'était juste mon patron alors pourquoi ça m'affecte autant ? Pourquoi je dois vivre ça ? J'ai jamais rien demandé, moi. Je sais pas comment gérer ça. Je suis en deuil mais j'ai le droit ? C'est normal ? Pourquoi je suis en deuil ? C'était que mon patron ! Mais il était là, juste sous mes yeux, et… et l'instant d'après, c'était… plus rien. Il y avait plus rien. C'était vide. Je peux pas pleurer sa mort, ça a pas de sens ! Pourquoi ça me fait mal ? Pourquoi je suis perturbé à ce point ? Même quand ma mère m'a… quand ma mère m'a forcé à la suivre, qu'elle m'a… qu'elle m'a …

Les mots d'Emil s'empêtrèrent dans ses sanglots.

Jamais Emil n'avait parlé de sa mère avec qui que ce soit d'autre que Lukas. Et encore n'en parlaient-ils pour ainsi dire jamais. Jia Long avait du mal à suivre les bredouillements décousus de son compagnon, mais il écarquilla les yeux en l'entendant parler de sa mère. Il le serra un peu plus fort contre lui. Emil s'agrippa dans le dos à son t-shirt.

- Pourquoi ? répétait-il sans cesse, on me trimballe comme une poupée de chiffon tout le temps. Tout le temps ! Je suis rien qu'une espèce d'objet qu'on se trimballe et personne n'a l'air de s'en rendre compte. Personne n'en a rien à foutre. Pourquoi tu veux partir toi d'abord ? Pourquoi tu veux m'obliger à quitter Oslo ?

Jia Long fut très surpris qu'Emil bifurque sur lui et il mit un instant avant de comprendre de quoi il pouvait parler.

- Je pars nulle part, Milou, souffla-t-il

- Mais si tu pars. Tu pars et tu vas me laisser tomber.

Jia Long ne put s'empêcher d'esquisser un sourire.

- Je t'embarque ou je te laisse tomber ? Faudrait savoir.

Emil lui assena une claque molle.

- Te fous pas de moi. Tu fais de moi ce que tu veux. Tu fais comme ça te chante de toute façon. Toujours.

- Je prendrai pas ce genre de décision sans toi, Milou.

Jia Long caressa tendrement les cheveux fins de son compagnon. Emil ne répondit pas, exténué.

- Je pige pas comment t'es arrivé à cette conclusion, mais je peux t'assurer que si on décide de faire notre vie tous les deux, c'est tous les deux qu'on décidera de comment la mener.

La gorge d'Emil se serra. Il bredouilla quelques paroles inaudibles avant de répéter plus fort, la voix hésitante.

- Alors pourquoi ton frère est là ?

- Shanda ? Bah ! Il a enfin assez de vacances pour venir nous voir. C'est tout.

Jia Long comprit tout à coup. Il étouffa d'autant plus Emil dans ses bras, quand bien même il était légèrement plus petit que lui.

- Oh Milou… Je te ferai jamais un coup pareil, voyons. Ça serait plutôt un truc de mon daron, ouais.

Emil ne put s'empêcher de pouffer de rire, encore à moitié en train de pleurer pourtant.

- Tu sais que j'ai rencontré l'amant de ton père ?

- Sérieux ? La cata, quoi. Je parie qu'on dirait un vieux pruneau.

Emil hoqueta de nouveau, prit entre le rire et les larmes.

- Non, pas vraiment. Plutôt l'inverse, même.

- Beurk. Non, arrête. Je veux même pas imaginer le vieux avec un grand type bodybuildé. Me dit pas qu'il est jeune en prime.

- Non. Il est surtout friqué.

- Merde alors. Il perd pas le nord, cette espèce de rapiat.

Emil gloussa, le visage toujours enfoui dans le cou de Jia Long. Là, comme ça, c'était parfait. Le temps pouvait s'arrêter et le monde s'écrouler autour de lui, du moment qu'ils restaient comme ça, c'était parfait. Il se colla plus encore si c'était possible contre Jia Long. C'était parti. Emil n'aurait trop su dire quoi mais c'était une sorte de certitude. C'était parti. Il était épuisé, vidé, mais étrangement au repos. Il n'était pas nécessairement serein, mais il se sentait calme comme après une forte tempête.

- Dis-moi, Milou ?

Emil lâcha un murmure.

- Demain avec Yong Soo, on emmène Shanda flâner à Aker Brygge. Ça te dit de venir ?

Maintenant que la tempête s'était apaisée, Emil voulait mettre un terme à son enfermement, comme il l'avait envisagé au départ. Sortir de sa chambre et trouver refuge en compagnie de Jia Long.

- On va juste se balader, manger un truc, faire les boutiques. Enfin, tu vois le genre. Tranquille.

Emil accepta.


Affaire à suivre…