Bonjour à tous,
J'aime beaucoup la fin de ce chapitre. On entre dans un passage que j'aime bien~
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 24 : Retour sur l'île Kildholmen
C'était la première fois que Lukas remettait les pieds sur l'île Kildholmen depuis le meurtre. Personne n'était là pour l'accueillir au portail cette fois, pas plus qu'il ne se trouvait de clients fortunés pour profiter des charmes de la résidence et de ses alentours. Il remonta le sentier jusqu'à la demeure baignée dans une étrange léthargie. La nature vivait, les oiseaux gazouillaient dans les fourrés et les insectes stridulaient dans les herbes mais il régnait un calme digne d'un lieu abandonné.
Roderich vint lui ouvrir après qu'il eut sonné à la porte d'entrée. Le pauvre semblait manquer cruellement de sommeil. Bien assez pâle d'ordinaire, il n'avait pas fière allure ainsi cerné et les traits tirés. Il pinça les lèvres face à Lukas qu'il salua tout de même, puis lui fit signe d'entrer.
Il le guida dans le plus profond des silences jusqu'à un petit salon, sobre et moderne. Celui qu'il réservait à tout à chacun, bien loin de l'apanage calfeutré et patiné de son salon privé agrémenté de son piano à queue.
Il était clair que ce jour-là, plus que jamais, Lukas n'était pas le bienvenu.
Roderich le pria d'un geste de prendre place sur un fauteuil tandis qu'il faisait de même.
- Entendons-nous bien, décréta-t-il gravement, vous n'avez pas pour ambition de lui parler.
- Je vous l'ai dit et répété au téléphone, je ne veux pas m'adresser à lui, je veux jeter un œil à ses affaires.
- Vous avez intérêt, Lukas.
Les deux hommes se tournèrent vers Erzsébet lorsque celle-ci apparut dans l'encadrement de la porte. Si Roderich avait l'air épuisé, son épouse n'était plus que l'ombre d'elle-même. Ne transparaissait plus que d'elle une dignité sage et noble. Elle portait le deuil de son père avec sévérité et bravoure. Vêtue de sa tenue de cavalière, elle s'apprêtait à sortir.
- Je n'ai rien contre vous, Lukas. Mais nous sommes épuisés et je tiens à préserver les miens.
Sur ces mots, elle s'en alla la tête haute, telle la châtelaine qu'elle était désormais.
Lorsqu'ils perçurent la porte menant à la cours se refermer après elle, Roderich s'autorisa un soupir las. Il ôta ses lunettes et les essuya avec un mouchoir.
- Voilà plusieurs jours qu'elle demeure avec les chevaux tout le jour durant.
- Chacun traite sa peine à sa manière.
Pour Lukas, ça avait été de traquer l'assassin de son père Erlend.
Roderich replaça soigneusement ses lunettes sur son nez puis se leva.
- Je vais vous conduire à sa chambre. Il ne doit pas s'y trouver. Comme d'habitude.
Lukas tenait en effet à s'entretenir d'une manière toute particulière avec Edwin, le fils d'Erzsébet et Roderich. Le jeune adolescent avait bien évidemment été interrogé par la police, comme toute personne présente sur l'île ce soir-là. Et cela s'était avéré très éprouvant pour lui, lui avait appris Roderich. Edwin avait une personnalité particulière mais très aimante envers son grand-père. Quand bien même on ne lui avait jamais présentée la chose clairement, Lukas le soupçonnait par ailleurs d'avoir quelques troubles autistiques ou de l'attention. Il n'avait aucun mal à se figurer l'épreuve que cela avait dû représenter pour le petit-fils endeuillé.
Mais non, Lukas n'avait aucune envie ni besoin de discuter avec Edwin. L'échange qu'il désirait avoir avec lui, bien au contraire, passerait par ses effets. Là était le projet du détective.
Edwin ne s'exprimait pas par les mots. Lukas avait pu le constater voilà un an. Il transmettait toutes ses émotions par la créativité et la matérialité. Il aimait collecter, posséder, modeler, dessiner. Et ça, Lukas était intimement convaincu que l'inspecteur en charge de l'enquête n'en avait strictement aucune idée. Il l'avait interrogé comme n'importe qui. Et tant mieux, pensait Lukas jalousement, car cela lui permettait d'avoir un coup d'avance sur lui.
Arrivé devant la chambre d'Edwin, Roderich frappa quelques coups. Personne ne répondit. Il ouvrit et dévoila ce qui s'apparentait plus à un atelier d'artiste qu'à une chambre. Il laissa la place à Lukas qui s'avança dans la pièce.
Edwin fonctionnait en observateur averti et prêtait une attention toute particulière à ce qui passait aux yeux des autres pour des détails insignifiants. Si Edwin avait été témoin de quoi que ce soit, il en avait soit conservé une trace, soit l'avait consigné sous quelque forme artistique que ce soit.
Lukas observa les dessins éparpillés, à peine achevés pour la plupart. Quelques sculptures de visages en souffrance séchaient au soleil. Il avait recréé des papillons sur son mur à l'aide d'éléments végétaux formant une fresque émouvante s'élevant en tourbillonnant jusqu'au plafond. Dans plusieurs bocaux étaient entreposés des cailloux. Lukas ne put s'empêcher de penser à Andrey qui collectionnait les minéraux et Vladimir et lui, plus jeunes, qui avaient tout autant entassés des objets à première vue insignifiants. Il secoua légèrement la tête pour revenir à la scène présente. Sur le sol, trainait aussi, et dangereusement, des vêtements taillés dans lequel Edwin avait enfoncé des épingles, sans qu'on puisse en comprendre la raison à première vue.
Cette chambre était l'expression même de sa souffrance.
Lukas ne trouverait rien ici, il en était certain. Il restait néanmoins un endroit.
- Allons à la cabane.
Il parlait là de cette boule atypique coincé entre deux arbres qu'Edwin s'était amusé à bricoler dans la forêt.
Roderich se crispa.
- C'est que…
- Oh oui, je me doute bien qu'Edwin se trouve là-bas. Mais je vous le répète, je ne veux pas lui faire passer d'interrogatoire. Si j'avais à lui parler, je lui demanderai de me présenter ces dernières œuvres. Et rien de plus. Il évoque déjà bien assez son chagrin.
Lukas enjamba une pierre friable peinte en rouge écarlate. Il désigna la pièce toute entière d'un geste de la main.
Roderich parut réaliser ce que recelait cette pièce, comme s'il l'observait pour la première fois avec du recul. La gorge nouée, il resta planté là quelques minutes avant que Lukas ne l'interpelle d'un raclement de gorge. Il sortit de ses pensées et referma bien vite la chambre.
Alors qu'ils traversaient la propriété, Erzsébet eut tôt fait de les rattraper, en selle sur un bel étalon à la robe noire. Elle les dévisagea sévèrement.
- Nous étions bien d'accord, il me semble.
- Et nous le sommes toujours, confirma Lukas
Demeurant à cheval, elle les accompagna. Tous trois rejoignirent la cabane d'Edwin dans laquelle il se trouvait en effet. Une mèche de cheveux dépassait du cadre percé faisant office de fenêtre. Sa mère le héla avec douceur. Une petite tête apparut alors.
Lukas le trouva pareil que dans son souvenir, peut-être à peine plus grand. Son visage encore enfantin était encadré par ses cheveux blond cendré nattés.
- Tu te souviens de Lukas, le violoniste qui travaille avec papa ?
- Le violon, oui. J'en ai demandé un à papa.
Lukas se tourna, surpris, vers Roderich.
- Oui. C'est bien la première fois que je lui connaissais un goût pour un instrument. Mais il n'a pas voulu apprendre, juste le toucher.
Le détective se tourna vers Edwin avec un sourire.
- Je te comprends. Moi aussi, j'aime bien passer du temps à toucher le bois de mon violon.
Edwin se leva brusquement.
- C'est lisse comme un bonbon ! Et ça sent l'extérieur, les journées d'automne d'un autre temps passées en forêt.
Lukas approuva.
- Est-ce que je peux grimper dans ta cabane voir ce que tu as fait de beau dernièrement ?
Edwin le lui accorda. Il lui reconnaissait des points communs à son univers et était donc à même de pénétrer sa bulle.
Lukas grimpa les planches de bois faisant office d'échelle clouée contre l'arbre, sous le regard soucieux des parents d'Edwin. Lorsqu'il pénétra la cabane, il fut surpris de découvrir une structure tout à fait vivable et sûre. Il pouvait s'y tenir tout juste debout et n'eut pas l'impression que la moindre planche était prête à craquer sous son poids. Contre toute attente, la cabane d'Edwin était méticuleusement rangée, pourvue d'étagères et de bacs. Tout semblait fait maison. Lukas se surprit à rêvasser d'une enfance avec Vladimir et Andrey dans une cabane pareille. C'était décidément le rêve parfait.
Lukas n'eut besoin de rien faire à part accepter tout ce que lui présentait Edwin. Tel qu'il l'avait demandé, consciencieusement et dans un ordre chronologique impeccable, l'adolescent vint lui présenter chacun de ses travaux.
Un large sourire s'esquissa quand Edwin lui remit entre les mains une grande feuille A2 qu'il déroula soigneusement et sur laquelle étaient dessinés à l'encre de chine des visages dans un style des plus réalistes. Lukas reconnut quelques membres du personnel employé pour la réception. De plus, le titre évocateur Les mains ne laissa plus planer aucun doute à ses yeux.
- Dis-moi, Edwin, est-ce que je peux t'emprunter ces dessins ?
L'adolescent hocha lentement la tête.
- Vous, oui. Parce que vous saurez.
Quelques troubles que ce jeune garçon pouvait avoir, sa lucidité surprit Lukas. Il le remercia d'un sourire puis enroula la grande feuille.
Lorsqu'il descendit de l'arbre, Erzsébet et Roderich fondirent sur lui, tout à la fois curieux et vigilants.
- Je lui ai parlé, oui. Et croyez-moi que parler d'art avec lui est bien plus passionnant qu'il n'y parait.
Quand bien même il sous-entendait clairement qu'il avait enfreint la consigne des parents d'Edwin, Erzsébet ne put s'empêcher de demander avec affliction et espoir :
- Vous avez trouvé quelque chose ?
- Peut-être bien. Avez-vous des caméras de surveillance sur l'île ?
- Non, il les exécrait, lui répondit Roderich sans pouvoir prononcer le nom de Zoltàn, c'était une hérésie à ses yeux. J'en avais néanmoins fait installer une au portail.
Pour sûr que le coupable n'avait pas opté pour cette entrée, se dit Lukas. Quoiqu'il en soit, le détective avait là un nouvel indice des plus précieux. Avant de les quitter, il remercia et souhaita bon courage à Roderich et Erzsébet qui le raccompagnèrent jusqu'au portail.
oOo
A son retour, Lukas s'attela aussitôt à décrypter chacun des dessins, rattachant les portraits à l'identité des employés. Edwin avait réellement pris le temps d'esquisser les visages de tout le personnel ce soir-là, c'était impressionnant ! Il avait sous les yeux un document inestimable, certes artistiquement, mais bien plus encore dans la situation présente. En effet, il ne trouva pas le visage grognon encadré de son carré blond de Vash Zwingli, preuve qu'il n'avait pas menti sur son indisponibilité.
Au bout du compte, ne lui resta plus qu'un inconnu, lequel correspondait en tout point à la description sommaire qu'il avait pu établir. Seul manquait les couleurs, Edwin ayant adopté l'encre de chine et le dessin au trait, mais qu'importe. Des cheveux légèrement bouclés, un début de calvitie, des sourcils broussailleux, une barbe et une moustache fournies, des yeux creusées, des oreilles légèrement décollées, le tout pour un visage typé caucasien. Voilà que Lukas avait sous les yeux un élégant portrait-robot de ce fameux usurpateur d'identité qu'il recherchait depuis une petite semaine maintenant.
Et ça, Lukas était le seul à l'avoir en main.
C'était assurément la victoire de la soirée !
Exultant intérieurement, il sursauta quand Mathias toqua machinalement à la porte de sa chambre et entra.
- Du courrier pour toi.
Il alla déposa l'enveloppe sur le bureau et en profita pour embrasser Lukas. Il se laissa ensuite tomber contre lui et posa sa tête sur son épaule.
- Tu avances ?
- Je pense, oui. Mais je dois avancer plus vite.
- Tu fais la course avec ton inspecteur, le titilla Mathias
Lukas lui assena un coup de coude dans les côtes. Il n'aimait décidément pas qu'on le mette face à cette réalité. Plus important encore, il ne s'agissait pas de cela.
- Un nouveau meurtre a eu lieu. Ottavio Vargas est mort.
Mathias recula d'un coup, effaré.
- Pardon ? Mais quand ? Et ses petits-enfants, comment ils vont ?
- Hier matin. Et bouleversés, j'imagine.
Mathias le dévisagea les yeux ronds et se laissa tomber sur le lit.
- Non… et tu m'annonces ça comme ça, toi ?
Lukas demeura silencieux.
- Bon sang… Ottavio est mort. Si je m'attendais…
- J'ai toutes les raisons de croire que les deux meurtres sont liés.
- Stop. Déjà, je digère cette info. L'investigation et tout le tralala, je verrai ça plus tard.
Lukas pinça les lèvres. Il n'appréciait pas que cette enquête, dans laquelle il s'était lancé depuis plus d'une semaine maintenant, soit condensée en « tralala », surtout de la part de son compagnon. Le fait est que Lukas avait toujours du mal à ne pas oublier que tout le monde ne procédait pas comme lui. Mathias et son grand cœur le lui rappelait chaque jour. Et quelque part, c'était bien pour cela qu'il l'aimait aussi.
Il s'approcha de lui et l'enlaça, laissant la tête de Mathias reposer contre son ventre. Bien loin de rechigner, ce dernier s'abandonna volontiers à cette marque d'affection.
Le nez plongé dans cette affaire de double homicides, Lukas accordait moins de temps à Mathias, à Emil et même à tout autre chose. Emil ne l'inquiétait plus tant depuis que Jia Long était passé à la maison. Il le savait bien assez attentionné envers son frère et avait constaté lors du mariage qu'une sorte de sérénité était revenu chez son cadet. En revanche, les quelques fois où il était revenu dans son quotidien, Lukas observait d'étranges petits détails chez Mathias. Certes, il était désormais en vacances, mais Mathias n'était certainement pas du genre à s'enfermer, qui plus est en été. Pourtant, en dehors du mariage, son compagnon n'était à sa connaissance pas sorti une seule fois et passait son temps en pyjama. Là était le plus insolite : Mathias détestait rester en pyjama. Se changer était une des premières choses qu'il faisait le matin. Il lui avait expliqué un jour qu'il se sentait frais lorsqu'il enfilait une tenue. De fait, qu'il traine ainsi en pyjama toute la journée le préoccupait.
- Deux décès dans notre entourage, quand même… c'est fou.
- A croire qu'on connait tout le monde.
Mathias pouffa brièvement de rire. Puis, il enfuit son visage dans la chemise de Lukas qu'il huma profondément.
- Le monde est trop petit, murmura-t-il
S'accordant une pause dans cette lourde enquête, Lukas s'assit sur les genoux de Mathias. Il passa longuement une main dans ses cheveux en bataille. Il l'embrassa finalement sur la joue puis se leva.
Lukas alla inspecter l'enveloppe qu'il avait reçue. Il la retourna aussitôt et fut étonné de constater qu'elle lui avait été envoyée depuis le Japon. Il ne connaissait en tout et pour tout que trois Japonais, dont deux n'étaient que des connaissances fortuites et sommaires. Quant à Kiku Honda, il résidait à Oslo même. Il eut beau faire le tour de son entourage, il ne savait personne au Japon non plus en ce moment.
Intrigué, il décacheta l'enveloppe et extirpa son contenu. Il s'y trouvait une autre enveloppe. Comme si cela n'était pas suffisant pour le plonger dans la perplexité, la deuxième enveloppe, elle, ne comportait aucun nom. Lukas l'inspecta sous tous les angles ainsi que celle qui était à son nom. Au dos de l'enveloppe anonyme, il trouva un petit post-It rédigé en anglais à l'adresse de Lukas, d'une écriture familière.
« Lukas,
Je compte sur toi pour remettre cette enveloppe à Mathias. Sache qu'il ne sera pas ravi de recevoir une lettre mais tu peux lui assurer que tout va bien et que j'ai pris les dispositions nécessaires pour que personne ne puisse remonter le fil de ce courrier.
A une prochaine,
Willem. »
Voilà donc pourquoi le courrier provenait du Japon. Willem s'était amusé, pour une raison qui échappait totalement à Lukas, à faire voyager cette enveloppe, et le Japon n'avait pas dû être sa seule escale. Néanmoins, ce petit post-it fourmillait d'interrogations sans réponse. Pourquoi Mathias ne serait-il pas ravi ? Pourquoi recevait-il tout à coup du courrier en trois ans de temps ? Pourquoi Willem avait-il fait prendre tant de détours à ce courrier ? Pourquoi l'avoir adressé à Lukas ? Pourquoi la deuxième enveloppe était-elle anonyme ?
Lukas se retourna vers son compagnon qui s'était étendu sur le lit, les bras en croix.
- Tu as du courrier.
Lukas lui tendit l'enveloppe anonyme en y laissant le post-It. Mathias se redressa subitement, interloqué. Il observa tour à tour son compagnon et l'enveloppe, puis finit par l'empoigner.
- Euh… t'es sûr ?
- Lis le post-it.
Les yeux de Mathias parcoururent les quelques lignes rédigées par Willem. Sa mine s'assombrit. Il inspecta à son tour l'enveloppe anonyme dans tous les sens, lâcha un soupir profondément agacé. Gagné par la nervosité, il froissa le post-It et le jeta presque violemment dans la corbeille. Marmonnant un remerciement à peine audible, il se précipita hors de la pièce. Lukas l'entendit grimper les marches quatre à quatre puis s'enfermer dans sa chambre.
Mathias était une grande énigme aux yeux de Lukas. Ce qui était terrible pour lui. Il savait que Willem et lui se connaissaient, mais aucun des deux ne parlaient de l'autre, comme un accord tacite qu'ils auraient passé. Cependant, jamais il ne se serait attendu à une telle réaction. Brusque, elle paraissait démesurée pour un simple courrier.
Lukas n'avait pour ainsi dire jamais vu Mathias énervé. Nerveux, oui, mais pas énervé. Il se mettait rarement en colère. Il ne tenait juste pas en place lorsqu'il était agacé, plus encore que d'habitude. Il faisait les cent pas. Il haussait vaguement le ton, à la limite.
Inquiet, Lukas monta au dernier étage et vint toquer à la porte. Mathias ne bougea pas et se contenta de lui répondre de loin, d'une voix froide :
- Laisse-moi.
Perturbé, Lukas hésita un moment, se demanda s'il devait insister. Il finit par obtempérer et se retirer.
Affaire à suivre…
