Bien le bonjour, chers lecteurs !
C'est très étrange, mes statistiques ont fait un bond dimanche dernier. Du genre bon gros bon. Et je n'ai absolument aucune idée de pourquoi XD Je veux dire, je n'ai rien posté sur les réseaux sociaux, ni même échangé avec qui que ce soit à ce sujet le weekend dernier. Et vous conviendrez que ce chapitre n'avait rien d'exceptionnel par rapport à d'autres plus prenant. Du coup, mystère et boule de gomme !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 24 : Le chantage
Dariush avait beau lui avoir répété qu'il n'était certainement pas le coupable, sans preuve irréfutable, Lukas préféra ne pas écarter l'hypothèse. Quoiqu'il en soit, il n'était qu'à moitié satisfait de ce qu'il avait découvert auprès de lui. Certes, quatre familles se partageaient et préservaient un héritage. Bien. Et ? Qu'est-ce que cela signifiait concrètement ? Etait-ce vraiment une hypothèse stupide que de croire qu'on puisse s'en prendre à eux pour cette raison ? Si cela n'avait vraiment rien à voir, alors quel était le mobile ? Si Dariush était sensiblement plus riche que les trois autres, ce ne serait donc pas l'attrait de la fortune ? Etait-ce le pouvoir alors ?
Lukas en était là de ces interrogations, s'y plongeant corps et âme pour ne pas se faire happer par le silence de la maison qui commençait à se faire pesant, lorsque son téléphone le fit sursauter.
- Allô, Lukas ? C'est Jia Long.
- Oui, je sais. Bonjour.
- Vous avez enregistré mon numéro ? Trop cool.
Cela n'avait rien d'extraordinaire. Lukas incluait dans son répertoire de contacts toutes les personnes qu'il avait croisées un jour dans sa vie.
- Je voulais savoir si Emil était passé par chez vous.
Lukas haussa un sourcil.
- Non. Il aurait dû ?
- Ah, je sais pas. C'est juste qu'on avait rendez-vous pour visiter un appart' à 16h et qu'il est grave à la bourre.
Lukas cligna plusieurs fois des yeux. Il se sentit tout à coup coincé sur une corniche.
- Pardon ?
- Il vous a pas dit pour les appart' ? Roh, cet Emil… Enfin, vous allez me dire, j'ai rien dit à mon paternel, moi.
- Des visites d'appartement ? répéta-t-il lentement
- Oui. Bon, ben, je vous le dis du coup, mais on cherche à s'installer ensemble.
- Ah.
Pourquoi Emil ne le lui avait-il pas dit ? Etait-il si insupportable et intrusif que lui aussi allait disparaître de la maison ? Le cœur de Lukas se serra dans sa poitrine à cette pensée jaillie de son inconscient.
- Enfin bref, si vous savez pas où il est, je vais pas vous déranger plus longtemps.
- Mais toi non plus tu ne sais pas où il est ?
- Non. Il est parti ce matin. Il a dit qu'il voulait passer prendre un truc dans sa piaule, je crois.
Lukas se leva brusquement. Il était resté à la maison depuis qu'il était rentré la veille de sa visite avec Dariush, passant son temps à compiler des informations et retournant les faits dans tous les sens, sans rien trouver d'ailleurs. Si son frère était passé par la maison, Lukas l'aurait forcément su.
- J'ai essayé de le joindre mais il répond pas. Et j'avoue que si j'ai fait une boulette, ben là… je vois pas.
Cette simple remarque de la part de Jia Long eut l'effet d'une douche froide sur Lukas. Il s'agrippa à son bureau.
Emil était censé être repassé par là. Emil ne répondait pas à Jia Long. Emil avait disparu.
Lukas déglutit.
- Je m'en occupe, articula-t-il
Lorsqu'il raccrocha, il se laissa retomber d'un seul coup dans son fauteuil.
C'était un cauchemar. Ce n'était pas possible. Pas une seconde fois ! Les réminiscences de sa génitrice ayant profité de retrouvailles avec Emil pour le kidnapper et le ramener dans la petite demeure islandaise dans laquelle il avait grandi avait été une épreuve plus que douloureuse. Pour Lukas. Pour Emil. Pour les deux frères. Sauf que ce ne pouvait définitivement pas être Gerdi, officiellement incarcérée. Qui pouvait avoir une raison quelconque de s'en prendre à Emil ? Pourquoi pouvait-on s'en prendre à Emil, même ? Parce qu'il avait travaillé pour Zoltàn ? Parce qu'il était présent à la réception ? Mais peut-être tout cela n'avait-il aucun lien avec les meurtres ? Peut-être cela avait-il un lien avec Mathias ? Allons bon et pourquoi ? A moins que ce ne soit… Mathias lui-même ? Lukas devint livide à cette pensée. Avait-il si peu confiance lui-même en Mathias pour croire une seule seconde que ce soit vrai ? Non, il était simplement éreinté et perdu. Il secoua machinalement la tête. Non, si cela n'avait rien à voir avec les meurtres, alors cela avait à voir avec lui-même. S'en était-on pris à Emil à cause de Lukas ? Il ne doutait pas un seul instant qu'on puisse avoir des griefs à son égard.
Son téléphone vibra, signalant l'arrivée d'un message qu'il ouvrit machinalement. Il s'agissait de Magnus Andersen qui lui demandait de bien vouloir accélérer le mouvement et que l'entrepreneur était prêt à y mettre les moyens s'il le fallait.
Mais oui !
Lukas sauta sur ses pieds.
Mais oui, c'était l'évidence même. Un entrepreneur véreux qui faisait appel à Lukas pour le presser de résoudre le double homicide sans afficher clairement ses ambitions. Un homme qui cachait son jeu et semblait plus que jamais pressé de voir l'enquête être résolue. Il était prêt à y mettre les moyens. Lukas relisait ces derniers mots, les yeux exorbités, aveuglé par la disparition de son frère. Et il n'y avait pas meilleur moyen que de détenir Emil pour mettre la pression à Lukas.
Il somma aussitôt Magnus Andersen de le rencontrer sur le champ.
oOo
Furibond, Lukas jaillit dans le café où Magnus Andersen lui avait donné rendez-vous. Il alla retrouver l'entrepreneur qui dégustait d'ors et déjà tranquillement son café dans un recoin calfeutré de l'établissement. Il détailla Lukas avec surprise.
- Mon frère n'a rien à voir avec tout ça.
Calmement, Magnus Andersen lui fit signe de prendre place.
- Libérez d'abord mon frère.
L'homme reposa tranquillement sa tasse dans la petite soucoupe de porcelaine.
- Pouvons-nous échanger en termes civilisés ?
- Le kidnapping est bien trop vil pour être considéré comme de la civilité, je vous ferais remarquer. Je n'ai pas besoin que vous preniez mon frère en otage pour mener à bien cette enquête.
- Bien, alors j'imagine que vous serez capable de m'éclairez sur la situation.
Lukas le toisa, mais se résolut à s'asseoir. Là, l'entrepreneur pinça les lèvres, tapota de ses doigts méchamment allongés la nappe de dentelle, faisant cliqueter de temps à autres ses bagues.
- Quand je demande à ce qu'une enquête soit résolue au plus vite, ce n'est certainement pas pour apprendre qu'un nouveau meurtre a eu lieu.
- En quoi y trouvez-vous votre intérêt à la fin ? Qu'est-ce que Hédèrvàry, Vargas et maintenant Beilschmidt peuvent avoir à ce point d'intéressant de votre point de vue ? Ce ne peut pas être qu'une simple question de concurrence et de peur pour votre vie.
Lukas le scruta. Magnus Andersen soutint son regard tout en portant la tasse de café à ses lèvres. Il esquissa un léger sourire.
- Vous savez pour les quatre familles, souffla Lukas
L'homme ne répondit pas. Mais ce silence parlait de lui-même aux yeux du détective.
- Je ne vous rendrai compte de rien tant que vous ne m'aurez pas révélé ce que vous recherchez chez ces quatre familles ancestrales.
- Très bien, Lukas Bondevik. Je vous explique où est mon intérêt. Vous résolvez l'enquête. Et vous retrouverez votre frère.
Lukas serra les dents. Il détestait, non pire encore, il exécrait qu'on se serve ainsi de lui, qu'on exploite ce qu'il avait de plus cher, son lien avec Emil.
- Entendu, grommela-t-il
Magnus Andersen prit son temps, au grand damne de Lukas qui fit de son mieux pour ne rien laisser paraître. Il savait que cela ne jouerait pas en sa faveur et que son interlocuteur était également parfaitement au courant, voire en profitait même. Une fois son café achevé seulement, il se décida à prendre la parole.
- Vous les avez décrites comme ancestrales. Vous êtes donc au fait de la longévité de ces lignées. Peu s'y intéresse, ou peu y croit, allez savoir, mais le fait est que je fais partie de ces quelques curieux qui désirent ardemment comprendre ce qui se cache derrière ces quatre familles. Voilà quelques temps maintenant que je me suis penché sur la question. Et que j'ai découvert leur patrimoine.
Lukas se retint de l'interrompre.
- Ainsi, au fil de mes recherches, vous voyez, moi-même je suis un investigateur, j'ai finalement compris la teneur de ce patrimoine et le lien qui les unissaient. Ces quatre familles croient dur comme fer que l'union fait la force. Il semblerait que depuis bien des générations, ils veillent sur ce patrimoine qu'on murmure d'une inestimable valeur tout à la fois marchande et historique. Néanmoins, personne n'en a jamais vu la couleur et ne saurait l'affirmer avec certitude. En revanche, ce qui est plus sûr, c'est que les quatre familles conservent un unique accès à ce patrimoine dont ils détiennent chacun un fragment. Une sorte de clé pour ainsi dire. Fabuleuse histoire, n'est-il pas ?
Ce fut un nouveau flot de questions et de réponses qui envahit Lukas. Ainsi donc le lien qui unissait ces quatre patriarches étaient une clé fragmentée, un accès à ce patrimoine extraordinaire. Et c'était bien là le terme. Il avait peine à croire que depuis des temps immémoriaux, quatre familles conservent soigneusement à l'abri des regards toute une fortune. Sans que jamais la cupidité humaine ne vienne s'insinuer qui plus est. Un héritage à l'épreuve du temps. Cela lui paraissait bien invraisemblable. Pourtant, Magnus Andersen affichait une conviction inébranlable. Cependant, une chose le chiffonnait. Cela n'expliquait pas réellement les ambitions de cet entrepreneur.
- Quel lien y voyez-vous avec les homicides ?
- C'est peut-être un des secrets les mieux gardés au monde. Personne n'a jamais pu saisir quelle était la nature de cette clé. A quoi ressemble-t-elle ? Où ces héritiers successifs les cachent-ils ? Tous ceux qui en parlent ne font qu'affabuler. Personne n'en sait rien. Seuls eux, ces quatre détenteurs, savent.
Lukas fronça les sourcils. S'il saisissait bien, un entrepreneur véreux avait pris en otage son frère pour lui mettre la pression afin qu'il résolve un triple homicide au plus vite, tout cela dans le but de ne pas perdre l'opportunité de découvrir quatre fragments d'une clé incertaine.
- C'est une blague ? ne put-il s'empêcher de marmonner
Magnus Andersen secoua calmement la tête et commanda une nouvelle boisson. Il en proposa une au détective qui demeura silencieux, à scruter sévèrement son interlocuteur.
Puis, Lukas assembla quelques pièces du puzzle. Une révélation le frappa de plein fouet.
- C'est vous qui avez dérobé le bijou de Zoltàn Hédèrvàry.
- Je vous demande pardon ?
Lukas lui montra la photo du pendentif que Natalya aurait dû voler. Magnus Andersen leva légèrement les yeux au ciel.
- Le bijou serait une de vos soi-disant clés. Et vous avez mis la main dessus.
- Je puis vous assurer que je découvre cet objet précisément maintenant.
Lukas plissa les yeux, à la recherche d'un élément qui trahirait son interlocuteur. Qu'elle que soit la vérité, cet homme savait que la disparition de chacun des membres de ces quatre familles entraînerait une impossibilité de mettre la main sur ce patrimoine. Il avait besoin qu'ils restent en vie, au moins l'un des quatre. Certes, ils avaient une descendance, mais il y avait une possibilité qu'aucun des quatre patriarches n'aient jamais pris le temps de faire de passation. Et ne restait ainsi plus que Dariush Mirza.
Par ailleurs, il écarta définitivement l'hypothèse de l'appât du gain comme mobile des meurtres, car s'il y avait en effet une possibilité de mettre la main sur un patrimoine inestimable, il serait dès lors nécessaire de garder les quatre héritiers en vie, au lieu de les assassiner les uns après les autres. Mais alors pourquoi tuait-on ? Existait-il un autre lien à ces quatre hommes qui justifierait leur élimination ?
Magnus Andersen esquissa un sourire.
- Vous comprenez désormais qu'il m'est plus que nécessaire que la vie de M. Mirza ne soient pas en danger. Il est clair que votre coupable court après ce quatuor et j'aimerais mieux qu'il en reste définitivement là. Attrapez ce meurtrier et vous retrouverez votre frère.
Lukas fronça les sourcils. Non décidément, il n'aimait pas ce Magnus Andersen. Un amateur de richesses qui courait après des fadaises, doublé d'un maître-chanteur pathétique, voilà ce qu'il était. Néanmoins, il était hors de question pour Lukas de faire courir plus de risques à Emil. Il allait mettre la main sur ce tueur en série, retrouver son cadet et s'assurerait de faire tomber cet homme mesquin.
Il se leva, sentencieux, adressa de froides salutations en promettant de s'exécuter, puis le quitta.
oOo
Son chef pénétra dans le vestibule en soupirant d'aise. Søren vint le saluer aussitôt. Il eut droit à un ébouriffage de cheveux d'une main qui se voulait convivial mais qui n'en demeurait pas moins ferme et imposante.
- Ah, mon petit Søren. Tout devrait aller mieux désormais.
- Tant mieux.
Son chef lui tapota la joue.
- Eh beh, alors ! Va falloir te réveiller à un moment. Tu as fait une connerie, certes, mais c'est du passé maintenant.
Søren déglutit. C'était du passé. Sa vie à Oslo faisait désormais partie du passé. Bien. Il inspira profondément. Son chef avait raison. Là, ici et maintenant, c'était sa vie. Il fallait bien s'y résoudre. Il sourit timidement à son chef, lequel l'attrapa par les épaules.
- Là ! Ça, ça fait plaisir à voir !
Il s'élança vers son bureau et Søren le suivit à la trace. Dans la pièce baignée de soleil se tenait un homme qui lui servait de bras-droit. Ils échangèrent une poignée de main.
- Tiens, t'arroseras les plantes, Søren, merci, lui ordonna son chef avant de s'adresser à son second, j'ai raté quelque chose ?
- Ça se prépare bien. Comme vous le soupçonniez, notre équipe d'observateurs a relevé un déplacement. Il s'est bien rendu sur place. Tout est bordé de ce côté-là du coup, on pourra faire d'une pierre trois coups.
Le chef approuva d'un hochement de tête. Søren revint avec un petit arrosoir d'appoint et entama son tour des nombreuses plantes vertes de la pièce.
- Bien, très bien. Je sais que je suis fatigant avec ça, mais la priorité c'est la discrétion. Nous ne pouvons pas nous permettre un seul faux pas. C'est notre dernière chance. Il y a bien trop d'agitation, faudrait pas que ça nous retombe dessus. Nous n'avons rien à voir là-dedans, merci bien. Ça nous aura déjà bien retardé tout ce bazar.
Son bras-droit approuva d'un hochement de tête.
- Et de votre côté, patron ?
Le chef soupira et se frotta longuement les yeux.
- Ah, j'en ai beaucoup trop dit. M'enfin, j'ose espérer que ça aboutira rapidement. Cette petite main me fatigue. Il se pourrait qu'il soit peut-être même trop doué. Tss… Dès qu'il aura fait son travail, il faudra me le supprimer fissa.
- Et en toute discrétion.
- Exactement.
Le chef posa un regard sur Søren qui arrosait, sans broncher, chaque pot l'un après l'autre.
Affaire à suivre…
