Je ne possède aucun des personnages de l'anime

[BLOOD OF ZEUS] : De son passage sur l'Olympe à sa première réelle confrontation avec Séraphim en sachant qui il est, les doutes d'Héron sur un Destin qui lui paraît fatalement immuable

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


Les méandres du Destin

Héron quitta le stade d'entraînement olympien totalement furieux et à deux doigts de se faire consumer par cette rage qui lui donnait l'impression de bouillir de l'intérieur. Une rage qui venait de toutes les choses qui tournaient dans son esprit et qui le faisait s'enflammer. Il savait parfaitement que c'était un privilège de se trouver sur l'Olympe, avec les Dieux, lui qui n'était qu'un mortel… enfin pas totalement, mais cela n'avait pas d'importance.

Quoi qu'il tente, il n'arriverait jamais à faire ce que Zeus voulait, il ne pourrait pas faire taire la colère qui était en lui parce que c'était trop, beaucoup trop… Tous ces secrets mis au jour en si peu de temps… La découverte de la présence des démons cachés parmi les mortels, la mort de sa mère, tuée par le chef des démons, Séraphim… Séraphim qui était son frère… Son jumeau, fils du roi de Corinthe alors que lui était le fils de Zeus, pas le même père, mais la même mère et … les deux jeunes hommes étaient frères…

Héron se souvenait de la douleur qu'il avait ressentie quand sa mère lui avait raconté sa triste histoire. Deux jumeaux, un fils du roi de Corinthe aux yeux sombres, un fils du roi des Dieux aux yeux bleus… Un fils que sa mère et Zeus avaient protégés du tyran, abandonnant par la force des choses, l'autre bébé sur place… Sa mère pensait qu'il ne risquait rien, lui qui était le fils légitime, mais le frère du roi déchu avait assassiné l'enfant pour prendre le trône… Enfin, il avait cru l'assassiner parce que Séraphim n'était pas mort dans sa chute de la falaise, il avait survécu, sauvé par une servante de leur mère… mais sa vie n'avait été que souffrance, haine et un jour, en découvrant la dépouille d'un géant, il avait été contaminé, se transformant en démon…

En un démon dévoré par la soif de vengeance qui avait fini par tuer sa mère sans savoir qui elle était… Rien que ça bouleversait Héron. Il rêvait d'un frère depuis son enfance, il sentait qu'il lui manquait quelque chose, qu'il n'était pas censé être seul…Il avait pleuré en croyant qu'il était mort avant d'avoir grandi. Il avait rêvé de vengeance lui aussi… et puis… la vérité lui était revenue en plein cœur, avec une violence atroce et inhumaine. Ce frère qu'il avait aimé sans le connaître était celui qui lui avait enlevé sa mère… et ces dieux…Ce dieu de la foudre qui se réclamait comme étant son père, il avait laissé cet acte odieux se produire. Il ne l'avait pas protégé. Il l'avait laissé mourir… Il avait laissé le Destin pulvériser tous les espoirs de son fils, entaillant profondément la force de sa Volonté.

Comment ils pourraient se retrouver, maintenant qu'ils étaient tous les deux face à face, dans une guerre qui les submergeait, manipulés par des dieux revanchards qui n'avaient aucune pitié pour la vie humaine ? Aucune pitié pour eux…

Et qu'est-ce qu'il faisait là, lui ? Sur l'Olympe ? Avec ces immortels qui jouaient avec eux… comme on joue avec des pions sur un échiquier…

Héron trembla et se pencha en avant pour se prendre la tête à deux mains, le jeune homme ne savait plus quoi faire, ni comment faire pour continuer à vivre. Quand Zeus était venu lui parler, il l'avait rejeté, trop dans la douleur pour avoir envie de lui parler, trop dans la colère aussi… Même s'il appréciait les efforts de son père, surtout qu'il reconnaissait lui-même qu'il n'avait jamais été un bon père.

Un soupir lui échappa… un soupir qui lui donna l'impression d'absorber tout ce qui pouvait lui rester comme volonté. A quoi bon s'entraîner ? Et pourquoi ? Pour venger la mort de sa mère ? Mais pour cela c'était à son frère qu'il allait devoir ôter la vie… Les Dieux aimaient parler de Destin, est-ce que pour eux c'était ça son destin ? Tuer ou se faire tuer par son frère pour rattraper leurs erreurs ?

Oh bien sûr, Héron lui en voulait pour la mort de sa mère, il le détestait pour lui avoir enlevé, mais maintenant qu'il connaissait le fin mot de l'histoire, il savait qu'il n'était pas le Mal incarné… Il savait qu'un comme l'autre n'avait jamais était maître de leurs destin, même s'il réfutait cette idée en façade, s'il hurlait que son avenir serait le reflet de sa volonté, au fond de lui, il savait que tout n'était pas si simple.

Héron se redressa, mais il dut le faire un peu vite, puisqu'il chancela et s'écroula en gémissant, mais son corps ne frappa pas le sol. Une bourrasque le rattrapa et le fit asseoir. Hermès cala le jeune demi-dieu sur un banc et lui sourit.

- Eh vas-y doucement.

- Je vais bien, c'est juste.

- Que l'entraînement était violent ?

Héron parut surpris.

- Qu'est-ce que tu crois, j'ai connu ça aussi et Arès est bien plus violent qu'une simple création d'Héphaïstos, ajouta-t-il en souriant avant de se rembrunir. Comme je sais aussi ce que ça fait d'être vu comme un bâtard.

Héron redressa la tête. Le jeune dieu était l'un de ceux avec lesquels il avait été facile de parler. C'était lui qui l'avait accueilli sur l'Olympe alors que les autres s'insurgeaient contre Zeus. Avec Apollon et Artémis, il lui avait ouvert les bras, mais il restait un dieu.

- Il veut que je fasse taire ma colère pour détruire cette armure, mais…

- Tu n'y arrives pas ?

- Non…

- Tu lui en veux pour ta mère… je comprends… Héra a aussi pourchassé la mienne… Mais crois-moi, il aimait ta mère. Sa mort est une tragédie pour lui aussi…

- Comment pourrais-je le croire ?

- Parce qu'il dit la vérité, répliqua une voix puissante et forte, la voix de Zeus.

Dans un même élan, ses deux fils se levèrent et le roi des Dieux sourit.

- Je t'ai apporté un élixir pour les coups endurés et la douleur, dit-il en tendant un flacon à Héron. Tu iras mieux demain.

- Merci….

Zeus hocha la tête.

- Héron, je suis désolé pour ta mère. Elle me manque tous les jours à moi aussi, mais je ne peux pas effacer ce qui a été fait.

- Les dieux…

- Ne sont pas au-dessus de la mort.

Héron ne dit rien, observant le sol avec insistance.

- Mon fils, les ténèbres arrivent. Je vois que tu te sens perdu, mais tu dois croire en ton destin, beaucoup de choses vont dépendre de toi.

- Je ne crois pas à ça, je suis libre de vivre ma vie.

- Mon fils, ce n'est pas forcément une mauvaise chose, le Destin est ce qui nous arrive au moment où on ne s'y attend pas.

- Mais pourquoi je devrais le suivre ce destin ? Et pourquoi moi ? Sans… Sans votre aide, je serai déjà mort, admit-il à regret, je ne suis pas la bonne personne.

- Crois-tu que j'ouvrirai les portes de l'Olympe à n'importe qui ? Demanda Zeus en haussant un peu le ton.

- Héron, tenta de l'apaiser un peu Hermès, les meilleurs succès des hommes viennent après leurs déceptions, ne te juge pas trop vite…

OoooO

Les mots de Zeus, comme ceux d'Hermès résonnaient encore dans la tête d'Héron alors qu'il se tenait dans cette grotte où devait se trouver le corps du géant, sauf que les démons avaient anticipés leur venue et qu'il se trouvait là, face à Séraphim et à son armée, Séraphim qu'il regardait pour la première fois comme son frère… Un frère perdu, maudit, que le Destin venait de dresser face à lui.

Pour la première fois, ils se regardèrent différemment et en silence, les yeux dans les yeux, et Séraphim prit la parole le premier.

- Je suis lassé de n'être qu'un pion, pas toi mon frère ?

Héron sentit que c'était réellement le cas tellement il lui paraissait subitement fatigué et blasé, plus humain que démoniaque.

- Pourquoi les laisser nous diriger ? Ils ont plus de vices que nous ! Regarde un peu ce qu'ils ont fait ! Ils ont gâchés nos vies ! Notre mère est morte par leur faute !

Il y avait de la colère, mais aussi de la vérité. Héron ne pouvait pas le nier, il était presque d'accord avec lui sur ce point, mais derrière la colère légitime de son frère, il vit poindre quelque chose de plus effrayant qui perça dans ses paroles suivantes.

- Ne souhaites-tu pas venger sa mort ? Joins-toi à moi, mon frère. Nous obtiendrons notre vengeance et mettrons un terme au règne des Dieux !

- Pour que tu prennes le pouvoir ? Demanda Héron, méfiant.

- Pour que ce qu'il nous est arrivé ne se reproduise jamais ! Répliqua Séraphim. Tu le sais, il n'y a pas d'autres solutions.

Héron frissonna. Il aurait voulu le croire… Croire en cette cause qui lui semblait juste et noble, mais ce n'était pas aussi facile… Il pouvait dire des choses justes, il n'en restait pas moins corrompus par le corps du Géant…Il n'en restait pas moins qu'il voulait asseoir son pouvoir sur le monde et il y avait une autre solution. Le regard d'Héron se fit dur tandis qu'il fit un pas en direction de son frère, cachant que son cœur venait d'accélérer… De sa proposition, de sa réponse, dépendrait leur avenir à tous les deux.

- Non. C'est faux. Zeus peut annuler le sort qu'on t'a jeté. Tu redeviendras humain !

Il fallait qu'il accepte, ce n'était pas facile, mais Héron voulait qu'il accepte, il voulait croire qu'un autre destin était possible. Séraphim émit un soupir de dédain qui ressembla à un grognement tout en serrant les poings et en fixant le sol. Héron comprit qu'il était ébranlé par cette proposition, mais qu'il n'avait pas confiance dans les dieux… et qu'il avait sans doute peur… Que feraient les gens à un humain qui avait commit les crimes qui étaient les siens ? Héron voulait lui répondre qu'il était son frère, qu'il serait là pour le protéger, mais Séraphim ne lui en laissa pas le temps.

- En mémoire de notre mère, je te le demande une dernière fois, rejoins nos rangs, répliqua ce dernier en continuant à fixer le sol. Sinon tu ne me laisses pas le choix. Si tu ne mets rejoins pas, dit-il en refermant la main sur la garde de son épée divine et en osant à nouveau le regarder, alors tu es mon ennemi.

Le regard rouge de Séraphim se planta dans le regard bleu d'Héron, debout à quelques pas de lui. Ce dernier soutint son regard, touché par son ton froid, touché par le fait qu'il ne croyait pas en sa proposition… De toute manière, il ne pouvait pas le blâmer pour ça. Il n'était même pas sûr que Zeus ne lui inflige pas un châtiment… Il repensa aux Moires, à ce Destin qu'il pensait contrer par la force de sa volonté, mais c'était faux, tout était écrit d'avance, comme les mots qu'il s'apprêtait à prononcer, des mots douloureux, mais immuables.

- Alors nous sommes ennemis…

Fichu destin…