Bonjour à tous,
C'est le point plus que final désormais ! Je vais publier cet épilogue et puis pour la première fois depuis sept ans, cocher la case « complete » pour cette fanfic. Et j'ai failli oublier que je devrais le faire ! C'est vous dire à quel point cette fic faisait partie du quotidien ah ah
Avec cette fic, c'est sept ans de ma vie qui se sont écoulées, sept ans très riches en tout point. Sept ans qui interviennent à un moment très changeant dans la vie d'un être humain, ma vingtaine. Même si j'imagine que toutes les décennies ont leur lot de péripéties. N'allons pas en faire un point final de ma vie non plus XD Mais il est certain que tout a bien changé pour moi depuis les tous premiers mots que j'avais pu rédiger pour ce titre fantoche « le Sherlock Holmes d'Oslo ». Oui, vous avez lu une fic dont le titre provisoire est resté tout du long ! C'était le 27 février 2014. Et j'imagine que pour vous aussi, qui que vous soyez, depuis cette date, beaucoup de choses ont également évolué.
Je ne peux que renouveler encore et encore mes remerciements, quand bien même ça me donne l'impression de perdre de sa saveur et de son sens et pourtant ! C'est toujours aussi sincèrement que je vous remercie.
Fun fact : cet épilogue, quoiqu'ayant évolué de quelques lignes au fil du temps, était rédigé en entier depuis l'été 2014 ! C'est vous dire à quel point je savais que cette fic avait une fin XD
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Epilogue :
La voiture d'Emil se gara une dernière fois devant le portillon de fer noir. Lukas posa dans l'entrée un des derniers cartons. En voyant ces quelques paquets, il eut un petit malaise et dut s'asseoir sur le rebord de la grande fenêtre. Emil entra et s'empara d'un premier carton en sifflotant. Søren le suivit avec deux autres. Finalement, Lukas se décida à amener le dernier jusqu'au coffre.
- Non, attends, on va plutôt les agencer comme ça, conseillait Søren en réorganisant le coffre.
Emil se retourna, prêt à repartir vers l'entrée. Il s'arrêta cependant en découvrant son frère aîné, le dernier carton dans les bras. Ce dernier le lui tendit avec une petite moue, son regard se dérobant à celui de son cadet. Emil s'empara du carton.
- Merci.
Peu après, Søren claqua le coffre et s'assura qu'il fut bien fermé. Puis, il leva un petit pouce assuré vers Emil. Lequel s'empara de ses clés de voiture.
- Bon, eh bien…
Il hésita un instant sur ce qu'il devait dire. Lukas ne lui vint pas plus en aide. Emil passa une main dans ses cheveux et souffla. Avec une petite marque d'hésitation, il étreignit son frère et accompagna son geste d'une petite frappe dans le dos. Lukas écarquilla les yeux et, trop surpris, ne put lui répondre.
Emil monta dans sa voiture flambant neuve, salua une dernière fois les deux hommes et alluma le moteur. Sur le siège passager, le macareux s'agitait dans ses cages, peut-être bien exalté ou perturbé par l'inconnu. Lukas et Søren l'observèrent jusqu'à ce que la voiture ait tourné au coin de la rue. Lukas ne semblait pas exprimer la moindre émotion mais sa main s'accrochait nerveusement à la chemise de son compagnon.
Ils rentrèrent et une fois la porte d'entrée refermée, les épaules de Lukas s'affaissèrent. Il resta planté comme un piquet au milieu du hall d'entrée. Søren lui fit face, lui sourit et l'enlaça dans une étreinte consolatrice à laquelle Lukas s'abandonna complètement.
- Tu veux un café ?
Lukas hocha la tête. Tandis que Søren s'en allait dans la cuisine, lui mit une éternité à se décider. Finalement, il se retrouva quelques secondes plus tard devant la chambre d'Emil.
Enfin… son ancienne chambre désormais, constata Lukas avec une certaine nostalgie en découvrant la pièce vide. Il n'y aurait plus de vêtements qui traineraient sur le sol, plus de CDs et de magazines susceptibles d'être écrasés, plus de posters accrochés au mur, plus de babioles entassées ça et là, plus de matériels informatiques en tout genre. Lukas soupira profondément.
Le vieux bois du plancher grinça derrière lui et Søren passa ses bras autour des épaules de Lukas.
- Allez, c'est pas la fin du monde. Il s'est juste installé à l'autre bout de la ville. Et il est avec son copain en plus. Sois content pour lui.
- Mais je suis content pour lui, bredouilla Lukas
Contre toute attente, Lukas fit volte-face et se cala contre Søren. Ce dernier était encore parfois surpris des accès d'affection qui prenaient parfois son compagnon mais, comme toujours, il finit par y répondre avec grand plaisir.
oOo
Le lendemain, le soleil se levait à peine que Lukas avait les yeux grands ouverts. Il resta un long moment ainsi, allongé, les yeux scrutant le plafond dans l'obscurité. Il avait vécu plus de douze ans avec son frère qu'il avait chéri, plus qu'il ne l'aurait dû, il le savait. Et tout d'un coup… c'était comme un grand vide. Quand bien même Søren était là.
Lukas finit par s'assoir, ramenant ses genoux contre lui et laissa encore longtemps divaguer ses pensées. A tel point qu'il sursauta lorsqu'il sentit une main lui caresser le dos. Les rayons s'insinuaient au travers des épais rideaux et Lukas découvrit le visage à moitié endormi mais tout de même souriant de Søren. Il cacha son visage au creux de ses genoux.
Après un bâillement monstrueux, Søren se hissa hors des couvertures et vint se coller à son compagnon. Il ne savait pas trop quoi faire pour le sortir de cette mélancolie beaucoup trop précoce. Alors, il se contentait de gestes basiques et tendres. Il lui planta quelques baisers dans le cou. Lukas ne réagit d'abord pas mais finit tout de même par lui lancer un coup d'épaule dans la mâchoire par réflexe sensible.
- Aïe !
Lukas leva les yeux au ciel et, feignant de rechigner, il attrapa délicatement le visage de Søren et l'embrassa en consolation.
Peu après, Lukas était de nouveau allongé, en train de scruter le plafond. Etendu à ses côtés, Søren jouait avec ses cheveux.
- Tu sais, lui dit-il après un temps d'hésitation, je trouve que tu es plutôt chanceux, moi.
Lukas demeura le regard fixé sur son point imaginaire. Søren se redressa sur un coude tout en poursuivant son petit jeu dans les cheveux blonds de Lukas.
- Il est toujours dans la même ville, dans le même pays. Regarde ! Du jour au lendemain, j'ai une sœur qui est partie faire sa vie à Tórshavn et l'autre qui a fait ses études au Groenland. Et vu comment c'est partie, à mon avis, elle va finir là-bas aussi.
Il observa une réaction qui ne vint pas chez Lukas. Il demeurait cependant persuadé que son compagnon avait parfaitement entendu ce qu'il venait de dire. Søren se laissa retomber sur le dos, les bras croisés derrière la tête.
- Mon dieu, pensait-il à voix haute, j'ai encore du mal à y croire. Rakel, ma sœur qui hier encore pétait sa crise parce que Maren lui avait piqué son rouge à lèvre pour dessiner sur les murs de leur chambre, dire qu'elle est mariée, deux gosses, sûrement un troisième en route, avec son boulot à la fac et surtout... calme ! Comment cette furie qui me foutait des coups de pieds au cul a pu devenir aussi posée ? Je me suis toujours posé la question...
Søren papotait tout seul sans se soucier que Lukas l'écoute véritablement ou pas.
Un peu plus tard dans la matinée, ils étaient tous les deux attablés à la cuisine avec leurs tasses de café fumantes, quelques tartines beurrées ainsi qu'un assortiment de fromage et de charcuterie. Lukas ne pipait mot et n'avait même pas touché au journal.
- Qu'est-ce qu'on va faire de deux chambres vides maintenant ? demanda Søren après avoir avalé une gorgée brûlante
- Une chambre vide.
- Compte la chambre d'ami quand même. Je peux bien squatter la tienne.
- C'est celle que je comptais.
Søren allait dire quelque chose mais se ravisa finalement. Il observa un instant son compagnon rajouter sur sa tartine, déjà beurrée pourtant, encore plus de beurre. Il allait surement falloir plus de temps qu'il ne l'escomptait pour que Lukas se détache de son frère. Finalement, il se contenta de dire :
- Ok. Donc, on fait quoi de cette chambre vide ?
Lukas se délecta d'une longue gorgée de café et reposa sa tasse tout en observant les ondulations à la surface.
- Je ne sais pas…
oOo
Dans l'après-midi, Lukas était dans le salon en train de lire un livre de sagas sur le canapé. Le fauteuil était vide et froid. Et ce depuis quelques semaines déjà. Il avait enfin réussi à quitter son vieux fauteuil tout usé et pour cause, il n'y avait pas de place pour deux.
Søren pénétra dans la pièce en sifflotant. Il passait en revu le courrier qu'ils venaient de recevoir. Il délaissa la plupart, étant des factures et des publicités qui vinrent s'échouer sur la petite table d'appoint, et ne garda qu'une enveloppe. Il s'affala sur le canapé et posa sa tête sur les genoux de Lukas. Lequel en avait pris l'habitude et se contenta seulement de relever son roman.
- On a reçu des nouvelles de Berwald et Tino.
Søren ouvrit l'enveloppe et en extirpa deux feuilles couvertes d'une écriture ronde, large et parfois même peu soignée.
- Tino nous dit que l'emménagement s'est bien passé et qu'il a jamais vu Berwald aussi ému. Le retour au pays sûrement. Il revoit aussi souvent son fils et ça aussi, ça a l'air de lui faire plaisir. Paraît que Peter est pas plus que ça chamboulé par le changement de pays. Le suédois semble pas lui poser problème et il s'est parfaitement intégré au lycée. Sacré gosse !
Lukas ne disait rien et demeurait plongé dans sa lecture. Søren ne fit aucun commentaire car, depuis le temps, il savait qu'il ne fallait pas se fier aux apparences. Surtout avec Lukas Bondevik. Il était certain qu'au contraire celui-ci avait enregistré toutes les informations qu'il venait de lui transmettre tout en poursuivant sa lecture. Søren sourit.
Il attrapa la télécommande et alluma la télé. Lukas se racla la gorge et il baissa le son. C'était le portrait même de bon nombre de leurs futurs après-midis passés ensemble, dans une maison calme et soignée du centre d'Oslo, dont le silence était seulement rompu par les éclats de voix de la télévision et le frottement des pages qui se tournent.
Tout à coup, la télécommande vint frapper la couverture rigide du livre. Lukas abaissa son livre et dévisagea Søren.
- Ecoute ça.
Il augmenta sensiblement le son.
- … lé et le malfaiteur semble s'être totalement volatilisé comme par magie. La police semble très perplexe et l'enquête promet d'être longue et fastidieuse. Néanmoins…
Søren jeta un coup d'œil entendu à Lukas avec un sourire en coin malicieux. Lukas referma brusquement son livre. Søren sauta alors sur ses pieds, attrapa son compagnon par le poignet et l'attira vers la sortie.
Lukas sourit. Franchement.
Ils dévalèrent les escaliers et attrapèrent au vol leurs affaires. Lukas contempla un instant sa carte de consultant honoraire puis la fourra dans la poche de son manteau. Il allait passer la porte d'entrée mais Søren le ramena vers lui et l'embrassa. Encore, se dit Lukas.
- Pas en public, prévint une énième fois Lukas d'un ton sans détour
Søren fit la moue. Mais le regard de Lukas était imperturbable.
- Ok, d'accord, mais encore un dans ce cas.
Lukas soupira profondément. Peut-être pour cacher sa propre gêne et le plaisir qu'il prenait néanmoins à rester littéralement suspendu aux lèvres de son compagnon. Il s'en détacha mais aussitôt Søren l'embrassa une nouvelle fois. Et encore une autre. Jusqu'à ce que Lukas décide que c'en était trop.
- Ce que tu peux être cul-cul quand tu t'y mets, grommela-t-il en descendant les marches du perron
Søren se contenta d'un large sourire.
Puis, les deux acolytes sautèrent dans la voiture. Ils s'engouffrèrent dans les rues d'Oslo pour une énième énigme qui promettait d'être palpitante.
FIN !
Au plaisir, lecteurs :)
