Freya avait fini par retrouver sa tente. Le garde à l'entrée l'arrêta.
Tout c'est bien passé avec la reine? demanda-t-il
Oui j'ai réussi à lui faire bonne impression et je pourrais assister au banquet demain soir.
Rien d'important ne s'est produit?
Bien sûr que si. Elle s'est laissé caresser par un des princes et le pires c'est qu'elle avait aimé ça. Elle pouvait nier autant qu'elle le voulait mais Hvitserk lui faisait beaucoup d'effet, trop même.
Non rien d'important.
Si Bjorn vous refuse cette traversée nous repartiront le lendemain du banquet.
Si Bjorn accepte vous reprenez la route le lendemain du banquet et vous ne revenez plus, c'est clair.
Très clair ma Dame.
Freya entra dans sa tente et se changea pour enfiler une tunique bleu ciel. Elle défit ses tresses puis se glissa dans les draps de sa couche. Elle s'endormit rapidement.
C'est un courant d'air frais qu'il la réveilla. Elle se tourna vers l'entrée de sa tente et elle vit une silhouette se dessiner dans la pénombre. Elle se saisit de son poignard pour se défendre en cas d'attaque mais la personne ne semblait pas lui vouloir du mal.
Qui êtes-vous? demanda-t-elle
Pour toute réponse l'homme car Freya était sûr que c'était un homme, retira sa veste et sa tunique pour se retrouver torse nu. L'homme s'avança et elle reconnut la manière dont les cheveux étaient tressés.
Hvitserk, chuchota-t-elle. Tu ne devrais pas être ici….
Chut, dit-il en se penchant vers elle, Profite juste….
Il posa ses lèvres avec tendresse sur les siennes. Puis de façon plus prononcé. Freya était complètement submergé par les sensations de ce baiser. il l'a fit s'allonger sur le dos et il se mit au-dessus. Ses baisers se firent plus fougueux et Freya y répondait avidement. Elle sentait le désir monter en elle, elle sentait aussi son désir à lui grossir contre son ventre. Freya voulut défaire sa ceinture mais il éloigna ses mains. Il cessa ses baisers, et elle crut apercevoir un sourire pervers sur ses lèvres. Il fit courir ses lèvres dans son cou puis il descendit pour embrasser la naissance de sa poitrine qui s'abaissait dans un rythme effréné. Mais il ne s'arrêta pas là. Il embrassa son corps par dessus sa tunique qu'il remontait au fur et à mesure de sa descente. Il arriva au niveau de son bas ventre. Freya était excité à l'idée de ce qu'il allait faire et elle glissa une de ses mains dans ses cheveux pour le rapprocher encore plus d'elle. Il l'a regarda dans les yeux et posa finalement sa bouche sur ses lèvres intimes. Freya se cambra, rejetant la tête en arrière. Elle serrait les fourrures dans son poing avec tellement de force que ses jointures étaient blanches. Elle continuait à appuyer sur la tête de Hvitserk et elle ondula même des hanches pour avoir plus de sensations. Freya était complètement perdu dans les limbes du plaisir. Elle sentait l'orgasme s'approcher de plus en plus.
Hvitserk, gémissait-elle
Oui, ma belle, viens sur mes lèvres, dit-il en reprenant tout de suite où il en était.
Hvitserk…. Hvitserk….
Viens Freya….
Dame Freya…
On murmurait son nom mais ce n'était plus Hvitserk. Elle se réveilla d'un coup. Sa respiration était haletante, encore dans les brumes du plaisirs.
Tout vas bien, Dame Freya? demanda le garde.
Oui tout va bien, dit-elle de mauvaise humeur.
Vous êtes sûr, vous aviez un sommeil agité.
Je vais bien laissez moi tranquille.
Le garde ressortit. Freya se passa la main sur le front, encore chamboulé par son rêve. Effectivement Hvitserk lui faisait beaucoup plus d'effet que prévu et elle ferait mieux de se tenir à l'écart pendant un moment. Elle sortit du lit. Ils lui avaient apporté un seau d'eau frais. Elle se passa de l'eau sur le visage et ça calma quelque peu ses ardeurs. Elle enfila une tunique verte ainsi qu'un pantalon de toile marrons. Elle enfila un corset en cuir marron et laça les lacets devant. Elle se tressa les cheveux de manière à ne pas les avoir dans les yeux. Elle attacha son épée et glissa un poignard dans son dos et le deuxième dans sa botte puis elle sortit. Elle attrapa son arc mais avant d'avoir fait deux pas en dehors du campement, elle se stoppa en reconnaissant Ivar qui l'attendait à l'entrée.
Bien le bonjour, Freya, lui dit-il
Bonjour Ivar.
Tu cherches un stand de tir peut-être?
Je vais me débrouiller ne t'en fais pas.
Aller suis-moi, je vais te montrer où c'est?
Ce n'est pas nécessaire, Ivar…
Ils ne seront pas là, si c'est cela qui te gêne, lui dit-il avec un sourire moqueur.
Comment…
Tu es bien plus facile à déchiffrer que tu ne le penses, Freya.
Si tu le dis.
Aller suis-moi.
Freya marcha à côté d'Ivar, qui rampait à la force de ses bras. Ivar apprécia qu'elle ne lui proposa pas son aide. Elle le considérait comme quelqu'un de normal. Ils mirent un petit moment avant d'arriver au stand de tir et Freya apprécia l'honnêteté d'Ivar car effectivement ses frères n'étaient pas là. Ils s'avancèrent vers le pas de tir. Ivar se hissa sur un poteau et s'y assit. Il y avait un arc et un fagot de flèches à côté. Ivar lui fit signe de se servir et il commença à tirer dans les biches empaillées. Freya vit avec surprise la première flèches d'Ivar se planter dans l'oeil de la biche. Elle se mit en position et visa également l'oeil. Ivar lui fit un petit sourire appréciateur. Ils continuèrent comme cela pendant une bonne heure. et quand le fagot fut vide, ils firent une pause. Ivar attrapa un pichet rempli d'hydromel et servit deux verre. Il en tendit un à Freya.
Skoll, dirent-ils avant de boire cul sec leur verre.
Un silence s'installa entre eux d'eux. Freya avait remarqué que Ivar tapotait ses doigts sur son verre, comme s'il était nerveux.
Crache le morceau, dit-elle
Je n'ai rien à dire, dit-il
Tu es facile à déchiffrer également Ivar, dit-elle en remplissant leur verre à nouveau.
Je te trouve beaucoup trop intelligente pour ton bien, Freya.
Je sais, dit-elle en souriant par dessus son gobelet.
Très bien, je me lance, dit-il
Freya attendit patiemment qu'il parle.
Je voulais te remercier, commença-t-il
De quoi dont?
De voir au-delà de mon infirmité, d'avoir pris ma défense contre mon frère alors que tu n'y étais pas obligée.
Tu n'as pas à me remercier pour ça Ivar. Certes, tu es infirme et je ne doute pas de la difficulté, mais ça ne t'empêche pas d'être fort. Tu es très doué en tir à l'arc, tu es capable de tenir de longue distance en rampant. Tu es fort Ivar et pourtant tu n'as pas de jambes. Tu forges le respect des autres, tu es impressionnant. Plus d'un se serait donné la mort avec cette infirmité.
Ne crois pas que je ne le sais pas, lui dit-il hautain
Non, mais tu avais besoin de l'entendre.
Si tu le dis.
C'est plus facile de faire croire que rien ne nous atteint, c'est plus facile d'être toujours en colère contre le monde entier mais nous nous rendons vite compte que c'est épuisant.
A qui le dis-tu? dit-il plus pour lui même
En tout cas, je te remercie pour cette session d'entraînement, ça m'a fait du bien.
Reviens ici, quand tu veux, c'est notre terrain d'entraînement.
Tu sais Ivar, si Bjorn refuse que je parte avec lui, je devrais impérativement rentrer chez moi.
Quoi? Papa et Maman veulent pas que leur fifille s'éloigne de trop.
Quelque chose comme ça, dit-elle avec un sourire triste.
Ivar se surprit à ne plus vouloir voir cet air triste sur son visage.
Nous nous verrons au banquet, dit-elle.
C'est ça, dit-il en acquiesçant
Freya repartit vers son campement perdu dans ses pensées. Bjorn devait absolument accepter qu'elle vienne. Elle ne voulait pas rentrer tout de suite, c'était beaucoup trop tôt, elle n'était pas prête.
Ivar ignorait ce qui l'avait fait se refermer sur elle-même mais si son besoin de partir était si important, il pouvait peut-être parler à Bjorn.
Freya entra dans sa tente et ses yeux tombèrent sur la robe que Hvitserk lui avait prêté. Elle devait la lui rendre. Mais elle n'était pas sûr d'être prête à recroiser les yeux bleus du prince. Des yeux qui lui avaient donné plus d'un frisson la nuit dernière. Rien que d'y penser elle sentait un fourmillement dans son bas ventre. Mais il fallait qu'elle se reprenne. Elle était là pour Bjorn et non pour roucouler avec un prince. Elle n'en avait pas le droit. Elle n'avait pas le droit de ressentir une quelconque attirance pour Hvitserk où pour quiconque. Elle attrapa rageusement la robe et sortit de sa tente déterminée. Elle prit la direction de la Halle. Deux gardes étaient postés devant.
Qui s'annonce ? demanda l'un d'eux
Freya Strøm, j'ai déjà rencontré la reine.
Vous pouvez entrer, lui dit-il
Freya rentra dans la Halle. La reine Aslaug faisait du tissage.
Freya, dit-elle avec un sourire de bienvenue. Qu'est-ce qui vous amène ici? demanda-t-elle
Je viens rendre cette robe, votre fils Hvitserk me l'a prêtée.
Je pense plutôt qu'il vous l'a donnée.
C'est bien aimable mais je n'en veux pas.
Vous êtes bien surprenante, Freya.
Pourquoi dîtes-vous cela?
J'ai vu de nombreuses femmes tournées autour de mes fils, même certaines esclaves souhaitent obtenir leur faveurs. La plupart du temps elle ne sont là que pour obtenir le pouvoir, et la réputation d'avoir épousée un fils de Ragnar Lotbrock. Vous, vous avez trois, dont un qui n'attends qu'une chose c'est que vous lui ouvriez votre couche et vous refusez leur avance.
Seul, Hvitserk et Ubbe m'ont fait des avances et je vous promets que j'ai refusé celle de l'un et de l'autre.
Pourquoi?
Pardon?
Pourquoi les avoir refusé?
Je croyais que vous ne vouliez pas qu'une énième femme parade aux bras de vos fils!
Donc c'est à cause de moi que vous refusez leur avances.
Non, je ne suis pas intéressée tout simplement.
Cela m'étonnerait
Je vous jure reine Aslaug que je ne suis pas intéressée par vos fils et encore moi par la couronne de Kattegat.
Vous êtes vraiment surprenante. Mais sachez que je ne peux rien refuser à mes fils, pas même une jolie femme.
Ce n'est pas nécessaire, reine Aslaug une fois que je serais revenue d'expédition, je rentrerais chez moi. Ma famille m'attend là-bas.
Seuls les Dieux en décideront.
Freya déposa la robe sur une chaise et s'inclina avant de prendre congés de la reine. Freya ignorait ce qu'elle avait fait pour finalement obtenir la bénédiction de la reine pour être avec un de ses fils. Mais là n'était pas le problème. Les premiers navires commençaient à arriver. Certains était des Jarls ou des rois puis au loin la flotte de Bjorn Côte-de-Fer approchait. Ses navires étaient plus rapides et plus résistants que les autres. Un immense sourire apparut sur le visage de Freya. Elle le sentait. Elle le sentait au plus profond d'elle. Elle monterait sur ces bateaux. Les Dieux ne l'avaient pas complètement abandonnée. Elle voguerait sur les eaux inconnues du Sud.
