Ils attendirent durant de très longues heures le retour de Bjorn et Freya était légèrement inquiète de ne toujours pas le voir revenir. Hvitserk était toujours allongé sur elle et jouait avec les mèches de ses cheveux. Il s'amusait à la chatouiller en faisant courir le bout de sa tresse sur son cou.
Arrête de faire l'enfant, dit-il en essayant de masquer son sourire.
Arrête de faire la vieille, tu commences déjà à avoir des rides.
Elle le frappa derrière la tête et il rigola de ses enfantillages. Helga voyait les deux jeunes se cherchaient sans réussir à se trouver. Un sourire nostalgique apparut sur ses lèvres. Freya et Hvitserk lui faisait penser à Floki et elle dans leur premières années. Elle non plus ne voulait pas succomber au charme de Floki par peur d'être blessée. Mais il avait réussi à lui prouver qu'il serait l'homme d'une seule femme. Même si aujourd'hui elle aimait toujours autant Floki elle avait un trou béant dans sa poitrine depuis la mort de leur fille. Elle voulait un autre enfant. Floki avait été comme un père pour les fils de Ragnar et aujourd'hui il était très protecteur envers Freya. Peut-être que c'était le moment de retenter leur chance. Peut-être que les Dieux seraient plus cléments cette fois-ci.
Hvitserk continuait ses pitreries dans le but d'enlever ce regard inquiet du visage de Freya. Il arrivait à la faire sourire et rien que pour cela il se félicitait. Puis il se redressa. Freya le regardait surprise.
Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle devant son air sérieux.
Pourquoi tu as été catégorique quand Rollo a demandé si tu étais ma compagne?
Freya souffla d'exaspération et leva les yeux au ciel. Il attrapa son visage entre ses mains et la força à le regarder dans les yeux.
Répond honnêtement Freya. Ce serait si mal que ça si tu te laissais aller ?
Freya se pinça les lèvres. Elle voulut essayer de se dérober face à son regard inquisiteur mais il ne la laisserait pas tranquille tant qu'il n'aurait pas sa réponse. Bien sûr que non ce ne serait pas si mal de se laisser aller, mais elle ne pouvait tout simplement pas. Elle n'était pas la seule à dépendre de ça. Il y avait trop de chose en jeu et elle ne voulait pas le mêler à ses histoires. Au même moment, les portes s'ouvrirent de nouveau. Bjorn entra dans le cachot. Freya et tous les autres se levèrent. Les gardes le laissèrent là sans le rattacher et ressortirent.
Qu'a-t-il dit? demanda Hvitserk
Freya avait raison. Il nous accorde le droit de passage à condition qu'il parte avec nous.
Je vous l'avez dit, dit-elle.
Et qu'as-tu répondu? demanda Floki.
J'ai dit que j'étais d'accord.
Pardon! s'exclama Halfdan. Tu comptes voyager avec ce traître!
Je n'ai pas d'autres choix! s'exclama Bjorn. J'ai déjà perdu beaucoup trop de temps dans ce cachot. Nous avons besoin de ce droit de passage si nous voulons que notre flotte arrive au complet et pour cela nous avons besoin de Rollo.
J'espère pour toi que tu as raison, lui dit Harald.
Qu'est-ce qu'on attend pour sortir de là ? demanda Freya en lui montrant ses menottes.
Rollo doit régler certains affaires avec sa femme.
Vu le caractère de cette dernière, je suis sûre qu'elle doit être enchantée qu'il parte, dit-elle avec ironie
C'est une femme, lui dit Harald, une femme chrétienne qui plus est. Elle n'a pas son mot à dire.
C'est là que vous avez tout faux, roi Harald, une femme qu'elle soit chrétienne ou viking à toujours son mot à dire et de nombreuses façon de faire plier un homme.
Je serais curieux d'entendre comment? lui dit Hvitserk en rigolant.
Tu le prives de sexe, dit-elle en haussant les épaules, et tu peux être sûr qu'il marche au pas, finit-elle avec un sourire moqueur.
Tous les hommes la regardaient avec surprise et se tournèrent vers Helga.
Elle a raison, dit-elle, c'est imparable.
Elles rirent toutes les deux sous le regard surpris des hommes. Au même moment les portes s'ouvrirent. Rollo entra.
Nous partirons demain matin, eur dit-il.
Et pourquoi pas maintenant? demanda Freya
Il faut savoir être patient, douce Freya, dit-il avec un sourire moqueur.
On patiente depuis trop longtemps déjà et si on doit attendre encore une nuit de plus dans ce foutu cachot, je vais rapidement perdre patience.
Vous ne dormirez pas ici, nous avons suffisamment de chambres pour tous vous loger et vous nourrir.
Plusieurs gardes entrèrent et ils leur retirèrent leur chaînes.
Je vais vous conduire à vos chambres, leur dit Rollo.
Ils sortirent tous du cachot et Rollo monta dans les étages. Il les mena dans un long couloir où plusieurs peintures étaient accrochés et de nombreuses armures étaient exposées. Rollo s'arrêta devant la première porte.
Helga et Floki vous pouvez dormir ici, pour les autres vous pouvez vous partager les autres pièces.
Merci, Rollo, lui dit Helga.
Il lui sourit et il voulut se retirer mais il se retourna.
Le dîner est servi dans deux heures, vous êtes tous conviés à ma table.
Pas question que je mange à la table d'un traître! lui dit Floki en entrant dans sa chambre avec Helga.
Pareils pour nous, lui dit Halfdan.
Bjorn ne dit rien mais entra dans la seconde chambre. Hvitserk suivit son frère, il ne restait donc plus que Freya.
Je viendrais, lui dit-elle
Bjorn, risque de ne pas être d'accord.
Sauf que Bjorn n'a pas à me donner d'ordre et je ne suis pas montée sur son bateau pour lui cirer les bottes. Je viendrais Rollo.
Puis elle s'éloigna dans le couloir. Elle ouvrit la porte et elle devait avouer qu'elle était impressionnée par la chambre. Un grand lit avec des rideaux bordeaux tout autour trônait au milieu de la pièce. Les couvertures étaient épaisses et soyeuses, une grande armoire en bois était plaquée au mur et débordaient de lourdes robes toutes plus belles les unes que les autres. Les murs de pierres étaient recouvertes de tapisseries épaisses représentant ce qui devait être leur divinité. Freya se dirigea vers la porte du fond et stoppa dans l'entrée. Hvitserk sortit la tête de sa tunique quand il entendit la porte s'ouvrir. Un sourire moqueur s'étira sur son visage.
Voilà qui est intéressant, dit-il. Il faut croire que les Dieux me sont favorables.
N'y pense même pas Hvitserk, si tu approches cette chambre je coupe la seule chose qui te permettra un jour d'avoir des enfants.
Pourquoi tant de violence alors qu'il te suffirait de céder, dit-il en s'appuyant contre le chambranle de la porte.
Laisse tomber, Hvitserk, je ne suis pas intéressée, dit-elle en lui tournant le dos.
Mais Hvitserk ne l'entendit pas de cette oreille. Il lui attrapa le bras et la plaqua contre la porte. Il posa une main de chaque côté de son visage pour l'empêcher de s'échapper. Freya se retrouvait coincé entre les bras de Hvitserk et devant son regard intense.
Bien sûr que si tu es intéressée, dit-il d'une voix sensuelle. Je l'ai senti quand je t'ai caressé la première fois.
Une de ses mains caressa la joue de Freya puis il caressa de son pouce sa lèvre inférieur. Il descendit le long de sa gorge et il pouvait sentir son pouls s'accélérer sous ses doigts, signe que ce qu'il lui disait et lui faisait, lui plaisait. Il colla son front au sien. Leur nez se frôlèrent. Il continua de faire glisser sa main sur son corps. Freya était comme hypnotisé par ses gestes. Elle voulait qu'il la touche.
Tu te souviens, Freya, comme tu étais humide, lorsque je t'ai caressée. Lorsque je t'ai caressée juste ici, dit-il en posant sa main à plat sur son sexe.
Freya laissa échapper un hoquet de surpris mais également de plaisir.
Hvitserk…. Arr….
Chut… dit-il en posant un doigt sur ses lèvres. Laisse-moi faire.
Il se mit à la caresser plus franchement par-dessus son pantalon. Il voyait bien qu'elle se retenait d'exprimer le plaisir qu'il lui donnait. Elle se mordait la lèvre. Il voulut aller plus loin dans son exploration et il commença à dénouer les lacets de son pantalon en cuir. Il voulut plonger la main dedans mais elle posa brusquement sa main sur son poignet.
Hvitserk, dit-elle d'une voix hachée, je ne peux pas….
Pourquoi tu pourrais pas me laisser te faire du bien?
Je ne peux pas… ça dépend pas que de moi…. je….
Quoi, Freya? Explique-moi!
Je ne veux pas te mêler à mes problèmes et tu ferais mieux de ne pas essayer de savoir pourquoi.
Freya vit sa mâchoire se contracter sous la frustration. Il voulut se reculer d'elle mais elle attira son visage vers le sien.
Ce n'est pas contre toi, dit-elle en plongeant son regard dans le sien.
C'est contre qui alors?
Les Dieux ne le permettraient. Dans une autre vie, j'aurais été toute à toi, dit-elle en effleurant ses lèvres des siennes.
Elle embrassa sa joue à la commissure de ses lèvres et elle s'échappa de sa prise. Elle retourna dans sa chambre et ferma la porte. Hvitserk grogna de frustration et frappa du poing dans la porte. Pourquoi refusait-elle de s'ouvrir à lui, de s'offrir à lui? Elle en avait autant envie que lui. Il le savait, il l'avait senti et ce presque baiser l'avait bien plus chamboulé qu'il ne l'aurait pensé. C'était lui qui était sensé être le maître de leur jeu, pas elle. C'était lui qui devait la séduire, pas elle. Elle était en train de le rendre dingue. Il la voulait comme jamais il n'avait voulu une femme, il la désirait. L'étroitesse de son pantalon pouvait en témoigner. Il posa la main sur son sexe bombé et un gémissement de frustration lui échappa. Il avait un sérieux problème et il doutait de pouvoir trouver une femme à proximité. Il fallait qu'il l'ait. Pour cette fois-ci il allait devoir se débrouiller seul. C'était sur ces pensées qu'il commença un léger va-et-vient sur son sexe en pensant à la femme qui était juste derrière la porte contre laquelle il était appuyé.
