100 ans plus tard.

Vacuo était un immense continent désertique. Il était d'une telle envergure qu'une grande partie restait inoccupée et incontrôlée. Pendant longtemps cette région avait été le témoin de trafic en tous genres, c'était alors une zone sans foi ni loi. Néanmoins, un changement s'était opéré progressivement. Peu de personnes savaient pourquoi, mais beaucoup soupçonnaient l'oasis d'en être la cause. C'était un lieu encore plus sauvage que le reste du désert. Les animaux y étaient mortels, que ce soit avec du poison ou leurs crocs et griffes. La végétation y était quasi inexistante, et la chaleur si oppressante qu'on disait qu'il était impossible d'y vivre. Pourtant, une légende racontait qu'une colonie y avait été établie. Sauf que ceux qui s'y rendaient n'en revenaient jamais.

_ Tu souhaites toujours t'y rendre? Demanda un homme à la peau noircie par le soleil.

Il regardait de haut une midinette qui ne devait même pas encore avoir vingt ans. Celle-ci était habillée avec un mini-short, un haut transparent et un large chapeau avec une plume. Elle glissa une main dans ses longs cheveux blonds avant de darder ses yeux verts sur lui.

_ Je n'ai entendu que des encouragements dans votre récit, répondit-elle avec un sourire qui aurait pu être provocateur s'il n'était pas aussi innocent.

L'homme cracha par terre devant son attitude désinvolte. Néanmoins, l'argent était l'argent, et il la guida sur son véhicule jusqu'à la zone où l'oasis était censé se trouver. La gamine le remercia poliment alors qu'il la lâchait au milieu de nul part. Il n'y avait rien autour d'eux. Il sentit un soupçon de remords.

_ Tu ne trouveras rien ici à part ta mort, lui assura-t-il, rentre tant que tu le peux.

_ Je connais la mort, c'est une vieille amie.

Il la regarda comme si elle était folle.

_ J'ai toujours voulu dire ça ! s'exclama-t-elle avant de s'éloigner en riant.

Le souvenir de cette gamine marchant vers une mort certaine devait rester gravée pour toujours dans l'esprit de cet homme.

Pourtant, la jeune fille n'en démordit pas. Elle marcha jour et nuit malgré la chaleur, malgré le froid. Elle n'avait pas de cartes ni d'objets pour la guider. Elle n'avait besoin que d'une seule chose, invisible, bien à l'abri dans son âme.

Elle serra les anses de son sac pour se donner du courage. Elle sentait qu'elle touchait au but. Enfin, elle aperçut une construction en pierre. Elle ressemblait à un obélisque anonyme fait de pierres noires et grises. Sur le piédestal, quelqu'un était assis. C'était une femme d'une trentaine d'années. Elle avait de longs cheveux blancs, des yeux transparents. Sa peau était foncée par le soleil. Elle se tenait négligemment, elle leva les yeux en entendant la jeune fille arriver.

_ Yo ! Tu en as mis du temps, petite soeur, fit-elle un sourire démesuré sur les lèvres.