Bonjour à tous !
Voici le Secret Santa pour l'évent du forum HQ. Oui un Secret Santz posté le 31 ne faites pas attention ! Joyeux Noël à Doudou (aka La Pomme Verte) a qui est dédiée ce texte, j'espère sincèrement que ton cadeau de plaira !
Disclaimer : Les personnages appartiennent à Furudate Haruichi.
Pairing : YakuNoya
Genre : Fluff, et du fluff, et encore du fluff
Rating : K
Nombre de mots : 7.7k
Bêta lecture : Merci à Tsushin pour sa bêta cohérence et à elle et Takka qui m'ont aidé niveau idée !
Yaku avait toujours été soigneux. Il faisait très attention à ses affaires, telles qu'elles soient, et encore plus à celles qu'on lui prêtait. Il n'avait jamais rien cassé, au point que ça en relevait presque du miracle en comparaison à la façon dont il pouvait être brutal avec les êtres humains. Le seul objet qui était constamment abîmé, ébréché, cabossé, taché, esquinté, fissuré et bon nombre d'autres adjectifs décrivant son état lamentable, était son téléphone portable. Comme pour tous les autres terriens, c'était l'objet qui le reliait à son âme sœur. Il avait reçu son premier téléphone à onze ans. Ses parents l'avaient réceptionné dans leur boîte aux lettres et lui avait donné comme c'était la coutume. Pendant un peu plus d'un an, le cellulaire avait été immaculé du moindre impact.
Le libéro de Nekoma se souvenait très bien du jour où la catastrophe avait commencé. Le 10 octobre 2006, après avoir pris sa douche en revenant de l'entraînement, il avait retrouvé une large fissure sur l'écran de son téléphone à clapet. Le châtain était resté quelques instants bouche bée, face à l'objet. Soit son âme-sœur avait un modèle de téléphone bien plus fragile que le sien, même s'il en doutait, c'était censé être le même dans l'immense majorité des cas, soit il avait lancé l'objet contre un mur pour arriver à ce résultat. Étant donné que c'était la première fissure depuis qu'il le possédait, Yaku en déduisit que son âme sœur avait juste était peu précautionneuse ce jour-là et que l'événement ne se reproduirait plus. Il était bien loin de s'imaginer à quel point il avait faux.
Depuis ce jour maudit, son téléphone se retrouvait quasi tous les mois, si ce n'est plusieurs fois par mois, orné de nouveaux impacts. En première année de lycée, le gouvernement avait déjà changé son cellulaire par un neuf par quatre fois. Étant donné que c'était toujours son âme sœur qui était responsable de la casse, c'était lui qui devait en payer les frais. Yaku ne savait pas si son âme sœur était d'une famille bourgeoise pour laisser passer ça, mais dans tous les cas, la personne avec qui il était lié ne changeait pas ses habitudes.
Kuroo se moquait d'ailleurs régulièrement du libéro, se demandant comment il avait pu être assorti à quelqu'un d'aussi peu consciencieux. Même Yaku l'ignorait. Ce dont l'équipe était sûre, par contre, c'était que quand Yaku était le pire des démons c'était souvent lié à un nouvel impact sur son téléphone.
L'objet faisait tache parmi les affaires sans le moindre accroc du libéro des chats. Ce dernier n'avait jamais beaucoup été sur son téléphone, notamment pour ne pas l'abîmer plus que son âme sœur le faisait déjà, mais avec les années qui passaient il ne pouvait quasiment plus le voir en peinture. Il passait son temps à clamer que son âme sœur allait l'entendre, le jour de leur rencontre.
Alors qu'il rentrait en deuxième année, Yaku constata avec dépit que la personne à laquelle il était lié s'était prise d'une nouvelle lubie sur ce pauvre portable. Ce dernier était désormais un smartphone et Yaku, anticipant les frasques de l'autre négligeant, s'était empressé de le protéger d'une coque. Protection qui avait fini couverte de stickers. C'était ça, la lubie de son âme sœur. Yaku, en dernière année de collège, avait déjà dû supporter un portable avec une partie recouverte de peinture orange pendant quelques mois. Acrylique qui avait été grattée par la personne qui l'avait projeté là, visiblement. Un "désolé" était d'ailleurs apparu en relief et l'âme sœur avait laissé le reste de la peinture s'écailler. Yaku avait été attendri en voyant la façon de s'excuser.
Ça n'avait pas empêché cette même âme sœur de coller moult stickers sur la coque. Yaku les connaissait par cœur. L'ordre dans lequel ils avaient été collés, leurs emplacements, lesquels étaient abimés, ceux dont une partie se décollait et qu'il lissait d'un geste du pouce par réflexe. Le premier avait été un ballon de volley en bas à droite de la coque. Yaku avait été surpris quand il avait découvert ça, en sortant son téléphone de son sac après sa journée de cours pour consulter ses messages. Ça lui avait arraché un doux sourire. Quand l'équipe l'avait remarqué, après l'entraînement, Yamamoto avait même cru que c'était Yaku qui l'avait collé là. Le libéro avait évidemment démenti et Kuroo avait sorti son meilleur sourire goguenard pour lui dire que ça lui faisait un point commun avec son âme sœur.
Le deuxième avait été un éclair qui s'étalait juste à côté de l'appareil photo. Le bas était légèrement déchiré. Des marques de griffures étaient apparues en bas du sticker avant ça, visiblement son âme sœur passait ses nerfs dessus. Le troisième était un corbeau en plein milieu. Le bec se décollait constamment et Yaku avait pris l'habitude le soir de vérifier que son âme sœur l'avait bien recollé. Si au début, c'était le cas, ça avait très vite fini par ne plus l'être et le libéro de Nekoma le lissait par habitude avant d'éteindre son portable pour la nuit.
Les deux suivants avaient été collés en même temps, en tout cas le même jour car Yaku les avait aperçu en même temps en sortant de l'entraînement. Deux petits stickers ronds, une avec une étoile blanche à l'intérieur d'un cercle bleu et une autre rouge dans un cercle blanc. Juste au-dessus de la balle de volley, légèrement décalés sur la gauche. Ces deux-là étaient restés quasiment intacts. Visiblement son âme sœur y tenait. Le cinquième avait aussi demeuré immaculé de la moindre égratignure pendant un moment. C'était un petit rectangle représentant un lever de soleil, juste au-dessus du corbeau, à côté de l'éclair. Yaku l'avait trouvé joli, même s'il trouvait ça trop paisible pour ce qu'il avait perçu de son âme sœur avec les années. Cependant, un soir, il ne retrouva qu'une partie du sticker sur la coque. Il était déchiré et il ne restait que quelques bouts du paysage qui n'était quasiment plus reconnaissable. Le lendemain, son âme sœur l'avait complètement retirée.
Yaku n'avait jamais personnalisé le téléphone depuis qu'il l'avait. Il laissait ça à son âme sœur, il trouvait qu'elle le faisait suffisamment pour deux. Néanmoins, ce jour-là, en rentrant chez lui, il avait fait un détour par une papeterie. Le libéro avait longuement hésité devant les nombreux stickers. Il avait fini par en prendre un avec marqué "courage" accompagné d'une petite tête de chat. Une fois face à son bureau, il avait positionné le sticker correctement avant de le coller. Il ne l'avait pas mis à l'ancien emplacement du soleil levant mais au-dessus, au même niveau que l'appareil photo. Quoiqu'il s'était passé, ça avait affecté l'autre propriétaire du téléphone.
L'attention sembla plaire à son âme sœur car dès le lendemain il retrouva un petit sourire dessiné sur le bord blanc bordant le sticker qu'il avait ajouté. Quelques jours plus tard, un autre sticker prit place sur la coque. Il arracha un sourire attendri à Yaku. Juste à côté de la balle de volley se trouvait un sticker de chat noir allongé.
Le téléphone avait tenu par miracle jusqu'à la dernière année de lycée de Yaku. Un bon mois après le début de son année, il avait aperçu un nouveau sticker enfin plutôt un ancien qui avait fait sa réapparition. En effet, le lever de soleil était de nouveau à sa place. Il était légèrement différent du sticker qui avait été violemment arraché quelques mois auparavant mais cela se jouait sur des détails. Yaku conclut que son âme sœur n'avait pas pu retrouver exactement le même mais que le problème était réglé. Il hésita à enlever le seul sticker qu'il avait ajouté mais se ravisa, en se disant que son âme sœur pourrait mal interpréter son action.
Le portable avait continué de survivre jusqu'au match amical entre Karasuno et Nekoma. Quelques jours avant la rencontre, une énorme fissure avait zébré tout l'écran, rendant furieux le libéro de Nekoma. Il fut encore plus intraitable qu'à son habitude avec ses coéquipiers, notamment Lev. Ça en était au point où Kuroo lui demanda ce qui s'était passé, doutant que ça soit juste une nouvelle fissure au téléphone qui avait déclenché ça.
Yaku avait râlé qu'il ne voulait pas que son téléphone le lâche de nouveau, surtout à quelques jours d'un match. Ses jeunes frères voulaient les résultats des matchs au plus vite, n'ayant pas grand-chose à faire que ça soit juste amical. Son âme sœur risquait fort de l'en empêcher s'il continuait de s'acharner sur le pauvre portable. Yaku avait fini par cracher qu'il devait être tombé sur un délinquant qui devait s'amuser à jouer au volley avec son téléphone pour qu'il finisse dans cet état.
Le portable ne subit aucun choc jusqu'au match. Il était toujours amoché mais fonctionnel. C'est tout ce qui importait à Yaku sur le moment. Il nota cependant que le sticker de corbeau ne s'était pas décollé depuis la dernière fissure. Le libéro ne savait si son âme sœur tentait de se faire pardonner en le lissant à sa place ou si elle avait perdu le cellulaire. Il finit par abandonner l'idée de comprendre la personne avec laquelle il avait été lié, du moins temporairement, il avait plus important à penser. Le match en premier lieu. Ce n'était peut-être qu'une confrontation amicale mais Yaku tenait quand même à gagner. De plus, ça lui ferait toujours un entrainement de choix si les corbeaux sans aile avaient repris leur envol.
Le matin du match, Yaku avait laissé son téléphone dans son sac de sport comme il le faisait habituellement. L'équipe s'était levée aux aurores pour prendre le bus pour Miyagi. Yaku avait passé le trajet sans toucher au cellulaire, veillant à son équipe depuis son siège dans le fond du bus. Kuroo l'avait charrié avant de lui demander si son téléphone n'avait pas rendu l'âme. Yaku avait répondu que non, mais pris tout de même la peine de le sortir de son sac pour vérifier que son âme sœur n'avait pas décidé de lui donner tort.
Le téléphone était toujours dans le même état. Yaku du s'y reprendre à deux fois pour le déverrouiller, le bouton ayant commencé à lâcher un mois auparavant. L'écran s'illumina dévoile son fond de verrouillage. Yaku était satisfait de pouvoir au moins choisir ça et de ne partager que l'apparence extérieure du téléphone. Il ne préférait pas savoir quel fond d'écran étrange aurait pu mettre son âme sœur. Il en profita pour regarder l'heure et constater qu'ils arriveraient d'ici une heure. Il le verrouilla de nouveau pour le plonger dans son sac en veillant à le mettre dans la petite poche prévue à cet effet.
Ils s'échauffèrent avant de rejoindre le lycée des corbeaux. Kenma prit même le temps de se perdre et les troisièmes années lui rappelèrent de faire attention. Ils mangèrent dans un petit restaurant à proximité avant de rejoindre le lycée de Karasuno, plus précisément le gymnase. Tout le monde sympathisait, chacun à sa manière. Yaku s'entendit assez rapidement avec le passeur de dernière année. Les trois matchs éprouvèrent l'endurance de l'équipe de Nekoma qui, cependant, s'en sorti victorieuse à chaque fois.
Yaku ne sentait plus ses bras à la fin de la journée, les smashs de l'ace de Karasuno les ayant bien sollicités. Le libéro discuta avec Sugawara pendant le rangement, en sentant un regard dans son dos. Le passeur tenta de le rassurer mais avant qu'il ait pu finir sa phrase, le libéro de Karasuno entra en scène. Il félicita Yaku sans que ce dernier ne puisse répliquer. Sugawara s'excusa pour lui. Le rangement se termina sans que le regard du 4 des corbeaux ne se repose sur Yaku. Avant le départ de Nekoma, les deux équipes discutèrent quelques instants. Le châtain était toujours avec Sugawara mais son attention fut bientôt détournée par Nishinoya qui cherchait à emprunter un portable.
"Qu'est ce qui est encore arrivé au tien ?" demanda l'argenté, poussant encore plus l'intérêt du libéro des chats vers celui de Karasuno.
Le plus petit s'approcha du duo, après que Tanaka eut accepté de lui prêter son cellulaire.
-Mon grand-père me l'a encore confisqué.
-On peut pas dire que ton vieux soit du genre strict, plaisanta Tanaka, t'as fait quoi encore ?"
Nishinoya finit de taper son message avant de rendre le téléphone à son ami.
"C'est à cause de ce qui s'est passé il y a trois jours. Il ne veut pas avoir à en repayer un nouveau." répondit le libéro, déjà à moitié en train de bouder.
Yaku ne saisissait pas de quoi parlait le duo. Il lança un regard interrogatif vers le passeur pour voir si celui-ci avait plus d'informations que lui. Ça semblait être le cas, vu son regard désespéré sur Nishinoya.
"Il a raison, tu prends pas soin de tes affaires." sermonna Sugawara.
Nishinoya répondit en gonflant les joues. Il savait que les autres avaient raison, c'est pas pour ça qu'il aimait l'entendre.
"J'en ai cassé aucun cette année, ni l'année dernière.
-Parce que ton âme sœur a eu l'intelligence de le protéger avec une coque ?" se moqua Tanaka.
Nishinoya se remit à bouder, rejoignant Asahi en tirant la langue à son camarade de deuxième année.
"Je plains son âme soeur, soupira Sugawara, enfin vu le caractère de Nishinoya, je doute que la personne puisse lui en vouloir longtemps.
-Ça dépend avec qui il a été assorti. Je peux t'assurer que ça aurait été ma sœur, elle se serait pas retenue de l'engueuler.
-Elle est pas aussi peu soigneuse que Nishinoya avec ses affaires ? sourit le passeur.
Tanaka répondit d'un grand rire avant de rectifier.
"Ok. Si elle avait été soigneuse."
Yaku avait assisté à l'échange, muet. Il avait d'abord juste écouté par curiosité avant de relever beaucoup de coïncidences. Beaucoup trop.
Au début, il avait pensé que Nishinoya était juste une personne de plus qui ne faisait pas attention à ses affaires, comme il en existait plein. L'accident avait eu lieu exactement le jour où la fissure avait éclaté l'écran de son téléphone mais statistiquement ça se tenait. C'était aussi probable que le fait que son téléphone n'ait pas été abîmé ces derniers jours était dû à tout autre chose qu'une confiscation par une membre de la famille, même si ça commençait à devenir suspicieux. Que son portable n'ait pas été changé depuis quasiment deux ans comme celui de Nishinoya et que, comme ce dernier, il avait eu des portables brisés les années auparavant pouvait juste être un malheureux hasard. Même si ça commençait à faire beaucoup.
Ce qui avait vraiment commencé à convaincre Yaku que c'était un peu beaucoup pour être juste des coïncidences, c'était la coque. Là, ça commençait à faire beaucoup. Cumulé au fait que Sugawara avait laissé échapper que Nishinoya n'était pas des plus précautionneux, même si ça se devinait sans souci avec les autres informations. Il fit mentalement la liste de tous les stickers qui s'étendaient sur la protection plastifiée. Le ballon de volley, c'était raccord, le corbeau aussi, l'éclair, il avait suffisamment entendu Nishinoya hurler "Rolling thunder" pour que ça ne soit pas complètement hors de propos, restait les deux étoiles et le lever de soleil… Il chercha mais il ne trouva rien qui corrélait avec le libéro de Karasuno. L'amas d'informations, par contre, suffisait à lui laisser le doute.
Yaku avait une idée qui pourrait potentiellement affirmer ou infirmer ses craintes. Il se gratta la nuque, jeta un dernier regard à Nishinoya avant de se retourner vers Sugawara. Il allait parler quand leur coach les somma de monter dans le car. Yaku salua donc le passeur et l'attaquant avant de rejoindre son équipe. Il aurait voulu demander de quelle année était le libéro de Karasuno mais il se dit qu'il trouverait sûrement l'information en ligne ou dans un magazine de volley. Un tel libéro n'était sûrement pas passé inaperçu pendant ses années de collège.
Sur le retour, il demanda aux membres de son équipe qui avaient des magazines sur le volley. Sans surprise, tous répondirent par l'affirmative. Il continua, en questionnant s'ils se souvenaient avoir lu un article sur le libéro de Karasuno. Le châtain s'était justifié en prétextant qu'il était impressionné par ses compétences, ce qui n'était pas complètement faux. Le demi mensonge passa inaperçu, en tout cas personne ne le releva en premier lieu. Shibayama lui dit qu'il devait avoir vu ça dans un de ses magazines et qu'il l'apporterait au libéro titulaire lundi. Kai ajouta que ça lui disait aussi quelque chose mais qu'il n'était pas sûr. Il promit à Yaku de regarder et le châtain les remercia avant de retourner à sa place. Kuroo, toujours assis à côté de lui, lui envoya un sourire en coin par lequel Yaku répondit d'un haussement de sourcil.
"Tu trompes personne." railla le brun.
Le libéro lui lança un regard noir avant de détourner son attention du capitaine sans omettre de lever les yeux au ciel.
"Je vois pas de quoi tu parles."
Il n'avait pas pu s'empêcher de répliquer. Encore un demi mensonge, en soit, Kuroo n'avait pas les informations que, lui, il avait et donc aucune raison d'être au courant de quoi que ce soit. Enfin, son capitaine avait tendance à être toujours au courant de tout mais Yaku ne voyait vraiment pas comment il pouvait savoir pour ses soupçons sur Nishinoya. Un rire malicieux éclata à ses côtés et la conversation s'arrêta là.
En rentrant, Yaku alluma son ordinateur portable sans passer par la case douche. Ses petits frères lui sautèrent dessus, avant même qu'il ait le temps de taper son mot de passe. Il leur ébourriffa les cheveux, les chatouilla avant de les chasser de sa chambre, sans pouvoir échapper aux protestations des plus jeunes. Il dut promettre de raconter tous les matchs, en détail, pendant le dîner pour, enfin, mettre fin aux supplications. Il finit par refermer la porte, alors que les deux monstres couraient jusqu'au salon, plein d'entrain.
Yaku s'installa devant son pc, tapant son mot de passe, très utile au vu des deux petits curieux de la maisonnée, et commença ses recherches. Il n'avait que son nom et ça ne suffit pas pour le trouver. Il chercha comme il pouvait jusqu'à tomber à court d'idées. Il fila à la douche avant le repas alors que ses petits frères braillaient gaiement dans la pièce principale.
Le lundi arriva et Shibuyama tendit un magazine à Yaku dans les vestiaires. Le troisième année l'ouvrit immédiatement à la page indiquée par le plus jeune. Un feuillet était dédié au libéro qui trainait dans la tête de Yaku depuis le match. Il le reconnut sur la photo qui accompagnait l'article, la même énergie se dégageait de lui. Elle avait été prise le jour de la remise des prix. Il regarda la date du magazine pour constater qu'il datait de trois ans auparavant. Il lit l'article qui accompagnait le cliché. Cela confirma ses soupçons, Nishinoya avait bien un an de moins que lui.
"Alors, en quoi est-il si intéressant, ce libéro ?" avait lancé une voix dans son dos.
Kuroo, forcément, il n'avait que lui pour être aussi fouineur. Sans même avoir besoin de se retourner, Yaku savait la tête que tirait le capitaine, le roi de la provocation, comme d'habitude.
"Il était à Chidoriyama. Il a gagné un prix pour ses compétences de libéro en dernière année de collège."
Il se retourna vers la fouine avec un sourire.
"C'est pour ça qu'il me disait quelque chose, compléta-t-il.
-Un joueur d'exception, pas étonnant qu'il ait attiré ton attention." continua le capitaine.
Le châtain savait pertinemment que les mots de Kuroo n'étaient pas choisis au hasard. Il se retourna pour rendre le magazine à Shibuyama avec un sourire et un remerciement puis finit de se changer. Ses pensées commençaient à s'agiter, se demandant si le 4 de Karasuno était son âme sœur. Il décida de laisser ses questionnements aux vestiaires, se focalisant sur l'entraînement. Le volley avait le don de lui vider la tête. En retournant dans la pièce pour se changer, il constata un énième impact sur le bord du téléphone lui arrachant un soupir d'exaspération.
Le libéro de Karasuno avait fini par lui sortir de la tête, difficilement, il y repensait de temps à autre. Les matchs de l'Interlycée ne lui avaient cependant pas laissé le loisir de trop y songer. Mais l'annonce de la présence de Karasuno au camp d'été rappela Nishinoya à ses pensées. Il se disait que ça serait un moyen d'être fixé. En espérant que le téléphone ne rende pas l'âme avant le camp. Ce dernier semblait au bord de la rupture chaque jour qui passait. Des fois, il s'éteignait sans raison, d'autres, il refusait de se déverrouiller. Yaku finit par se demander quand son âme sœur allait finir par pulvériser le téléphone pour en avoir un nouveau qui ne plantait pas en plein milieu d'un message. Il se rassurait en se disant qu'au moins, cette année, son âme sœur, peut-être Nishinoya, n'avait pas décidé d'éclabousser le téléphone de peinture.
Le camp d'été arriva en ce qui sembla être un claquement de doigts pour Yaku. Entre les cours, ses notes qui devaient rester dans la moyenne haute, le volley, les entraînements supplémentaires pour mettre à niveau Lev et ses deux frères qui le demandaient constamment, il n'avait pas vu le temps passer. L'équipe des corbeaux avait bien évolué depuis les derniers matchs amicaux. Le soir, les distinctions entre les équipes et les classes se faisaient plus floues. Tout le monde parlait, sans se soucier d'être de futurs adversaires. Yaku avait encore plus sympathisé avec Sugawara.
Ce serait mentir de nier qu'il avait utilisé son fin sens de l'observation pour guetter Nishinoya. Il lui avait même adressé la parole de temps à autre, surtout pour parler du poste de libéro. Celui de Karasuno lui faisait fréquemment des compliments sur ses compétences, laissant Yaku le remercier en ne sachant pas trop où se mettre. Avoir connaissance de ses aptitudes était une chose, les entendre de la part d'un autre libéro qui excellait, s'en était une autre. Déjà quand il s'agissait de Lev, ça le mettait mal à l'aise. Sugawara semblait avoir remarqué tout ça mais n'en avait rien dit. Par contre, un sourire en coin s'étirait sur ses lèvres le peu de fois où il avait vu Yaku sortir son téléphone.
Le jeudi soir, après un repas aussi agité qu'à l'accoutumée, une partie des membres de Karasuno, Nekoma et Fukurodani s'étaient regroupés dans le dortoir de la première équipe. Des petits groupes s'étaient formés, discutant de tout et rien, mais majoritairement de volley et du lycée. Yaku était assis contre un mur entre Kai et Sugawara. Kuroo, Kenma, Akaashi et Bokuto agrémentaient le trio précédemment cité. Les conversations allaient bon train surtout animées par les deux capitaines. Le nombre les rendait bruyants mais ça n'empêchait pas trois membres de Karasuno de l'être encore plus.
En effet, ayant ramené une table, dont la provenance restait inconnue, Nishinoya, Tanaka et Hinata s'agitaient en fixant le plastique du meuble. Plus précisément, un objet sur ledit plastique. Le libéro de Karasuno semblait dans un état de concentration qui égalait presque celui qu'il avait en match. Sa langue sortie, les sourcils froncés, le regard droit, il tenait un bout de papier entre ses doigts. Yaku remarqua que ses cheveux étaient aplatis sur sa tête, le rendant encore plus petit qu'il ne le semblait l'être en temps normal. Autour de lui, Tanaka braillait des encouragements, répétés par le petit central. En l'absence de Daichi, c'était Sugawara qui leur lança un regard inquiet.
"Mais qu'est ce qu'ils font encore, ceux-là ? marmonna le passeur à voix basse, plus pour lui-même que pour les autres.
-Il est pas couché normalement votre libéro à cette heure-là ?" demanda Kai avec un petit sourire.
Sugawara hocha la tête, le regard toujours sur le trio. Il finit par reporter son attention sur les personnes présentes à côté de lui.
"Si, si, et ça augure rien de bon qu'il soit encore éveillé actuellement…
-C'est lui qui vous réveille le matin en ouvrant les rideaux, non ?" railla le capitaine de Fukurodani, se joignant soudainement à la conversation.
-Bokuto-san, tu fais la même à notre équipe." lui rappela le passeur de la même équipe d'une voix monocorde.
Le susnommé commença à s'énerver, vexé, sur Akaashi qui ne semblait pas s'en soucier. Yaku regardait le duo de Fukurodani, répondant distraitement à Sugawara et Kai qui avaient repris une conversation ne se centrant pas sur le trio d'agitateurs. Yaku bailla, jetant un regard vers la fenêtre. Il faisait nuit noire et seuls quelques points lumineux troublaient l'obscurité extérieure. Il reporta son attention sur le groupe qui l'entourait, participant aux conversations pour éviter de s'endormir, surveillant Kenma du coin de l'œil qui tentait de s'échapper de la pièce à plusieurs reprises, toujours rattrapé par Kuroo.
Soudainement, un bruit net fit taire toute la salle, faisant se tourner toutes les personnes présentes vers le bruyant trio de Karasuno. Les trois corbeaux s'étaient tu, fixant le sol d'un air ahuri. Un rire finit par éclater, celui de Tanaka, qui se moquait allègrement de Nishinoya qui allait se faire allumer par son vieux, comme il disait. Le libéro répondit encore plus fort qu'il n'avait pas intérêt à le balancer.
Yaku gardait ses yeux sur le sol. Le téléphone du 4 de Karasuno s'était écrasé sur le sol, envoyant voler la batterie dans un coin, la coque arrière dans un autre, de plus petites pièces à droite et à gauche alors que l'écran et ce qui était rattaché avait atterri sous la table. Sugawara s'était levé pour demander des explications et était revenu, à peine quelques minutes plus tard, exaspéré par la bêtise dont pouvaient faire preuve ses cadets.
"Alors ?" questionna Yaku, curieux de savoir comment la catastrophe était arrivée.
Un deuxième soupir lui répondit alors que le passeur s'appuyait à son tour contre le mur.
"Nishinoya voulait coller un nouveau sticker sur sa coque, commença Sugawara, Tanaka et Hinata l'encourageaient, ça faisait bouger la table par moment."
Il se retourna vers Nishinoya quelques instants, laissant un soupir désespéré franchir ses lèvres alors que le libéro ramassait les bouts de son téléphone.
"Enfin, ça, ils se sont bien gardé de me le dire mais je l'ai vu. Nishinoya a enfin collé son autocollant, et a étendu les bras pour montrer aux autres son œuvre..."
Il acheva son explication en se pinçant l'arrête du nez alors que Nishinoya mettait les morceaux de son téléphone en vrac dans son sac.
"Sa main a tapé son téléphone qui s'est écrasé sur le sol. Son âme soeur va être furieuse."
La dernière phrase fit tiquer le libéro de Nekoma. Comment Sugawara pouvait bien savoir que son âme sœur allait le tuer. Nishinoya l'avait déjà rencontré ?
"Comment ça ?" demanda Kuroo qui venait de s'incruster dans la conversation.
Le passeur de troisième année tourna la tête, un peu surpris. Il ne vit donc pas le regard noir que lança Yaku à son capitaine. Sugawara resta silencieux, cherchant visiblement ses mots et Kuroo enchaîna, se moquant bien du regard qui le fusillait.
"Il l'a déjà rencontré ?"
Le passeur secoua la tête après une légère seconde d'hésitation.
"C'est juste que son âme soeur à jamais fait le moindre impact sur son téléphone. Enfin même si c'était arrivé, je doute que Nishinoya s'en soit rendu compte. Puis… La personne a même pensé à protéger le téléphone d'une coque. Je suis pas sûr que ça lui plaise que Nishinoya fasse tomber son téléphone tous les deux jours, répondit Sugawara, enfin je peux me tromper." finit-il par ajouter.
Même si Yaku avait reporté son attention sur le passeur, il sentait le regard de Kuroo sur lui.
"Effectivement ça doit bien ennuyer son âme sœur..., répliqua le capitaine avec un ton taquin, Je sais pas ce qu'ils ont a associés des âmes sœurs aussi négligentes à des personnes aussi soigneuses…"
Il avait légèrement haussé le ton, un rictus moqueur sur les lèvres.
"Je sais que c'est de moi que tu parles ! avait braillé Bokuto en se tournant vers le capitaine des chats.
-Pour une fois que je suis d'accord avec Kuroo-san, avait soupiré le passeur de deuxième année.
-Akaaaashi !"
Kuroo s'était fendu d'un rire moqueur et l'amusement avait parcouru la table, allant d'un discret sourire à un esclaffement sincère. Le bruit de la conversation finit par s'amplifier au point que le coach Ukai vinrent leur hurler de retourner dans leurs dortoirs respectifs pour dormir sinon ils allaient en baver le lendemain. L'équipe de Nekoma et de Fukurodani avaient donc suivi les ordres, certains pestant un peu contre les plus bruyants qui avaient forcés les festivités à s'interrompre, plus bruyants qui, de leur côté, ralaient sur le coach de Karasuno.
Dans le dortoir de Nekoma, Yaku fut bien content, finalement, de pouvoir se reposer, il était éreinté. Il ouvrit son sac de sport pour attraper son téléphone et vérifier son alarme pour le lendemain. Le libéro attrapa le cellulaire qui, une fois dans ses mains, glissa lentement sur le sol, en morceaux. Toute l'équipe s'était retournée vers lui, même de dos, il ne pouvait pas ignorer le poids des regards qui pesaient sur lui. Il se mit à vider son sac, un mélange d'émotions montant en lui.
Il finit par trouver la coque, après avoir envoyé bouler quasiment toutes ses affaires. Il regarda les stickers, un de plus trônait juste au-dessus du seul qu'il avait ajouté. Les kanjis de la devise de Karasuno s'étalaient juste au-dessus du sticker qu'il avait apposé. Yaku se souvenait très bien l'avoir aperçu sur le téléphone de Sugawara quand ils avaient échangé leurs numéros. Mais il savait très bien que le passeur de Karasuno n'était pas son âme sœur, le téléphone du troisième année ne comportait que ce sticker et non une myriade comme celui de Yaku.
De toute façon, le doute n'était plus vraiment permis pour le libéro des chats. Il savait pertinemment qui était son âme sœur. Il saisit les morceaux de son téléphone portable et se leva. Lev lui demanda ce qui se passait et Yaku lui dit de s'occuper de ses affaires. Kuroo railla sur la mauvaise humeur du libéro mais Yaku claqua la porte de la pièce sans lui répondre. Ses mains tremblaient autour de l'objet le reliant à son âme sœur. Il marcha doucement dans le couloir reliant leur deux dortoirs ne souhaitant pas se faire reprendre par un professeur ou un coach. Il toqua à la porte de Karasuno. Quelques secondes qui lui semblèrent interminables s'écoulèrent avant que la porte ne s'entrouvre. La tête du capitaine passant par l'embrasure, un air interrogatif plaqué sur le visage. Il avait l'air épuisé.
"Yaku-san ? Désolé pour le bruit, j'essaye de calmer Tanaka et-
-Je suis pas là pour ça !"
Sugawara passa sa tête dans l'encadrement de la porte au moment même où Yaku avait fini sa phrase. Il avisa rapidement le téléphone en morceaux entre les doigts fins du libéro. La curiosité fut vite remplacée par un grand sourire.
"Je m'en occupe Daichi, va te coucher." déclara le passeur d'une voix douce, en pressant gentiment sa main sur l'épaule de son capitaine.
Ils échangèrent un regard tendre. Daichi sourit, lança un dernier regard à Yaku avant de hocher la tête et de disparaître derrière la cloison de bois. Sugawara sortit du dortoir, fermant la porte derrière lui puis s'appuya dessus, les mains dans le dos.
"J'imagine que tu as deviné l'identité de ton âme sœur, déclara le passeur avec un sourire.
-J'ai une petite idée. Retrouvez mon téléphone dans un tel état à confirmer les soupçons que j'avais déjà, assura Yaku, le regard droit sur Sugawara.
-Rends nous le, en un seul morceau, on en a besoin demain."
Sugawara se retourna pour ouvrir de nouveau la porte.
"Tu le sais depuis combien de temps ?" demanda brusquement Yaku.
Le passeur arrêta son mouvement, pivotant sa tête vers le libéro des chats.
"Le début du camp, quand on a échangé nos numéros. Le comportement de Nishinoya m'avait déjà mis des doutes depuis le premier match amical mais, enfin, pas assez pour que je pense à autre chose que de l'admiration au début.
-Comment ça ?" questionna Yaku, ne voyant pas comment son âme sœur aurait pu le savoir.
Il était quasiment certain de n'avoir jamais sorti son téléphone en présence du libéro de Karasuno. Pas que ça soit volontaire, il le sortait juste très rarement. Au moins ça lui confirmait l'identité de son âme sœur. Pas qu'il en doutait mais c'est toujours bon à prendre.
"Tu verras avec lui, se contenta de répondre le passeur avec un clin d'œil en ouvrant la porte, Nishinoya, on te demande !" finit le passeur, dirigeant sa voix vers l'intérieur de la pièce.
Le libéro de Karasuno apparu au bout de quelques minutes dans le champ de vision de Yaku et Sugawara rentra dans le dortoir en adressant un dernier sourire malicieux à l'autre troisième année.
Yaku regarda le plus jeune de haut en bas. Il semblait un peu ensommeillé comme s'il venait d'être réveillé. Pas étonnant, il n'était déjà pas du genre à veiller tard, il avait dû tomber sur son matelas dès que les autres équipes avaient quitté le dortoir. Il baillait en se frottant les yeux.
"Qu'est ce qui… Oh, le regard de Noya s'était posé sur le téléphone en morceaux, Attends, mais ! Tu es-"
Yaku avait posé sa main sur la bouche du plus jeune qui se mettait à hurler en comprenant la situation. Ses yeux étaient plus écarquillés que Yaku ne les avait jamais vu. Nishinoya mit un temps avant d'attraper la main du plus âgé et de la retirer de son visage.
"C'est toi mon âme soeur ?" demanda le plus petit, les yeux brillants, se rapprochant du visage de son interlocuteur, même s'il connaissait déjà la réponse.
Yaku hocha la tête, se préparant tout de même à remettre les pendules à l'heure sur le soin, ou plutôt l'absence de soin, de Nishinoya sur l'objet les reliant. Il n'eut cependant pas le temps de sortir le moindre mot que le plus petit le prit dans ses bras. Ce fut bref et terriblement spontané. Yaku sentit ses joues se colorer instantanément, le rendant temporairement incapable de s'agacer sur Nishinoya.
"C'est trop cool ! T'es parfait !" s'exclama le brun en lui attrapant les mains.
Yaku, toujours aussi mal à l'aise face aux compliments si directs, détourna le regard des yeux si brillants du plus jeune. Il tenta de bégayer une réponse mais un bruit de pas se rapprocha, coupant court à l'instant. Le châtain regarda la porte de son dortoir, prêt à s'y précipiter. Nishinoya tourna la tête en direction du bruit, embrassa le plus âgé sur la joue avant de filer dans son dortoir en souhaitant une bonne nuit à Yaku. Ce dernier resta bouche bée face à l'action avant de sentir tout le sang de son corps affluer vers ses joues.
Quelques secondes après, le professeur Takeda apparu au bout du couloir et demanda à Yaku ce qu'il faisait là. Le châtain glissa son téléphone en morceaux dans sa poche, prétexta qu'il avait besoin d'aller aux toilettes puis s'éclipsa en s'excusant.
Il se retrouva face à la glace, les joues encore rouges en repensant à ce qu'il venait de vivre. Le libéro des chats passa de l'eau glacée sur son visage tentant de reprendre ses esprits. Il appréciait Nishinoya mais ne pensait pas être déstabilisé par un tel enthousiasme de sa part. Avec tout ça, il n'avait même pas pu lui hurler de prendre soin de ses affaires. Il ne comptait pas continuer à gérer ses frasques maintenant qu'il avait son âme sœur dans sa vie. Il projeta de nouveau un peu d'eau froide sur son visage avant de se fixer dans la glace. Ses joues avaient repris une teinte bien moins embarrassante et il pouvait retourner aux dortoirs avec l'espoir de ne pas se faire chambrer par la moitié de son équipe.
Une fois de nouveau dans la pièce dédiée à l'équipe Nekoma, Yaku pensait éviter les questions en filant directement sur sa couche. C'était sans compter sur Kuroo et Lev qui avaient prévu le coup. Le duo était innocemment, enfin aussi innocemment que pouvait feindre le capitaine, assis sur son matelas attitré, discutant avec le reste de l'équipe comme si de rien n'était. Yaku chassa, avec toute la douceur dont il était incapable, Lev, ce qui se résumait à lui donner un bon coup d'épaule dans le bras pour le chasser sur la couche d'à côté. Il lança un regard noir à Kuroo, servant à la prévenir qu'il allait subir le même sort s'il ne bougeait pas très vite de là. Un sourire narquois étira les lèvres du capitaine, ôtant le peu de fausse ingénuité qui traînait sur son visage.
"Yakkun, qu'est ce qui t'es arrivé ? T'es trempé ! Tu peux pas aller dormir comme ça voyons."
Yaku sachant pertinemment que le capitaine ne lui lâcherait pas la grappe, quand bien même ce dernier exagérait grandement. Le libéro se retourna pour ouvrir son sac et attraper une serviette éponge. Alors qu'il la passait sur son visage pour se sécher, Kuroo reprit la parole.
"Alors… Tu n'as pas quelque chose à nous dire ?"
Yaku manqua de grogner en entendant le brun. Il le connaissait fouineur, il savait qu'il se mêlait toujours de ce qui ne le regardait pas, et qu'il prenait un malin plaisir à chercher à trouver les âmes sœurs. La plupart du temps avec succès, ce qui n'arrangeait pas l'équipe qui l'entendait s'en vanter de temps à autre.
Cependant, s'il y avait bien une chose que Yaku savait, c'est que le capitaine ne le pousserait pas à avouer s'il ne voulait pas. Bon il lui casserait peut-être les pieds une heure ou deux avant de le laisser tranquille mais dans les faits, il finirait par le faire. Autre chose qui avait son importance, c'est que même s'il avait déjà deviné ce que Yaku voulait taire, ce dont le châtain ne doutait pas vraiment au vu du contexte, il ne dirait rien. C'était un roi de la provocation, certes, mais il ne voulait en aucun cas blesser qui que ce soit et encore moins un coéquipier.
"Rien de particulier, j'avais juste besoin de me rafraîchir après la dernière bourde de mon âme sœur, c'est tout, commença le libéro en se relevant la serviette autour du cou, D'ailleurs Kuroo, si tu pouvais avoir l'amabilité de te pousser, j'aimerais me coucher."
Il s'était approché d'un pas, la voix bien plus menaçante, laissant augurer qu'il ferait bouger l'autre troisième année de gré ou de force. Le sourire goguenard de Kuroo ne le quittait pas alors qu'il se déplaçait pour laisser le matelas de Yaku disponible.
"Un vrai couche-tôt, j'espère que ton âme sœur n'est pas du genre oiseau de nuit, Yakkun…" lança le capitaine d'une voix chantante.
Rectification, Kuroo ne dirait rien mais il n'allait pas se gêner pour faire des sous-entendus plus gros que lui. Pour seule réponse, le plus petit fit mine de lui envoyer son pied au visage avant de s'étendre sur son matelas. Kuroo fit encore une ou deux tentatives pour tenter de sortir le libéro de sa léthargie sans succès, Yaku était déjà dans les bras de Morphée.
Le lendemain, Yaku arriva dans la cafétéria après son âme sœur. Il n'eut pas besoin de le chercher du regard, Nishinoya étant déjà bruyant. Le châtain allait rejoindre la table de Kai, Kuroo et bien évidemment Kenma quand on l'interpella.
"Morisuke-kun !"
Il n'avait pas besoin de reporter son attention vers Nishinoya pour savoir qu'il était celui qu'il l'avait appelé mais se retourna quand même vers l'agitateur. Ce dernier lui adressait un sourire rayonnant en l'invitant à le rejoindre à sa table. Yaku hésita. Pas qu'il ne voulait pas manger en compagnie son âme sœur mais plus qu'il ne savait pas s'il était assez réveillé pour encaisser l'énergie débordante de certains membres de Karasuno assis à ses côtés. Le plus jeune dû voir son indécision car il éloigna son plateau au bout de la table pour se retrouver un peu isolé des autres joueurs. Yaku le trouvait étonnamment perspicace. N'ayant plus vraiment de raison, et pas vraiment l'envie, il était vrai, de refuser, il s'installa en face de son âme sœur.
Beaucoup plus énergique que lui au saut du lit, Nishinoya alimentait la conversation sans cacher le moins du monde que le duo était âme sœur. Le châtain pouvait sentir les regards de toute son équipe directement dirigés sur son dos. Il crut même entendre le rire de hyène de son capitaine. Nishinoya ne semblait pas le remarquer ou ne pas y prêter attention en tout cas. Le déjeuner se passa terriblement bien.
Yaku était presque déçu d'avoir découvert l'identité de son âme sœur si tard, sachant pertinemment que Karasuno partait en début d'après midi. Il ne pût d'ailleurs pas lui faire les remontrances concernant l'état du téléphone. Pas qu'il n'y avait pas pensé. Pas non plus qu'il éprouvait des remords à hurler sur quelqu'un en public, son équipe pouvait témoigner.
Deux choses l'en empêchèrent. La première, et seule qu'il pourrait avouer à voix haute sans rougir, c'était qu'il ne souhaitait pas que le peu d'équipe non informée du lien d'âme sœur qui les unissait l'apprennent. La seconde, c'était l'air qu'arborait Nishinoya tout le long du repas. Son sourire qui lui dévorait le visage tellement il était grand, ses joues légèrement rosées, l'éclat d'admiration qui brillait dans ses prunelles chocolat. Yaku ne pouvait nier qu'il avait gardé un petit sourire tout le long du repas.
Le libéro des chats avait donc rejoint le gymnase sans enguirlander son âme sœur. Il tenait tout de même à le faire avant le départ de Karasuno de Tokyo. Pas que ça lui plaisait spécialement de remettre les pendules à l'heure mais il ne souhaitait pas se retrouver de nouveau avec un téléphone en morceaux. Il décida que ça attendrait le repas de midi.
L'entraînement commença et Yaku ne pouvait s'empêcher d'espérer qu'ils tombent face à Karasuno. Le destin sembla l'avoir entendu car le deuxième match les y opposa. Yaku échangea de nombreux regards avec son âme sœur, il dut même s'empêcher de le féliciter face à ses réceptions toujours aussi qualitatives. Nishinoya ne put s'en empêcher au milieu du deuxième set, c'était visiblement sorti tout seul.
L'équipe des corbeaux le fixèrent quelques secondes, dubitatif, avant que Tanaka n'éclate de rire et que Daichi le somme de ne pas complimenter les exploits adverses. L'équipe de Nekoma ne se faisait pas prier pour s'esclaffer, Kuroo se mettant même à provoquer Daichi alors que Lev souligna l'affection que portait Nishinoya à leur libéro. L'affirmation du bloqueur central ne fit qu'accentuer le rougissement de Yaku.
Le match se conclut sur une victoire de Nekoma et la pénalité de Karasuno. La confrontation étant achevée, Yaku complimenta son âme sœur sur ses plongeons attirant un grand sourire du concerné mais aussi un rictus malicieux de certains membres de son équipe.
Le reste de la matinée passa en un clin d'œil et l'heure du repas arriva. Le châtain avait prévu de manger avec son âme sœur mais il n'avait pas anticipé le barbecue. Voyant l'état surexcité de nombre d'entre eux, Yaku préféra rester en retrait voyant déjà toutes les bêtises que pourrait faire ses coéquipiers. De plus, Sugawara avait entamé la conversation avec lui. Bien sûr, Yaku jetait des regards de temps à autre au libéro de Karasuno, ce qui n'échappa au passeur de la même équipe. L'argenté lui demanda ce qui s'était passé la veille. Yaku lui résuma, précisant qu'il n'avait eu le temps de lui notifier d'arrêter de jeter son téléphone sur le sol. Sugawara se proposa à transmettre le message mais le châtain refusa. Il comptait bien lui dire en face.
Le repas tira sur sa fin et Yaku finit par approcher son âme sœur, demandant de lui parler un peu à l'écart. Il put enfin lui faire la morale sur l'état de son téléphone. Elle avait clairement moins de peps que celles qu'il faisait à Lev, la bouille du corbeau adoucissant clairement sa rage. Nishinoya s'excusa, tout sourire, avant de fouiller dans ses poches et de lui tendre un bout de papier, les joues légèrement teintées de rose.
"Vu que tu en parles… Je voulais te donner mon numéro avant de me rappeler l'état de nos téléphones donc... le voilà." indiqua le plus petit alors que Yaku récupérait le papier.
Il l'ouvrit avant de le glisser dans sa poche. Le duo entendit au loin les coachs appeler les équipes qui partaient. Yaku hésita un instant avant d'écarter légèrement les bras. À peine une seconde plus tard, Nishinoya le serrait contre lui avec beaucoup d'entrain. Yaku passa une main entre les mèches en pique du plus petit, il n'avait pas envie de bouger, encore moins de le laisser repartir à Miyagi.
Un deuxième appel des coachs le poussa à relâcher sa prise sur le plus frêle. Ce dernier redressa la tête, adressant un dernier sourire au plus âgé avant de l'embrasser doucement. Le contact fut presque aussi bref que le bisou sur la joue de la veille. Contrairement à la veille, Nishinoya ne se sauva pas, une fois son tendre méfait accompli. Yaku resserra sa prise une dernière fois, cachant son visage rouge dans le creux du cou de son âme sœur.
"Yuu, on se revoit aux nationales.
-Évidemment, Morisuke-kun !"
Sur ces derniers mots, Yaku laissa le corbeau s'échapper et retourner vers le bus qui l'amènerait loin de lui. Mais le libéro des chats avait confiance en son âme sœur pour tenir parole.
À peine une semaine plus tard, il constata l'apparition d'un dernier autocollant tout en bas de la coque. Un chat et un corbeau côte à côte, surplombé d'un petit cœur accompagné d'un sms de son âme sœur.
De Yuu à 6h45 :
Voilà le sticker qui parfait notre coque !
Sticker qui cachait bien évidemment un impact.
