Like a wolf pack
« Wild wolves always stare me out. »
Athlete
Yoruichi pénétra dans le club après avoir adressé à Yammy un sourire moqueur puis se dirigea sans peine vers l'endroit voulu. S'il y avait bien une chose que la voleuse ne pouvait pas supporter, c'était l'inactivité. Or, cela faisait plusieurs jours qu'elle tournait en rond. Sa blessure guérie, elle n'éprouvait plus cette fatigue harassante et elle comptait bien s'occuper. Quitte à prendre le large quelque temps. C'était, d'ailleurs, la raison de sa présence en ces lieux.
Sans gêne, elle se laissa tomber sur une chaise, joignant ainsi la tablée où Grimmjow discutait affaire avec Ulquiorra et deux autres de leurs comparses. Elle ignora le silence contrarié qu'elle venait de provoquer et attendit que le maître des lieux lui adressât la parole. Ce qui ne sût tarder, d'un ton agacé.
— Qu'est-ce que tu fous là, Yoruichi ?
— J'attends que tu veuilles bien me dire quel est ton programme me concernant, histoire que je puisse mener mes petites enquêtes solo pendant cette insupportable période d'inactivité, feula-t-elle en retour, d'un ton bas.
Il grommela quelques jurons sur la pugnacité d'une certaine bonne femme, avant de consulter du regard ses partenaires. La femme, dont les cheveux blonds et les yeux verts contrastaient avec sa peau tannée, approuva d'un signe de tête dans un accord tacite, et Grimmjow poursuivit :
— On parlait justement de toi. On aurait besoin de tes services, avec la participation de l'un de nos tueurs.
Yoruichi faillit rétorquer qu'elle répugnait ce genre de mission – c'était bien pour ça que Kisuke avait dû refuser en son nom auparavant. Si seulement elle pouvait être tenue à l'écart de ces histoires de meurtres… Mais non, elle savait bien que les membres de l'Espada n'étaient pas de gentils criminels comme elle. Elle espérait seulement que le fait que Grimmjow lui dût la vie les empêcherait de la poignarder dans le dos durant cette mission.
— Et donc, en quoi puis-je vous être utile ? demanda-t-elle.
— Halibel.
La dénommée Halibel poursuivit, puisque Grimmjow venait de l'inviter à le faire :
— Mon concurrent s'amuse à amocher et à assassiner mes filles. Le problème, c'est que jusqu'à maintenant, aucun de nos tueurs à gage n'est parvenu à le déloger de sa cachette.
— Système de sécurité trop élaboré ?
Elle acquiesça. Ulquiorra demeura impassible. Le troisième homme émit un sifflement excédé :
— Pourquoi ferait-on confiance à cette bonne femme pour nous faire entrer, hein ?
— Ta gueule, Nnoitra, répliqua Grimmjow agacé. Tu vas faire équipe avec elle de toute façon.
Yoruichi haussa un sourcil. C'était quoi cette plaisanterie ? Le dénommé Nnoitra eut une réaction bien plus outrée; son teint vira au rouge sous l'effet de la colère, il se leva d'un bond et cracha, la désignant du doigt :
— Je ne travaille pas avec les bonnes femmes !
— Toutes ne sont pas comme Nell, tu sais, fit Grimmjow, de plus en plus ennuyé.
Pris d'un accès de rage, Nnoitra renversa la table, feula un « ne prononce jamais ce nom devant moi » et fila sans demander son reste. Impassible, Yoruichi croisa les bras, avant d'énoncer d'un ton neutre :
— Grimmjow. Je préfère largement travailler solo qu'avec ce genre de mec instable.
L'intéressé plissa les yeux, avant de rétorquer :
— Tu ne bosseras pas sans un membre de l'Espada pour te surveiller.
Yoruichi leva les yeux au ciel. Si elle comprenait bien les réticences de l'homme aux cheveux bleus, cette situation commençait sérieusement à lui taper sur le système. Tant d'histoires pour un meurtre de pacotille. D'un autre côté, traîner un membre de l'Espada – un assassin – avec elle lui épargnerait probablement le sale boulot. Un poids de moins sur sa conscience. Son regard doré se porta sur Ulquiorra qui demeurait imperturbable. Elle n'aimait pas beaucoup l'idée d'une mission avec ce genre de chaperon flippant. Mais au moins, il semblait maître de lui-même.
Les prunelles émeraude croisèrent les siennes et, comme s'il lisait ses pensées, Ulquiorra prit la parole :
— Je ne serai pas de la partie, j'ai des affaires à régler ailleurs.
Grimmjow soupira. Il le savait déjà.
— Bon. Ça me saoule, mais dans ces conditions, autant que je t'acc-
L'homme fut coupé par un nouvel arrivant :
— J'irai.
Tous se tournèrent, étonnés, vers Starrk qui se tenait dans l'encadrement de la porte, nonchalamment adossé. Yoruichi fronça les sourcils. Le mec de l'autre soir ? Tiens donc.
— Depuis quand un tireur d'élite comme toi se donne la peine de bouger son cul ? interrogea Grimmjow.
— Je te préviens, articula Halibel. Si tu poses encore « Halibel sort avec moi » comme condition, je t'explose.
— En fait, j'allais plutôt demander un dîner avec miss Yoruichi, rétorqua-t-il, passant une main empreinte de flegme dans sa chevelure.
Yoruichi haussa un sourcil suspicieux.
— Accepte, soupira Grimmjow. Il ne bougera pas autrement.
Était-elle tombée dans un asile de fous ? Parce que vraiment, les fameux membres de l'Espada n'étaient que des demeurés de première, selon la voleuse. Néanmoins, elle marqua son accord d'un geste de la main et lâcha, désinvolte :
— Je suppose que vous ne bougerez pas avant la nuit, je vais donc faire un tour.
Bien entendu, elle avait deviné que la mission serait pour le soir même la situation paraissait plutôt urgente pour les finances de l'organisation, et la maquerelle ne tolèrerait probablement pas qu'une autre de ses filles se fît agresser. La voleuse jeta un coup d'œil furtif à son téléphone, avisa l'heure et accéléra le pas. Le timing serait juste.
La résidence s'élevait devant elle, majestueuse. Yoruichi pestait intérieurement en songeant qu'Urahara aurait pu choisir quelque chose de plus discret pour sa planque principale. Une chose demeurait néanmoins certaine : s'il y avait un endroit où elle trouverait les informations nécessaires sur les événements actuels, ce serait bien ici. C'était d'ailleurs la raison première qui l'avait poussée à s'installer dans la région.
Depuis son perchoir – un appartement à l'abandon au premier étage de l'immeuble d'en face – elle inspectait la rue avec attention. Cela faisait bien une heure qu'elle était là, immobile, son regard scrutant le moindre détail pour essayer de voir si les lieux étaient surveillés. Idéalement, elle serait bien restée en faction toute une journée, voire plus, pour s'assurer de la sûreté de son « cambriolage », mais elle manquait de temps pour cela. La patience lui faisait défaut, et après tout, elle s'infiltrait chez un ami de longue date, pas chez l'ennemi d'un client.
Elle ramassa son sac à dos, épousseta son jeans, puis écouta attentivement les bruits dans la cage d'escalier pour être certaine de ne pas croiser de voisins. Une fois la voie libre, elle se glissa hors de l'appartement en ruines et s'avança d'un pas sûr vers le portail de la maison.
Jetant une œillade mauvaise à la caméra de sécurité reliée au système d'alarme, elle tapa le digicode en priant pour qu'il s'agît du bon. Il manquerait plus qu'elle attirât l'attention des flics sur la disparition de Kisuke. Cela ne ferait que compliquer son affaire. Heureusement, elle n'avait pas fait erreur et elle se réjouit lorsque le lourd portail s'ouvrit pour la laisser passer.
Yoruichi traversa le jardin, suivant l'allée sinueuse, longea le bord de la piscine qui n'était plus entretenue depuis des semaines. Notant ce détail, elle jugea que quelque chose clochait définitivement. Experte, elle crocheta la serrure et pénétra en silence dans le vaste hall désert. Sur ses gardes – comme lui dictait son instinct lorsqu'elle explorait un lieu déserté – elle s'avança jusqu'aux escaliers le plus silencieusement possible, se dirigeant vers le bureau. Elle connaissait cette maison comme sa poche et n'eut aucune difficulté à se repérer dans l'obscurité ambiante. Son inquiétude se faisait grandissante; les rideaux tirés, la poussière accumulée et le désordre n'étaient décidément pas dans les habitudes de son ami. Ce qui confirmait une fois de plus ses théories : il n'était jamais repassé par ici comme le voulait leur habituelle procédure d'urgence.
Une fois devant la porte du bureau, la voleuse tendit l'oreille en quête d'un bruit suspect révélant une intrusion, puis elle poussa doucement la porte, l'entrouvrant seulement. Elle plissa des yeux pour essayer de déceler ce que pouvait dissimuler l'obscurité ambiante, sans oser pénétrer dans la pièce ni faire plus qu'entrouvrir la porte. De son sac, elle sortit une lampe de poche et lorsqu'elle éclaira la pièce, un fil tout près d'elle reliait l'interrupteur à une probable charge d'explosif dans le bureau. Yoruichi fronça les sourcils, vérifia le bas de la porte et s'assura qu'elle ne risquait pas de déclencher un second piège. Son examen terminé, elle entra dans la pièce avec prudence, le faisceau lumineux de sa lampe glissant dans tous les recoins.
Le bureau avait été saccagé.
Quelqu'un était passé avant elle. Yoruichi expira son agacement et passa une main lasse sur son visage. C'était des pros, forcément. Entrer dans la propriété n'était pas donné au premier venu – à moins d'en posséder les codes d'accès – et malgré le désordre autour d'elle, la pièce avait été fouillée de manière méthodique.
Par acquis de conscience, elle se glissa tout de même jusqu'au coffre dissimulé par un pan de mur, enclencha un mécanisme complexe en tournant tout d'abord une statue sur le rebord de la cheminée, tournant une fausse vis dissimulée par la tringle à rideaux et marcha sur une dalle de carrelage bien précise. Elle posa sa main sur la plaque de reconnaissance digitale et pénétra dans la chambre forte.
Rien. Tout avait été emporté.
Elle pesta.
Ce fut d'une humeur désastreuse que Yoruichi retrouva Starrk au lieu indiqué par le texto qu'elle avait reçu de Grimmjow. Habillée de noir, un sac à dos négligemment balancé sur son épaule, elle parcourut de sa démarche féline les quelques mètres qui la séparaient du tireur d'élite.
— Des suggestions ? demanda-t-elle un peu sèchement.
Starrk haussa un sourcil, avant de rétorquer, goguenard :
— Le restaurant lounge au bord de la plage me paraît parfait pour un dîner.
Yoruichi leva les yeux au ciel.
— Je parlais de notre mission.
— Je sais.
Tâchant de ne pas la provoquer davantage, il saisit un plan dans son sac et le posa sur le capot de sa voiture. Yoruichi fronça les sourcils, étudiant le système et les accès avec attention. La perspective ne lui plut guère.
— J'aurais préféré être en possession de ces plans plus tôt, souligna-t-elle, son agacement grandissant.
— Ggio me les as procurés dans l'après-midi, et la mission n'a été décidée que ce matin…
La voleuse soupira et reprit son étude.
— Je peux éventuellement me faufiler assez discrètement, mais je serais vite repérée. À deux n'en parlons même pas… Jamais on pourra atteindre le bureau…
Starrk secoua la tête, l'index glissant sur le papier au fil de son explication :
— Si tu t'infiltres seule et que tu fais suffisamment de remue-ménage, la cible va quitter son bureau pour se réfugier dans une zone plus sécurisée de la résidence, là où se trouvent ses coffres. Lors du repli, il passera forcément dans ce couloir précis.
Il pointa du doigt l'immeuble un peu plus loin :
— D'après mes estimations, depuis le toit de ce bâtiment, je peux couvrir toute la zone supérieure du complexe et notamment ce couloir.
— En gros, tu te terres et tu guettes pendant que je prends tous les risques ?
— Je préfère dire que je te couvre.
La voleuse lorgna une fois de plus le plan, passa en revue tous les accès pour finalement se résoudre à accepter le plan – insensé et si peu orthodoxe – de Starrk. Avait-elle vraiment le choix de toute manière ?
Faire du remue-ménage…
Un voleur était supposé faire son travail dans la plus grande discrétion. Néanmoins, Yoruichi pouvait sans peine avouer qu'il y avait quelque chose de diablement amusant à semer la zizanie autour d'elle, courir dans les couloirs et les passages pour désorienter ses poursuivants, faire tourner en bourrique tout un groupe de gardes entraînés, les narguer en clamant qu'elle allait tuer leur patron. Rien de plus distrayant que des courses poursuites, des débandades et des provocations.
Elle avait naturellement commencé par se faufiler jusqu'au centre de sécurité pour faire sauter les systèmes de défenses. Il aurait été bête que Starrk manquât sa cible parce qu'un génie de la paranoïa avait inventé des volets blindés qui s'abaissaient automatiquement en cas de menace. Puis elle avait commencé son petit jeu, prenant des risques inconsidérés – mais tellement grisants ! – appliquant à la lettre le plan complètement saugrenu du tireur d'élite de l'Espada.
Cependant, elle s'était bien efforcée de ne pas baisser de trop sa garde; lors de ses examens de ses ennemis, elle avait bien remarqué que quelques-uns étaient probablement des individus plutôt inquiétants, voire dangereux. La discipline régnait aussi dans les rangs et, après s'être joyeusement tapée dessus avec quelques hommes, elle commençait même à soupçonner qu'il s'agissait de paramilitaires.
Elle n'avait pas poussé ses interrogations plus loin. Tout s'était calmé pour la voleuse lorsqu'un coup de feu plus distant que les autres retentit. Les radios s'étaient mises à grésiller de « le boss est mort ! » presque désespérés. Elle félicita Starrk en son for intérieur, avant de se glisser hors de sa cachette, une chambre d'invité – du moins supposait-elle. Ouvrant la porte fenêtre, elle se glissa dans l'obscurité nocturne et la fraîcheur apaisante qui l'accompagnait. Elle prit une grande inspiration et lorgna la façade, s'interrogeant sur la manière dont elle allait quitter les lieux.
Puis, Yoruichi se pencha par-dessus le balcon un peu plus loin, elle pouvait aisément distinguer la vitre qui s'était brisée lorsque la balle l'avait traversée et l'agitation des hommes de la sécurité qui entouraient leur patron décédé. Impressionnée par la précision d'un tir à une telle distance, elle plissa les yeux pour tenter de voir où exactement Starrk avait fait mouche.
Un bruit fugace attira l'attention de Yoruichi. Sa respiration s'accéléra alors qu'elle se savait en ligne de mire. Les battements de son cœur lui paraissaient assourdissants, l'air glacial lui soufflait des promesses de mort. Lentement, elle leva les bras, et se tourna.
Celui qu'elle avait deviné comme étant le chef de la sécurité, un homme de l'envergure de Yammy, au regard austère et malsain, se tenait dans l'encadrement de la porte. Il s'arrêta néanmoins à une distance respectable. Les hommes puissants savaient se montrer prudents quand l'instinct leurs soufflait que le danger les charmait de son souffle fétide.
— Ton nom, ordonna-t-il, laconique.
Yoruichi laissa s'écouler quelques secondes.
— Sweet Darkness.
L'homme haussa un sourcil, pointant toujours son arme sur elle.
— C'est étrange… Aux dernières nouvelles, elle est morte avec son informateur.
Le cœur de la voleuse fit un bond dans sa poitrine; l'étonnement anima ses prunelles dorées et un souffle surpris lui échappa entre ses lèvres entr'ouvertes. Un frisson glacé lui parcourut l'échine. Alors comme ça, elle et Kisuke étaient morts aux yeux du monde souterrain ? Les questions se bousculaient dans sa tête. Pourtant, recouvrant son calme, elle n'en prononça qu'une seule, d'une voix soudain glaciale :
— Qui ?
L'homme la considéra avec précaution, la jaugea avec une patience toute professionnelle. Yoruichi devinait aisément ce à quoi pensait son adversaire; elle était à ses yeux, soit un vulgaire imposteur, soit la véritable voleuse. Et la question – qui avait commandité le meurtre de Kisuke Urahara et de Sweet Darkness ? – ne méritait une réponse que dans la seconde option.
Il finit par hausser ses larges épaules, désemparant Yoruichi. Était-ce un signe d'ignorance ou d'indifférence ? Elle ouvrit la bouche pour protester, pour ordonner qu'on lui délivrât l'information, mais fut coupée dans son élan par le son caractéristique de la sécurité de l'arme que l'on retirait.
Ce mec n'avait visiblement pas de temps à perdre avec ce genre de discussions. Certainement pas pour une femme qui allait mourir dans quelques secondes. Il était aisé de lire dans son regard jusqu'alors scrutateur la froide détermination du tueur.
Un coup de feu retentit, d'une précision létale. Yoruichi contempla le corps s'effondrer puis jeta un regard par la fenêtre ouverte. Elle était trop loin pour percevoir le tireur. Malgré elle, elle sourit; ce dîner semblait plus que mérité.
Yoruichi se tenait assise dans un lourd fauteuil de velours, jambes croisées, verre à la main. De temps à autre, elle jetait des regards intrigués à Starrk qui, vautré dans un canapé, semblait s'offrir un peu de repos. Il n'était en tout cas pas très bavard. Tant mieux. Même si cela ramenait sans cesse son esprit aux rumeurs sur sa propre mort. Elle avait besoin d'informations et ne pourrait pas les obtenir par elle-même, au risque de perdre l'avantage que lui conféraient ces racontars. Grimmjow et Halibel ne devraient plus trop tarder, de toute manière.
La porte claqua, des bruits de pas se firent entendre dans le couloir. Starrk se redressa en position assise. Enfin, apparurent Grimmjow et Halibel.
— Alors ? demanda l'homme aux cheveux bleus.
Starrk haussa les épaules, l'air de rien et Yoruichi répondit pour deux :
— C'est fait.
Un sourire carnassier se dessina sur les lèvres de Grimmjow qui donna une tape dans le dos à Starrk tandis que ce dernier se levait pour atteindre la bouteille. Le regard d'Halibel trouva celui de la voleuse et la blonde acquiesça poliment en guise de remerciement. Déjà, Grimmjow annonçait qu'il fallait fêter ça.
Les réjouissances furent de courte durée. Ulquiorra pénétra dans la pièce. Couvert de sang. Ses prunelles émeraude exprimaient une fureur que Yoruichi ne lui connaissait pas. Il demeura debout au milieu de la pièce, laissant un silence stupéfait s'installer. Il perdait toujours du sang; une blessure par balle suintait sur son épaule. Mais la voleuse était prête à parier que l'hémoglobine qui imbibait ses vêtements venait d'un nombre conséquent d'hommes qui avaient eu le malheur de se trouver sur le chemin du tueur. Derrière lui surgissaient Yammy et Nnoitra, sourcils froncés, dans des états similaires, quoique moins spectaculaires.
— Que s'est-il passé ? fit finalement Grimmjow.
Ulquiorra ne quitta pas Yoruichi du regard alors qu'il prononçait d'un ton glacial :
— On nous a tendu un piège. Quelqu'un nous a vendus.
L'accusation sous-entendue fit frémir la voleuse, soudain seule à la merci d'une meute sans pitié.
