Le prompt vient des merveilleux prompts de Leffie.
Darren et Chris sont en couple.
Le jeune homme glissa sa carte électronique dans la fente afin d'ouvrir sa chambre d'hôtel, entra dans la pièce et laissa tomber son téléphone portable, sa carte et autres affaires sur la table la plus proche. Il poussa la porte sans vraiment la refermer car il comptait commander quelque chose, n'importe quoi qui ressemblait à de la nourriture, et il n'avait vraiment pas envie de bouger pour ouvrir à nouveau la porte lors de la livraison. Il passa ses mains dans ses cheveux qui lui retombaient sur le front, les ébouriffa rapidement et souffla longuement.
La journée avait été très, très longue.
Bien sûr, il se sentait comme un gosse le soir de Noël depuis qu'ils avaient atterri à New-York, car malgré sa renommée à travers tout le pays, il n'avait tout de même pas vraiment le temps de voyager sur la côte Est et aller visiter la Big Apple aussi souvent qu'il le souhaitait. C'était donc l'une de ses rares occasions de marcher sur le sol new-yorkais, et il ne pouvait même pas en profiter : il était là pour le boulot avant le tourisme. Ils avaient un emploi du temps très serré à respecter et ne disposaient que de trois jours pour filmer toutes les scènes d'extérieur sur place ; autant dire que, vu le nombre de scènes prévues, c'était peu. Ils dormaient donc dès qu'ils le pouvaient et profitaient des nombreux Starbucks dans les différentes rues afin d'ingurgiter autant de caféine possible. Sur une note positive, il se disait qu'il était avec sa famille adoptive, sa Glee Family, et il ne louperait ces moments pour rien au monde.
Cependant, sa « famille » n'était pas au complet et ce à son grand désespoir. Darren, qui avait profité de ses heures de tournage réduites afin de rendre visite à ses parents, son frère et quelques Starkids, tout ça en une semaine, n'avait pas pu les accompagner à New-York. Et pour le très nouveau couple, une semaine de séparation était beaucoup trop.
Chris mourrait d'envie que Darren le rejoigne, parce que merde il avait vraiment envie de visiter la ville des grandeurs avec son petit-ami : se promener main dans la main sur Times Square, manger un hot-dog et un bagel à Rockefeller Center et aller voir une pièce, n'importe laquelle, dans n'importe quel théâtre de Broadway Avenue (Darren adorait les pièces de théâtre et comédies musicales, et évidemment Chris aussi, mais leur manque cruel de temps ne leur permettait d'en voir qu'à la télévision à des heures illégales de la nuit).
Mais Chris n'était pas un égoïste et, bien qu'il meure d'envie de tout cela, il savait très bien que Darren avait besoin de voir ses proches, et d'ailleurs cela serait bien inutile qu'il soit là car Chris n'aurait même pas le temps de le regarder. Il s'abstenait donc de lui faire part de ses envies de voyage imprévu et se contentait de lui envoyer des textos tout au long de la journée, ainsi que quelques photos de marchands de ballons ou encore des vidéos de Cory, Chord et Mark qui avaient découvert que faire des percussions sur les bancs de Central Park était franchement hilarant.
Il enleva ses chaussures qui lui faisaient un mal atroce d'un coup de pied féroce et déboutonna quelques boutons de sa chemise afin de respirer. Il avait l'impression affreuse que les couches de vêtements qu'il portait l'étouffaient, doucement mais sûrement. Et cette odeur de laque lui montait sérieusement à la tête – il se demanda vaguement comment faisait Darren avec ce pot de gel qu'on lui déversait sur le crâne afin qu'il devienne Blaine Anderson, puis se dit que de toute façon son petit-ami était déjà dingue et que le gel ne changerait pas grand chose.
Il se laissa tomber sur le lit et ses bras rebondirent contre le matelas, moelleux mais si froid, si impersonnel. Il pensa encore un peu à Darren, et que d'ici quelques jours ils seraient tous les deux de retour à Los Angeles, à moitié dans l'appartement de Chris (qui était en vérité un peu le leur à tous les deux maintenant depuis que Darren avait un tiroir pour ses caleçons et chaussettes) et à moitié dans les loges du plateau de Glee, à manger de la nourriture à emporter de toutes nationalités et à dormir entremêlés l'un avec l'autre, une pause dans leurs vies épuisantes et parfois trop rapides, telles des montagnes russes d'émotions et d'humeurs. Lorsqu'il pensa à Darren et tout ce qu'ils avaient ensemble, que ce fut en tant que simples amis et désormais en tant que couple, les larmes lui montèrent vite aux yeux ; il détestait pleurer plus que tout au monde, il disait que cela le rendait faible, et il n'avait aucune raison de pleurer à cause de toutes ces choses avec Darren – bien au contraire – mais il était juste fatigué et las, un peu blasé et surtout complètement vidé, alors il pensa qu'un peu de relâche ne pourrait lui faire de mal. Il laissa une larme, puis deux couler d'une lenteur extrême sur ses joues, encore froides à cause des heures passées dans les rues.
Il aperçut du coin de l'œil la porte s'ouvrir et une douce lumière filtrer à travers l'ouverture, éclairant un peu la chambre bercée dans l'ombre. Il n'était même plus capable de réfléchir, et cela aurait pu être une fan complètement dingue ou un tueur en série qu'il n'aurait même pas réagi ; il n'avait même pas commandé de nourriture mais était persuadé que c'était le service d'étage.
Il avait vraiment besoin de vacances. Carrément même d'une vie personnelle.
La porte se referma pour de bon cette fois-ci avec un léger clic, et des pas feutrés s'approchèrent en direction du lit. Une odeur envahit la pièce, odeur familière mais qu'il ne pouvait pas reconnaître dans son état actuel. Il ne se préoccupait de rien et laissait ses larmes couler sur ses joues, dans ses oreilles et son cou.
Une main forte mais douce à la fois vint se poser sur son épaule, et il ne réagit même pas. Il n'eut en réalité aucune réaction jusqu'à ce qu'il sente un souffle chaud contre sa joue, et l'odeur était si proche et sentait si bon et rassurante et tout ce dont il avait besoin mais il n'arrivait pas à savoir ce que c'était.
Lorsque deux lèvres douces, un peu humides et bizarrement sèches aussi vinrent se poser contre son nez, puis son front, ses deux joues et essuyant, avalant presque ses larmes, et finirent leur promenade contre ses lèvres à lui, il comprit qui était là.
Il ouvrit les yeux autant qu'il le pouvait, mais ses paupières tombaient vraiment toutes seules. Il se contenta de murmurer un « Darren ? » de façon si incompréhensible qu'il était sûr que l'homme en question n'avait strictement rien entendu. Ses pensées furent contredites lorsqu'il entendit un doux « C'est moi bébé, je suis là, tout va bien mon cœur » contre le creux de son oreille puis les lèvres l'embrassèrent derrière l'oreille et il se mit à sourire, et soudain les larmes lui parurent lointaines et assez stupides.
Il sentit le poids du bouclé s'affaisser contre le matelas, et soudain les draps et oreillers lui parurent plus familiers et beaucoup moins froids. Deux bras musclés entourèrent sa taille et une tête vint se nicher dans le creux de son cou, et il pouvait sentir l'homme inspirer longuement et cela le chatouilla un peu – s'il en avait eu la force, il aurait probablement ri. Les fameuses lèvres se posaient délicatement sur la peau de son cou et de sa mâchoire et pressaient de petits baisers un peu partout.
Il avait envie de parler, de demander à Darren ce qu'il faisait là et quand est-ce qu'il était arrivé et toutes ces informations qu'il lui manquait, mais il pensa ensuite qu'il aurait tout le temps de poser ces questions plus tard – après avoir dormi, par exemple.
Les bras le serrèrent un peu plus fort, et il se laissa complètement tomber contre le corps de son petit ami.
Lorsque Chris Colfer s'endormit cette nuit-là, ce fut avec une berceuse de murmures de Je t'aime et bébé et mon dieu comme t'es beau et l'éternel, inlassable Tu m'as tellement manqué, parfois suivi de Plus jamais on se séparera aussi longtemps, le tout accompagné des doux baisers de la part l'homme à ses côtés, Darren, son Darren.
