-STAY-
Not really sure how to feel about it.
Chapitre 3
Bella
Je ne sais pas ce qui m'y à poussé, mais je refuse d'y penser.
Mon cerveau a cessé de fonctionné quand il a dit ne pas vouloir être mon ami. La partie encore lucide de mon esprit me hurle ma culpabilité et le fait que je viens de franchir la ligne que je me suis toujours fixée et interdite.
Je ne suis plus quelqu'un de bien, ça y est… pourtant, je ne peux rien faire contre. Mon corps me brule d'un désir jamais connu alors que mes lèvres effleurent les siennes. Je tremble tellement que j'ai du mal à tenir debout.
Sa main atteint ma nuque pour me maintenir contre lui. Une plainte s'étrangle dans sa gorge quand je l'effleure une nouvelle fois.
Je veux l'embrasser, j'en meurs d'envie depuis des heures, pourtant, je ne suis pas prête à prendre cette décision. J'ai l'impression d'être sur le fil, oscillant entre la vie que je dois avoir, et la vie que je veux vivre.
Ses doigts serrent ma nuque un peu plus alors que sa respiration brulante s'abat entre nous, saccadée et douloureuse.
Je le veux sans même le connaitre.
Cette pensée me fait gémir au moment où sa bouche se presse contre la mienne avec plus d'avidité.
Ca me tue d'y penser, mais j'n'ai jamais ressenti ça, avec personne.
Je devrai ne pas le laisser faire.
Je devrai m'éloigner, lui demander de partir.
Je devrai laisser ma culpabilité, ma fidélité m'empêcher de l'embrasser.
Mais dès l'instant où sa peau a touché la mienne, je n'ai été plus que désir et obsession. J'n'ai plus la force de lutter contre lui, contre tout ce qui m'embrase.
Toute la pression depuis la veille explose quand il me plaque contre lui d'une main sur les reins, m'embrassant comme personne ne l'a jamais fait.
Son désir à l'air aussi brulant que le mien. Je m'entends gémir quand sa langue envahit ma bouche.
Incapable de le repousser, je me serre d'avantage contre lui, secouée par de nouveaux tremblements.
Mon corps entier me fait mal, et je ne peux plus nier ce que je ressens : du désir brut, brulant, qui longe mon corps et se concentre dans mon ventre.
Ses mains glissent sur mon corps, pressent mes fesses pour me sentir plus près. Les épaisseurs de mes vêtements le font grogner contre ma langue.
- J'veux te sentir, lache-t-il en quittant ma bouche.
Je n'ai pas le temps de réagir que ses bras me soulèvent contre lui pour m'emporter vers le canapé. Entre deux battements de cils, alors que ma bouche retrouve la sienne, j'aperçois son visage.
Je repousse la culpabilité un peu plus loin, refusant d'y penser.
J'aurai tout le temps de me morfondre pour le reste de ma vie quand il aura disparut.
Edward s'assoit sur mon canapé, m'installant à califourchon sur lui. Ses mains semblent être partout, me caressant à travers mes vêtements, cherchant à me déshabiller sans réellement le faire.
La retenue qu'il met dans ses gestes me tord l'estomac : je l'ai connu bien plus rapide. J'ai le sentiment qu'il cherche à se contenir, à ne pas m'effrayer... à ne pas me faire fuir.
Mon désir pour lui redouble, coupant mon souffle quand ses mains attrapent mon visage en coupe en se reculant, m'obligeant à ouvrir les yeux. Son regard sombre d'envie accélère un peu plus ma respiration. Ses yeux fouillent les miens pendant plusieurs secondes, comme s'il cherche à être certain de ce qu'on fait.
Je ne sais pas moi-même ce qu'on fait, comment et ce qui me pousse à le faire… mais je dois le faire. Je veux le faire. Plus que je n'ai jamais rien voulu d'autre.
J'ignore ce qu'il lit dans mes yeux, mais ses doigts soulèvent légèrement mon t-shirt pour passer en dessous.
Le soupire qui franchit mes lèvres me fait trembler. La pulpe de ses doigts caresse ma peau, accentuant la chaleur entre nos corps étroitement serrés. Mes mains glissent sur sa nuque avant de passer dans l'encolure de son t-shirt.
Toute la manœuvre, son regard ne quitte pas le mien, me déboussolant complètement.
La dernière fois, nous n'avions même pas prit la peine de nous déshabiller entièrement.
Aujourd'hui, je veux le sentir, et je veux le voir. Je veux marquer à jamais chaque détails de son corps, de son plaisir, pour ne jamais oublier ce que je ressens à cet instant.
Je veux garder chaque minute intacte et brûlante autant qu'elle est à ce moment précis.
Ma bouche retrouve la sienne dans un baiser qui nous fait gémir d'un même ensemble tandis que mes doigts attrapent son vêtement pour le faire passer par dessus sa tête.
Quand il a disparut, mes mains caressent son torse large et parfaitement musclé. Sa peau se couvre de frissons sous mes doigts, m'enhardissant d'avantage.
J'n'ai jamais rien vécu de tel.
Ses mains m'enlèvent mon t-shirt, puis mon soutien gorge rapidement pour me presser contre lui. Ma peau nue contre la sienne me fait l'effet d'une bombe.
Ça n'est rien comparé à son souffle brulant sur ma peau récemment découverte, et j'ai du mal à avoir une pensée cohérente quand sa bouche atteint mes seins.
Ses mains pressent mes hanches, me faisant me tordre contre lui alors que sa langue me torture.
J'ai l'impression de pouvoir atteindre le Nirvana avec seulement sa langue sur ma peau et son corps ondulant sous le mien sans sembler sans rendre compte.
Je gémis son prénom dans ses cheveux alors que mon corps est au bord de la rupture.
A bout de souffle, je tire sur sa nuque pour retrouver sa bouche. Nos respirations se mêlent, nos lèvres s'embrassent, allumant d'avantage le désir crépitant entre nous.
- Redresse-toi, ordonne-t-il entre deux baisers brulants.
Je m'execute sans broncher, me remettant sur mes jambes difficilement. Je tremble tellement que j'ai du mal à tenir debout.
Immobile devant lui, à moitié nue, il m'observe une longue seconde, les mâchoires serrées. Le désir qui brille dans ses pupilles lui donne un air presque sauvage qui me fait perdre toute cohérence.
Quand ses mains glissent sur mon ventre puis attrapent les bords de mon pantalon, mon souffle se coupe.
Ses yeux dans les miens, il fait glisser le vêtement le long de mes jambes. Mes mains se posent sur ses épaules pour me maintenir debout quand il se baisse pour me débarrasser de mon vêtement.
Avec une lenteur atroce, ses mains glissent le long de mes jambes.
Ses doigts caressèrent mes mollets puis mes genoux, l'intérieur de mes cuisses avant de passer par dessus mon dernier sous-vêtements.
Ma réaction est immédiate : je gémis dans ses cheveux en me tordant contre lui. Une plainte s'étouffe dans sa gorge alors qu'il réitère son geste, appuyant un peu plus sur ma peau sensible. Il sait parfaitement s'y prendre.
Je manque de tomber quand ses doigts passent sous le tissus.
Des sons indécents sortent de ma bouche alors que le plaisir monte crescendo. Je n'ai jamais été aussi libérée, aussi peu réservée qu'avec lui... cette constatation m'effraie en même temps qu'elle me fait du bien : je me sens libre.
Quand sa bouche atteint mes seins et qu'il enfonce deux doigts en moi, je perds brutalement pieds.
Le plaisir s'abat sur moi par vagues, me faisant me tordre alors qu'il me maintient difficilement debout contre lui.
Quand mon corps s'effondre, à bout de force, il me ramène sur lui, m'asseyant sur ses genoux.
Ses mains caressent mon cuisse quelques secondes alors que son souffle rapide résonne contre la peau de mon épaule qu'il embrasse presque tendrement.
Le visage dans son cou, je mets plusieurs minutes à retrouver l'usage de mon corps et de mon cerveau embrumé. Mon plaisir fulgurant m'a terrassé. Je ne sais même plus où je suis, qui je suis.
Je refuse à mon cerveau de reprendre pied avec la réalité, me crispant un peu plus à chaque inspiration du parfum de l'homme contre moi. Le temps se fige alors que je lutte pour ne pas paniquer.
- Je dois partir, murmure-t-il après un instant où aucun de nous ne bouge.
Quand mes yeux retrouve les siens, le désir que j'y lis me broie le ventre. Il veut partir ? Maintenant ?
- Edward...
- On ne devrait pas, souffle-t-il en me repoussant pour se lever.
J'observe son corps tendu par le désir avant de me relever à mon tour. Presque nue devant lui, il m'observe les machoires serrées alors que je cesse brutalement de lutter contre cette chose entre nous qui veut m'engloutir.
- Je ne veux pas te forcer à faire quelque chose que tu vas regretter.
Mes sourcils se fronçent alors que l'incompréhension mêlée à la frustration me comprime la poitrine. J'ai envie de lui, plus que j'ai jamais eu envie de personne et il veut s'en aller ? Pour me protéger ? Il est clair que je ne mérite pas autant d'attention, et de compassion.
- Je crois que c'est trop tard, réussis-je à dire alors que la tension entre nous augmente avec violence.
Ses yeux glissent sur mes lèvres avant qu'il ne les caresse brièvement du bout de son pouce, affolant mon cœur.
- Ta place n'est pas avec moi, chuchote-t-il en observant encore ma bouche.
Mes barrières tombent brutalement et le ras de marée qui suit m'engloutie toute entière avec une violence inouïe. Je ne veux plus lutter. Je ne veux plus attendre. Quitte à me damner, autant le faire avec application.
- Juste une fois.
Son regard sombre de désir retrouve le mien, nouant mon ventre violemment alors que les larmes brulent soudainement mes yeux.
- S'il te plait.
Ma voix tremble autant que mon corps, si ça n'est plus. Il ferme les yeux une seconde en serrant les dents. Je ne sais pas ce qu'il me prends, je ne sais pas ce qui me pousse à le supplier ainsi, mais j'ai l'impression que s'il ne m'embrasse pas tout de suite, si on ne va pas au bout de cette histoire sordide, je vais mourir, abattue par la culpabilité et le chagrin que je sens déjà dévorer ma poitrine.
Je me hisse sur la pointe des pieds pour pouvoir l'atteindre alors qu'il se bat pour me résister, luttant contre son propre désir. Quand mes seins effleurent son torse, ses mains glissent dans ma nuque, me rapprochant encore plus de lui. Je ferme les yeux, ne refoulant pas le moins du monde ce que je ressens à son touché.
- Une seule fois, murmure-t-il contre mes lèvres.
Le soulagement me fait trembler alors que sa bouche retrouve la mienne dans un élan de passion qui me fait gémir. Edward en profite pour y glisser sa langue, me poussant sans douceur vers le canapé.
Je m'effondre dessus et son corps vient couvrir le mien une seconde plus tard. Sa chaleur est incroyable. Le désir embrase à nouveau mon corps violemment, me faisant trembler contre lui.
Ses mains glissent sur mon corps alors que sa bouche travaille la mienne sans ménagement, faisant me tordre contre lui pour trouver ne serait-ce qu'un peu de soulagement. Ses hanches avancent contre les miennes dans un mouvement instinctifs, ce qui lui tire une plainte sourde qui résonne contre ma langue.
J'n'en reviens pas de ressentir autant de désir, de plaisir. Tout est particulier avec lui, tout est différent et je n'arrive pas à me l'expliquer.
Les paumes de mes mains glissent dans son dos avant d'atteindre son pantalon. Mes doigts tremblants suivent la bordure du vêtement, le longeant sa peau pour retrouver son ventre. Ses muscles se contractent à mesure de mon avancer, me faisant frissonner toute entière.
Quand il se redresse légèrement, sa bouche quitte la mienne pour qu'il puisse me regarder. Je sens son regard bruler mon visage, mais je suis incapable de l'affronter. Tout est trop fort, trop intense pour que j'arrive à me noyer dans ses yeux sans me mettre à pleurer de manière ridicule.
Concentrée sur ma tache, mes doigts défont les boutons de son jean, le libérant enfin.
L'instant d'après, il m'aide à faire glisser son pantalon le long de ses jambes pour s'en débarrasser.
La tension augmente en même temps que le rythme de sa respiration quand je l'effleure par dessus son boxer, appréciant plus que de raison les tremblements de son corps au dessus du mien. Levant un peu plus les hanches pour me laisser plus d'accès, son souffle se coupe.
Il pose son front contre le mien quand mes doigts passe sous son vêtement, le sentant sursauter contre ma paume. Mon prénom sort de ses lèvres dans un gémissement quand je m'enroule autour de lui.
Savoir que c'est moi, et moi seule qui lui fait cet effet là me brule les entrailles. Son nez frôle le mien, sa bouche effleure la mienne presque tendrement. Sa peau est brûlante, et les tremblements de son corps s'intensifie à mesure que sa respiration devient sifflante. Mes mouvements sont réguliers et je tente par tous les moyens de ne pas m'affoler face à la monstruosité du désir que je ressens pour lui, face à lui, me concentrant sur son plaisir et son souffle rapide et ardent sur ma bouche. Je l'embrasse à nouveau, mêlant nos souffles et nos peaux un peu plus. Quand sa langue retrouve la mienne, je le sens se crisper un peu plus. Mon désir s'intensifie, me faisant maintenant mal.
- J'veux être en toi, réussit-il a dire, la voix rauque en quittant ma bouche.
Sa lèvres embrasse brièvement les miennes avant qu'il ne se redresse, faisant retomber ma main entre nous.
Le souffle court, j'ai dû mal à penser. Il s'accroupit légèrement au dessus de moi avant de faire glisser ses yeux sur mon corps devant lui.
Quand ses mains atteignent la couture de ma culotte, il relève ses yeux sombres de désir vers les miens. J'ai l'impression que je vais m'évanouir. Son regard est si intense qu'il m'absorbe et me noie sans que je ne puisse lutter contre.
Ne me quittant pas des yeux, il fait glisser mon dernier vêtement le long de mes jambes avant de l'envoyer plus loin. Pendant un instant, ses yeux glissent sur ma peau. J'aurai certainement dû me sentir gênée de le voir m'observer de la sorte, mais quand ses pupilles noires retrouvent les miennes, le désir me fait gémir sans même qu'il me touche. Que m'a-t-il fait ?
Rapidement, son boxer rejoint la dentelle de mon sous-vêtement plus loin dans la pièce encore pleine de cartons.
Je me moque des conséquences et de tout ce qui va m'écraser quand son corps nu se rallonge sur le mien la seconde d'après. Plus rien d'autre ne compte que sa peau brulante contre la mienne.
Sa bouche retrouve la mienne pour un baiser ardent. Les tremblements de mon corps s'intensifient quand son désir glisse lentement contre ma chair, nous tirant un gémissement commun. Ses lèvres effleurent les miennes.
- C'est encore meilleur que la première fois…
Ses mots me font ouvrir péniblement les yeux pour le voir flotter au dessus de moi, les yeux fermés, la mâchoire serrée. Perdu dans son propre désir, je ne sais même pas s'il s'est rendu compte d'avoir dit ça à voix haute.
Ses mains glissent le long de mon corps, effleurent mes cotes, mes hanches avant de venir attraper ma cuisse qu'il fait remonter contre son flanc.
Je ferme les yeux, en proie à un vertige quand son corps pousse un peu plus contre le mien, me pénétrant dans une lenteur insupportable.
Mon souffle se coupe immédiatement tandis que mon cœur résonne dans mes tempes.
Tout est lent, mesuré… parfait.
Quand il m'emplit complètement, je relâche tout l'air de mes poumons.
Il a raison : c'est encore meilleur que la première fois. Je me demande vaguement comme s'est possible avant qu'il ne recule, quittant presque complètement mon corps, pour y revenir tout aussi lentement.
Cette fois, un gémissement rauque lui échappe contre mes lèvres.
- Respire, souffle-t-il les yeux fermés.
J'inspire profondément en me rendant compte que je suis complètement crispée. Je ferme les yeux, me concentrant uniquement sur ce que je ressens quand il me quitte presque à nouveau.
Mes hanches avancent vers les siennes quand il revient. Ma tête tourne tant ce que je ressens entre ses bras est intense. J'ai l'impression que je vais mourir, mourir de plaisir quand son visage glisse dans mon cou qu'il embrasse lentement. Sa langue trace des arabesques sur ma peau tandis que ses mouvements s'accélèrent doucement.
Mes mains glissent dans son dos, appréciant plus que de raison la texture de sa peau. Ses muscles roulent sous mes doigts à chaque mouvement et je perds littéralement la tête que sa bouche retrouve la mienne pour un baiser brulant.
Une de ses mains passe sous mon corps pour me soulever contre le sien, me faisant me cambrer un peu plus. La sensation est inédite, je le ressens d'autant plus fort maintenant.
Il murmure mon prénom comme une prière quand mes mains glissent sur ses fesses, pressant son corps contre le mien un peu plus fort. L'effet est immédiat : ses mouvements se font plus puissants, plus intenses.
Il est parfait.
Quand ses doigts s'enfoncent dans la peau de ma hanche, je sens qu'il perd le contrôle. Cette constatation me fait perdre pieds, comme si notre plaisir était lié, comme si son propre plaisir déclenchait le mien automatiquement.
Tout explose alors entre nous dans une violence inédite lorsqu'il gémit contre mon cou, son corps sursautant dans le mien. Sa libération entraine la mienne avec violence tandis que mes ongles s'enfoncent dans la peau tendre de son dos et que j'étouffe mes gémissements dans le parfum de son cou.
J'ai l'impression que notre plaisir me terrasse et m'enflamme comme il ne l'a jamais.
Tout se rompt alors en moi.
Absolument tout.
Il nous faut plusieurs secondes pour nous stabiliser totalement.
Pendant de longues minutes, son corps repose sur le mien de tout son poids. Enfoncée dans le canapé, son odeur et sa peau chaude contre la mienne, je reste les yeux fermés pour prolonger le plus longtemps possible ce sentiment de perfection que je ressens.
C'est fort. C'est unique. Et ça me donne le tournis.
Aucun de nous ne bouge, ni ne parle. J'ai l'impression que si on le fait, tout sera brisé. Ce nous étrange et incontrôlable… tout, mais surtout moi.
Je tremble encore lorsqu'il bouge légèrement et que sa bouche effleure mon épaule. Le contraste entre sa peau brulante et la mienne me déboussole.
Quand il se redresse, ses yeux sont clos et son visage plus détendu que jamais. Il est beau, mais je crois que ça tient à autre chose… il est différent. Définitivement.
- Ca va ? demande-t-il en ouvrant ses yeux dans les miens.
Leurs profondeurs coupe mon souffle. Je hoche la tête, incertaine d'être en état de parler.
Quand il quitte mon corps, le vide est presque douloureux.
Je me redresse lentement. Ma tête tourne, mon cœur bat encore trop vite pour que je tente des mouvements rapides.
En l'observant attraper son boxer pour se rhabiller, je repousse les pensées qui veulent m'assaillirent : je ne suis pas encore prête à rendre les armes.
Je me rhabille en silence à mon tour, enfilant mon t-shirt à même ma peau et ma culotte. Le reste peu attendre.
Quand je redresse la tête, il m'observe, totalement rhabillé, debout dans mon salon.
C'est comme si il ne s'était rien passé, pourtant, tout a changé.
La tension entre nous revient lentement, mais surement. Je serre les dents quand je me rends compte que le fait d'avoir couché avec lui n'a en rien atténuer ce que je ressens face à lui.
- On se voit ce soir ? demande-t-il en reculant vers la porte.
J'ai du mal à comprendre ce qu'il me dit avant que mon cerveau n'arrive à se rallumer.
- Je…
- La soirée au bar.
J'ai l'impression d'être incapable de le regarder dans les yeux.
- Je ne sais pas, avoué-je doucement.
J'ai envie d'ajouter que ça n'est pas une bonne idée de passer du temps ensemble mais me ravise. Après ce qu'on vient de faire, je n'arrive plus à savoir ce qui est bon ou mauvais. Depuis quand suis-je devenue un monstre d'égoïsme ?
Pendant quelques secondes, il ne dit rien, se contentant de me regarder de la manière la plus déstabilisante qui soit. La culpabilité tente d'enserrer ma gorge douloureusement : je la repousse du mieux que je peux, luttant contre moi-même alors qu'Edward fait un pas en arrière. Il ne cherche pas a avoir d'explication, et je sens que c'est mieux comme ça. Je ne pourrais pas lui en donnant une, même si je le voulais.
- A plus tard alors, murmure-t-il avant de se tourner pour s'en aller.
J'ai envie de le retenir, mais je ne le fais pas.
Ma place n'est pas avec lui, il l'a dit lui même.
Il a à peine ouvert la porte que mes yeux me brulent et ma gorge est douloureuse des larmes que je refuse de laisser couler.
J'inspire lentement, douloureusement en l'observant partir.
Lorsque la porte se referme derrière lui, l'enfer s'abat sur moi.
Une semaine est passée depuis l'incident avec Edward. J'ai fais au mieux pour l'éviter, et jusque là, je n'y arrive pas trop mal. Cependant, presque chaque soir, mon ventre se noue en le voyant arriver au bar.
Je ne sais pas exactement où il habite, mais sa voiture reste garé au fond du parking derrière le bar à longueur de temps. A croire qu'il vit juste à coté.
Je soupire en détournant les yeux de ma fenêtre, me concentrant sur le film qui se joue dans mon petit écran. La musique du bar en bas fait vibrer doucement le sol.
Mon portable s'allume à coté de moi. Je repose mon pot de glace que j'ai presque fini en une soirée sur la table basse pour saisir mon téléphone. L'écran éclair mon visage alors que je serre les dents en soupirant.
Tu es toujours terrée chez toi ? On est en bas.
Je soupire une nouvelle fois et réponds à Alice que, non, je ne suis pas terrée, mais que j'ai besoin de calme pour bosser mon programme pour la rentrée. C'est un mensonge et une vérité à la fois. Mon programme est presque clôturé, mais il me reste quelques trucs sur lesquels bosser. J'suis heureuse d'être en vacances pour encore deux mois et demi, mais depuis plusieurs jours, j'ai qu'une envie : partir d'ici à longueur de journée pour ne plus avoir peur de le croiser.
C'est idiot. J'ai commis l'erreur de ma vie et j'm'en mords les doigts comme ça n'est jamais arrivé.
Un nouveau message s'affiche dix minutes plus tard. Cette fois, c'est Jacob.
Comment va ta grippe mon cœur ? Tu me manques, j'ai hâte de rentrer vendredi.
Mon ventre se noue alors que la culpabilité me ronge le cœur. Comment est ce que j'ai pu faire une chose pareille ? J'ai commis le pire, et, en plus, je lui mens depuis près d'une semaine en prétextant être malade pour ne pas avoir à l'entendre au téléphone. Si j'entends sa voix… j'ai tellement peur de ma réaction, j'ai tellement peur de le retrouver… Je redoute son retour, je ne sais même plus comment réagir. Lui cacher va être terrible, mais si je lui dis la vérité… je soupire à nouveau en balançant mon pot de glace vide sur la table basse.
Il est hors de question que mon histoire avec Jacob -qui n'est pas parfaite mais qui est sincère- soit ne serait-ce qu'abimée par une histoire de coup d'un soir. Je ne comprends même pas ce qu'il m'a prit, comment j'ai pu me laisser entrainer par mon corps sans même essayer de lutter un peu plus contre Edward… Mon corps l'a désiré d'une manière unique et notre passé commun à fait tout dysfonctionné chez moi. Je n'ai aucune explication.
Edward n'est qu'Edward. Il n'est qu'un homme.
J'inspire profondément en me redressant dans le canapé.
Soudain tout devient limpide.
Je sais ce que je dois faire pour oublier tout ça et pour définitivement me prouver que je peux, et que je suis passé à autre chose.
Je dois l'affronter.
Rapidement, j'enfile une jupe et un haut léger, il fait une chaleur terrible sur Londres depuis deux jours, qui l'aurait cru ? Mon reflet dans le miroir me regarde noir alors que je passe à la salle de bain pour vérifier que les dégâts ne sont pas trop importants. J'attache mes cheveux en chignon, me pince un peu les joues et les lèvres pour me donner un air un peu plus vivante avant d'inspirer profondément.
- Allez Swan, t'es capable de le faire.
Mon reflet essaie de me sourire mais cela ressemble plus à une grimace. Qu'importe.
Je vais y aller, et l'affronter.
Je comprendrais alors à quel point tromper Jacob avec Edward a été la pire connerie de ma vie. Je vais lui dire qu'il ne se passera plus jamais rien entre nous, parce que je suis avec Jacob. Qu'il soit mon ami ou non m'importe peu : je n'ai pas le droit de commettre une deuxième fois la même erreur. Je ne me le pardonnerai pas.
Je vais mettre fin à tout ça, faire comprendre à mon corps et mon cerveau qu'on ne peut faire n'importe quoi sans en payer les conséquences… Je vais me concentrer sur mon couple, mon histoire avec Jacob et oublier Edward et ce qu'il s'est passé entre nous, qu'importe le prix. C'est ce que je dois faire. Pour nous.
En pénétrant dans le bar, mon cœur bat trop vite et mes mains sont moites.
Il y a du monde, mais pas autant que ce que je pensais. Des corps dansent ici et là, la musique latine -encore- résonne dans les enceintes et fait vibrer les murs du bar. Mes yeux font le tour de la salle et des tables brièvement. Malgré moi, je suis soulagée de ne pas voir Edward. Je prie pendant quelques secondes pour qu'il est vendu sa part à n'importe qui et quitté la ville. Cela serait alors certainement plus simple que de devoir l'affronter en personne.
- T'as pu te libérer finalement ! s'écrit Alice en me sautant littéralement dessus.
Je dois reculer de deux pas pour ne pas tomber à la renverse. Qui aurait cru qu'une si petite chose puisse avoir autant de force ?
- J'ai posé dix minutes pour souffler.
Son sourire est immense quand elle retombe sur ses pieds.
- Prends en vingt plutôt, se moque-t-elle en me prenant par la main. Viens on s'est installés dehors.
Je fronce les sourcils en la suivant à travers les clients qui dansent et trinquent. Il y a une terrasse ?
Je vis au dessus depuis une semaine et je ne me suis même pas rendu compte qu'il y avait une terrasse couverte !
Quand on y pénètre, mes yeux font le tour de l'espace. Ca n'est pas très grand, plusieurs groupes de personnes y fument et discutent, ce qui mange toute la place. Pourtant, c'est sublime. Tout est en bois, du toit au sol. Des guirlandes lumineuses son disposées ici et là, des jolies lampes extérieurs rendent l'ambiance intime et tamisée et plusieurs salon en bois et en tissus blanc sont répartis dans l'espace, créant une ambiance vraiment relaxante.
Dehors, l'air est plus respirable qu'à l'intérieur, et je me sens brutalement un peu moins stressée.
J'inspire profondément en apercevant Rosalie, au bout de la terrasse qui nous fait signe de la main.
Tout va bien.
On bouscule plusieurs personnes pour accéder à la table où Rose est installée. Quand l'horizon s'ouvre, l'enfer vient chatouiller mes entrailles.
Edward est là, une cigarette dans la bouche à parler avec Jasper.
Tout nos souvenirs communs m'attaquent brutalement, me faisant trembler. L'impact de ce qu'on a fait, de ce que j'ai fait me tord le ventre alors que j'ai du mal à continuer de marcher comme si rien ne se passait dans mon corps soudain torturé. J'ai l'impression que mon corps entier est broyé à mains nues.
Je regrette maintenant d'être venue, et de le voir, là, devant moi. Comment vais-je pouvoir lui dire que je ne veux plus jamais le voir alors que mes doigts tremblent si fort ?
J'ai été tellement idiote ! J'aurai du me douter qu'il serait dans le coin. Je songe une seconde à faire demi tour avant de sentir la main d'Alice serrer la mienne plus fort quand elle sent que je ralentis.
Quand Edward jette un œil dans notre direction, mon sang se fige dans mes veines. J'ai l'impression qu'un trente-six tonnes me passe dessus quand il reporte son attention sur Jasper sans prendre la moindre seconde pour me regarder.
Je serre les dents, repoussant le sentiment violent de colère et de déception qui m'envahit. Qu'est ce que j'espérai ? Qu'il me fasse un câlin ? Voilà une semaine que je l'ignore, il n'y a absolument aucune raison qu'il ne fasse pas pareil… et il me l'a dit : on ne sera jamais ami.
J'embrasse Rosalie, salut Jasper et Edward d'un signe de la main. Ce dernier me réponds à peine avant d'allumer une autre cigarette.
Bien. Au moins, je sais à quoi m'en tenir. J'n'aurai finalement pas besoin de lui étaler les choses clairement si désormais il m'ignore ainsi. Au moins, son comportement détestable va bien me faciliter la vie. Je retiens douloureusement la rage qui commence à bouillir en moi et repousse ma déception plus loin : je n'ai rien à attendre de lui. Absolument rien… il n'est personne.
Alice part au bar nous chercher des boissons, me laissant seule avec Rosalie et les garçons, derrière nous. Je fais tout pour me concentrer sur ce que Rose me raconte -elle et Emmett ont commencé à regarder pour déménager dans une maison plus grande- mais je n'y arrive pas. Sans arrêt, mon cerveau m'envoie en flash ma relation plus qu'étrange avec Edward, et je ne peux qu'être en colère contre moi même me reprocher d'avoir été idiote à ce point.
Comment j'ai pu croire qu'il y avait quelque chose de si spécial entre nous ? Il ne me regarde même pas ! Il fait absolument comme si je n'existai pas. Il voulait quoi ? Que je le rappelle ? Qu'on remette ça ? Si il croit que je vais entamer avec lui ce genre de relation, il rêve. Je ne serais jamais ce genre de personne, je ne pourrais jamais faire ça à Jacob.
Je refuse d'être un monstre d'égoïsme et de lâcheté.
Quelle idiote j'ai été ! Jacob vaut tellement, tellement plus que ce type !
- Et j'ai comme l'impression qu'un dragon arrive derrière toi et qu'il va t'avaler toute entière.
- Ca va être super.
Rosalie en face de moi me sourit d'un air entendu alors que je me rends compte que je n'ai rien compris de ce qu'elle a bien pu me dire.
- Tu n'as pas écouté un mot de ce que je t'ai dit, avoue ?
Je me sens rougir légèrement alors que la gêne s'empare de moi. Je sais que je connais Rosalie que depuis quelques semaines seulement mais… Mauvaise petite amie, mauvaise amie… je les collectionne ou quoi ?
- J'suis désolée. La semaine à été longue.
Sa main se pose sur la mienne dans un geste réconfortant.
- Jacob te manque, n'est-ce pas ?
Sans le vouloir, je me raidis totalement.
Rosalie doit penser qu'elle a touché dans le mile, puisqu'elle sert légèrement mes doigts avec affection.
- Il revient bientôt ? demande-t-elle alors que les garçons derrière nous laisse passer un léger silence.
- Vendredi, marmonné-je, incapable de ne pas ressentir la tension soudaine dans tout mon corps.
Mais qu'est-ce qui ne va pas chez moi bon sang ?!
- Tu dois avoir hâte de le retrouver ! s'écrit Alice en prenant place à la table, nos boissons dans les mains.
Le regard d'Edward brule ma nuque une seconde.
J'ai vraiment eu une idée pourrie en venant ici.
- Je… oui, vraiment.
Edward passe à coté de nous au même moment. Le regard qu'il me jette pendant une demie seconde me foudroie sur place. Il n'est pas amusé, ou en colère, non. Il est juste… totalement indifférent.
Se comporte-t-il comme ça avec toutes les filles avec qui il couche ? Était-il un goujat fini ou n'est-ce qu'avec moi ?
- Tu t'en vas Ed ? demande Rosalie face à moi.
Ce dernier stoppe son mouvement pour partir. A nouveau, il m'ignore, posant ses yeux partout sauf sur moi. Pourquoi ai-je envie à ce point qu'il me regarde, ne serait-ce qu'une seconde ? Je sens me ventre me bruler douloureusement. Je devrais m'en foutre totalement.
- Ouais. J'me lève tôt demain, j'suis de garde, explique-t-il en lançant un sourire désolé à sa sœur qui fait la moue pour qu'il reste.
- De garde ?
Je me mords les joues, regrettant amèrement d'avoir parlé sans prendre le temps de réfléchir.
Edward dirige son attention sur moi une seconde, un peu surpris par mon intervention.
- Tu ne savais pas ? demande Alice en nous regardant l'un après l'autre. Edward est pompier pour la ville entre deux cocktails.
Mon regard accroche celui d'Edward qui hausse un sourcil dans ma direction, apparemment fier de m'avoir cloué le bec. Mon cœur, ce traite, s'accélère de manière horrible.
- Je pensais qu'il te l'aurait dit, s'amuse Rosalie alors que je prie pour arrêter d'être aussi idiote une seule minute de ma vie.
- Je… je ne savais pas, me contenté-je de répondre alors qu'Edward hausse les épaules.
- On ne se connait pas, balaye-t-il d'un mouvement de la main. Alice, on déjeune toujours ensemble mardi ?
Je reste figée alors qu'Alice discute frites et beignets avec son frère. La colère me serre la poitrine, acide. Non mais pour qui il se prend ? "On ne se connait pas" ? Vraiment ?
Lorsqu'il disparait par un portail à gauche de la terrasse, je suis sa silhouette des yeux, toujours furibonde. Les lampadaires encore allumés de la ville éclaire ses cheveux en bataille jusqu'à ce qu'il atteigne le terrain de la grange juste derrière le bar. Le portail s'ouvre, puis se referme derrière lui.
Je fronce les sourcils. C'est là qu'il habite ? Si près ?
Le reste de la soirée me parait horriblement long, je n'arrive pas à ignorer tout ce que voir Edward ce soir m'a fait ressentir. Je lui en veux, je suis en colère contre lui alors que je voudrais juste m'en foutre et passer à autre chose. Mais je n'y arrive pas, et cette constatation ne fait qu'augmenter ma colère envers lui.
Le bar se vide en moins de temps que je pensais, et les filles finissent par partir, me laissant seule sur la terrasse maintenant vide. Je suis trop en colère pour remonter chez moi, mais je suis trop sobre pour réussir à oublier le comportement d'Edward.
Quand la musique du bar se tait, je remonte chez moi, toujours en furie.
Je souhaite à peine bonne nuit à Emmett, qui lui à toujours le sourire.
Dans l'appartement, mon regard est attirée par la grange. Si j'avais su, tout ce temps, que c'était chez lui… Je soupire une nouvelle fois. Qu'aurai-je fait ? J'aurai continuer à me morfondre sur le genre de petite amie pitoyable que je suis !
La lumière est allumée là bas, dessinant dans l'herbe autour du bâtiment des ombres et des dessins flous.
Je n'arrive pas à calmer ma colère. Comment ose-il ? Comment peut-il être le parfait amant et m'ignorer de la sorte ? Moi qui m'étais toujours juré de ne jamais tombé dans ce genre de plan ridicule ! S'il croit que je vais me taire, il a largement tord.
Edward doit être définitivement le genre d'homme à ne jamais se faire remettre en place.
Il ne me connait pas, ça c'est certain.
En à peine une minute, je gagne son terrain sous la nuit noire. Je vais lui dire qu'il n'y aura plus rien entre nous, plus jamais et qu'il à été la plus grosse erreur de ma vie.
En repoussant le lourd portail qui se referme derrière moi en silence, je fulmine. Il a tout fait pour que je tombe dans ses bras une deuxième fois, et, quand c'est arrivé, il devient le pire des goujats.
Lorsque j'avance sur l'herbe fraiche, la baie coulissante d'où sort la lumière est à moitié ouverte. Je ne me fais pas prier pour y pénétrer sans aucune gêne.
Je me fige légèrement en découvrant Edward assis sur le bord de son canapé, sa guitare à la main vibrant sous ses doigts.
Sans que je ne sache pourquoi, je reste silencieuse quelques secondes, incapable de détacher mes yeux de lui. La musique qui s'échappe de son instrument est lente, triste, presque mélancolique. Je ne peux pas nier qu'il est incroyablement beau éclairé ainsi par les douces lumières de la grange. Les yeux fermés, légèrement penché en avant, ses doigts glissent sur sa guitare lentement et je reste hypnotisée sans réussir à bouger, ni réagir.
Après un instant, j'inspire profondément et ma colère se rappelle à moi comme une vieille amie. Ses mots de plus tôt résonne dans mon crane, anéantissant brutalement l'admiration qu'il a pu provoquer le temps d'un instant. Je veux lui régler son compte pour qu'il comprenne qu'il n'est pas obligé d'être aussi arrogant avec moi : je ne voudrais plus jamais de lui. Je ne commettrai pas la même erreur deux fois.
Je me racle la gorge bruyamment, espérant me faire remarquer. La mélodie de la guitare s'arrête immédiatement lorsqu'il relève les yeux vers moi, surpris d'être interrompus. Ses sourcils se froncent d'incompréhension alors que la colère me brule à nouveau la gorge devant son visage étonné.
- Bella ?
- Oh, tu me connais maintenant ? craché-je, acide.
Il fait une légère pause avant de poser sa guitare à coté de lui sur le canapé gris clair. Ses yeux me déstabilisent un peu mais je repousse de toutes mes forces ce que je ressens face à lui. Je ne dois pas oublier mon objectif de vue, et je veux cesser d'être aussi ridicule dès qu'il est dans les parages. Il n'est qu'un homme, et je ne veux plus de lui.
- Qu'est ce que tu as ? demande-t-il en se levant.
Déstabilisée par son calme, je me sens trembler légèrement avant de lui répondre, un peu plus froide.
- Tu comptes faire comme si je n'existai pas désormais, c'est ça ?
Son visage est impassible, mais ses yeux sont d'une profondeur à couper le souffle. J'ai du mal à penser quand un léger sourire effleure ses lèvres. Il se moque de moi en plus ? C'est une blague ? Suis ridicule à ce point ?
- Ca n'est pas ce que tu fais depuis une semaine ?
Mon ventre se noue douloureusement. Mes pensées fusent, me renvoyant en flash notre étreinte alors qu'il glisse les mains dans ses poches de pantalon. Je perçois dans ses yeux une légère satisfaction à me voir peiner de la sorte, ce qui me donne la force de me reprendre.
- J'avais du boulot, mentis-je pitoyablement.
- Toi et moi savons que ça n'est qu'une excuse.
Je serre les dents en voyant combien la situation l'amuse. Comment j'ai pu croire une seule minute en lui ?
- Tu pourrais au moins avoir la décence de me respecter.
Son regard sonde le mien. Il s'approche lentement, presque au ralenti. Mon comportement de folle furieuse à l'air de l'amuser, ce qui a le don de m'énerver un peu plus. Je dois lui dire que tout est terminé, que rien ne me fera revenir à lui.
- Je ne vois pas en quoi je ne t'ai pas respectée, se défend-t-il avec calme.
- Tu prétends ne pas me connaitre.
Ses sourcils se froncent tandis qu'un léger sourire s'imprime sur sa bouche. J'ai l'impression que mon estomac vient de remonter dans ma gorge.
- Tu plaisantes ? demande-t-il. Tu viens jusqu'ici me faire une crise parce que tu es… blessée dans ta fierté ?
J'ouvre la bouche pour parler, mais rien ne sort. La claque est brutale et me sors de ce sentiment étrange dans lequel je suis depuis que j'ai pénétré ici. Je le déteste, je le déteste mais le pire, c'est qu'il a parfaitement raison ! Je ne me comprends pas moi-même. Depuis quand ce qu'il pense de moi a-t-il de l'importance ?
Je suis ridicule. Je ne comprends pas moi-même mon comportement depuis notre rencontre. Quelque chose chez moi ne tourne vraiment pas rond. Je bats des paupières plusieurs fois, espérant trouver la force de lui répondre quelque chose qui ait un sens.
- Bella, qu'on est couché ensemble ne change rien au fait. On se connait à peine.
- Je...
- Tu ne savais même pas que j'étais pompiers alors que c'est là, mon métier principal, continue-t-il en m'ignorant royalement.
Il n'est pas en colère, ni déçu, ni indifférent… il est amusé. Je le vois dans ses yeux qui se baladent sur mon visage surement cramoisie.
- Tu… tu m'as ignoré, lâché-je presque malgré moi.
Je me pince les lèvres, surprise d'avoir osé dire une chose pareille. Depuis quand mon corps parle-t-il à la place de mon cerveau ? Il se fige légèrement puis penche la tête sur le coté pour m'étudier.
- C'est donc ça, murmure-t-il en s'approchant.
Sa désinvolture m'agace au plus au point. Mais quand il se retrouve tout près, mon ventre se noue et ma colère s'évapore brusquement.
- Tu es en couple avec un autre homme. Je ne jouerais pas les amants fou d'amour.
- Ca n'est pas ce que je te…
- Et je ne t'ai absolument rien promis, continu-t-il en faisant un pas vers moi.
Instinctivement, je me recule, m'éloignant pour pouvoir respirer convenablement. Son comportement m'agace et me perturbe trop pour mon propre bien. Je en sais plus où je suis, pourquoi je suis là et j'ai du mal à respirer sans avoir l'impression que l'on m'écrase les poumons.
- Je ne veux pas de tes promesses, réussi-je à dire, vexée, quand mes fesses buttent contre un meuble derrière moi.
- Bien, souffle-t-il en m'observant.
- Bien, répété-je sans savoir pourquoi.
Pendant quelques secondes il me détaille en restant silencieux. Ma colère m'a abandonnée, me laissant vide et épuisée. Je ne sais même plus pourquoi je tente de le détester autant.
Puis un long soupire lui échappe.
Quand ses mains se posent sur mes hanches, je sursaute nerveusement. La tension dans la pièce augmente vivement en même temps qu'elle explose dans mon corps. Avec une facilité déconcertante, il me soulève pour m'asseoir sur le meuble derrière moi. Je me laisse faire sans en comprendre la raison, incapable de lutter contre tout ce que je sens passer entre nos corps.
Quand son regard sombre verrouille le mien, je suffoque déjà. Je tente de descendre mais il s'insinue entre mes cuisses, m'empêchant de partir.
- Qu'est ce que tu fais ?
Ma voix n'est qu'un murmure ridicule.
Je suis pathétique.
- Edward... Arrêtes ! m'agacé-je en le repoussant.
Mes mains se posent sur son torse pour le repousser sans aucune conviction : l'avouer me tue, mais mon corps le désir à nouveau d'une manière que je n'arrive pas à contrôler. Je voudrais être capable de ne pas le désirer de la sorte, mais je n'y arrive pas.
Ses mains brulantes se posent sur mes cuisses, puis remontent lentement sous ma jupe alors que son regard ne me quitte pas.
Je pousse un peu plus sur mes mains, tremblant déjà contre lui alors que je lutte pour lui résister.
Pendant un instant, on se dévisage dans un silence lourd et pesant. J'ai du mal à respirer. Mon corps me brule et mon cerveau est déjà en train de rendre les armes. Que m'a-t-il fait ? Pourquoi suis incapable de lutter contre cette chose monstrueuse entre nous ?
Quand, d'une main sur ma nuque, il m'attire brusquement à sa bouche, je ne peux que gémir.
Ses lèvres sont impétueuses, féroces, presque violentes, et son baiser me fait définitivement perdre ma colère et les barrières que j'avais dressées contre lui -contre ça. Sa langue envahit ma bouche sans douceur, luttant contre la mienne pour me dominer alors qu'une plainte sourde s'étouffe entre nos lèvres.
Je voulais lutter contre lui, contre ça. Je voulais arrêter définitivement cette attraction. Je voulais lui comprendre que plus jamais je ne reviendrai vers lui… Je le voulais de toutes mes forces, mais j'en suis incapable. Je le veux. Lui… Seulement lui.
Brutalement, je cesse de lutter. Je rends les armes, j'abandonne la bataille contre lui. Je ne suis pas assez forte et lui résister me fait trop souffrir.
Après quelques secondes, sa langue devient plus tendre, sa bouche relâche la pression, et son corps se presse un peu plus contre le mien. Mon coeur s'affole face à sa douceur. Mes mains glissent contre son corps, jusqu'à atteindre sa nuque quand son baiser devient plus lent, plus sensuel, plus ardent… Plus lui.
Je ne sais même pas comment j'ai pu atterrir ici, et comment j'ai pu oublier les raisons de ma colère aussi rapidement. Il a un effet sur moi que je n'arrive pas à comprendre.
Ses mains caressent mon corps, mon ventre, mes seins à travers mon débardeur avant de tirer légèrement dessus pour libérer mon épaule qu'il embrasse l'instant suivant.
- Ta peau est encore plus sucrée, chuchote-t-il contre mon oreille avant d'embrasser mon cou.
Le souffle court, incapable de répondre, je fouille dans ses cheveux, tentant de contenir le désir brulant qui se glisse en moi.
Quand sa bouche retrouve la mienne, je l'entends gémir contre moi, se pressant avec un peu plus de force entre mes cuisses. Ses doigts tirent sur mon haut pour me l'enlever. Je ne tente rien pour l'en empêcher alors que ses yeux sombres de désir retrouvent les miens. Je lève même les bras pour l'aider à m'enlever mon débardeur, puis mon soutien gorge qu'il dégrafe avec facilité. A moitié nue devant lui, il m'observe quelques instant avant de ramener mon visage vers le sien de ses mains sur mes joues.
Le baiser qu'il m'offre me donne le tournis. Jamais personne ne m'a embrassé comme ça.
Un instant, il cajole ma poitrine avant de poser des baisers mouillés jusqu'à mon nombril. Je me tords entre le mur derrière moi et lui, incapable de ne pas m'offrir à lui totalement.
Mon souffle se coupe quand ses mains glissent sur l'intérieur de mes cuisses, sous ma jupe, pour venir effleurer mon sous-vêtement.
Je murmure son prénom sans m'en rendre compte. Comment fait-il pour me faire perdre pieds à ce point ?
Ses doigts attrapent ma culotte pour la faire glisser le long de mes jambes. Je me laisse faire comme une poupée de chiffon, presque prête à céder à absolument tout ce qu'il me demandera pour le regard qu'il me lance lorsque mes mains trouvent la ceinture de son pantalon. Je repousse ses mains baladeuses quand il tente de me toucher à nouveau.
Une nouvelle fois, il a ce sourire satisfait que je déteste, mais j'm'en fou. Je ne sais même plus pourquoi je me sentais si en colère contre lui, et la culpabilité ne peut pas entrer dans mon corps avant que je ne quitte ses bras… Parce qu'Edward sait parfaitement comment me faire tout oublier, je le sais maintenant.
Dans son regard, le désir pur danse, mélangé à la frustration de ne pas pouvoir me toucher comme bon lui semble.
Je défais sa ceinture de mes doigts tremblants, avant de descendre le zip de sa fermeture éclair. Je le veux. Je le veux plus que je ne l'ai encore jamais voulu. Je ne pensais pas cela possible, mais c'est le cas.
Je sursaute quand ses mains entourent mon visage et qu'il se penche vers moi pour m'embrasser. Son contact chaud et doux me touchent d'une manière que je n'arrive pas à expliquer. Quand il relâche ma bouche, nos souffles sont courts. Le désir est trop fort pour moi, et mon cœur bat beaucoup trop vite. J'ai la sensation que je vais exploser au moment où son corps sera enfin dans le mien.
Je ne sais pas si c'est le fait de ne pas l'avoir vu depuis une semaine, ma colère, ma fierté mal placée, ma culpabilité qui me tord le ventre ou le fait qu'il m'ait ignoré royalement ce soir mais, quand il soulève légèrement mes fesses pour se glisser en moi avec facilité, une boule de chagrin dans ma gorge se créer.
L'envie de pleurer me saisit quand il m'embrasse à nouveau, poussant plus profondément son corps dans le mien.
J'inspire profondément son odeur boisée quand il se retire avant de revenir lentement. Son odeur décuple les sensations, me faisant serrer les dents face à tout ce que provoque son corps dans le mien.
- Détends toi, murmure-t-il contre mes lèvres avant de m'embrasser plus profondément.
Sa langue danse avec la mienne à mesure que ses mouvements en moi s'intensifient. J'inspire profondément quand il relâche ma bouche. Je m'accroche à ses épaules, cherchant désespérément un moyen de le retenir contre moi. J'n'ai pas envie que ça s'arrête, pas envie que ce moment cesse… parce que, quand cela va arriver, je sais que je vais me retrouver dans le même état de léthargie que ses derniers jours. Et je sais que je vais me détester un peu plus en sortant d'ici.
Son front se pose contre le mien, son regard me foudroie alors que nos corps se mouvent l'un dans l'autre.
Ses yeux dans les miens, notre danse dure encore et encore. Cette connexion entre nous me fait trembler un peu plus contre lui alors qu'il me sert plus fort entre ses bras. Je ne peux plus nier ce que je ressens: c'est plus fort que tout. Ce désir, ce plaisir entre nos corps… jamais ça n'a été comme ça, avec personne.
Quand son front glisse sur mon épaule et que sa respiration se fait plus bruyante, je sais qu'il n'est pas loin. Cette pensée intensifie brutalement le plaisir que je ressens.
Mes ongles s'enfoncent dans ses épaules alors il accélèrent un peu plus, faisant claquer sa peau contre la mienne.
Mes cuisses resserrent ses flancs violemment lorsque le plaisir me clou sur place, m'emportant dans de longues vagues qui me font me tordre contre lui. Son paroxysme le fige à son tour alors que ses doigts serrent mes cuisses à m'en faire mal.
Peu importe.
Il est mon paradis et mon enfer.
J'espère n'avoir perdu personne en cours de route... évidement, on sort couvert !
Je sais exactement où je vais pour cette romance, et j'espère sincèrement que ça va vous plaire. L'adultère est parfois un sujet qui fache, pleeeaaase ne m'en voulez pas ^^
On se retrouve ici, ou ailleurs (non je n'ai pas oublié Je suis, je n'ai juste pas le temps :'(… je publi vite là bas aussi ! Promis)
Vous voulez lire la suite ? Vous laissez un mot pour me dire ce que vous en pensez !
J'vous embrasse,
Tied.
