-STAY-
Something in the way you move
Chapitre 4
Edward
Je mets un moment à me stabiliser alors que le plaisir vient de me broyer les entrailles comme jamais.
Bella s'affaisse un peu plus contre moi, sa respiration brulante et encore erratique provoquant des slaves de frissons dans tout mon corps.
J'ai expérimenté le sexe de bien des manières, bien que je n'ai jamais été un coureur, mais jamais ça n'a été aussi intense qu'avec elle. C'est meilleur à chaque fois. Comment est-ce possible ?
J'effleure son épaule de mes lèvres à cette pensée, embrassant sa peau brulante.
Quand je me redresse pour pouvoir la regarder, elle est figée, les yeux fermés, un très léger sourire fixé sur ses lèvres. Les joues roses et la bouche gonflée, elle n'a jamais été plus belle.
Je prends plusieurs secondes pour l'observer, savourant son corps contre le mien et la sensation que ça me fait au creux de l'estomac.
Elle est unique, c'est certain.
Jamais aucune fille n'est venu me passer un savon par ce que je fais exactement ce qu'elle attendait de moi.
Je comprends sa colère, je ne sais pas vraiment moi-même comment réagir face à ce qui nous pousse à nous retrouver ainsi. Elle s'en veut à mort d'avoir fait ça à Jacob, pourtant, elle replonge dans mes bras même si elle lutte pour que cela n'arrive pas.
Et j'n'ai aucune explication à ça, et peut être que je n'en veux pas.
Après quelques minutes, où on arrive à retrouver une respiration à peu près normale, ses yeux s'ouvrent pour tomber directement dans les miens.
Je ne me lasse pas de sa beauté.
Son regard sombre et envoutant s'ancre au mien, faisant sursauter mon cœur.
Malgré l'éclat de bonheur que j'y lis, elle s'en veut déjà d'avoir cédé.
Je ne peux pas vraiment lui en vouloir, à sa place, je serais mortifié. Mais je reste persuadé que, si elle à été attirée par moi, de quelconque manière que cela soit, c'est parce que sa place n'est pas avec Jacob. Si elle avait été parfaitement heureuse et comblée, jamais elle n'aurait posé les yeux sur moi, jamais je ne lui ferait cet effet là.
- Je devrais y aller, murmure-t-elle après quelques secondes à nous dévisager mutuellement.
Déjà, elle me repousse doucement pour descendre de la console sur laquelle je l'ai assise quelques minutes plus tôt.
- Tu peux rester un peu, dis-je en la regardant ramasser ses vêtements éparpillés ici et là.
La tension de son corps a l'air d'augmenter de minute en minute, comme si elle risquait d'éclater en sanglots d'une seconde à l'autre.
- Je… tu dois te lever tôt, marmonne-t-elle en me tournant le dos pour se rhabiller.
Je me sens sourire un peu ironiquement : je l'ai vu nue plus que beaucoup de personne depuis que je la connais et elle se cache encore de moi ?
Je remonte mon pantalon et refait le nœud de la ceinture pendant qu'elle enfile sa culotte maladroitement sous sa jupe qu'elle remet en place. Elle est nerveuse, la tension qui émane d'elle me noue l'estomac.
Quand je vois qu'elle peine à remettre son soutien gorge, je l'aide en agrafant le vêtement. Mon contact la fait sursauter, mais elle reste silencieuse. Mes doigts longent la fine bretelle dans son dos. Un frisson s'empare de sa peau alors qu'elle soupire malgré elle.
Lorsque mon touché la quitte, elle se tourne vers moi lentement, ralentis par les émotions contradictoires qui dansent dans ses yeux d'une profondeur extrême. Elle se torture tellement…
- Tout va bien Bella, assuré-je.
Un sourire sans vie étire ses lèvres alors qu'elle blanchit légèrement.
- Je dois rentrer, marmonne-t-elle en dégageant ses quelques mèches qui se sont échappées de son chignon d'un geste nerveux.
La culpabilité qu'elle ressent l'empêche de respirer convenablement. Je ne sais pas quoi lui dire. Je sais que ce que nous faisons est mal. Je sais qu'elle peine à comprendre ce qui nous pousse l'un vers l'autre, et, pour être honnête, je n'y arrive pas non plus. Pour autant, j'n'ai aucune envie que ça s'arrête.
- Tu devrais cesser de réfléchir, finis-je par dire après une minute d'un silence lourd et pesant où son regard torturé évite le mien.
Elle à du mal à tenir en place, et j'ai du mal à me retenir de lui demander de rester.
Juste un peu.
Juste une fois.
- Ce qu'on fait est mal, murmure-t-elle, comme si elle se le disait plus à elle-même qu'à moi.
Un silence s'installe alors que l'agacement me frôle. C'est elle qui est venue ce soir, non ?
- On ne devrait pas, ça n'est pas… ça ne me ressemble pas.
- Sur quel modèle te bases-tu pour dire que ça ne te ressemble pas ?
J'inspire lentement, ce qui laisse passer un silence où mon cerveau se met à bouillir.
- Je te laisse le choix, tu es consciente depuis le départ de ce qu'il se passe entre nous.
Ma remarque la désarçonne. Ses yeux deviennent plus ternes à mesure qu'ils se remplissent de larmes, et, déjà, je regrette l'instant où elle était en colère contre moi.
- Je me base sur... sur ce que je suis, répond-t-elle.
Elle fait une pause, puis inspire à nouveau.
- Sur ce que je voudrais être.
Je soupire. Tout le problème est là.
- Si tu n'es pas heureuse dans cette situation alors change les choses.
Moi-même, un instant, j'ai l'impression de ne pas parler seulement de ce qui nous pousse à nous retrouver depuis qu'elle à emménager. Je pourrais parler d'elle, de Jacob, de tout. Trop peu de choses dans sa vie ont l'air de lui correspondre.
- Ca n'est pas si facile, articule-t-elle en secouant la tête. Je… je n'ai jamais fait ça avant, avoue-t-elle avant de baisser les yeux. Je n'ai jamais eu envie de le faire, je… je n'ai jamais envisagé… ça.
Là, elle parle de nous. Un soupire passe mes lèvres.
- Si c'est trop difficile pour toi à assumer, rien ne te retiens. Aucun engagement d'aucune sorte, aucune promesse…
- Je sais, me coupe-t-elle en relevant ses grands yeux sombres vers moi.
La distance entre nous me serre la poitrine. Elle n'est plus seulement physique, j'ai l'impression à l'instant que tout nous sépare.
- C'est juste… je me suis toujours promis de ne jamais faire… ça, explique-t-elle d'une voix mal maitrisée en désignant maladroitement le vide entre nous. Jamais. C'est… c'est immorale.
- Il y a des promesses qu'on ne peut tenir.
Elle se pince les lèvres un instant, comme pour s'empêcher de parler avant de passer ses mains sur son visage. Sa fatigue me saute brutalement aux yeux et la mienne à l'air d'avoir envie de m'écraser.
- Si tu… si tu essayais de simplement… arrêter de te torturer autant ? proposé-je en m'approchant.
Son corps se tend, si bien que je ne sais pas si ça vient de ma phrase ou du fait que je ne suis plus qu'à trois pas d'elle.
Un léger sourire étire ses lèvres bien qu'elle semble lutter contre ses larmes et sa colère dévorante envers elle-même.
- J'aimerais, avoue-t-elle après m'avoir longuement étudié. Seulement… ce que je suis n'y arrive pas.
- Ou ce que tu voudrais être.
Elle s'empourpre légèrement avant de baisser les yeux à nouveau.
- Je ne te forcerai pas à quoi que ce soit Bella. Si tu… si tu ne ressens aucun plaisir à passer du temps avec moi et que cela te fait souffrir, rien ne te retiens.
- Je sais, répète-t-elle. Je… je ne pense pas que tu doives douter sur le fait de ressentir du plaisir à passer du temps avec toi, marmonne-t-elle en retenant mal un sourire.
Je me pince les lèvres pour ne pas rire alors qu'elle relève les yeux vers moi. Un silence s'installe pendant quelques secondes. J'inspire profondément en voyant son demi sourire retomber lentement. Pourquoi les choses sont-elles toujours, toujours aussi compliquées ?
- Mais nous ne serons jamais amis, souffle-t-elle à voix basse.
Ca n'est pas une question, mais une affirmation. J'aimerais pouvoir être capable d'être son ami, mais j'n'en ai aucune envie.
- Je ne crois pas, non.
- Pourquoi ?
Sa voix n'est plus qu'un tremblement alors que je lutte de toutes mes forces pour ne pas m'approcher plus d'elle.
Si elle ne veut plus rien entre nous, je me dois de respecter son choix.
Un sourire presque amer étire mes lèvres alors que mes yeux caressent son visage fin.
- Je ne crois pas que ça serait une bonne chose. On n'est pas fait pour être amis.
A nouveau, elle rougit. Et moi, j'ai l'impression qu'on tourne en rond depuis le premier soir.
- Je te désire, c'est tout, dis-je avec honnêteté, maintenant presque lassé de ce combat perpétuel. Je… je ne sais pas ce qui nous pousse à nous retrouver ainsi mais je ne crois pas que cela soit si mal…
- Edward…
- Ca devait arriver Bella, la coupé-je. Ca devait arriver et si c'est trop pour toi, ça s'arrête là et chacun reprends sa vie.
Cette conversation à le gout amer d'un adieu. Cet idiot, elle est ma voisine. Je sais pertinemment qu'on finira par se croiser, par se voir, mais là, à l'instant, une petite voix me souffle à l'oreille que c'est terminé, que je ne pourrais plus toucher sa peau dont la texture me brûle encore les doigts.
Elle soupire, puis son regard change lentement. La résignation danse dans ses pupilles marrons, sauf que je n'arrive pas à savoir si elle renonce, ou si elle se bat.
- Je vais te laisser te reposer, finit-elle par dire, évitant soigneusement mon regard quand elle recule pour partir.
Le gout amer de l'aurevoir me pique la langue alors qu'elle s'en va vers la baie trop lentement. Je n'ai pas le droit de la retenir. Elle doit faire son choix, et, après une inspiration, je me rends compte que je ne sais toujours pas ce qu'il en est réellement.
Elle quitte la grange sans un mot de plus. J'observe sa silhouette fine s'éloigner par delà la baie ouverte jusqu'à disparaitre dans la nuit.
Soudain, je me sens morose.
J'ai l'impression que plus rien ne me fera sourire.
- C'était une super soirée, les clients étaient super contents ! s'exclame ma sœur en passant ses bras autour de Jasper.
- Ouais, va falloir qu'on voit pour programmer ça plus souvent, acquiesce Emmett en finissant d'essuyer le bar devant nous.
Installés autour du bar, nous venons de fermer et le ménage de la salle vient d'être terminé. J'suis rincé mais on a fait une bonne soirée -carton plein.
- Les soirées latines ça plait toujours, se vente Emmett en gonflant le torse.
Son regard oblique envers moi ne m'échappe pas.
- Ca n'est pas de la musique.
Jasper et lui lèvent les yeux au ciel d'un même ensemble.
- Franchement Edward, tu écoutes du classique dans ta voiture h24, je ne crois pas que tu puisses émettre un jugement sur les gouts musicaux du bar… on va pas en faire un couvent !
Je fusille Jasper des yeux -pour la forme- qui me sourit de toutes ses dents.
- Les gouts musicaux de mon frère sont géniaux, me défends Alice dans un sourire d'ange.
- Si on veut finir au Vatican oui, approuve Rosalie.
Je ne m'offusque pas le moins du monde : je sais que mes gouts en matière de musique ne plaisent pas à tout le monde -à ma famille surtout.
Pendant plusieurs minutes, Jasper et Emmett enchérissent jusqu'à ce qu'Alice les sermonne pour me défendre, même si son regard est moqueur à mon encontre.
J'observe Bella, assise de l'autre coté du bar qui étouffe un bâillement en discutant avec Rosalie à voix basse. Je ne sais pas ce qu'elles se disent, mais Bella à le sourire et, même si elle à l'air fatiguée, elle est vraiment superbe.
- Ed ? On va courir demain ?
- Nope, j'me lève aux aurores, j'dois être à la caserne à 5h.
Il soupire avant de proposer la même chose à Jasper qui décline presque impoliment.
- Ca te ferait du bien de faire du sport, se moque Rosalie en jetant un coup d'œil à ce dernier.
- Tu insinues quoi ?
- Rien ! se défend-t-elle en haussant les épaules.
- J'fais du sport tous les soirs, fait remarquer Jasper en s'offusquant légèrement.
- Parcourir la salle en roller avec ton plateau plein de bière ? se moque Alice.
Jasper la fusille du regard en se détachant d'elle.
- Tu dois être de mon coté ! s'offusque-t-il alors que ma sœur éclate de rire.
- Oh allez bébé, je rigolais ! Tu es absolument par-fait !
Jasper lève les yeux au ciel, essayant de rester contrarié mais ma sœur lui sourit d'une manière tellement adorable qu'il grogne avant de la prendre contre lui.
Ils sont ridicules.
- Ne t'avise pas de lancer une remarque acerbe Edward, menace Jasper sans même me regarder.
- J'n'ai rien dit !
Tous les yeux se tournent vers moi, y compris Bella qui assiste à la scène avec un amusement certain.
- Ne dis rien oui. On connait ton aversion pour…
- Le mielleux dégoulinant ?
- L'Amour, me corrige-t-il.
C'est à mon tour de lever les yeux au ciel.
- C'est pas une aversion pour l'Amour.
Alice et Rose lève les yeux au ciel d'un même ensemble, me vexant presque.
- C'est pas une aversion, répété-je en retenant un rire. C'est juste…
Je cherche quelque chose à répondre, mais rien ne vient.
- Vous me saoulez !
Ils éclatent tous de rire alors que je balance les torchons sur bar dans le panier à linge sale à ma droite.
- Tu n'as juste pas trouvé chaussure à ton pieds, me défends ma sœur dans un sourire. Pas encore.
- On croirait entendre maman !
- Tu sais c'est pas un drame d'être encore seul à trente ans passé, fait remarquer Rosalie.
- Génial, on peut changer de sujet ?
Bella mord légèrement sa lèvre, retenant visiblement son amusement alors que les autres rigolent. J'déteste que tout le monde veuille tout le temps me caser, et ils le savent parfaitement. Etre célibataire à 31 ans était-il un crime contre l'humanité ?
J'échange un rapide regard avec Bella qui me sourit doucement. Elle est amusée, mais il y a autre chose de plus profond dans son regard pendant quelques secondes. Elle est troublée, je le sens de tout mon être.
Toute la soirée, elle a été là, coincée entre Rose et Alice, assises de l'autre coté de la salle, ses yeux ardents et profonds me scrutant comme la première fois. J'n'ai rien pu faire d'autre que de soutenir son regard et savourer la chaleur que ce dernier provoque en moi. Elle m'attire plus que personne, et j'n'ai aucune explication.
- Allez on décolle, s'exclame Rosalie après un bâillement. Bella, on se tient au courant.
Cette dernière hoche la tête, si bien que je fronce les sourcils, soudain curieux de savoir ce dont elles peuvent bien parler.
Tout le monde s'embrasse, et, lorsqu'ils sortent du bar dans tourbillon de chahut et d'éclats de rire, je ne peux que sourire. Ma famille est certainement la plus folle de toute… mais je ne l'échangerai pour rien au monde. Je ferme la porte derrière eux, et tire les rideaux pour fermer définitivement le bar.
Quand je me tourne vers la salle, Bella est immobile devant le bar, tordant légèrement ses mains. Me retrouver seul avec elle d'un seul coup noue mon estomac et l'air me semble plus lourd. Pendant quelques secondes, elle ne dit rien, se contentant de me regarder comme si j'allais lui apporter les réponses à toutes les questions qui flottent dans ses yeux.
- Tu veux boire quelque chose ? demandé-je en m'avançant vers le bar -vers elle.
Elle secoue la tête lentement.
Ses mains se tordent un peu plus nerveusement quand je me retrouve à vingt centimètres d'elle, si bien qu'elle doit lever la tête pour continuer à me regarder.
J'ai envie de l'embrasser. De vraiment l'embrasser. Une fois, juste une fois.
La tension grandissante entre nous tends mes muscles un à un quand son regard se baisse sur mes lèvres quelques secondes. Pense-t-elle la même chose ?
Pendant deux jours, elle m'a évité de nouveau. Elle veut prétendre le contraire. Elle veut faire comme si il n'y avait rien -ni entre nous, ni en elle- mais elle sait que je sais… et je sais qu'elle sait. Elle m'a évité, parce qu'elle n'arrive simplement pas à faire face à ce qui nous pousse à nous retrouver ainsi.
Je n'arrive même pas à lui en vouloir. J'm'en veux presque à moi-même. J'aimerais être en état de refuser mon attirance sans limite pour elle, j'aimerais être en état de lui dire simplement non, j'aimerais pouvoir coucher avec quelqu'un d'autre pour oublier le gout de sa peau, et pouvoir prétendre que son corps à proximité du mien ne me fait rien.
Mais je n'en ai aucune envie.
En une seconde, elle semble se reprendre et recule vers le tabouret du bar où elle à posé sa veste quelques instants plus tôt. Elle l'enfile en silence, un peu maladroitement. Elle est nerveuse, j'ai l'impression de le ressentir de partout.
- C'était une chouette soirée, murmure-t-elle pour briser le silence entre nous.
J'enfonce mes mains dans les poches de mon jean pour m'empêcher de la toucher. Un silence s'installe à nouveau, puis un léger sourire étire ses lèvres quand elle reporte son attention sur mon visage.
- Je sais que tu ne veux pas être mon ami Edward, mais tu pourrais au moins me répondre quand je te parle.
Sa voix est rieuse, mais ses yeux sombres trahissent ce qu'elle ressent. Elle aimerait pouvoir être mon amie, mais quelque chose me dit qu'elle ne veut pas l'être elle non plus. Elle mord sa lèvre, allumant brutalement un brasier en moi. Quand elle se mord la lèvre de la sorte j'ai l'impression que je vais perdre la raison.
Je retiens mal un rire, mélange de frustration et d'amusement.
- J'sais pas si j'en suis vraiment capable.
- De me répondre ? lance-t-elle avec un détachement feint pour alléger l'atmosphère entre nous.
Cela à pourtant l'effet contraire. La tension crève le plafond et son regard s'assombrie lorsque je m'approche un peu plus.
- De faire comme si je ne te voulais pas au point que ça devient douloureux.
Elle rougit sous mes yeux et je dois avouer que j'apprécie plus que de raison ce que je vois danser dans son regard. Le désir s'insinue en elle, et en moi, quand elle mord légèrement sa lèvre, en proie à une émotion trop grosse pour elle.
Il faut qu'elle arrête de faire ça. Vraiment.
- Ne fais pas ça, grogné-je en portant ma main à sa bouche par automatisme.
Elle se fige et je sens son souffle se couper contre mes doigts quand mon pouce effleure sa bouche. Je tremble comme un adolescent découvrant le sexe pour la première fois quand elle relâche sa lèvre dans un geste lent qui fait se contracter mon corps entier.
A nouveau, je la veux.
Ses yeux bruns où le désir mêlé à l'appréhension me font m'approcher d'elle un peu plus.
J'veux l'embrasser. Maintenant.
Et je pourrais même lui faire l'amour sur ce bar que ça m'irait très bien.
J'ignore les questions qui dansent dans son regard, ma main glisse dans sa nuque pour la rapprocher de mon corps tendu par le désir brulant qui crépite entre nous. Quand son corps se colle au mien, toute l'hésitation qui dansait dans ses yeux disparait d'un seul coup.
Elle n'est plus que passion et désir ardent.
Elle ne fait rien pour me repousser. Pas même quand je me penche un peu plus vers elle. Pas même quand ma bouche effleure la sienne, mon regard toujours dans le sien pour pouvoir évaluer ce qu'elle veut réellement.
Un tremblement la secoue toute entière quand j'effleure ses lèvres à nouveau. Ses mains s'accrochent à mes avant bras, comme pour l'aider à se maintenir debout.
J'ai un léger sourire en me rendant compte que je ne suis pas le seul à éprouver des réactions tellement fortes que j'ai l'impression que je vais tomber à la renverse à son contact.
Je veux l'embrasser, mais je veux qu'elle le veuille aussi. Presque lâchement, je ne veux pas être le seul responsable de… tout ça.
Je me recule légèrement, quelques centimètres à peine alors que nos respirations lourdes et saccadées s'abattent entre nos corps tremblants. Le désir coule, brulant dans mes veines et rends mon corps douloureux. Cependant, je ne veux pas la forcer. Si elle veut vraiment que tout s'arrête entre nous… elle doit choisir par elle même.
Ce soir, il n'y a pas d'alcool dans ses veines. Pas l'euphorie de la fête qui est retombée quand on a fermé le bar. Pas non plus la passion de sa colère qui nous a fait nous retrouver la dernière fois.
Non, ce soir il y a... juste elle, et moi, dans ce bar fermé et silencieux en plein Londres.
Ses yeux immenses fouillent les miens quelques secondes, faisant augmenter la pression dans ma poitrine où mon cœur s'emballe sous la passion que je ressens pour cette femme.
Quand elle avance son visage lentement vers le mien pour m'embrasser à son tour, le soulagement me fait trembler.
Peut-être vient-elle de répondre silencieusement à toutes nos questions.
J'observe le plafond en inspirant lentement pour tenter de calmer mon cœur. Un léger brin d'air frais effleure ma nuque, mon épaule.
Mes yeux fixent le plafond du salon, observant le bois foncé des poutres au dessus de ma tête.
Leur veinage est parfait, et mille nuances se dessinent dans le bois travaillé par le temps.
Quand je tourne la tête pour observer Bella à mes cotés, je me sens sourire en la regardant contempler la même chose que moi, elle aussi.
Les joues rosies par l'effort, la bouche rouge de nos baisers, je reste quelques instants subjuguée par sa beauté. Ses longs cils bruns balayent en douceur le haut de ses pommettes quand elle cligne des paupières lentement.
Malgré la satisfaction au creux de mon estomac, j'ai sais parfaitement que cela ne durera pas.
Je prendrais tout ce qu'elle voudrait bien me donner. Quand cela se terminera, je passerai à autre chose, et elle finira sa vie avec Jacob comme elle l'a programmé.
Elle finit par soupirer légèrement avant de se redresser dans le canapé pour se rhabiller. Je l'observe un moment dans un silence pesant. Quand elle enfile ses chaussures un peu maladroitement, je me rends brusquement compte que je n'ai toujours pas bougé.
- Tu peux rester, dis-je doucement en me redressant à mon tour.
Je connais déjà sa réponse.
- Je dois rentrer.
A nouveau ce même schéma : celui où elle se déteste de n'avoir pas été plus forte que ses instincts. Mes doigts atteignent sa nuque que j'effleure. Un frisson la secoue, alors qu'elle se fige, profitant malgré elle de ma caresse.
- Pas de deuxième round alors ?
Elle soupire en se voutant légèrement. Ma blague -ou non- tombe à l'eau alors que la tension dans l'air devient plus oppressante : je sais ce qui va suivre, et je n'en ai pas envie.
- Il faut vraiment que ça s'arrête.
Ses mots me crispent légèrement. Je frissonne quand elle se relève et soutient mon regard avec difficulté.
- Qu'est-ce qui doit s'arrêter ?
Mon calme me surprends moi-même et semble la déstabiliser. Je connais déjà sa réponse, mais je veux qu'elle le dise de vive voix.
Ses yeux fouillent les miens quelques secondes, faisant tomber une enclume dans mon estomac. Pourquoi s'inflige-t-elle tant de mal ?
- Je... toi, moi. Ca, explique-t-elle en nous désignant maladroitement.
- Bella...
- C'est mal, reprend-t-elle en secouant la tête.
- Je ne...
- Je trompe Jacob, Edward ! Je... je ne comprends même pas... comment je peux...
- Ca ne fait pas de toi un monstre Bella… tu es juste humaine !
Elle secoue la tête, ne me croyant pas le moins du monde. Soudain, comme si le temps lui était impartie, elle finit de remettre ses chaussures dans des gestes nerveux et maladroits. La voir réagir ainsi augmente ma frustration et ma colère. Quand elle se lève du canapé, je m'habille à mon tour. Je serre et desserre les dents en remettant mon pantalon, luttant pour ne pas trop la brusquer : j'ai l'impression que si je le fais, elle débordera comme un vase trop plein d'eau.
Quand je me redresse elle me fait fasse, avec cette expression terriblement profonde et perturbante, mélange de culpabilité et de colère envers elle-même -envers moi. Elle aimerait pouvoir tout cacher, mes ses yeux sont trop grands, trop profonds, trop expressifs pour que je ne me rende pas compte de l'océan d'émotions en elle qui ne cherche qu'à l'engloutir. J'aimerais trouver les bons mots, dire les bonnes phrases pour qu'elle accepte cette situation.
On se dévisage de longues secondes alors que je lutte pour ne pas l'effrayer face à la monstruosité du désir et de la passion que je ressens pour elle. Après un soupire, essayant de dégoupiller lentement la grenade entre nous, je reprends :
- On ne fait rien de si horrible. Plutôt que de te flageller pour ça, essaie de comprendre pourquoi tu te retrouves dans cette situation.
Elle hausse un sourcil, un peu perdue.
Je soupire devant ce qui est sous ses yeux et qu'elle refuse de voir.
Elle n'est pas heureuse avec lui, maintenant, je le sens, j'en suis certain.
Et je sais aussi que ce qu'on vit tous les deux lui fait plus de bien qu'elle ne veut l'admettre. Ca n'est pas que mal. J'aimerais qu'elle le voit, elle aussi. Son silence me pousse à exprimer le fond de ma pensée.
- Je... si tu avais été parfaitement heureuse et comblée avec lui depuis le départ tu n'aurais jamais été attiré par moi.
Je la vois rougir sous mes yeux alors qu'elle semble lutter pour maintenir le contact visuel entre nous.
Passion et contradiction, à nouveau.
- Tu n'y es pas...
- Alors explique moi.
Elle soupire en me tournant le dos. La tension de son corps augmente quand elle fait quelques pas dans la grange, croisant les bras contre sa poitrine; comme pour se protéger.
- Ma relation avec Jacob est... simple, avoue-t-elle en se postant devant le tableau noir et blanc de mon salon.
Elle fait une pause, glissant ses doigts tremblants sur l'enfilade en bois brut devant elle.
La voir arpenter la grange me fait frissonner.
La voir ici est à quelque chose d'irréel.
- Il est agréable, même s'il n'est pas parfait. Il a... il a une bonne situation, révèle-t-elle avec ironie.
Sa façon de me décrire les choses me prouve que je ne sais absolument rien d'elle ou de leur relation. Elle finit par soupirer en se tournant vers moi. Immobile et silencieux, j'attends qu'elle poursuive alors qu'elle se tord les mains dans un excès d'anxiété.
- Mes parents trouvent que c'est un bon partit. Le... le partit idéal pour moi.
Sa grimace ne m'échappe pas. Mes sourcils se froncent alors qu'elle se sent honteuse d'avouer ce qu'est la réalité. Sa réalité.
- Je sors d'une famille très... très conventionnelle. La réussite sociale est ce qui compte le plus et je... je ne pourrais trouver mieux que Jacob.
Je la vois déglutir, enfermée dans ce moule créer de toute pièce.
Ma liberté, celle que je connais depuis toujours m'empêche de totalement comprendre et de me rendre compte de ce qu'elle vit depuis le début de sa vie.
Dans ses yeux dansent des tonnes d'émotions indéchiffrables.
- Et tes sentiments pour lui ? Demandé-je après un silence.
- Je suis bien avec lui, murmure-t-elle en baissant les yeux.
- Tu es bien ? Seulement bien ?
Mon incompréhension m'empêche de rester de marbre.
Ma patiente semble s'amoindrir à mesure que les secondes passent. Ses yeux presque effrayés me regardent avancer vers elle alors que mon sang bouillonne.
- Tu devrais être... tu devrais être heureuse, avec lui. Euphorique, émerveillée, parfaitement comblée... l'amour ça n'est pas être simplement...
- Je ne veux pas avoir cette conversation avec toi, me coupe-t-elle en secouant la tête.
Sa réaction me stop net. L'agacement fait trembler mes mains. Je perds patience et j'ai l'impression que tout en moi va rompre.
- Alors tu veux quoi Bella ?
Ma voix tremble sous le poids de tout ce que je retiens. J'ai l'impression que je vais devenir fou de la voir lutter ainsi contre moi.
- J'en sais rien, s'agace-t-elle en passant une main nerveuse dans ses cheveux longs. Retrouver ma vie d'avant, arrêter de me torturer parce que je deviens tout ce que j'ai toujours refusée d'être !
- Si tu es si malheureuse de cette situation cesse de revenir vers moi !
- Je n'y arrive pas ! s'écrit-elle, sa voix résonnant dans la pièce. Je n'y arrive pas !
Sa colère me fige sur place alors qu'elle relèvent prestement ses yeux dans les miens. Ce que j'y lis me coupe le souffle. Elle semble tellement torturée, tellement perdue que ma colère retombe un peu.
Ses larmes lui brûlent les yeux alors que son corps entier tremble.
Sans savoir pourquoi, j'avance vers elle à nouveau.
J'veux simplement qu'elle cesse d'avoir cette expression atroce sur le visage. J'ai l'impression d'être le seul responsable de son chagrin, de sa colère et ce sentiment étouffe la mienne.
- J'n'y arrive pas ! Répète-t-elle a peine plus calmement en me repoussant quand mes mains veulent l'atteindre.
Sa force de mouche m'effleure à peine alors que sa colère fait briller ses yeux.
Elle a l'air de m'en vouloir à mort pour l'attirance qu'elle ressent pour moi.
J'ai la sensation d'être piégé dans une impasse. Je ne sais pas quoi faire, quoi dire pour l'apaiser, ne serait-ce qu'un peu.
Pour sa taille, elle est étonnamment vive. J'arrive tout de même à attraper ses bras alors qu'elle me repousse encore pour s'éloigner.
Avec force, je la ramène contre moi, son dos contre mon torse, la maintenant avec fermeté en essayant de ne pas la blesser.
J'ai la sensation qu'elle lutte pour ne pas pleurer à chaudes larmes alors qu'elle répète encore et encore qu'elle n'y arrive pas dans une lancinante torture.
- Calme toi...
Ma voix la fait trembler un peu plus alors qu'une plainte s'étrangle dans sa gorge.
- Bella calme toi.
En proie à une crise panique, elle se mords les joues pour ne pas sangloter entre mes bras mais son corps est secoué par de longs spams. J'ai la sensation que toute la pression qu'elle a subi toute sa vie est en train de ressortir le plus brutalement du monde.
- Je ne veux pas revenir vers toi, croasse-t-elle difficilement, je ne le veux pas... mais je n'y arrive pas... quand tu es près de moi, quand tu me touches je...
Elle se tait alors que je ferme les yeux en serrant les dents.
Même en colère, même avec ce désespoir si intense dans sa voix, l'envie que j'ai à nouveau d'elle me dépasse. Ça a l'air d'être aussi son cas. Je ne peux même pas lui en vouloir d'être en colère contre moi. Rien de ce qu'on vit n'a de sens depuis la première seconde.
Elle inspire profondément, puis essuie rageusement ses larmes qui ont débordées.
- Je n'ai de cesse de me dire que je dois rester loin de toi, reprend-t-elle entre deux respiration qui semblent lui être douloureuses, mais c'est plus fort que moi. Je... je te veux, tout le temps.
Sa confession me tord le ventre quand elle essuie de nouveau ses joues. Je soupire contre son cou alors que ses mains s'accrochent à mes poignets, pour m'éloigner; pour me retenir. Ses mots me soulagent en même temps qu'ils me terrifient.
Comment un aussi petit corps que le sien peut-il contenir autant de contradictions et d'émotions ? Comment est-ce possible de vouloir quelqu'un à ce point ?
- Alors cesse de lutter, laché-je contre sa peau.
Un long silence s'installe tandis qu'elle tente de reprendre une respiration et un comportement plus calme. Elle finit par se tourner lentement dans mes bras alors que je la relâche à regrets. Ses yeux me foudroient sur place quand elle fouille mon regard.
Tout en elle n'est qu'intensité et passion.
- Je ne peux pas, murmure-t-elle, la voix étranglée. Je... Jacob ne mérite pas ça.
- Mais toi ? Qu'est ce que toi, tu mérites ?
Ma question la fige alors que sa respiration se coupe. Je soupire une nouvelle fois en reculant d'un pas. J'ai la sensation d'étouffer. Je ne veux pas la forcer à quoi que ce soit, et si ma présence est tellement difficile pour elle, je n'ai pas le droit de la forcer à me fréquenter contre son gré. Je ne veux pas gâcher sa vie.
Si notre relation -ou non relation- est pour elle une souffrance, elle doit prendre la décision qui en convient. Un silence lourd et tendu s'installe alors que mes pensées fusent.
Je veux qu'elle fasse un choix. Je veux savoir ce qu'elle veut, ce qu'elle veut vraiment.
- Je ne jouerais pas les inconnus avec toi Bella.
Elle fronce les sourcils, un peu perdue. Ses longs cils humides font d'autant plus ressortir la profondeur de ses yeux.
- Je n'ai pas...
- Soit on continues et tu es d'accord avec ça, soit tout s'arrête là.
Je laisse passer un silence alors qu'elle se pince les lèvres pour ne pas parler -ou pleurer.
- Mais il faut que tu fasses un choix.
Quelques secondes, elle me regarde comme si c'était la première fois. Je prie une seconde pour qu'elle décide de poursuivre cette attraction étrange entre nous que ni elle, ni moi ne contrôlons.
Puis, lentement, son visage se ferme alors qu'elle ressert ses bras autour d'elle.
Quand elle recule d'un pas, je comprends que sa décision est prise.
On se dévisage un instant en silence.
Je suis en colère à présent, alors que c'est moi qui lui ait imposé de faire ce choix. Je serre les dents quand elle recule un peu plus.
- Edward je...
- Rentres chez toi Bella. Il est tard.
Avant qu'elle ne bouge, je lui tourne le dos pour me calmer et pour ne plus voir la torture qui danse dans son regard.
Sans un mot, elle sort de la grange alors que je sens la colère m'étouffer.
Non mais franchement, qu'est ce qu'il ne va pas chez moi pour que je réagisse ainsi ?
Je lui ai imposé de faire un choix, et, désormais, je regrette d'avoir mis un terme à tout ça. Sa peau me manque déjà.
Pourquoi a-t-il fallu qu'elle vienne s'installer ici ?
Pourquoi a-t-il fallu qu'elle sorte avec ce Jacob ?
Dire que c'est moi qui lui ai dit de le rappeler ! Putain, si j'avais su que cette fille allait m'obséder à ce point, je ne lui aurai jamais conseiller de lui donner une deuxième chance.
Il est évident qu'elle m'attire bien plus que n'importe qui. Et il est évident aussi que je ne prendrais pas le risque de continuer à la fréquenter si tout n'est pas clair pour elle. Je n'ai aucune envie de me prendre la tête avec cette histoire, pourtant, je me torture déjà l'esprit. Je ne veux pas de relation amoureuse, la dernière m'a tout prit; mais je ne veux pas non plus m'empêcher de vivre et de m'éclater si cela me fait envie.
Avec elle, ou avec une autre.
Peut-être que mon problème est là; depuis que j'ai couché avec Bella la semaine dernière, je n'ai eu personne d'autre. Pire que ça, même : je n'ai eu envie de personne d'autre.
Toutes les femmes que je croise me paraissent fades et sans saveur. Chaque fois qu'une d'entre elle me sourit, au bar ou en ville, c'est le visage et le corps de Bella que je veux voir.
Je soupire, balance mon t-shirt que je n'ai même pas prit la peine d'enfiler dans le canapé avant de partir à grand pas vers ma salle de bain.
J'ai besoin d'une douche pour laver mon corps et ma tête du parfum de Bella et de l'effet de notre dispute.
Tout est terminé, je dois passer à autre chose.
Quand je pénètre dans la douche, l'eau chaude détends un peu mes muscles. Pendant plusieurs minutes, je reste immobile sous l'eau chaude, luttant contre mes pensées qui me donnent mal au crâne.
J'appuie mes mains contre le mur, respire calmement. Ma colère me terrifie et me parait ridicule à la fois.
Cette fille est dans ma vie depuis une semaine et j'ai l'impression qu'elle me hante depuis des mois.
Peut-être que c'est le cas, finalement.
Quand deux mains glissent dans mon dos, je sursaute vivement.
- Ne me repousse pas, murmure la voix cassée de Bella par dessus le bruit de l'eau chaude.
Mon souffle se coupe alors que l'incompréhension et le désir se mêlent, accélérant mon coeur quand je me tourne vers elle.
L'eau qui me tombe dessus ricoche sur elle, se mélangeant avec les larmes qui coulent sur ses joues.
Je fronce les sourcils alors qu'elle s'approche un peu plus de moi. Sa nudité me trouble plus que de raison et j'ai du mal à avoir une pensée cohérente.
- Bella qu'est...
- Tu... s'il te plait, bredouille-t-elle en posant ses doigts sur ma bouche pour me faire taire.
Les questions m'assaillent alors que nos souffles s'accélèrent.
- Je veux que tu me promettes de ne jamais rien dire… finit-elle par dire d'une voix tremblante.
A-t-elle vraiment changé d'avis ?
La culpabilité de ses yeux me brule l'estomac, mais notre désir est plus fort. Ses doigts glissent sur ma bouche avant de prendre mon menton entre son pouce et son index.
A l'instant, je pourrais lui promettre la lune si elle le veut tant elle me trouble.
- Tout ce que tu voudras.
Elle pousse un soupire de soulagement qui fait accélérer ma respiration. Quand elle fait un pas vers moi, je serre les poings. J'ai l'impression de ne pas avoir le droit de la toucher et ce sentiment est douloureux tant j'ai besoin de sentir sa peau contre la mienne.
Elle se hisse sur la pointe des pieds pour frôler mon nez du sien.
Je fouille ses yeux à la recherche de réponse. J'ai pourtant l'impression que ces derniers me renvoient mon propre reflet.
- Tu... tu as changé d'avis ? finis-je par demander après un silence troublant où j'ai la sensation qu'elle se bat non plus contre moi, mais contre elle même.
Ses yeux se ferment, puis elle inspire lentement.
- Je… je n'ai plus la force de… de lutter contre… tout ça, murmure-t-elle par dessus le bruit de l'eau qui coule entre nous.
- Alors reste.
Ma voix est rauque, presque tremblante. Ce que je ressens est incroyable. J'ai l'impression que tout mon corps est en ébullition. Mais qu'est ce que cette fille m'a fait ?
Elle ferme les yeux quelques secondes, inspire profondément puis ses pupilles sombres de désir et de crainte retrouvent les miennes. Mes doigts glissent le long de son bras avant t'atteindre sa nuque. Sa peau est chaude, douce, et son parfum semble être démultiplié par l'eau chaude.
- Quand... si ça devient compliqué, pour toi, ou pour moi je... on arrêtera, souffle-t-elle contre mes lèvres.
Son souffle chaud va me faire perdre la raison.
- Et Jacob ?
Elle ferme les yeux presque immédiatement, comme si affronter ça était définitivement trop difficile pour elle.
- Je… il ne doit pas savoir. Je… je ne veux pas lui faire plus de mal. Il… il mérite quelqu'un de bien mieux que moi...
- Bella...
- Mais je... il y a toi, il y a... ça, me coupe-t-elle en tremblant. Je n'avais pas prévu de tomber sur toi. Et... je ne comprends pas pourquoi mais je pense... je sais qu'on doit... qu'on doit vivre tout ça.
J'ai du mal à comprendre sa phrase avant que ses yeux ne verrouillent les miens. Elle est torturée, tiraillée, mais sa décision est prise et elle semble sûre d'elle concernant cette relation étrange mais tellement intense entre nous.
Comme je ne réponds rien, me contentant de glisser mes bras autour d'elle, elle poursuit.
- Même si c'est totalement immorale et à l'encontre de tout ce que j'ai été jusqu'à aujourd'hui.
- Ca ne fait pas de toi un monstre.
Elle secoue légèrement la tête sans sembler s'en rendre compte. Une nouvelle fois, elle a l'air d'être en total désaccord avec ce que je dis. Je laisse tomber ma lutte pour tenter de lui faire comprendre que oui, ça n'est pas bien, mais que ça ne fait pas d'elle quelqu'un de mauvais... juste quelqu'un qui n'est pas à sa place.
- Peu importe finalement, reprend-t-elle après quelques secondes à m'étudier. Je... je ne veux plus lutter contre... ça.
Mes bras autour de ses hanches la rapproche un peu plus, accélérant mon cœur d'envie de la sentir contre moi. Son nez caresse le mien une seconde. Elle a l'air plus... légère. Je ne sais pas si cela vient de sa décision et du fait de m'avouer ce qu'elle ressent vraiment au fond d'elle.
Ses mains glissent sur mes épaules, puis dans ma nuque qu'elle caresse doucement. L'eau circule entre nous, me donnant un sentiment quelque peu irréel de la voir ici et maintenant dans ma douche. Ses lèvres effleurent les miennes sans m'embrasser pour autant.
Le désir est brutal, violent, me faisant mal jusque dans les jambes.
Ma conscience ne demande qu'à s'éteindre alors que mes bras la serre un peu plus fort contre moi. Son corps brulant contre le mien me fait l'effet d'une bombe. Le désir m'embrase encore plus violement quand elle gémit légèrement en me sentant contre elle. A nouveau, ses lèvres effleurent les miennes dans un tremblement.
- Attends, l'arrêté-je en reculant légèrement quand elle cherche à m'embrasser.
Je me demande moi même comment j'arrive à résister alors que le désir m'a totalement prit le corps.
Son souffle est rapide, à l'instar du mien. Son regard se voile d'hésitation alors qu'elle attends que je parle.
- Qu'est ce que… qu'est ce qui t'a fait changer d'avis ? réussi-je à demander, entre deux inspirations rapides.
Je la vois rougir sous mes yeux alors que les siens se teinte d'une profondeur inédite. Je ne sais pas ce qu'elle m'a fait, mais je ne veux jamais qu'elle s'arrête. Elle retombe sur ses pieds doucement. L'air crépite autour de nous alors que nos regards semblent incapables de se détacher.
- Toi, lâche-t-elle dans un souffle.
Elle m'offre un sourire timide, brouillé par les larmes qui gagnent à nouveau ses yeux.
La culpabilité et le désir créer un mélange violent et dévastateur dans son regard sombre, accélérant mon cœur. Quand je me penche pour l'embrasser, laissant notre désir l'emporter, je remercie le ciel de l'avoir mise sur ma route.
On est mercredi et... je suis en avance cette semaine mais j'avais très envie de publier la suite !
J'espère que cette histoire vous plait malgré sa complexité (et c'est pas fini ^^')
Pour répondre à cette question qui est revenue plusieurs fois ces derniers temps : je ne sais pas encore combien de chapitre va contenir cette histoire. J'ai mon schéma bien précis en tête quant à la suite des évènements mais je ne saurais vous dire combien de chapitre ça va faire… surement entre 15 et 20 ?
J'attends vos réactions avec impatience et (aussi) angoisse (comme d'hab)
A très vite.
J'vous embrasse,
Tied.
