-STAY-
And it takes me all the way…
Chapitre 5
Bella
Je m'éveille en sursaut, le cœur résonnant dans mes tempes. L'odeur des draps n'est pas celle de ma lessive. Il ne me faut que quelques secondes pour remettre mon cerveau en place et comprendre.
Edward.
La pénombre de la pièce me fait cligner des yeux à plusieurs reprises. La chambre est vide, et, après quelques secondes, mon regard est attiré par la douce lumière venant de la porte ouverte.
Une ombre se dessine dans son encadrement. Je peine à me sortir du sommeil alors que je reconnais Edward avec aisance. Je sais qu'il me regarde et à cet instant, je n'ose pas bouger, presque à peine respirer.
Je dors dans son lit. Son lit. Pas le mien. Le sien.
- Je ne voulais pas te réveiller, murmure-t-il après quelques secondes où la culpabilité vient grignoter mon âme douloureusement.
La gêne m'effleure aussi : je ne veux pas m'imposer à lui ou à sa vie d'une quelconque manière que ce soit. Déjà que…
- Tu peux dormir encore un peu, il est tôt.
Je secoue la tête, un peu remuée par le fait d'avoir dormi avec lui. Cela relève d'une intimité que nous n'aurons jamais. Un coup d'œil à mon corps me confirme que je suis encore nue. Mes mains attrapent le drap du lit que je ramène contre moi pour me cacher. Quand je m'assoie sur le bord du lit lentement, j'ai l'impression d'avoir la gueule de bois. Ca n'est évidement pas le cas, je n'ai pas touché à une goutte d'alcool de la soirée. Est-ce lui, ou tous les tourments qui me rongent qui me font cet effet là ?
Edward s'approche d'un pas.
- Je vais rentrer.
Je le sens sourire plus que je ne le vois avec le manque de lumière qui nous entoure.
- Il n'est que 4h du matin Bella, tu peux rester dormir un peu et rentrer chez toi quand tu auras finis ta nuit.
Je suis déjà en train de réfléchir à où sont mes habits avant qu'il n'ait fini sa phrase. Je sais que j'ai pris ma décision, concernant mon étrange relation avec Edward, mais, maintenant, j'ai presque du mal à le regarder en face. Quel genre de personne suis-je devenue ? Qu'est ce qui me pousse vraiment à faire ce que je fais avec Edward depuis une semaine ? Que va-t-il penser de moi maintenant ?
- Bella ? demande-t-il doucement en s'approchant.
Je me rends compte que je n'ai toujours pas parlé.
- Désolée je… je ne suis pas réveillée.
En relevant le visage vers lui, je me rends compte que j'arrive à distinguer ses traits maintenant et qu'il sourit légèrement.
- Tu peux rester, répète-t-il d'une voix douce.
Son odeur m'atteint de plein fouet alors qu'il est tout près. Le silence autour de nous est perturbant et la noirceur de la nuit ne fait qu'amplifier les effets qu'il a sur mon corps. C'est déroutant.
La lumière du couloir dans son dos dessine les contours saillants de sa mâchoire carrée quand il s'accroupit devant moi pour que nos visages soient à hauteur.
- Reste dormir encore un peu. Tu rentreras chez toi tout à l'heure.
Je lutte un instant avant de renoncer à le contrarier. Rentrer chez moi maintenant ne ferait qu'accroitre le sentiment que le monstre de culpabilité en moi va gagner contre le reste de ma personne. C'est idiot, mais quand il est près de moi comme ça, quelque chose en moi me dit que je n'ai pas le choix que de vivre ce que nous vivons depuis la première fois.
Je finis par hocher la tête lentement, récoltant un léger sourire de sa part à nouveau.
- Tu te lèves toujours aussi tôt ? finis-je par demander quand ses yeux se promènent sur mon épaule nue.
Sa langue passe au ralentis sur ses lèvres, augmentant la pression dans mon corps lorsque son regard sombre retrouve le mien.
- Quand je suis de garde seulement.
Mon dieu, sa voix est tellement rauque que mon rythme cardiaque s'accélère tout seul.
- Et c'est souvent ?
Mes yeux maintenant habitués à la pénombre le voient distinctement. Mon corps et mon cerveau dérangés apprécient plus que de raison son visage et la lueur étincelante de ses yeux.
- Quatre jours par semaine.
Je m'apprête à lui demander comment ça s'organise, les gardes, mais il se penche pour embrasser mon menton, coupant court à mes pensées.
Mon souffle se coupe en même temps que mon cœur s'arrête de battre. Ses lèvres trainent sur ma peau qui s'enflamme sous son passage. Son nez longe ma mâchoire avant qu'il n'effleure ma joue, puis mes pommettes. Ma peau se pare de frissons quand il frôle mon oreille, traçant un chemin brûlant sur ma peau. Je suis maintenant parfaitement réveillée.
- Ne regrette pas ta décision, souffle sa voix chaude contre la peau fragile de mon cou.
Mon souffle se coupe délicieusement quand il effleure le carré derrière mon oreille.
Non. Quand il me touche, je ne peux pas regretter ma décision de me laisser vivre cette relation interdite avec lui.
A plusieurs reprises, je cherche à atteindre sa bouche, mais il ne m'y autorise pas. Il se détourne, se dérobe, ne faisant qu'augmenter la pression entre nous et le désir dans ma poitrine. Jamais personne ne m'a fait perdre pieds comme lui. Jamais personne n'a réveillé mon corps de cette manière. J'ai la sensation d'avoir dormi pendant des années, et, d'un seul coup, d'avoir prit vie sous sa bouche et ses mains qui savent parfaitement quand donner, quand reprendre.
Nos souffles s'accélèrent d'un même ensemble quand il repousse le drap qui me cache en me faisant reculer sur le lit. Son être me surplombe, m'obligeant à me rallonger alors qu'il plane au dessus de moi. Son regard sombre de désir embrase mon corps un peu plus.
Il est complètement habillé alors que je suis complètement nue. Ce détail n'a pas l'air de l'inquiéter. Sa bouche effleure la mienne sans vraiment l'embrasser une nouvelle fois. Je m'entends gémir de frustration alors qu'un sourire éclaire ses traits.
- Ca à l'air de t'amuser, râlé-je d'une voix cassée.
Son nez frôle le mien dans une douce caresse alors que ses mains taquine mes côtes.
- Si je te donne tout, tout de suite, tu vas en redemander, explique-t-il dans un sourire arrogant.
Je lève les yeux au ciel, repoussant l'amusement qui veut se mélanger à ma frustration.
- Et il faut que tu ailles travailler.
Son sourire s'amplifie, ses doigts effleurent mes seins. J'n'ai aucune envie qu'il s'en aille. Son corps s'appui un peu plus contre le mien, me faisant gémir tant la sensation est grisante. Nos souffles se coupent en même temps sous l'assaut du désir violent qui nous broie d'un même ensemble. Il me désire aussi fort que je le désire.
- Ne t'inquiètes pas, je vais prendre le temps de t'embrasser, murmure sa voix rauque.
Mes respiration s'arrête avant de repartir, saccadée. Il se penche à nouveau vers moi pour faire traîner sa bouche sur la peau de mon cou. Je soupire, tentant d'évacuer un peu la frustration qui me mord le corps. Ses lèvres sont brûlantes, mais j'ai la sensation que c'est moi qui vais m'enflammer entièrement.
- Je veux être sûr d'une chose avant de partir, reprend-t-il, ses lèvres descendant lentement dans mon cou.
Sa langue sur ma peau me donne du mal à comprendre ce qu'il dit. J'inspire profondément quand il se baisse à hauteur de mes seins. La pièce est éclairée par la lumière douce du couloir, ce qui amplifie chaque geste. Malgré la pénombre, je le vois. Il souffle sur ma peau doucement. Mon corps entier est secoué d'un long frisson.
- Tellement réactive, murmure-t-il, appréciateur.
Je ne peux cacher les réactions de mon corps : elles sont trop violentes. Savoir qu'il les apprécient plus que de raisons me fait m'enflammer un peu plus. Je repense à sa phrase précédente alors que sa bouche descend dangereusement vers ma peau.
- Edward...
Ses mains capturent les miennes de chaque côté de mon corps quand ses lèvres chaudes épousent parfaitement la rondeur de mes seins. Il va me rendre complètement folle, ça j'en suis certaine. Mon désir accroît de manière spectaculaire alors qu'il gémit sur ma peau, faisant vibrer mon corps tout entier.
Tout mon être se tord contre lui, incapable de rester de marbre face à la danse de sa langue sur ma peau. Quand sa bouche incandescente descend plus bas, frôlant mon ventre qui se lève au rythme de ma respiration erratique, mes sens se brouillent.
Mes yeux se baissent sur lui lorsqu'il relève les siens vers moi.
L'image que j'ai de lui me fait me mordre la langue. Son regard sombre de désir, ses cheveux en bataille, nos mains fermement liées et sa bouche embrassant le plat de mon ventre... Ses yeux fouillent les miens quelques secondes alors que nos souffles courts résonnent dans la chambre silencieuse. Le temps se fige.
Non, irrévocablement, je ne pourrais jamais regretter tout ce qu'il fait naître en moi.
Il inspire profondément ma peau avant de relâcher mes mains pour saisir mes hanches. Ma tête tourne, mon corps entier s'affole alors qu'il me rapproche de sa bouche. Je murmure son prénom qui s'étrangle dans ma gorge quand il embrasse l'intérieur de ma cuisse doucement. J'ai l'impression que mon cœur va lâcher alors que mes jambes se mettent à trembler. Mes mains agrippent les draps sous moi, les serrant à m'en faire mal tant la sensation de son souffle chaud sur ma peau est intense.
- Je vais faire en sorte que tu ne renonces pas, susurre-t-il contre moi, son souffle me faisant me tordre sans que je ne le contrôle.
Quand sa bouche brulante m'effleure dans un tremblement, je perds brutalement pieds.
Lorsque je m'éveille à nouveau, il fait jour. Les rayons du soleil filtrent à travers les rideaux à peine fermés de la grande fenêtre de la chambre. Je me tourne sur le dos avant d'ouvrir difficilement les yeux. Clignant plusieurs fois des paupières, je m'habitue doucement à la lumière autour.
Après une seconde, je prends conscience que je ne suis pas chez moi.
Les brides de notre nuit m'atteignent avec violence, me faisant me mordre la lèvre. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais, à cet instant précis, ma culpabilité me parait moins douloureuse. Est-ce Edward ? Ses mots ? Ses gestes ?
Pendant plusieurs minutes, je reste sans bouger, savourant simplement ce que les flash de notre nuit me font ressentir. Edward n'a pas idée d'à quel point il brouille tout en moi. Depuis que je le connais, j'ai transgressé absolument toutes les règles qui faisaient de moi quelqu'un de bien. Pour autant… ce matin, je n'arrive pas à le regretter.
Je ferme les yeux un instant, repensant à hier soir, à cette nuit. A la façon déboussolante qu'Edward de me regarder. Aux tremblements de sa voix dans la douche, à la douceur de ses baisers, à toute la passion qu'il à mit à me persuader de ne pas abandonner et à chaque minute de cette nuit où tout à définitivement changé. Je ne veux plus lutter contre lui, contre ça. Ca me demande trop d'énergie, trop de force, et, clairement, hier soir je me suis rendue compte que je n'en avais pas assez en moi.
Je veux vivre cette relation interdite avec lui, quoi qu'il en coûte pour ma vie. Est-ce vraiment si mal ? Comment quelque chose qui me fait autant de bien peut-il être finalement aussi mauvais ?
Je soupire en m'asseyant lentement dans la pièce silencieuse. Je dois rentrer chez moi, mais son parfum me colle à la peau, me donnant envie de rester blottie dans ses draps encore longtemps. La pièce entière porte son odeur plus que nul part ailleurs dans la grange. Je fini par aller m'habiller en silence dans la salle de bain, un peu anxieuse. Et si quelqu'un me voyait chez lui ? Et si Emmett était déjà arrivé au bar et qu'il me surprenait à sortir d'ici ?
Je regagne la cuisine sur la pointe des pieds, mes chaussures à la main. Quelques secondes, j'observe autour de moi. Edward à du gout. Cette grange est superbe. En jetant un coup d'œil à la pendule, je me rends compte qu'il est encore tôt, à peine 8h. Personne n'arrive au bar avant au moins 10h, ce qui me laisse le temps de rentrer sans me ronger les sangs.
Lorsque je quitte la grange une minute plus tard, je referme la porte derrière moi en espérant qu'Edward n'aura pas de visiteur avant qu'il ne rentre chez lui étant donné que je n'ai pas la clé pour fermer la grange. Je traverse le petit jardin devant l'ancienne bâtisse et pousse le lourd portail en acier pour me glisser dehors.
- Bella ?
Putain.
Mes yeux se ferment très fort un millième de seconde en priant pour que le sol m'engloutisse pour disparaitre le plus rapidement possible.
Je me tourne, raide comme un piquet pour découvrir Alice juste derrière moi.
- Alice ?
- Hey, qu'est ce que tu fais là ? demande-t-elle me serrant contre elle pour me saluer.
Mon cerveau s'arrête et bouillonne en même temps. J'espère que mon odeur n'est pas trop mêlée à celle d'Edward. Je me sens rougir, incapable de réfléchir. Que vais-je lui dire ?
- Je... je voulais demander à Edward si... si il n'avait pas une poêle à me préter mais je...
C'est la seule chose qui m'est venue à l'esprit.
- A cette heure-ci ? s'étonne-t-elle avant de sourire. Il est à la caserne, dit-elle en me croyant avec une facilité déconcertante.
Depuis quand sais-je mentir ?
- Je... j'ai vu, il n'y a personne.
Alice m'observe une demie seconde. Oui, je suis habillée comme hier soir. Je me racle la gorge, nerveuse. Pour vu qu'elle ne comprenne rien...
- Tu veux que je t'ouvre ? me demande-t-elle en repoussant le portail pour pénétrer sur le terrain.
- Je...
- J'ai la clé, s'amuse-t-elle en agitant le trousseau qu'elle a dans les mains. Edward ne verra aucun mal à ce que je te prête une de ses poêles !
Je hoche la tête avant de la suivre, m'insultant mentalement. On traverse le petit jardin puis Alice enfonce la clé dans la serrure avant de froncer les sourcils. Je me sens blanchir.
- Tiens, c'est bizarre...
Elle actionne la poignée et la porte s'ouvre. Evidement. J'ai l'impression que je vais tomber.
- Il n'a pas fermé…
Je n'ai pas fermé.
J'inspire profondément et essaie d'avoir l'air détaché quand elle me jette un coup d'œil.
- Oh et bien... il a dû oublier de fermer en partant ?
Je pourrais même lever les bras en l'air que ça sonnerait toujours aussi juste à ses yeux ? J'suis tétanisée, j'ai l'impression que je vais exploser.
- Sûrement, approuve-t-elle en pénétrant dans la pièce.
J'hésite un peu à l'entrée, essayant de refouler les images de nos corps enlacés sur le canapé, ou sur la console tout à gauche.
- Entre, j't'en prie, lance Alice en avançant jusqu'à la cuisine. Tu n'es jamais venue ?
- Je... non, jamais.
Bien, je deviens une pro dans l'art du mensonge.
- Edward l'a rénovée ses deux dernières années pendant qu'il vivait au dessus du bar.
- C'est... hum, c'est très beau.
Elle acquiesce en ouvrant les placards avant de me tendre une poêle. J'avance vers elle en repoussant les frissons de mon corps et les images torrides qui veulent m'assaillirent.
- Tu lui rendras quand t'en auras plus besoin. Il en a des tonnes.
Je hoche la tête en saisissant prudemment l'ustensile comme si ça allait m'exploser en pleine figure. J'observe Alice parcourir la pièce et ouvrir le tiroir du meuble d'entrée pour prendre des clés. Elle a l'air de connaitre cet endroit par cœur.
- Ed veut que je le rejoigne en ville avec sa voiture, m'explique-t-elle. On va manger tous les deux mais je dois faire quelques courses avant de le rejoindre tout à l'heure donc je suis venue tôt.
- On est mardi, c'est vrai.
Elle penche légèrement la tête en m'observant, puis un léger sourire nait sur ses lèvres.
- Tu as bonne mémoire, remarque-t-elle.
Je me mords la langue en me demandant ce qui ne va pas chez moi. Je cherche à ce qu'elle comprenne tout ou quoi ?
- Je... ouais, approuvé-je en repartant vers la sortie.
L'odeur d'Edward et de la grange ne m'aident pas à garder mes pensées cohérentes. J'ai vraiment la sensation que je vais faire une boulette d'une minute à l'autre.
- Merci pour la poêle ! fis-je en passant la porte d'entrée.
- J't'en prie. Je dirais à Edward que je te l'ai prêtée pour lui !
Je hoche la tête avant de m'éloigner au pas de course, le cœur battant.
En regagnant mon appartement, je vois Alice du coin de l'œil refermer derrière elle et déverrouiller la voiture d'Edward.
J'étouffe un soupire qui semble me libérer d'un poids énorme en montant chez moi. Si elle était arrivée deux minutes plus tôt… Je m'affale dans mon canapé et ferme les yeux pendant une minute, me concentrant sur ma respiration pour faire le vide autour de moi. Il va vraiment falloir que je tente de trouver un moyen pour m'aider à gérer tout ça.
Mes yeux s'ouvrent sur le plafond au dessus de moi.
Je reste un moment sans bouger, écoutant le doux bruit de la ville autour de l'appartement. Quand mon regard glisse sur la poêle posée sur la table basse, j'étouffe un rire purement nerveux.
On l'a échappé belle.
- Franchement je ne sais pas comment ta sœur à fait pour ne pas comprendre que je lui mentais !
- Alice est quelqu'un de tellement honnête qu'elle pense que tout le monde est comme elle.
Mes yeux se baissent sur ses doigts qui effleurent ma cuisse dans de petits cercles. Soudain, ils se figent.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire, reprends Edward face à mon silence.
- Si Edward c'est... ce que je fais est loin d'être le comportement de quelqu'un d'honnête.
- Tu n'es pas seule, fait-il remarquer.
Je secoue la tête, sentant la brulure de la culpabilité me tordre le ventre… Elle m'aura laissée tranquille au moins une heure.
- Je mens aussi, insiste-t-il en posant ses doigts sous mon menton pour m'obliger à le regarder.
- Tu n'as pas de petite amie qui t'attends sagement à la maison.
Ses yeux clairs fouillent les miens quelques secondes.
Il est tard, vraiment tard, mais je n'ai pas envie qu'il parte. J'allais aller me coucher quand il est venu frapper à ma porte alors qu'en bas, la musique du bar faisait vibrer doucement le sol de l'appartement. En le voyant me sourire quand je lui ai ouvert, je n'ai pu que le faire entrer.
Je ne m'attendais pas à le voir de si tôt, si vite, mais, ses yeux sombres de désir quand il m'a approché et ses lèvres brûlantes m'ont conquises avant même que mon cerveau ne comprenne sa présence chez moi.
Allongés dans mon lit, le silence nous a bercé après une nouvelle étreinte avant qu'Edward ne me dise qu'Alice l'avait prévenu pour la poêle et qu'il avait eu le droit à un sermon pour avoir oublié de verrouiller sa porte d'entrée.
- Je n'ai pas de petite amie, c'est vrai, approuve Edward, me ramenant à la réalité. Mais je suis dans la même aventure que toi. On y est embarqués tous les deux.
- C'est nul, lâché-je en me redressant contre lui.
Un léger sourire détend ses traits. La caresse de ses doigts sur ma cuisse reprends doucement.
- Je ne trouve pas que nul soit le bon adjectif, s'amuse-t-il en fouillant mon regard.
Je lève les yeux au ciel alors qu'un sourire arrogant mais terriblement sexy étire sa bouche.
- Je dirais plutôt, absolument brûlant, intense…
- Immorale…
- Incroyable, me corrige-t-il en me faisant les gros yeux, ce qui me fait rire doucement.
Il m'observe une seconde, un sourire aux lèvres. Sait-il à quel point il est beau ?
- Unique, troublant… Inédit, reprend-t-il.
Je baisse les yeux sur nos corps enlacés en rougissant légèrement.
Pour moi, c'est inédit tout ça... je n'aurai jamais pensé qu'une simple relation physique pouvait-être aussi... intense. Mais, le cota d'hommes que j'ai connu doit être largement minime comparé au nombre de femmes qu'Edward à dû fréquenter. Cette constatation me fait grimacer.
- Quoi ? demande-t-il en m'observant.
- Rien, murmuré-je en secouant la tête, soudain gênée.
- Tu ne sais pas mentir, s'amuse-t-il en retrouvant mon regard.
Le sien est clair, et époustouflant.
- Je le sais, déclaré-je un peu amèrement. Ta sœur me croit.
Il éclate de rire alors que je l'observe, amusée malgré tout.
- Moi je vois quand tu mens.
Je lève les yeux au ciel alors qu'un rire le secoue.
- Tu rougis toujours un peu et tu as ce... cette ridicule, là, entre les sourcils.
Je mets quelques secondes à réussir à lui répondre tant sa phrase me trouble. Pourquoi semble-t-il me connaitre aussi bien ?
- Peut-être parce que tu es la cause de tous ces mensonges ?
Ma phrase lui fait pincer ses lèvres pour ne pas rire à nouveau.
- Tu as probablement raison, admet-il dans un sourire. Alors ? Pourquoi cette grimace ?
Comment lui dire sans paraitre ridicule et invasive ?
Je me gratte la gorge et me redresse pour pouvoir m'asseoir un peu contre la tête de lit. Edward suit mon mouvement en m'observant silencieusement. Le draps qui recouvre nos corps glisse légèrement, me faisant frissonner. J'inspire doucement.
L'odeur d'Edward m'entoure et m'apaise, sans que je ne sache vraiment pourquoi. Depuis le premier jour, avec lui, j'ai la sensation que je peux être vraiment moi-même... et pas uniquement cette femme enchevêtrée dans des vêtements trop sages pour elle. Si je ressens tout ça... peut-être qu'il y a une raison logique à toute cette histoire.
- Je... Tu dis que c'est... inédit... ce que...
- Ce que je ressens avec toi ?
Pourquoi son regard me transperce-t-il de la sorte ? J'ai le sentiment qu'il peut lire en moi avec autant de facilité que dans un livre ouvert, ce qui me trouble plus que de raison.
- Ca l'est pour moi, avoué-je d'une petite voix.
- Pourquoi ça ne le serait pas pour moi ? Demande-t-il en fronçant les sourcils.
Aie.
- Et bien je... hum, mon expérience en matière d'homme et de sexe est assez... réduite, marmonné-je en me sentant rougir.
Ses yeux ne me lâchent pas une seconde, ce qui me mets encore plus mal à l'aise. Personne ne m'a jamais regarder aussi directement que lui, et pendant aussi longtemps. Les gens ont toujours tendance à baisser les yeux, détourner le regard quand on les observe avec insistance… mais pas Edward.
- Donc... tu t'inquiètes que je... que je ne ressentes pas le même plaisir que toi ?
Je me pince les lèvres, clairement mal à l'aise. Soudain, il éclate de rire, me faisant presque sursauter.
- Edward ! m'indigné-je devant sa moquerie.
Ses mains attrapent les miennes alors que son rire résonne dans la chambre. Il cherche à me retenir contre lui, mais, mal à l'aise, j'ai du mal à tenir en place.
- Ravie de voir que ça t'amuse ! marmonné-je en voyant qu'il ne tente rien pour se reprendre.
- Excuse-moi, lâche-t-il en retrouvant difficilement son sérieux. Tu es... tu es ridicule...
- De mieux en mieux ! m'offusquai-je, maintenant vexée. Si je…
- Tu es ridicule de penser une chose pareille, me coupe-t-il en tirant légèrement sur ma main quand je veux m'éloigner de lui.
- Je ne vois pas pourquoi !
Il lève les yeux au ciel comme si je disais une bêtise plus grosse que moi. Ses doigts caressent ma paume doucement alors que ses yeux retrouvent leur sérieux. Son geste m'apaise un peu malgré moi.
- Ton expérience avec les femmes est mille fois supérieure à la mienne avec les hommes.
- Je ne sais pas bien ce que tu sais de ma vie Bella, mais, je t'assure que tu te trompes.
Je me fige légèrement pour voir qu'il est on ne peut plus sérieux.
- Je...
- Je ne suis pas cet espèce de… de coureur que tu penses que je suis.
- Je n'ai pas dit ça, me renfrogné-je.
- J'ai eu une très longue relation qui m'a littéralement tout prit, explique-t-il en scrutant mes yeux avec calme. Je l'ai surprise avec un autre homme quelques jours avant notre mariage. Je... depuis, je m'amuse et je vis, c'est vrai, mais je ne suis pas un goujat.
Je me pince les lèvres légèrement, me sentant vraiment mal à l'aise à présent.
- Ce n'est pas ce que je pense de toi... enfin je... je l'ai pensé, peut-être, avoué-je, lui tirant un sourire moqueur. Mais tu as le droit, chacun est libre de faire ce qu'il a envie de faire. Si tu... si tu aimes passer de fille en fille sans aucun engagement ça... et bien, ça ne regarde que toi.
Quelque chose flotte dans ses yeux quelques secondes alors qu'il me scrute avec une attention vraiment particulière.
- Je suis libre, effectivement, répond-t-il.
Le sérieux de son regard m'oblige à détourner les yeux. J'observe sa bouche une seconde en voyant ses lèvres se tendre dans un sourire en coin.
- Cependant, ça fait longtemps que j'ai eu personne d'autre qu'une petite brune têtue dans mon lit.
Mes yeux retrouvent les siens avec hâte alors que mon cœur s'arrête brutalement. J'ai du mal à le croire malgré mon envie de le faire.
- C'est vrai ? demandé-je d'une petite voix.
- Que tu es têtue ? J't'en prie Bella !
Il se moque littéralement de moi.
- Edward !
- Evidement, m'ignore-t-il dans un rire.
- Mais... pourquoi ?
Il éclate de rire à nouveau alors que je grogne littéralement. Je hais qu'il passe son temps à rire à mes dépends.
- Je ne sais pas, s'amuse-t-il en passant ses bras autour de moi pour me ramener contre lui. Tu as dû naitre comme ça...
Je grogne à nouveau en le regardant noir récoltant un autre rire de sa part. Il finit par se calmer, puis son regard profond fouille le mien pendant de longues secondes, accélérant mon cœur doucement.
- J'suis satisfait de ce qu'on vit toi et moi et, même si tu vas penser que ça fait de moi un goujat, ça fait vraiment longtemps que je n'ai pas coucher avec la même fille plusieurs fois de suite…
- Pourquoi ? répété-je à mi mots, perturbée par ses révélations. J'veux dire… pourquoi moi ?
Ses sourcils se froncent légèrement.
- C'est juste… j'n'ai eu envie de personne d'autre.
A l'expression de son visage, j'ai la sensation qu'il le réalise en même temps qu'il me le dit. Je mords ma lèvre dans un excès de satisfaction qui me secoue toute entière. Je sais que je ne devrais pas ressentir ça aux vues de la situation mais, savoir qu'il n'a eu personne d'autre que moi, qu'il n'a eut envie de personne d'autre que moi me fait énormément de bien.
Quelques secondes, on se dévisage dans un silence troublant. Je me referme un peu quand son regard devient plus tendre. Ses mots me renvoient au monstre d'égoïsme tapit en moi qui se régale. Edward ne devrait pas se contenter de ce qu'on vit... il devrait vivre sa vie, avec d'autre, si il le veut.
- Peut-être… peut-être qu'il serait plus sage que tu vois d'autres personnes, aussi.
Mon "aussi" semble résonner dans la pièce faiblement éclairé par ma petite lampe de chevet.
Je regarde Edward froncer des sourcils légèrement.
- J'veux dire... je... Jacob va revenir bientôt.
5 jours.
- Je sais.
- C'est... hum, c'est juste, ne te prive pas pour moi.
- T'inquiètes pas pour ça Bella. Je suis grand.
Je hoche la tête, sentant un poids se poser et appuyer sur ma poitrine à m'en faire mal à l'évocation de Jacob. Dans 5 jours, il sera de retour. Dans 5 jours, tout, absolument tout va changer. Je ne sais pas encore comment je vais pouvoir gérer tout ça et y penser fait monter une bouffée d'angoisse en moi.
- Je saurais passer à autre chose quand tu auras décidé que c'est terminé, reprend Edward devant mon silence.
Un sentiment que je n'arrive pas à saisir flotte dans son regard sombre. Quelques secondes, mon ventre me brule. Je repousse ce que je ressens plus loin et essaye d'avoir un air plus léger après avoir inspiré.
- Je n'en doutes pas. Des tonnes de mannequins t'attendent de pied ferme.
Il sourit légèrement en secouant la tête. Ses doigts effleurent ma hanche.
- Pour l'instant, je ne veux que toi et ça me comble parfaitement.
Mon cœur sursaute dans ma poitrine à ses mots et son regard déroutant. J'aimerais me fondre en lui et stopper la lancinante danse de mon cerveau torturé.
- Arrêtes de réfléchir, murmure-t-il en remontant ses mains jusqu'à ma nuque pour m'attirer à son visage.
Sa bouche effleure la mienne, faisant sursauter mon corps entier. A nouveau, et, alors qu'il m'effleure à peine, je le veux de cette manière terrassante et douloureuse qui est celle qui me torture depuis que je le connais. Quand je me redresse pour monter à califourchon sur ses cuisses, je le sens sourire contre ma bouche.
Il m'entraine avec passion dans une deuxième étreinte et je sais au fond de moi que je ne suis pas encore prête à renoncer à ce que je ressens entre ses bras.
Les jours qui suivent, on se retrouve en secret, prenant soin que personne ne puisse nous surprendre.
Le matin, la journée, le soir après la fermeture du bar, la nuit, quand la ville dort et qu'Edward vient se glisser dans mon lit -et m'empêcher de me rendormir, par la même occasion. Je crois que nous avons couché ensemble dans toutes les pièces de la grange et de mon appartement. C'est étrange, mais, une sorte de routine s'installe doucement entre nous. Une routine agréable, s'entends. On ne parle pas beaucoup, mais son corps connait certainement le mien par cœur à cette heure-ci et je n'ai jamais ressentit ça.
C'est simple. C'est fort. C'est déroutant et apaisant. Ca me fait du bien, littéralement. Quand il me fait l'amour, j'me sens plus libre que je ne l'ai jamais été.
Je sors de la salle de bain en enfilant mon short maladroitement quand on sonne une deuxième fois. Je peste en trottinant jusqu'à la porte, les cheveux encore trempés dégoulinants dans mon dos.
- J'arrive ! m'écrié-je en traversant ma petite cuisine pour atteindre la porte.
Lorsque je l'ouvre, mon cœur s'arrête brutalement en tombant sur Edward.
- Salut, murmure-t-il en m'adressant un sourire superbe.
- Salut, répondis-je, troublée par la prestance qu'il dégage.
- Je dérange ? demande-t-il, toujours planté à la porte.
- Non ! Excuse-moi, entre.
Il étouffe un rire en passant la porte, pénétrant dans l'appartement. Je me sens brutalement nerveuse.
- Je… je ne pensais pas te voir… aujourd'hui, avoué-je un peu perturbée par sa présence quand il avance vers moi d'un pas lent et mesuré.
- J'sors juste de la caserne. J'avais envie de te voir avant…
Il ne finit pas sa phrase mais mon ventre se noue.
- Avant que Jacob ne rentre, murmuré-je avec lenteur.
Le silence qui suit rends mes poumons plus douloureux. Je m'entends déglutir quand il s'approche d'avantage, remettant une mèche de cheveux derrière mon oreille et affolant mon cœur.
- Il arrive à quelle heure ?
- Dans la nuit... son, son avion est en fin de matinée à New-York et avec le décalage horaire...
Parler de Jacob avec Edward me mets plus mal à l'aise que jamais. Percevant ma nervosité, ce dernier m'adresse un léger sourire en faisant un pas de plus vers moi, collant pratiquement son corps au mien. Tremblante, j'ai du mal à soutenir son regard quand il abaisse son visage à hauteur de mien. Le temps est couvert, et la lumière de l'extérieur est bien terne en comparaison de ses yeux.
- On n'est pas obligé d'en parler.
Je lui adresse un regard reconnaissant pour le remercier. On se dévisage quelques instants en silence, son visage toujours à hauteur du mien.
- Comment a été ta garde ?
- Longue, avoue-t-il en ne retenant pas son sourire.
Un silence s'installe entre nous alors qu'il me regarde avec cet air un peu déboussolant qu'il arbore depuis son arrivée ici.
- Tu veux boire quelque chose ? finis-je par demander pour tenter de calmer mon cœur.
- Si tu veux.
A la cuisine, j'ouvre le frigo et en sort deux bières qu'Edward me prends, les décapsulant avec rapidité. Je ne sais pas quoi lui dire. J'ai la sensation que mon corps va imploser.
- Je peux te poser une question ? finit-il par demander après une minute de silence où l'on sirote nos bières debout dans la cuisine.
- Tu le fais déjà, m'amusé-je pour cacher mon trouble.
N'étant plus capable de soutenir son regard, je lui tourne le dos pour ranger le brin de vaisselle que j'ai fait plus tôt dans la matinée.
- Jacob reste longtemps ?
L'assiette entre mes mains tombe et rebondit dans l'évier. Par chance, je la rattrape avant qu'elle ne se brise. J'inspire profondément, le cœur battant en la rangeant sagement.
- Trois jours, réussis-je à répondre la voix tremblante.
Je suis nerveuse, même plus que nerveuse depuis ce matin et je n'arrive pas à me raisonner.
Jacob va rentrer. Je vais devoir affronter en face ce lien étrange que j'entretien avec Edward depuis mon aménagement ici.
Jacob va rentrer et tout ce que je vais devoir lui cacher me terrifie.
Je n'entends pas Edward réagir dans mon dos ou même respirer, si bien que je finis par me demander si il est toujours là. Je finis par me tourner vers lui, constatant qu'il est perdu dans ses pensées. Je récupère ma bière, en bois lentement une gorgée.
- Pourquoi ? demandé-je doucement, de plus en plus mal à l'aise.
Le regard clair d'Edward retrouve le mien quand il relève les yeux vers moi. Je me demande vaguement pourquoi il à l'air si détendu alors que j'ai la sensation que tout autour de moi va exploser quand un petit sourire étire ses lèvres.
- J'imagine qu'on ne se verra pas, lâche-t-il.
Je manque de m'étouffer avec ma bière. Je dois tousser plusieurs fois pour réussir à retrouver une respiration normale.
- Nous voir ? répété-je, la voix cassée.
- Non je... pas toi et moi juste... avec les autres je veux dire...
Je pique un fard sans le vouloir, constatant avec soulagement qu'Edward parle de tout le monde, et non pas que de... nous. Gérer ma relation avec Jacob et cette chose bizarre entre Edward et moi lorsqu'il n'est pas là est une chose... mais voir Edward et Jacob en même temps, dans le même endroit et réussir à mentir à Jacob en face... non. Jamais.
- Je ne pense pas que ça soit une bonne idée, dis-je sincèrement.
Son regard soutien le mien.
- Je... être dans la même pièce que lui et toi... je... non.
Sans parler de tout le reste… Jacob est à mille lieu de tout ce qui est ici. Un rire nerveux s'étrangle dans ma gorge alors que le regard d'Edward change légèrement. Je fronce les sourcils quand il s'approche lentement, son regard ne lâchant pas le mien. Je dois m'appuyer contre l'évier dans mon dos pour ne pas tomber tant sa proximité fait trembler mon corps entier.
- Je ne serais pas capable de... de gérer ça, balbutiai-je quand il est si près que son parfum m'étourdit.
Il a toujours cette même odeur, peu importe l'heure de la journée ou de la nuit; ce parfum boisé, chaud et typiquement masculin qui n'appartient qu'à lui et qui trouble mes réflexes et mes inhibitions. Ses mains se posent de chaque coté de mon corps alors que je me raidis entièrement.
Sa proximité fait naitre une douce chaleur en moi, bien que la conversation ne s'y prête pas le moins du monde.
- Tu vas me manquer.
Sa phrase me fait l'effet d'une claque, serrant ma gorge à m'en faire mal. Je voudrais ne pas ressentir ce que je ressens à l'instant. Je voudrais fermer les yeux et oublier absolument toute cette histoire, parce que, bien que rien au monde ne m'autorise à le penser, il va aussi me manquer.
Je suis pathétique.
- Ca n'est que trois jours, murmuré-je en espérant alléger l'atmosphère après plusieurs longues -très longues- secondes.
Ma non-réponse le fait très légèrement sourire, mais mon cœur est toujours aussi lourd. Son regard ne quitte pas le mien pendant un temps indéfini, alors que je lutte contre le monstre de culpabilité et d'égoïsme en moi qui s'étire en grognant.
Je sais qu'affronter Jacob cette nuit -demain- sera pire que tout ce que j'ai ressenti ces derniers jours. Je le sais, et le fait de le savoir ne me prépare pas pour autant à être prête à le faire. Et, en plus de ma propre culpabilité, il y a Edward. Je sais que trois jours, ça n'est rien. Pourtant, j'ai l'impression que nous n'allons plus jamais pouvoir nous voir. Avec une lenteur mesurée, je l'observe, incapable de bouger, se pencher lentement vers moi.
Je sais qu'il va m'embrasser.
Je le sais, et c'est arrivé mille fois déjà mais… ce midi, dans ma cuisine, il y a quelque chose de différent. Est-ce le fait que cette conversation à un gout amer ? Ou le retour de Jacob ? Ou simplement le fait que je vais devoir me passer de sa peau pendant plus de 72h ?
Mon souffle se bloque dans ma gorge quand, son regard ancré au mien, il caresse mon nez du sien lentement, faisant trembler mes mains. Lorsque son souffle rapide s'abat entre nous, je m'accroche à ses bras autour de moi pour ne pas tomber. Mes paupières se ferment au moment où sa bouche effleure la mienne, nous faisant soupirer d'un même ensemble.
L'apaisement me gagne à son contact, me faisant oublier Jacob, mon angoisses, mes mensonges et ma culpabilité. Tout ça est rapidement remplacé par le désir alors que ses lèvres épousent parfaitement les miennes.
Pendant les quelques minutes où il m'embrasse, je ne fait que penser qu'il a été fait pour m'embrasser.
Je l'entends gémir quand sa langue caresse la mienne avec volupté. Ses mains trouvent ma nuque pour me maintenir contre lui alors qu'il m'embrasse plus profondément encore, collant son corps au mien. Le désir me broie le corps, mon cœur résonne dans mes tempes. Lentement, son baiser devient plus lent, plus doux, presque... plus calme.
Ce qu'il me transmet me soulage et me terrifie à la fois. La confusion se mêle à notre baiser et les larmes me montent au yeux, troublant mon cerveau en vrac.
Quand il se recule, haletant, je n'arrive pas à ouvrir les yeux. Son baiser à été différent de tout ceux que nous avons échangés jusque là, et je ne suis pas prête à l'affronter. Ses doigts pressent un peu ma nuque. Je frissonne quand il effleure une dernière fois ma bouche de ses lèvres chaudes, mon souffle erratique troublant le silence de la pièce. Ses mains et son contact me quitte lentement, presque à regret.
Troublée, je mets quelques secondes à réussir à reprendre pieds avec la réalité dans laquelle nous nous trouvons… pendant quelques instants, je n'ai appartenue qu'à lui.
Ce sentiment flotte en moi quand je retrouve ses yeux sombres de désir. Un silence s'installe alors que mes pensées se mêlent, brouillant mes envies et mes sentiments. J'ai la sensation d'être en train de tout perdre. Qui suis-je donc devenue ?
- On se voit dans 3 jours, finit-il par dire.
Mes sourcils se froncent en le voyant quitter ma cuisine sans se retourner. Cependant, je ne suis pas en état de parler. Je l'observe disparaitre derrière la porte d'entrée qu'il claque derrière lui, le cœur battant. J'étais loin de me douter qu'il partirait comme ça, après… après ce baiser.
Je porte mes doigts tremblant à mes lèvres brulantes, cherchant pendant plusieurs minutes à ne pas tomber dans la tourmente de ce que son geste provoque en moi.
Je crois qu'il voulait que je reste à lui, quelques heures encore. Je crois qu'il voulait que je ne pense qu'à lui. Que je n'oublie pas ce que je ressens quand je suis dans ses bras, contre sa peau. Je crois profondément qu'il voulait m'embrasser de manière à ce que je n'arrive plus à penser à autre chose.
Mes yeux se posent sur l'heure que le four affiche dans le petit carré clignotant.
Dans quelques heures, Jacob sera là.
Bien le bonjour ! (bonsoir quand j'écris ces mots)
J'ai remarqué que je n'écris jamais rien en haut, depuis le début de cette romance et enfaite… j'aime bien. Comme ça vous me lisez après m'avoir lu (logique non ?) et c'est pas mal !
Bon, j'espère n'avoir perdu personne en chemin, faites moi signe si c'est le cas.
J'aime cette romance. J'aime cette histoire. Je suis, en parallèle, en train de la terminer et ça me fait tout drôle. Je crois que vous n'êtes pas prêtes à lire ce qui vous attends :')
J'espère qu'elle vous plait toujours autant, en tout cas. Merci pour tout vos mots et vos messages. Vos encouragements et/ou félicitations me touchent toujours beaucoup et m'aident à avancer.
On se retrouve très vite ?
Laissez moi un mot, j'veux vos théories sur Jacob, sur ce qu'il va se passer… j'veux vos impressions aussi, vos sentiments à la fin de ce chapitre !
J'vous embrasse,
Tied.
