-STAY-
Something in the way you move
Makes me feel like I can't live without you
Chapitre 12
Edward
Mon retour à la grange est un réel soulagement. Après 12 heures à l'hôpital où je passe mon temps à me plaindre, rentrer chez moi est une vraie libération. Les médecins ont préférés me garder pour vérifier qu'il n'y aurait pas de complication avant de m'autoriser à enfin rentrer.
Libre, même si encore courbaturé, je m'affale dans mon lit sans aucune grâce.
- Tu as besoin de quelque chose ? demande Bella.
Mes yeux retrouvent les siens où une lueur d'inquiétude brille. Elle est présente en elle depuis que je l'ai retrouvée à mon réveil à l'hôpital. Elle ne m'a presque pas quitté, si bien qu'Alice à manqué de piquer une crise de jalousie. Je ne sais si nos amis sont au courant de ce qu'il s'est passé entre nous, et ce qui flotte encore quand on est tous les deux mais, pour le moment, personne n'est venu m'en parler et je préfère que tout ça reste caché dans un coin.
- Tout va bien Bella, j'serais sur pied demain.
Elle lève les yeux au ciel.
- Tu as deux côtes fêlées, me rappelle-t-elle en s'asseyant sur le bord de mon lit.
- C'est rien du tout, fanfaronné-je en lui adressant un sourire.
Son doigt effleure ma poitrine, frôlant à peine mes os. Son geste me fait siffler de douleur, faisant naitre dans ses yeux une lueur de victoire.
- Ok ok, je capitule ! J'ai mal, admis-je en attrapant sa main dans une grimace.
- Alors cesse de faire l'enfant et repose toi.
Elle ne peut s'empêcher de sourire tout de même alors que nos doigts se mêlent.
Je ne sais pas très bien ce qu'il se passe entre nous depuis nos retrouvailles à l'hôpital mais, apparemment, sa décision nous concernant à été remise en question. Nous n'en avons pas parlé le moins du monde, et j'avoue ne pas en avoir envie. Je ne sais pas trop où on va exactement, et ce qu'on fait, mais je sais seulement qu'être avec elle me fait du bien, et un peu oublier la douleur de mon corps blessé.
- Et ton poignet ? demande-t-elle en tournant doucement ma main pour observer l'énorme hématome qui recouvre la moitié de ma main et de mon poignet.
Malgré la douceur de ses gestes, je grimace.
- C'est pas beau, commente-t-elle avant de relever les yeux vers moi.
Elle m'a l'air d'une vraie protectrice. J'adore savoir qu'elle s'inquiète pour moi, bien que j'aurai aimé que ça n'arrive pas. Je ne peux retenir mon sourire en observant ses yeux sombres d'une profondeur extrême.
- Quoi ? demande-t-elle quand elle voit que je l'observe.
Mes doigts libres et non engourdis remettent une mèche de cheveux derrière son oreille. Sa peau frissonne sous mes doigts, accélérant doucement mon cœur. Voilà des jours que je n'ai pas ressentit ça.
- Rien, répondis-je dans un sourire.
Elle lève les yeux au ciel, se mords rapidement la lèvre avant de se relever d'un bond, comme si on lui avait piqué les fesses avec une aiguille.
- J'ai oublié un truc ! s'exclame-t-elle avant de quitter la pièce comme une tornade.
- T'as oublié quoi ? demandé-je en haussant le ton pour qu'elle puisse m'entendre alors que ses pas martèlent le sol de mon salon.
- Je reviens ! Ne bouge pas !
Je n'ai pas le temps de répondre qu'elle claque la porte de la grange derrière elle.
Je secoue la tête en souriant comme un idiot avant de soupirer. J'ai la sensation, en plus des douleurs de mes muscles, de n'avoir pas dormi depuis des semaines.
J'enlève mon t-shirt pour être plus à l'aise. L'hématome sur mes cotes n'est pas beau à voir non plus, il tire pratiquement sur le noir. J'essaie de fermer les yeux pour me reposer un peu mais je suis trop curieux du départ précipité de Bella pour réussir à m'endormir.
Après plusieurs minutes, je soupire et me relève du lit au ralentis, étouffant des grognements de douleur dès que mes cotes bougent un peu -c'est à dire à chaque mouvement. Quand j'atteins le frigo, mon ventre commence à crier famine. Deux jours à l'hôpital et j'ai la sensation de n'avoir rien mangé depuis des semaines.
- Je t'avais dit de ne pas bouger ! s'exclame Bella en pénétrant de nouveau dans la grange alors que je bois du lait au goulot.
Je me tourne vers elle avec la sensation d'être un enfant prit en train de faire une bêtise. Elle est vraiment belle, lui ai-je déjà dit ?
- T'es superbe, lâché-je dans un sourire.
Elle se fige légèrement avant de secouer la tête, refoulant le rougissement qui veut caresser ses joues.
- Tu m'auras pas Cullen, il faut que tu te reposes. Et je t'ai ramené de quoi remplir ton estomac, avoue-t-elle en secouant le petit paquet kraft qu'elle tient dans sa main.
- Tu m'achètes des pâtisseries en plus ? m'étonné-je, ravi.
Déjà, mes pieds avancent d'eux-mêmes vers elle.
- T'acheter des pâtisseries ? répète-t-elle en haussant les sourcils comme si elle était choqué que je puisse tenir des propos pareils. Je t'ai préparé des muffins !
- Tu… tu les as préparés… mais quand ? demandé-je, essayant de comprendre quand elle avait pu trouver du temps pour rentrer chez elle et faire ça.
Ses joues se colore légèrement alors qu'elle avance vers la cuisine -vers moi.
- Cette nuit, avoue-t-elle en me contournant, ne me laissant pas l'occasion de pouvoir l'approcher. J'avais du mal à dormir alors…
Elle hausse les épaules, ne finissant pas sa phrase.
Je me souviens qu'elle m'a confié il y a plusieurs semaines que quand elle était nerveuse, inquiète ou perdue, elle pâtissait. Je l'observe sortir les muffins du sachet marron et les poser sur une assiette plate, créant une petite pyramide tellement elle en a fait. Savoir qu'elle se sent inquiète, peut-être même perdue à cause de mon accident me fait plus de bien que je ne voudrais l'admettre.
- Tu veux nourrir tout le quartier ? me moqué-je après une minute à l'observer, récoltant un regard noir de sa part.
L'odeur de ses muffins m'atteignent au même instant. Mon ventre gronde, la faisant sourire, presque victorieuse.
- Tu auras visiblement tout dévorer avant que j'ai finis d'appeler tout le monde.
Cette fois, je lève les yeux au ciel en ne réprimant pas mon sourire. Cette femme sait parfaitement comment me parler.
- Tu veux que je te fasse un chocolat chaud ? demande-t-elle quand elle a terminé d'empiler les gâteaux qui m'appellent d'une manière incontrôlable.
- Tu peux faire tout ce que tu veux, répondis-je distraitement m'approchant.
Quand ma main se tends d'elle même vers le plat d'où l'odeur terriblement tentante s'échappe, sa main frappe la mienne vivement.
- Hé ! m'indigné-je, contrarié qu'elle brise mes plans de croquer une de ses délicieuses choses.
- Va dans ton lit Edward, ordonne-t-elle en tentant de rester sérieuse.
- J'adore quand tu dis ce genre de choses, avoué-je dans un sourire. T'es quand même parfaite !
- Je te ramène ton plateau dans deux minutes, m'informe-t-elle en m'ignorant.
Elle tente de le cacher mais, quand je fais demi tour pour partir vers ma chambre, je la vois sourire.
J'ai certainement le même sourire idiot en regagnant mon lit. Qu'a-t-elle fait de moi ?
La semaine qui suit, Bella passe régulièrement pour voir si je ne meurs pas de faim ou d'ennuis. Aussi régulièrement, elle me ramène des pâtisseries. Si ça continu comme ça, je vais prendre dix kilos avant la fin de ma convalescence.
- Cherches-tu à me faire grossir ? demandé-je quand je la vois entrer dans la grange avec une assiette débordant de donuts.
- Faut que je m'occupe, avoue-t-elle en réprimant un sourire. Et j'ai peur que tu te laisses mourir de faim.
Je lève les yeux au ciel en la rejoignant au ralenti dans la cuisine. Mon corps me fait encore souffrir, mais ça s'est largement calmé. J'ai simplement hâte que la douleur dans mes côtes s'en aille, que je puisse porter un litre de lait sans avoir la sensation que l'on me déchire l'intérieur.
- J'vais devoir courir a peu près 600 kilomètres pour réussir à éliminer toutes les cochonneries que tu m'as ramené cette semaine.
- Je peux arrêter si tu…
- Non ! Jamais, tu rigoles !
Elle éclate de rire en gagnant ma cuisine. Dieu que j'aime l'entendre rire.
- Chocolat ? demande-t-elle dans un sourire en ouvrant déjà la porte de mon frigo pour en sortir le lait.
Je hoche la tête avec envie, laissant mes yeux trainer sur son corps. Clairement, j'apprécie plus que de raison ce que je vois. Voilà une semaine que je l'observe se balader chez moi sans pouvoir la toucher. Et ce soir… je me sens assez en forme pour avoir le courage d'affronter la douleur de mes cotes si seulement…
- Même pas en rêve Cullen, me coupe-t-elle dans ma rêverie tout en remuant le lait qui chauffe dans la casserole.
- Quoi ?
- Je vois comment tu me regardes, explique-t-elle en ne quittant pas des yeux sa préparation. Ca n'arrivera pas. Le médecin à dit : repos.
- Ca fait une semaine que je me repose.
- Et bien encore 3.
Je me fige, choqué.
- Tu rigoles ? 3 semaines encore ?
- Sur google ils disent qu'il faut à peu près 1 mois en repos total pour que des cotes se remettent après un choc comme celui que tu as vécu.
- T'as fait des recherches sur google ?
Elle s'empourpre alors que je n'arrive pas à m'empêcher de sourire. J'ai retrouvé mon jeu favori : celui de la faire rougir comme je veux.
- Par pure besoin d'information, se défend-t-elle en versant le chocolat dans le lait chaud.
- Evidemment.
Elle sourit malgré elle avant de m'ordonner d'aller dans le canapé. Voilà une semaine que je lui obéit au doigt et à l'oeil. Et j'adore ça.
Je dévore tout ce qu'elle m'a préparé avant de soupirer longuement, repus.
Je lui jette un coup d'œil après quelques minutes. Le regard fixé sur l'écran de la télévision qui diffuse Friends, les jambes repliés sous ses cuisses, elle chuchote chaque paroles, ce qui me fait froncer les sourcils.
- Tu les connais tous par cœur ? demandé-je, un peu abasourdi.
- Celui-ci, surtout, avoue-t-elle en souriant.
Je reporte mon regard sur l'écran une seconde avant de la regarder à nouveau. Oui, elle le connait vraiment par cœur !
- Pourquoi celui-là ? demandé-je, trop curieux au bout d'un moment.
Elle me lance un regard de biais avant de faire glisser son regard jusqu'à ma bouche. Mon corps entier se fige alors que ses yeux sombres retrouvent les miens.
- C'est le jour où Chandler et Monica vont le faire.
Je repousse mon sourire en me redressant légèrement pour paraitre moins avachi disgracieusement.
- Faire quoi ?
Elle se fige, choquée.
- N'as-tu jamais regardé Friends Edward ?
Je hausse les épaules alors qu'elle s'indigne.
- Mais comment ai-je pu coucher avec toi alors que tu n'as jamais regardé cette série !
- Franchement, j'en sais rien, m'amusé-je sous son regard indigné. Mais si tu veux on peut…
- Je t'interdis de me toucher, lâche-t-elle précipitamment alors que ma main plane au dessus de sa cuisse.
Je hausse un sourcil.
- Vraiment ?
Elle se pince les lèvres quand je me redresse légèrement, étouffant une grimace quand mes côtes se réveillent. Son souffle s'accélère légèrement lorsque je me penche vers elle, nous laissant le temps de mesurer toute l'intensité entre nous.
Voilà deux semaines que je n'ai pas touché sa peau, et, ce soir, c'est brutalement trop. J'ai la sensation que mon corps va exploser quand son regard s'assombrie légèrement, trahissant le désir qui monte en elle alors que mon nez effleure le sien.
Ma main, toujours en suspend au dessus de sa cuisse frôle sa peau douce découverte par son short en jean bien trop court pour être catholique, créant une longue série de frissons sur sa peau.
Elle ferme les yeux, sursaute légèrement quand ma bouche effleure la sienne.
Elle est parfaite, et brulante. Le désir envahit mon corps brutalement, venant inonder mes pensées, mes lèvres quand je l'embrasse doucement, testant malgré tout mes limites. Je reste superficiel, imposant à mon corps et mes envies une retenue dont je ne me soupçonnai pas capable. Le cœur battant, je me recule sagement quand mon souffle devient si rapide que mes côtes se soulèvent un peu trop vite.
La brulure est intense, mais supportable.
- Tu as mal ? demande-t-elle doucement en rouvrant ses yeux brillants dans les miens.
Le chocolat de ses yeux est lumineux, créant des reflets presque or qui dansent inlassablement.
- C'est gérable, avoué-je en essayant de sourire sans vraiment y arriver -elle me trouble trop pour ça.
Je ne comprends pas pourquoi, mais un doute s'empare de moi pendant un instant alors qu'on se dévisage. L'air autour semble peser plus lourd. Il y a quinze jour, elle à claqué ma porte en choisissant de retrouver Jacob. Ce souvenir réveil en moi mes incertitudes concernant notre relation et tout ce que nous vivons en secret depuis le premier jour.
J'étouffe mes pensées quand sa main atteint ma nuque et qu'elle se penche vers moi, laissant sa bouche retrouver la mienne. Je me laisse aller à sa caresse, prenant le temps d'apprécier tout ce qu'elle me donne d'elle à l'instant. Je repense vaguement à ce qu'elle m'a dit, à l'aquarium, quelques semaines plus tôt : elle a la sensation d'être éphémère… et à l'instant, je ressens exactement la même chose.
Nous sommes éphémères.
Je sais que, quoi qu'il arrive, tout ne durera pas. Je le sais parfaitement. Nos vies sont à l'opposées l'une de l'autre. Elle est avec Jacob, et, bien que je n'arrive pas à m'y faire, une partie de moi sait qu'elle tiens à lui malgré tout ce qu'il lui fait subir.
Je sais qu'elle va partir d'ici 3 semaines pour New York, avec lui. C'est officiel, désormais, elle l'a annoncé la semaine de notre… rupture à tout le monde. Les échos de son départ me sont parvenus comme une claque alors que je luttais contre l'envie, le besoin d'aller la voir et ma colère contre elle.
Nous sommes éphémères, elle et moi.
Ensemble. Ca n'arrivera plus jamais d'ici quelques semaines, et, pourtant, je ne fais rien pour la repousser.
Pas même quand notre baiser s'intensifie.
Pas même quand elle gémit contre ma langue quand j'envahis sa bouche.
Pas même quand elle monte sur mes cuisses prudemment, prenant le temps de faire attention à ne pas me blesser d'avantage.
Je devrais protéger ma vie, mon cœur, mais, à l'instant où elle quitte mes lèvres pour plonger son regard brulant de désir dans le mien, je suis incapable de la repousser.
Tout sera bientôt terminé, et l'envie, le besoin de la sentir contre moi se fait trop fort pour pouvoir réussir à arrêter cette chose incroyablement intense et brulante entre nous.
- Tu es sûr ? demande-t-elle à mi-voix, son regard fouillant inlassablement le mien.
Je hoche la tête, perturbé par son corps chaud au dessus du mien et les mouvements lascifs de son bassin qu'elle fait sans sembler s'en rendre compte.
J'ai envie d'elle. Maintenant. Même la douleur de mes cotes ne pourra pas m'empêcher de la sentir contre moi.
- Si jamais tu n'as qu'une petite douleur… je veux que tu me le dises et tu…
- Embrasse-moi, la coupé-je vivement, provocant un regard noir de sa part.
Elle voudrait faire semblant d'être en colère, mais son désir est trop grand, trop fort pour qu'elle réussisse à résister. Quand je la tire à mon visage d'une main sur la nuque, on étouffe nos sourires l'un contre l'autre.
Rapidement, nos vêtements disparaissent.
Plusieurs fois, je cherche à la toucher, à la retenir contre moi mais elle m'en empêche, m'adressant des regards noirs en m'indiquant de ne rien faire. C'est à peine si j'ai le droit de bouger.
C'est frustrant, déstabilisant. Mais l'intensité des battements de mon cœur n'en est que plus forte.
L'épisode de Friends s'est figé au générique de fin quand nos corps se mêlent. Nos souffles se coupent quand elle descends lentement sur mon corps, prenant appui sur le bord du canapé derrière ma tête pour ne pas me faire mal.
Le manque de sa personne revient comme un boomerang, affolant mon cœur et mon sang. J'ai l'impression que toutes mes terminaisons nerveuses se retrouvent là où nos corps sont joints, me faisant oublier absolument tout le reste autour, y compris que nous ne pourrons jamais être ensemble pour de vrai.
J'étouffe une plainte étranglée quand elle commence à onduler lentement sur mon corps tendu, coupant mon souffle devant la puissance de ce que je ressens.
Il n'y a pas de place pour la fougue aujourd'hui, pourtant, j'ai la sensation de perdre totalement pieds alors qu'elle gémit mon prénom contre ma bouche.
Son souffle chaud sur ma peau me fait serrer les dents, retenant ses hanches quand elle accélère ses mouvements, cherchant à nous libérer. Elle me lance un regard presque désespéré, ce qui me fait vaguement sourire.
Je veux que ça dure longtemps. Je veux la sentir encore. Je veux la voir, l'embrasser. Je veux prendre ce temps que nous n'aurons bientôt plus.
Son plaisir redouble quand j'arrive à soulever mes hanches au rythme de ses mouvements lents, m'encrant plus profondément en elle.
Jamais le plaisir n'avait eu ce gout là avant cet après-midi.
Jamais elle ne m'avait atteint à ce point.
J'ai du mal à tenir en place. Emmett virevolte à coté de moi et, même si le bar n'est pas bondé, j'ai la sensation que je ne vais jamais réussir à m'en sortir ce soir.
Nous sommes censés fêté l'anniversaire d'Emmett ce soir, mais ce dernier ne veux pas sortir du bar : un de ses plus beaux cadeaux selon lui. J'ai du mal à comprendre le fonctionnement de mon meilleur ami, même si j'avoue que, ici, la place est plutôt pas mal.
J'observe Bella, assise à droite du bar avec Rosalie et Alice. Elle boit et rit, cependant, son regard transperce le mien à chaque fois que mes yeux tombent sur elle -c'est à dire souvent. Nous n'avons pas réussit à nous trouver un moment rien qu'à nous depuis notre séance deux jours avant sur le canapé, et j'ai du mal à contrôler le désir qui me broie chaque fois que je pose les yeux sur son corps.
Son absence pendant une semaine dans ma vie à eu l'air de laissé des traces : j'ai d'autant plus la sensation de ne plus réussir à me passer de sa peau, même quelques heures.
Le jukebox fait défiler des musiques depuis deux heures, choisis par les clients qui mettent une certaine passion à torturer mes sens -chansons sexy, sensuelles, rythmées, tout, absolument tout y passe.
Au milieu de la pièce menant à la terrasse, les corps dansent.
Emmett à baissé l'intensité des lumières, ce qui rends l'endroit intime, à peine éclairé par les guirlandes au dessus de nos têtes qu'Alice à fait installées à Jasper avant l'ouverture de ce soir. C'est vraiment beau, l'ambiance est presque féérique.
Je sers deux gars de la carrure d'Emmett avant de voir que Bella à quitté sa place au milieu des filles. Pendant une seconde, je m'inquiète de l'endroit où elle peut bien être avant de me sermonner : elle est adulte.
- Edward ?
Je me tourne vers le bout du bar pour voir Bella me scruter, les mains tendues vers moi. Ses cheveux longs et libres tombent en cascades sur ses épaules, créant presque un aura autour de son visage pâle. Elle à presque l'air d'un ange. Un ange terriblement tentant qui n'est là que pour torturer mes sens.
- Bella ?
Elle sourit doucement, ses yeux s'illuminant. Elle est magnifique, et c'est peu de le dire.
- Viens avec moi, murmure-t-elle en me voyant approcher d'elle.
- Venir où ? demandé-je en souriant sans pouvoir m'en empêcher.
- On va danser.
J'éclate de rire, ce qui fait légèrement retomber son sourire. L'incertitude flotte sur ses traits une seconde avant que je n'explique mon comportement :
- Je ne danse pas.
Elle lève les yeux au ciel, se fichant éperdument de ce que je raconte.
- Moi non plus. Mais comme on est un peu éphémères, on devrait le faire.
Ses yeux brillent d'une manière inédite alors que je lutte à peine une seconde avant de soupirer. Je pourrais vraiment faire n'importe quoi pour cette femme.
- Em', je reviens !
Emmett, qui s'en fou totalement tant il s'éclate et danse derrière le bar, hoche la tête même si je suis certain qu'il n'a pas entendu ce que je lui ai crié.
La main de Bella attrape la mienne, et, sur le rythme d'ACDC, on traverse la salle pour nous retrouver au milieu des corps dansant. Quand elle se tourne vers moi, son sourire est immense et je me demande brutalement pourquoi je lui ai cédé aussi facilement. Je reste figé quand elle commence à se déhancher, incapable de bouger tant la voir aussi libre me perturbe.
Elle n'a pas bu tant que ça -à peine quelques verres- mais elle rayonne littéralement. Pour la première fois depuis que je la connais, j'ai la sensation qu'elle se laisse aller. Elle est elle-même, définitivement. Ses boucles flotte autour d'elle quand elle tourne, elle chante, elle rit. Ses yeux brillent d'une lueur presque sauvage, la rendant plus belle, plus femme que jamais. Elle n'a jamais été aussi sensuelle, et je suis incapable d'ignorer ce que je ressens à la voir ainsi.
- Allez Edward ! rit-elle en se déhanchant sans honte.
- Je suis clairement moins doué que toi !
Elle éclate de rire en jetant sa tête en arrière, exposant à mes lèvres la pâleur de son cou où son sang pulse.
Je vois ma sœur et Rosalie nous rejoindre si bien que je n'ai pas le temps de bouger ou de faire quoi que ce soit.
Le temps de la chanson, je me détends, faisant tourbillonner tantôt ma sœur, tantôt Bella tout en restant prudent mais la douleur de mes cotes reste tapie dans l'ombre. Rosalie se déhanche à coté de nous. Leurs rires finissent par me faire me sentir mieux.
Je suis nul. Clairement. Mais je m'amuse et cet intermède fait taire les questions qui tournent en boucle dans ma tête depuis la veille où Bella est partie après la séance brulante sur le canapé. J'en ai presque pas dormi de la nuit. Je sais que je la veux toujours de la même façon. Mais, désormais, je ne sais plus lequel de nous s'accroche le plus fort à l'autre.
Quand la chanson se termine, Alice et Rose déclarent d'un même ensemble devoir recharger leur batterie à base de téquila alors que Bella reste plantée devant moi, souriant malgré elle. Elle a l'air heureuse.
Elle rayonne, son sourire est incroyable.
Et j'ai envie de l'embrasser. Là, maintenant, au milieu des gens, de ma famille, de nos amis. La voir aussi libre me tord le bide à m'en faire mal. J'ai la sensation que mon cœur va s'arrêter.
The Blower's Daughter - Damien Rice
De doux accords de guitare que je connais par cœur sortent des enceintes autour de nous, ce qui me fige.
Bella, qui prends conscience que cette chanson ne se danse absolument pas comme du rock se recule et cherche à partir. Ma main rattrape la sienne avant même qu'elle n'ait pu faire un pas. Je ne sais pas vraiment pourquoi je fais ça... mais je veux le faire. Vraiment.
Son regard sombre retrouve le mien alors qu'elle fronce les sourcils, perdue dans l'incompréhension qui flotte dans ses yeux.
- Je n'ai pas assez bu pour que tu me fasses danser un slow, lâche-t-elle tandis que des couples se forment autour de nous, la faisant grimacer.
Je retiens un sourire, puis inspire profondément. Je dois le faire.
Je la rapproche de moi lentement, prenant soin de mesurer toute l'intensité qui vient s'immiscer entre nous et perturber les battements de mon cœur.
- Danse avec moi.
Je la vois blanchir légèrement, puis déglutir.
- Edward…
La façon dont elle souffle mon prénom me tétanise en même temps qu'il me donne la force de la prendre contre moi et de glisser ma main libre autour de sa taille. Elle se mord la lèvre, trahissant sa gêne. Je peux presque sentir son cœur s'accélérer dans sa poitrine quand je la rapproche un peu plus de moi.
- On est éphémères, tu te rappelles ?
Elle baisse les yeux brutalement, semblant ne plus réussir à supporter ce qu'elle lit dans mes yeux.
Pendant quelques secondes, je ne bouge presque pas, redoutant même l'instant où son regard retrouvera le mien.
Quand c'est le cas, mon sang se fige dans mes veines alors que la voix de Damien Rice s'élève doucement dans le bar. Elle cherche à nouveau à partir mais je la retient contre moi, refusant de la laisser s'en aller.
Je bouge lentement, essayant de cesser de réfléchir à tout ce que sa présence contre moi me fait ressentir.
And so it is
Alors c'est comme ça
Just like you said it would be
Tout comme tu l'avais prédit
Life goes easy on me
La vie vient facilement vers moi
Most of the time
La plupart du temps
Ses yeux ne quittent pas les miens quand elle abandonne sa lutte pour s'en aller alors que je la maintient contre moi avec force. Je ne suis pas prêt à laisser tomber.
And so it is
Alors c'est comme ça
The shorter story
L'histoire la plus courte
No love, no glory
Aucun amour, aucune gloire
No hero in her skies
Aucun héros dans ses cieux
Elle baisse à nouveau brutalement les yeux aux paroles de la chanson, comme si celle-ci avait été écrite pour nous, et nous seuls. S'en est presque ironique. Le violon fait vibrer le sol du bar doucement. J'ai la sensation que le temps s'est figé et l'électricité qui flotte entre nous ne peut pas me tromper à ce point.
I can't take my eyes off of you
Je ne peux décrocher mes yeux de toi
Ses doigts fins glissent le long des miens. Quelque chose change dans son comportement. J'ai la sensation que, d'un seul coup, elle abandonne tout ce qu'elle retient contre moi. Sa décision silencieuse me fait du bien. Je sais que là, à l'instant, elle m'ouvre une brèche. Elle se rapproche un peu plus, mêlant nos souffles. Mon cœur à l'air d'avoir envie de sortir de ma poitrine. Je la désire. Depuis le premier instant, la première seconde. Je la désire, mais, à l'instant, c'est plus fort que ça.
And so it is
Alors c'est comme ça
Just like you said it should be
Tout comme tu l'avais prédit
Elle finit par relever le regard vers moi. Je vois qu'elle n'est pas encore prête à laisser tomber tout ce qu'elle retient encore. Mais, se laisser aller ainsi, accepter mon corps contre le sien... je sais ce que ça veut dire.
We'll both forget the breeze
Nous oublierons tous deux la brise
Most of the time
La plupart du temps
Nos corps bougent tout seuls, lentement, se balançant de gauche à droite, suivant la mélodie du violon qui résonne doucement. Les yeux de Bella se troublent devant l'intensité de l'instant et la confusion que je lis dans son regard sombre tords mon cœur douloureusement. Elle se mords la lèvre une nouvelle fois quand je replis nos bras entre nous, désirant seulement la sentir plus près.
And so it is
Alors c'est comme ça
The colder water
L'eau la plus froide,
The blower's daughter
La fille du souffleur
The pupil in denial
L'élève dans le déni.
J'ai littéralement la sensation de la torturer, de lui faire presque du mal. C'est pourtant bien la dernière chose au monde que je veux. Son souffle se coupe quand je pose mon front contre le sien, laissant libre court à mes envies. La musique nous berçant, je l'observe lutter de toutes ses forces pour ne pas laisser couler les larmes qui bordent ses yeux et rendent son regard d'autant plus profond.
I can't take my eyes off of you
Je ne peux décrocher mes yeux de toi
I can't take my eyes off of you
Je ne peux décrocher mes yeux de toi
Le violon agonise. Les doigts de Bella serrent plus fort les miens une seconde, avant qu'elle ne glisse ses paumes à plat sur mon torse, remontant lentement contre ma nuque tout en continuant de danser lentement contre moi. C'est fort. Déroutant. Douloureux. Mais incroyablement irréel de ressentir les émotions nous parcourir en même temps.
I can't take my eyes off of you
Je ne peux décrocher mes yeux de toi
I can't take my eyes off of you
Je ne peux décrocher mes yeux de toi
Mon cœur s'accélère alors que je peux plus repousser tout ce que je ressens pour elle.
I can't take my eyes off of you
Je ne peux décrocher mes yeux de toi
C'est trop fort, trop gros, ça prends trop de place dans ma poitrine pour pouvoir réussir à l'étouffer plus longtemps.
I can't take my eyes off of you
Je ne peux décrocher mes yeux de toi
Je sais que je ne dois pas. Je sais qu'elle ne veut pas. Je sais que ça n'est pas ce qu'il faut, pourtant, quand ses larmes glissent le long de ses joues, j'effleure son nez du mien et la serre plus fort contre moi. Son corps épouse parfaitement le mien, comme s'il avait été fait pour.
Did I say that I loathe you ?
Est-ce que j'ai dit que je te détestais ?
Cette musique, son odeur, sa peau contre la mienne, son souffle saccadé alors qu'elle se retient clairement de pleurer, ses doigts qui caressent tantôt ma nuque, tantôt mes épaules… à cet instant, je réalise douloureusement qu'il est trop tard.
Did I say that I want to
Est-ce que j'ai dit que je voulais
Leave it all behind ?
Laisser tout derrière nous ?
Comment ai-je pu repousser ça tellement longtemps ? Comment ai-je pu croire que cela n'arriverai jamais ? Comment ai-je pu soutenir que je ne ressentirai jamais rien pour elle ? Que je ne tomberai jamais dans ses filets alors que je m'y perdais déjà corps et âme ?
I can't take my mind off of you
Je ne peux pas m'empêcher de penser à toi
Je frissonne sous ses yeux d'une intensité inédite. Ses larmes glissent sans cesse le long de ses joues alors que nos lèvres s'effleurent dans un tremblement. Je me fous des autres, de tout. Je me fous que quelqu'un nous vois. Je veux la sentir contre moi. Sentir la force de mes sentiments pour elle qui ne cherchent qu'à m'engloutir. Je ferme les paupières, en proie à une émotion trop intense pour être capable de la regarder à l'instant où la vérité s'impose à moi.
I can't take my mind off of you
Je ne peux pas m'empêcher de penser à toi
Je suis tombé avec une facilité déconcertante dans le piège que j'ai moi-même installé et j'ai la sensation que le sol s'ouvre sous mes pieds quand mes pensées se percutent dans une violence inédite.
I can't take my mind off of you
Je ne peux pas m'empêcher de penser à toi
Je suis amoureux d'une femme qui ne sera jamais à moi.
I can't take my mind off of you
Je ne peux pas m'empêcher de penser à toi
Je suis amoureux d'elle.
I can't take my mind off of you
Je ne peux pas m'empêcher de penser à toi
Notre histoire tournent en boucle en moi dans un frisson et je refoule brutalement tout ce qu'elle éveille en moi : Je ne peux pas en vouloir. Et je n'en veux pas.
I can't take my mind off of you
Je ne peux pas m'empêcher de penser à toi
La musique cesse et, alors que Bella ouvre la bouche pour parler, je me détache de son étreinte en tremblant, repoussant mal les émotions douloureuses qui me submergent. Quelque chose de plus enjoué résonne dans les enceintes, affolant la foule autour de nous, si bien que j'ai du mal à avoir une pensée cohérente alors que la peur s'immisce dans le regard de la femme en face de moi qui tremble et pleure à nouveau. Ses larmes me déchirent et je manque brutalement d'air.
- Edward… murmure-t-elle d'une voix cassée quand je recule d'un pas.
- Je… je dois y retourner, lâché-je précipitamment en faisant déjà demi-tour.
J'ai la sensation que mes jambes ne m'éloigneront jamais assez vite de son corps.
Il faut que m'éloigne d'elle.
Il faut que je sorte d'ici.
Hello hello !
Je sais pas trop si je dois vous parler après la fin de ce chapitre ^^
Cette scène... c'est LA scène. Celle par laquelle toute cette romance à commencée dans ma tête. Tout est né de là. Alors... j'espère sincèrement que ça ne vous déçoit pas. C'est parfois (souvent) difficile de retranscrire certaines émotions...
J'veux savoir ce que vous ressentez là, maintenant, à l'instant.
Laissez moi un mot. (Et, en passant je vous informe ici aussi qu'on peux se rejoindre sur Instagram (moi c'est Tied Foster) on pourra partager plein de truc et j'aime bien me marrer!)
A bientôt ? J'vous embrasse, merci pour tout.
Tied.
