-STAY-

Cause when you never see the light it's hard to know which one of us is caving

Chapitre 13

Bella

Je regarde Edward s'éloigner dans une rapidité qui dépasse l'entendement sans être capable de bouger, de le retenir ou de réagir.

Je ne comprends pas tout à fait ce qu'il vient de se passer, mais je n'arrive subitement plus à respirer. Chaque partie de mon corps tremble si fort que je me rends compte seulement après un moment que je sanglote au milieu des corps dansant, totalement déconnectée de la réalité. J'ai encore la brulure de ses lèvres sur les miennes. L'abandon dont il vient de faire preuve me terrifie.

La chanson des Black Eyed Peas touche à sa fin quand j'arrive enfin à me sortir de me torpeur.

Il faut que je parte d'ici.

Maintenant.

Je m'échappe par la terrasse, bousculant plusieurs personnes sans même m'excuser. Je n'ai de cesse de pleurer, et les regards des personnes autour de moi amplifient mon sentiment d'étouffement. Je fais le tour du bâtiment pour que personne que je connais ne voit l'état dans lequel je suis. Ca n'est vraiment, vraiment pas le moment. En remontant chez moi, j'étouffe des cris de douleurs et de colère mêlés.

Je n'aurai jamais du accepter de vivre ici quand j'ai su qu'Edward était le propriétaire. Je n'aurai jamais dû être attirée par lui, accepter ses sourires et tout ce son corps provoquait dans le mien. J'aurai du repousser ses avances, repousser le désir de mon corps et rester la femme que j'étais, avant lui. J'aurai dû privilégier ma relation avec Jacob qui était synonyme de sécurité, et de calme. J'aurai dû m'en contenter !

Sans mon changement de comportement, Jacob n'aurait jamais dérapé. Il serait resté l'homme avec qui je vivais. Doux, patient, attentif. Celui qui m'adore, pas celui que m'a donné une claque dans ma cuisine parce que je lui ai manqué de respect.

Soudain, alors que je traverse mon appartement, les larmes incapables de s'arrêter, tout devient limpide.

Je veux aller le rejoindre.

Là bas, j'oublierai tout d'ici. Je pourrais vivre avec lui, et laisser les choses redevenir ce qu'elles étaient. Je serais peut-être enfin heureuse. Jacob aussi. Et personne ne souffrira plus à cause de moi.

Je m'accroupis à coté de mon lit pour sortir du dessous mon sac de voyage que je pose sur mon lit d'un geste rapide, les mains tremblant plus que jamais. Il faut que j'organise mes pensées pour ne rien oublier, et pour réussir à partir le plus rapidement possible.


- Ah tu es là ! s'écrit Alice avec du soulagement dans la voix en entrant dans ma chambre en trombe.

Je sursaute tellement que je fais tomber la pile de linge que je viens de sortir de mon armoire, vociférant entre mes dents des insultes à n'en plus finir. J'ai arrêté de pleurer, depuis quelques minutes déjà. Avoir pris cette décision me soulage. Je vais m'éloigner d'ici, retrouver ma vie, celle que j'étais, celle que je veux redevenir. Je veux reprendre ma vie là où je l'ai laissé en m'installant au dessus de ce bar et oublier tout ce qui m'a amené à prendre cette décision.

Alice se fige à l'entrée de la pièce quand elle comprend ce que je suis en train de faire. Je ramasse mon linge maladroitement, étouffant ma colère et ignorant son regard sur moi et ce que ça me fait. J'ai l'impression de la décevoir... c'est difficilement supportable.

- Qu'est ce que… qu'est ce que tu fais Bella ? demande-t-elle d'une voix inquiète en s'approchant au ralenti.

- Je vais rejoindre Jacob.

Ma voix est glaciale, mais je n'arrive plus à réfléchir sans me sentir en colère contre le monde entier.

- Tu… quoi ?

- Je vais rejoindre Jacob, répété-je en remplissant mon sac maladroitement.

Mes vêtements sont jetés dedans sans ménagement mais j'm'en fou complètement. J'veux partir. J'ai la sensation qu'ici, respirer m'est devenu impossible, et beaucoup trop douloureux.

- A cette heure-ci ? s'étonne-t-elle d'une voix aigue, semblant brutalement se rendre compte que je suis sérieuse.

- J'ai un vol dans 3 heures.

- Attends Bella… pourquoi… tu devais partir que dans 3 semaines…

- Je… les plans ont changées et je… j'ai... j'ai juste besoin de voir Jacob, tu comprends ?

Elle ne réponds pas, m'observant, abasourdie tandis que je rempli mon sac nerveusement, incapable de la regarder sans me sentir comme la pire des personnes de cette Terre. En elle, l'incompréhension s'intensifie, se mêlant à la déception.

- Et Edward ? finit-elle par demander quand j'ai fini de transférer mes habits dans mon sac de voyage.

Je me fige, retenant mal un sanglot alors que mon cœur saigner lourdement, coupant jusqu'à mon souffle. La douleur se mêle à mon empressement, me faisant trembler tandis que je lutte pour ne pas fondre en larmes. Rien que pour ça, je dois partir.

- Quoi Edward ? demandé-je plus froidement, tentant de faire comme si tout le ça n'était pas en train de m'anéantir.

- Ne fais pas l'innocente Bella, soupire-t-elle, agacée. Ca fait des semaines que je sais ce qu'il se passe entre vous.

Je ferme brutalement les yeux, incapable d'affronter ce que son aveux me fait ressentir.

- Ecoute je… j'm'en fou de ce que vous faites tous les deux mais… si tu pars maintenant…

- Je dois partir Alice, répété-je en secouant la tête, incapable de l'écouter.

- Tu as le choix, argue-t-elle en approchant à nouveau.

Je secoue la tête, les larmes brulant mes yeux alors que mon corps entier devient douloureux. Non je n'ai pas le choix. Elle le sait parfaitement.

- Ma place est avec Jacob, quoi que tu penses.

- Même si tu es amoureuse d'Edward ?

Sa question à l'air d'être une affirmation, et elle résonne dans ma chambre, là où le corps d'Edward à aimé le mien tant de fois. Je serre les dents en l'ignorant. Je ne peux pas affronter ça. Je ne peux pas, parce que ça détruirait ma vie.

Je la bouscule pour partir à la salle de bain, ramassant mes affaires en retenant mal les mots qui veulent inonder ma bouche. Je me déteste. Je voudrais détester Edward, et je finirai par y arriver, un jour, je le sais. Le chagrin, la colère, tout m'oppresse, et j'étouffe.

- Bella je… je ne te juge pas, reprends Alice devant mon mutisme dans une vaine tentative de me faire changer d'avis. Je… je sais que tes parents… ta vie…

- Alice… la menacé-je, la voix étranglée.

- C'est juste… je veux que tu sois heureuse. Et je ne sais pas ce qu'il s'est passé ce soir pour que tu partes en courant de la sorte mais… ça n'est pas la solution, réfléchis…

Je me tourne vivement vers elle, ma colère broyant mon cœur à nouveau.

- C'est tout réfléchis, la coupé-je en la regardant droit dans les yeux, espérant que cela suffise à la faire taire. J'ai un vol à 4h. Je veux rejoindre Jacob.

En regagnant la chambre pour récupérer mon chargeur, je passe à coté d'elle et tente d'ignorer la déception de son regard. Elle est dépassée, ne sait pas quoi faire, ou quoi dire pour me faire changer d'avis. Je sais que, quoi qu'elle dise, je ne peux pas rester. J'inspire profondément en refermant mon sac de voyage. Mon corps entier à l'air d'être à bout de souffle.

Pendant une seconde, je tente de respirer calmement, mais je n'y arrive pas. Le chagrin m'étrangle, la colère m'aveugle... j'ai la sensation que je n'arriverai plus jamais à trouver la paix.

Alice, derrière moi soupire, vaincue. Une sorte de soulagement m'atteint quand je comprends qu'elle à compris que ma décision ne changera pas. Lorsque je me tourne vers elle, les larmes glissent silencieusement sur ses joues. Je retiens difficilement les miennes, incapable d'étouffer ce que je ressens à devoir la quitter.

- Tu vas tellement me manquer, murmure-t-elle entre ses larmes.

Je lutte contre les sanglots qui me serrent la gorge à m'en faire mal en avançant vers elle pour la prendre dans mes bras. Je ne veux pas pleurer… si je commence, je ne saurais plus m'arrêter. Mon visage s'enfonce dans son épaule, inspirant son doux parfum une dernière fois.

- Je reviendrais vous voir, dis-je en fermant les yeux lorsqu'elle me serre contre elle avec force, ravalant difficilement les soubresauts que le chagrin lui offre.

- Tu sais que ça n'est pas vrai, croasse-t-elle la voix cassée.

Je serre les yeux plus fort alors qu'un profond chagrin s'empare de mon corps tremblant. Je sais, au fond de moi, que c'est la dernière fois que j'ai l'occasion de l'avoir contre moi. Le savoir brise mon cœur un peu plus. Elle a été une collègue, une amie, mais finalement tellement plus que ça. Elle a été ma sœur.

- Merci pour tout, réussi-je à dire en dépit de la boule douloureuse dans ma gorgée serrée et mon envie de m'effondrer.

Elle renifle contre mon épaule, me serre plus fort avant de disparaitre de mon appartement sans me regarder.

Parmi les choses difficiles que j'ai vécu dans ma vie, dire adieu à Alice vient de battre des records.

Pendant le quart d'heure qui suit, je récupère l'essentiel de mes affaires. Mon sac de voyage et ma valise sont si pleins que je me demande vaguement comme je vais pouvoir me débrouiller toute seule jusqu'à l'aéroport pour tout transporter.

- Alors c'est vrai, lance la voix rauque d'Edward dans mon dos au moment où je raccroche avec la compagnie de taxi pour qu'ils m'envoient une voiture le plus rapidement possible.

Mon cœur s'arrête brutalement quand je me tourne vers lui. L'incompréhension flotte dans son regard brillant, mais il y a autre chose de plus intense, plus effrayant : la douleur.

- Pourquoi tu fais ça Bella ? demande-t-il en s'approchant du canapé où je suis assise.

- Je vais retrouver Jacob.

Même à moi, ma voix me parait ridicule au possible. Il secoue la tête, serrant les dents.

- Je ne te crois pas.

- C'est pourtant ce qu'il va se passer, m'agacé-je en me relevant nerveusement quand il est tout près.

Il faut que je recule, que je me protège. Je ne supporte plus sa proximité, j'ai la sensation que seul son regard me brise plus que je ne le suis déjà.

- Tu fuis, lâche-t-il dans un souffle en comprenant ce qui est en train d'arriver.

- Edward... sifflé-je entre mes dents, espérant le faire renoncer.

- Tu fuis parce que tu es morte de peur, poursuit-il en contournant le canapé pour me rejoindre, m'ignorant royalement.

- Non, argué-je durement. Je rentre là où est ma place.

Quelque chose change dans ses yeux. La colère se mêle aux sentiments intenses de son regard alors que les tremblements de mon corps redoublent devant la douleur qui veut s'emparer de moi.

- Comment peux-tu dire ça…

- Jacob...

- Bella ! s'énerve-t-il, me faisant sursauter nerveusement. Je… oubli Jacob tu veux ! Toi et moi c'est…

- Il n'y à pas de toi et moi Edward ! m'énervé-je vivement, le stoppant dans son mouvement pour m'atteindre.

Ses sourcils se froncent alors que la douleur traverse ses traits, me faisant respirer plus difficilement.

- Comment…

- On était d'accord depuis le début ! Ma place est avec cet homme de l'autre coté de l'o…

- Tu ne l'aimes pas, me coupe-t-il brutalement, sa voix augmentant avec force et douleur. Tu ne l'aimes pas Bella !

- Ca ne te regarde pas ! m'écrié-je, espérant le faire cesser de parler.

Il faut qu'il arrête. Il le faut ! Ne voit-il pas que plus rien n'a de sens ? Ni ce nous étrange, ni la situation, ni mon comportement... ni moi.

Son souffle se coupe alors qu'il fouille mon regard, à la recherche d'une faille. Je tiens bon, luttant contre la lancinante brulure de ses yeux dans les miens. Il n'en trouvera pas. Je sais que ma place est avec Jacob. Il ne peut en être autrement. Je ne peux pas faire autrement.

- Je vais prendre cet avion et le rejoindre, conclu-je avec une force inconnue, espérant qu'il se taise et s'en aille.

Il garde le silence un instant alors que je puise dans mes dernières forces pour garder le contact visuel entre nous. Dire adieu à Alice est une chose… mais je ne suis pas capable de faire la même chose avec Edward. Mon cœur n'y survivrait pas. Je ne suis pas assez forte et, en le voyant se perdre dans ses réflexions, je me tends, attendant le coup qui mettrai fin à tout ce que je suis. Pourtant, son regard s'adoucit presque après plusieurs longues, trop longues secondes.

- Qu'est ce qui se passe Bella ? demande-t-il d'une voix calme, presque chaude alors que je lutte pour rester debout face à tout ce qui me traverse.

- Edward...

- Ne me dis pas que tu n'as rien ressentit… souffle-t-il en s'approchant à nouveau, ne me laissant pas le temps de parler.

Mon cœur lourd s'accélère le plus douloureusement du monde. Je veux qu'il parte. Je veux qu'il disparaisse.

- Edward, arrête, supplié-je en tremblant.

- En bas, cette chanson… ton corps… tes larmes Bella, ça voulait dire tellement...

- S'il te plait, continué-je, perdu dans la douleur insupportable qui enserre mon corps entier.

- Tu ne peux pas me dire que tu ne ressens rien pour moi. Pas après cette semaine. Pas après ce soir.

Au moment où il prononce ces mots, la douleur me traverse si férocement que mes larmes remontent à mes yeux et roulent sur mes joues sans que je n'arrive à les stopper. Je me mords les joues, retenant mal le sanglot qui me déchire.

Subitement, j'étouffe.

Je dois sortir. Je dois partir avant de mourir de chagrin.

- Je refuse que tu t'en ailles simplement parce que tu as peur, continu-t-il en ignorant royalement l'état dans lequel je me noie littéralement.

- Ca n'est pas le cas, croassé-je, la voix étranglée, tentant de me reprendre. Je dois partir.

- Dans trois semaines, oui, s'agace-t-il alors que je me recule pour pouvoir respirer. Mais pas maintenant, pas cette nuit !

- Je dois partir Edward, répété-je, incapable de dire autre chose.

- Rien ne t'y oblige, s'énerve-t-il, sa voix gagnant en puissance. Tu... tu gâches tout, tu précipites les choses !

- Mais que veux-tu que je fasse d'autre ? m'écrié-je, perdant le peu de dignité qu'il me reste.

- Que tu restes ! cri-t-il à son tour, sa voix grave faisant vibrer mon corps tout entier. Que tu restes pour moi !

Nos respirations rapides résonnent dans la pièce pendant plusieurs secondes. Les larmes coulent encore, mais la douleur est si importante en moi que j'arrive à peine à les sentir.

Je tremble tellement que mes jambes me supportent avec difficulté.

- On aurait jamais dû… on aurait jamais dû… vivre ça, repris-je après avoir inspirer. Je… je ne voulais pas que tu penses que… que je resterai.

Incapable de le regarder, je ferme les yeux une seconde. Je voudrais mourir plutôt que de subir ce que je subis depuis plusieurs minutes. J'ai la sensation que plus jamais je ne pourrais rire. Que plus jamais je réussirai à être heureuse, ne serait-ce qu'une seconde.

- Je… peu importe ce que tu penses ressentir… je m'en vais. Ca n'aurait rien changé que je parte dans trois semaines ou cette nuit.

Un rire amer lui échappe alors qu'il secoue la tête. Ses yeux brillent de colère désormais. C'est mieux. Je préfère qu'il me déteste plutôt que de voir la souffrance que je lui inflige et dont je suis la seule responsable.

- Je ne te pensais pas si idiote.

La déception s'insinue dans ma poitrine alors qu'il se recule d'un pas, perdue dans sa colère.

- Si tu penses que Jacob peut te rendre plus heureuse que moi alors tu fais bien de partir.

Il secoue la tête à nouveau, la rage le faisant pâlir alors que je tente par tous les moyens de lutter contre le monstre en moi qui se régale de me sentir souffrir de la sorte. Edward peut dire ce qu'il veut, je sais que, malgré tout, et même si je tiens à lui, je ne peux pas tout quitter. C'est impossible. Si Edward le savait, il comprendrait, j'en suis certaine.

- J'aurai dû savoir que tu finirais par partir malgré tes sentiments pour moi.

Je serre les dents, repoussant ce que ses mots provoquent en moi. Je n'ai même plus la force de répondre. Je veux juste qu'il se taise, et qu'il parte, qu'on en ait finisse de tout ça. Pourtant, il continu, ne s'arrêtant plus alors que mon cœur saigne lourdement, anéantissant tout de moi.

- J'ai toujours su au fond de moi que tu étais trop aveugle pour…

- Tu ne sais rien, le coupé-je d'une voix étranglée qui résonne dans la pièce. Tu ne sais rien du tout.

Quelque chose en moi se brise alors que ses yeux ne me demandent qu'à tout lui dire. Il faut qu'il parte. Il faut que je parte. Pendant un instant, il me dévisage comme si la personne devant lui était totalement inconnue. Malgré tout ce qu'on à vécu lui et moi, je sais que ce soir, c'est le cas. Il ne sait rien. Il ne saura jamais rien de tout ce qui fait qu'aujourd'hui, je suis incapable de rester, quoi qu'il dise, quoi qu'il fasse.

Quand la résiliation prends place dans son regard et qu'il se recule jusqu'à la porte sans un mot de plus, j'ai l'impression que quelqu'un vient de m'arracher tout ce qui faisait de moi un être humain.

Sa douleur est trop vive, trop nette pour que je l'ignore sans qu'elle ne me brise. Je ne peux plus lutter non plus contre celle qui m'engloutit quand il disparait par la porte qu'il claque avec une force surhumaine, sortant sous la lumière pâle de la lune.

Quand les vibrations de son départ se calment, j'autorise enfin mon corps à rompre les chaines et à lâcher prise.


Dans le taxi qui me mène à l'aéroport, j'informe Jacob de mon arrivée imminente. Avec les évènements des dernières heures, je ne l'ai même pas prévenu.

- C'est vrai ? se réjouit-il dans un sourire à travers mon téléphone. Tu arrives à quelle heure ?

- Je serais à midi à New York.

- Si tu savais comme je suis heureux Bella…

- Je… moi aussi.

Il y a un léger silence. J'ai du mal à me réjouir. J'ai la sensation d'être brisée.

- Je viens te chercher à l'aéroport. J'ai tellement hâte…

- Jacob ?

- Tu vas voir, notre appartement est génial, on va pouvoir nous retrouver, construire une nouvelle vie…

- Jacob ? répété-je à nouveau, la voix cassée.

- Oui bébé ?

- On va tout recommencer. On... on va tout sauver. Je… je veux qu'on y arrive.

Je le sens sourire alors que je retiens mes larmes, luttant difficilement contre le chagrin qui m'étouffe.

- Oui, murmure-t-il de sa voix grave. Je vais te rendre heureuse, je te le promets.

- Je sais.

Quelques secondes, j'écoute sa respiration, espérant apaiser mon chagrin... mais rien en change. La douleur est là, trop présente, trop profonde.

- On se retrouve à l'aéroport, sourit-il avant de raccrocher.

Ma conversation avec Jacob me redonne un peu de souffle même si cela n'arrive pas à apaiser totalement ma peine. Quitter mes amis est plus dur que ce que je pensais... A l'aéroport, j'ai la sensation de flotter, comme déconnectée de mon propre corps. Je marche lentement, me prends un café dans un kiosk avant de le jeter quand je me rends compte que je ne peux rien avaler.

Quand mon téléphone sonne, je serre les dents en voyant le prénom de Rose s'afficher. J'ai besoin de cinq sonneries pour trouver la force de décrocher.

- Tu croyais que tu allais partir sans me dire adieu ? demande-t-elle d'une voix volontairement légère.

Je m'assois prudemment dans les sièges derrière moi, sentant les larmes bruler mes yeux alors que je suis incapable de dire un mots pendant une minute.

- C'était…

- Rapide, j'ai cru comprendre.

Un silence s'installe. Je ne sais plus quoi dire. J'ai la sensation d'être juste… vide.

- Tu es sûre de toi ? demande la voix tremblante de Rosalie après une minute.

- Oui.

Je me mords la lèvre. L'envie de vomir soulève encore mon estomac. Je ferme les yeux, laissant couler une larme sur ma joue.

- Si tu… si jamais tu changes d'avis...

- Rose...

- Si jamais, insiste-t-elle d'une voix tendue, tu seras toujours la bienvenue ici.

D'autres larmes suivent la première. Je pense que c'est la première fois de ma vie que je pleure autant en quelques heures.

- Tu peux revenir. Quand tu veux… malgré… malgré tout.

Subitement, je comprends qu'elle sait, elle aussi. Depuis quand sont-ils tous au courant ?

- Il ne me pardonnera pas, croassé-je douloureusement.

- Il le fera.

Je secoue la tête même si elle ne peut pas le voir, étouffant un sanglot que je ravale difficilement. Je ne peux pas me mettre à hurler, là, seule, au beau milieu de l'aéroport, pourtant, ça n'est pas l'envie qui me manque.

- Peu importe, balayé-je quand j'arrive à respirer après plusieurs secondes. Je…

- Bella… supplie-t-elle d'une petite voix.

- Mon… mon embarquement à commencé, mentis-je en tremblant de tout mon être. Je dois te laisser Rose.

Elle soupire.

- Tu restes notre locataire, murmure-t-elle avec douceur. Tu seras toujours la bienvenue.

Les larmes coulent silencieusement alors que je me mords les joues. Les quitter est bien plus difficiles que ce que j'avais imaginé.

- A bientôt Rose.

Elle soupire, à nouveau. Puis je l'entends renifler.

- A bientôt Bella.

Quand je raccroche, je dois prendre ma tête entre mes mains pour ne pas qu'elle explose et que je m'éparpille en mille morceaux, là, dans le hall d'embarquement.

Je reste presque une heure, les yeux dans le vide, tentant de ne penser à rien d'autre qu'à Jacob qui m'attends, de l'autre coté de l'Atlantique. Je sais que tout va changer, maintenant, entre nous.

Beaucoup ne comprendront pas mon choix mais, en dépit de tout ce que nous avons vécu avec Jacob, je sais que ma place est avec lui. Tout me l'indique. Ma vie, mes fautes, mes parents, mes choix, ses décisions, la raison.

Quand j'embarque dans l'avion, jetant un dernier coup d'œil au hall d'aéroport, j'ai du mal à ne pas fondre en larmes à nouveau.

Malgré tout, malgré moi, l'image d'Edward venant me chercher, m'empêcher de partir, défile sous mes yeux.

Mais il n'est pas là. Et il ne viendra pas. Pas après ce que j'ai fait. Pas après ce que je suis.

J'inspire profondément, ne pouvant constater que son absence et le vide qui s'insinue dans ma poitrine, à mesure que mes pas m'éloigne de la ville où je suis née.

Je pense à Jacob, son sourire, ses bras. Je pense à ce qui m'attends là-bas. Je ne suis pas certaine de m'en remettre... vraiment pas. Mais je l'ai choisi.

Je l'ai choisi.


Euh... hello ? Dois-je vous écrire ce soir ? Ou dois-je juste me taire et publier la suite très vite pour ne pas que vous m'égorgiez ?

Un chapitre surprise (qui n'a pas dû vous plaire, ça je le sais d'avance) on oublie pas que je suis une gentille et que j'aime les happy ends ok ? (et que, malheureusement, avec cette histoire, vous n'êtes pas au bout de vos peines ^^')

Quelqu'un à une théorie vis à vis des raisons qui poussent Bella à agir de la sorte ? (moi, je sais ahah)

J'vous embrasse. Merci pour tout.

A très, très vite,

Tied.