-STAY-

Something in the way you move
Makes me feel like I can't live without you

Chapitre 15 - Partie I

Bella

Mon cœur résonne dans mes tempes, mes jambes tremblent tellement je n'arrive pas à rester parfaitement immobile.

Notre dernière conversation revient comme un boomerang. J'entends à nouveau la colère d'Edward, sa douleur et la déception de ses traits. J'ai vraiment cru que je ne le reverrai jamais... et il est , dans l'ascenseur de mon appartement, ici, maintenant… Qu'est-ce qu'il fait ici ?

- Que… Edward ? bafouillé-je, ralentie par les émotions qui me traversent.

Il a l'air en colère, dévasté, mais, à la fois, soulagé, et presque… heureux. J'ai la sensation que je vais tomber.

- Que… qu'est-ce que tu fais là ? demandé-je d'une voix ridicule quand il retient les portes de l'ascenseur qui veulent se fermer.

- Je dois te parler.

Sa voix rauque me fait l'effet d'une claque. Nos souvenirs communs m'envahissent avec tellement de brutalité que je les repousse douloureusement, refusant de me laisser engloutir. Je reste hébétée pendant plusieurs secondes, ayant du mal à bien comprendre ce qu'il se passe. Il est venu jusqu'ici pour… me parler ? Quel genre d'homme traverse un océan pour ça ?

- Me parler ? répété-je, perdue.

Le calme dont il fait preuve est déconcertant et étourdissant.

- Tu ne réponds pas au téléphone, explique-t-il dans un demi sourire qui n'atteint pas ses yeux.

Mon cœur bat si fort qu'il résonne dans mes tempes. J'ai la sensation que je vais tomber quand il avance légèrement vers moi, ne me laissant pas le temps de réagir à ce qu'il vient de dire. J'n'aurai jamais cru le revoir, encore moins ici.

- Je voulais aussi m'assurer que tu vas bien.

Je me mords la langue, prisonnière de son regard bizarrement sombre et d'une intensité inédite. J'ai la sensation d'être totalement déconnectée de la réalité. Est-il réellement là ?

Les portes de l'ascenseur cherchent à se fermer une nouvelle fois, butant dans ses épaules. Ai-je d'ailleurs déjà remarqué à quel point elles sont larges ? À quoi point il est grand ? À quel point il est beau ?

Je m'entends déglutir devant le silence que je laisse s'installer. Je ne sais pas quoi dire, pas comment réagir. J'ai la sensation de ne plus contrôler mon corps, ni mes pensées. Ma respiration se coupe quand il avance un peu plus, m'obligeant à reculer. Son odeur me percute, accélérant mon cœur et serrant mon ventre douloureusement.

Qu'est-ce qu'il fait ici bon sang ? Pourquoi me regarde-t-il comme ça ? J'ai la sensation qu'il est en train de lire les tréfonds de mon âme, et qu'il va pouvoir me détruire d'un seul regard.

J'ai du mal à rester cohérente quand on se retrouve enfermés tous les deux dans le couloir, les portes de l'ascenseur se refermant derrière lui. J'ai la sensation d'étouffer, de ne plus savoir comment respirer.

Son retour, là, devant moi, fait ressurgir la douleur de tout ce qui nous a toujours séparé. Et j'ai envie que tout ça disparaisse à jamais.

- Je... j'ai mis du temps avant d'avoir… avant d'avoir le courage de te dire tout ça et je…

- Edward attends c'est…

- J'ai vraiment besoin de te parler, murmure-t-il d'une voix grave, son regard ne me laissant pas le choix que de comprendre ce qu'il me dit.

- On... on ne peut pas parler ici.

La déception parcourt rapidement son visage avant qu'il ne jette un coup d'œil autour de nous, semblant se rappeler où nous sommes : en plein milieu d'un couloir. Si jamais un voisin sort de chez lui et nous surprends…

Mon corps entier sursaute quand il remet une mèche de cheveux derrière mon oreille. Même ma respiration se coupe.

Je vais mourir. C'est trop fort, trop intense pour moi. Je ne suis pas assez forte pour affronter tout ça… pour l'affronter lui.

- Je suis au Park Central Hôtel, explique-t-il en verrouillant son regard au mien. Je vais y retourner maintenant et je… j'aimerais que tu m'accompagnes.

Je me raidis tout entière en reculant malgré moi.

- Je... je ne peux pas.

Sa mâchoire tressaute légèrement alors qu'il enfonce ses mains dans les poches de son jean foncé.

- Je ne te demande pas de… de venir coucher avec moi là-bas en secret, se défend-t-il en ravalant un sourire moqueur. Je… je veux que tu viennes. Je veux te parler.

Je me pince les lèvres, incertaine d'être en état d'entendre tout ce qu'il a à me dire.

- Qu'on se parle, se reprend-t-il après quelques secondes.

- Edward je... je ne sais pas...

- Je t'attends là-bas, me coupe-t-il en reculant pour appeler l'ascenseur, ne me lâchant pas des yeux. Chambre 418.

Les portes s'ouvrent rapidement, si bien que je regrette presque qu'il veuille partir si vite. C'est la dernière fois que je le vois ? Vraiment la dernière fois ?

Mon cœur bat la chamade quand son regard quitte le mien pour remonter dans la cabine. Un peu de biais, j'aperçois ses doigts appuyer sur le petit bouton rond ordonnant la descente.

Quand il disparait, je me rends compte que je retiens ma respiration, semblant désormais incapable de respirer sans lui.


Je ne sais même pas ce que je fou là.

Je tourne en rond depuis une demi-heure dans ce couloir trop blanc pour mon propre bien, et mon cœur bat tellement fort que j'ai la sensation qu'il va me faire vomir d'une seconde à l'autre.

Je sais que je n'aurai pas dû venir ici. Je le sais. Mais… c'était plus fort que moi. J'ai pris le premier taxi et je suis monté au quatrième étage de l'hôtel sans réussir à le contrôler.

Maintenant, je me retrouve devant la porte close, le cœur battant tellement fort qu'il m'étourdit et je suis incapable de frapper, ou de partir.

Il a dit qu'il voulait me parler. Mais me parler de quoi ? Ne nous sommes-t-on pas tout dit quand on s'est quittés, dix jours plus tôt ? Pourquoi est-il réellement ici ? Que cherche-t-il à prouver ?

Mes doigts tremblent quand je porte une main à mon front, tentant de me raisonner pour ne pas faire une crise de panique en plein milieu du couloir.

Je suis capable de l'affronter.

Je suis capable de lui dire que, jamais, jamais nous ne pourrons recommencer cette… cette relation étrange qu'il y a eu entre nous. Ça n'était pas sain. Ça n'était pas bien. Je ne veux plus de ça.

Après ces longs jours loin de lui, loin de Londres, je pense pouvoir gérer ça. J'ai renoncé à lui, à réparer les choses, à les comprendre. J'ai renoncé à tout ce qui nous liait.

Il faut qu'il comprenne, il faut qu'il fasse de même.

J'inspire.

J'expire.

J'en suis capable. Je veux en être capable.

Je frappe deux petits coups à la porte sombre, sentant le sang quitter mon visage.

L'envie de vomir revient plus forte quand elle se déverrouille et s'ouvre sur Edward après une seconde, ne me laissant pas le temps de m'enfuir en courant.

Le sourire en coin qui étire ses lèvres quand il voit que c'est moi, que je suis venu, me retourne l'estomac. Malgré tout, malgré le fait que je refoule la totalité de ce que je ressens à sa vision, malgré le fait que je ne veuille en aucun cas me l'avouer, le voir me soulage. Le voir me fait trembler, me comprime le cœur, me coupe la respiration. A-t-il déjà été plus beau ?

- Entre, murmure-t-il s'effaçant.

J'hésite un peu sur le pas de la porte. J'ai la sensation que si je rentre dans cette chambre, cela va terminer de me détruire. Suis-je prête à affronter tout ça ?

- Je ne vais pas te mordre Bella.

Je serre les dents, le cœur battant.

Il ne se rends pas compte de l'effet qu'il ne me fait ni de tout ce qu'il provoque en moi.

Lorsque je pénètre dans la chambre, j'ai le sentiment d'être prise au piège. J'ai peur, je n'arrive pas à repousser ce que je ressens. Quand je suis avec lui, j'ai du mal à ne pas me laisser aller à mes premiers instincts, à qui je suis vraiment. Je ne veux pas que ça arrive. Je ne veux plus que ça arrive.

- Tu n'as pas eu de mal à trouver ? demande-t-il en refermant la porte derrière moi.

Je lui tourne le dos, profitant de l'excuse de découvrir la suite pour tenter de me calmer. Quand je le regarde… tout en moi s'affole.

- On habite juste de l'autre côté du parc.

Ma voix tremble, trahissant ma nervosité quand il me dépasse. Son parfum traine dans son sillage, me donnant le tournis. Je tords mes mains entre elles quand il me fait face, m'observant attentivement. Comment fait-il pour paraitre si... calme ? J'ai l'impression que mon corps entier va exploser.

- Tu veux boire quelque chose ?

Je secoue la tête, la gorge nouée.

- Je… je ne vais pas pouvoir rester longtemps.

Ses traits se ternissent un peu. Pour autant, il n'en est pas moins beau. Et la douleur n'en est pas moins forte.

- Jacob va finir par rentrer, me sentis-je obligée de dire.

Ou non, me souffle ma conscience en repensant à la conversation que j'ai eu, plus tôt avec Jacob sur le fait que, comme son diner était à Paterson, il dormirait surement sur place. Edward n'a cependant pas besoin de le savoir et ça me fait une excuse, si besoin est, pour m'enfuir.

Ce dernier me dévisage à nouveau. S'il ne parle pas tout de suite, je vais certainement tomber.

- T'es toujours aussi belle, lâche-t-il brusquement, me faisant rougir jusqu'à la racine des cheveux.

- Edward je…

- J'ai pensé que… que tu aurais peut-être faim, avoue-t-il en montrant le sachet de donuts posé sur la table de salle à manger. Ils ne seront en aucun cas aussi bon que les tiens mais…

Son sourire se fait plus vrai alors que je me mords la lèvre nerveusement, ne comprenant rien à ce qu'il se passe.

- Qu'est-ce que tu cherches à prouver ? demandé-je, perdue, presque lasse de tout ces non-dits flottant autour de nous.

Ses yeux verrouillent les miens, faisant battre mon cœur plus fort devant leur intensité.

- Je… je veux que tu saches que tu as le choix.

Je reste muette un instant alors qu'il se déplace lentement dans la pièce pour m'approcher.

- De… de quoi…

- Tu as le choix, répète-t-il doucement. Ta vie n'est pas… n'est pas une fatalité.

Je retiens un rire nerveux, comprenant brutalement sa venue ici.

- Tu… tu es venu pour… me récupérer ? m'étonné-je en réalisant trop peu la portée de mes mots.

Son visage sérieux reste imperturbable. Mon cœur, lui, sursaute douloureusement.

- Oui, avoue-t-il sans s'en cacher.

Je déglutis alors qu'un frisson me secoue.

- Mais… pourquoi ?

Ses longs cils balayent ses pommettes quand il cligne des yeux, un peu perturbé par la question que je lui pose.

- Pourquoi ? répète-t-il doucement.

- Oui, enfin… non, bredouillé-je en fermant les yeux une courte seconde. Je… rien n'a changé, murmuré-je doucement, espérant ne pas le blesser davantage.

Je ne veux pas revivre ce que nous avons déjà vécu lors de mon départ de Londres. Jamais plus.

- En vérité, souffle-t-il lentement en approchant à nouveau, un tas de choses ont changés.

Je me mords la langue quand il s'arrête à un pas de moi. Je tremble tellement que je me demande vaguement si je ne vais pas tomber dans les pommes. Pourquoi dois-je subir tout ça ? Pourquoi ne puis-je pas simplement oublier ?

- Je… Edward j'n'ai aucune idée de ce que tu insinues sans arrêt mais je… Jacob et moi…

- Je sais, pour ton père, lâche-t-il en ne me quittant pas des yeux, comme pour mesurer ma réaction.

Mon cœur s'arrête littéralement de battre plusieurs secondes.

- Je… je te demande pardon ? bafouillé-je ne me sentant pâlir.

- Alice… enfin, Jasper m'en a parlé, la nuit où tu es partie.

Je secoue la tête, hébétée qu'Alice m'est trahie si facilement. Pourquoi en a-t-elle parlé à Jasper alors qu'elle m'a juré ne jamais en dire un mot ? Pourquoi ai-je été aussi stupide de penser que je pouvais en parler à Alice sans qu'elle en parle ? Pourquoi en ai-je simplement parlé ?

Après une seconde, je réalise que je me fou presque qu'elle l'ait dit à Jasper. Qu'Edward le sache est maintenant mon problème… Pourquoi Jasper lui en a-t-il parlé ?

Je fronce les sourcils, un peu perdue en refusant de penser au fait qu'il doit être au courant… l'est-il depuis longtemps ?

- Jasper ? Il était... il était au courant ?

- Pour nous deux ? Apparemment.

Son regard reste calme, alors que j'ai la sensation qu'il vient de me faire tomber une enclume dans l'estomac.

- Mais…

- Les autres aussi, et depuis un moment à ce que j'ai compris.

Quoi ?

- Oh.

Putain. Je n'arrive même pas à réagir tant je suis surprise. Certes, nous n'avons jamais été les personnes les plus discrètes du monde… mais étaient-ils tous au courant depuis le début ? Je m'éloigne pour pouvoir encaisser la nouvelle et respirer.

Que doivent-ils penser de moi maintenant ? Se rendent-ils désormais compte à quel point ma vie est merdique ?

- Tout le monde s'en fou Bella, balaye Edward comme s'il m'avait entendu penser. Alice est… Alice a été la première à me pousser à te dire que tu as le choix.

- Parce que tu crois que c'est aussi simple que ça ? m'agacé-je en lui faisant face à nouveau. Tu crois que… que Jacob va simplement… me dire de partir avec toi ?

- Cet arrangement entre eux est…

- C'est ma vie Edward ! m'exaspéré-je avec lassitude.

Pour la première fois depuis nos retrouvailles plus tôt dans la soirée, je le vois serrer les dents alors que l'agacement s'empare de son regard clair.

- Ne me dis pas que tu es d'accord avec tout ça Bella…

- Ça n'est pas comme si j'avais le choix !

- On l'a toujours, contre-t-il en s'approchant à nouveau. Tu peux choisir de vivre la vie que tu as envie, et pas celle que ta famille t'a imposée...

- Tu ne comprends pas…

- Tu peux décider de rentrer à Londres, avec moi, continue-t-il en m'ignorant.

Les larmes gagnent mes yeux alors que je refoule tout ce que toute cette histoire sordide provoque en moi. Il n'a pas idée à quel point l'image idyllique qu'il dresse sous mes yeux me blesse. Je ne suis pas comme lui. Je ne suis pas assez forte pour affronter tout ça, et réussir à faire comme si l'intensité de son regard ne me brisait pas le cœur littéralement.

- Toi tu es… tu es entouré Edward… tu as… tu as tes parents, ta sœur, tes amis…

Il fronce les sourcils, le souffle court devant ma détresse qui me donne l'impression d'imploser.

- Moi je… je n'ai que Jacob. Il est… il est mon seul point d'ancrage depuis deux ans. Mes parents vivent à l'autre bout du monde et se foutent royalement de tout ce qu'il peut me faire subir et...

- Il t'a encore touché ? me coupe-t-il brutalement en attrapant ma main, comme pour vérifier par son toucher que je suis entière.

Son contact me brule et je recule, trop bouleversée pour accepter qu'il me touche. Ça serait trop… bien trop.

Pendant un instant, on se dévisage dans un silence qui me broie tout entière. J'ai tellement peur de tout ce qu'il éveille en moi… L'inquiétude danse dans ses yeux, m'obligeant à me reprendre. J'aurai tout le temps de m'effondrer quand il aura disparu de ma vie à jamais.

- Il n'a pas levé la main sur moi depuis que je suis ici, si c'est ce qui t'inquiètes.

Il serre les dents, malgré le soulagement qui traverse ses pupilles. Les souvenirs des comportements violents de Jacob cherchent à m'assaillirent mais je tiens bon, refusant de céder sous le poids de tout ce que cela réveille en moi. Je ne veux plus jamais vivre ça.

- Tu sais autant que moi que ma famille est la tienne, finit-il par dire au bout d'un moment à me regarder me battre contre mes larmes.

- Et condamner mon père ? C'est hors de question.

- Tu pourrais faire changer Jacob d'avis, il pourrait te laisser partir et…

- Me laisser partir ? Je ne suis pas sa… sa prisonnière Edward !

- C'est pourtant la sensation que ça donne, s'agace-t-il plus froidement.

Je me renfrogne, soudain énervée. Je n'ai pas demandé qu'il revienne. Il me semble que j'ai pourtant fait tout le contraire… j'ai tout fait pour qu'il ne revienne jamais… Mais il est là. Il est . A New-York. Maintenant.

- Je l'ai choisi, lui rappelé-je avec une lenteur volontaire.

- Je ne savais pas tout, m'ignore-t-il d'une voix tendue.

- Mais ça change quoi Edward ?

- Tout ! s'écrit-il, perdant son sang-froid avant de se pincer l'arrête de nez et d'inspirer lentement. Je sais… je sais que je suis loin d'être… d'avoir la vie que tu mènes avec Jacob.

- Edward j't'en prie…

Il n'a pas idée à quel point je m'en fou. A quel point le fait qu'il ne gagne pas aussi bien sa vie que Jacob m'importe peu. Il pourrait bien vivre chez ses parents que rien ne changerait pour autant.

- Mais tu n'auras pas besoin de faire semblant avec moi, continue-t-il en m'ignorant une nouvelle fois.

- Je ne…

- Je veux que tu aies le choix.

- On ne me l'a jamais laissé, me lamenté-je la voix faible face à l'intensité de sa certitude.

Il pince les lèvres, visiblement agacé par mon manque de perspective. Mais je n'ai pas le choix. Je ne peux pas tout plaquer du jour au lendemain sans qu'il n'y ait de conséquence.

- Alors tu es quoi ? Un… une récompense pour dire merci ?

Un rire presque cynique me secoue devant l'absurdité de la situation.

J'n'aurai jamais dû parler de ça à Alice. J'n'aurai jamais dû venir dans cet hôtel pour le retrouver. J'n'aurai jamais dû vivre tout ce que j'ai vécu avec lui.

Brutalement, je veux partir. Je suis épuisée, lassée de tout ça. Rien n'a de sens et je veux oublier, oublier cette douleur sourde, oublier ses incompréhensions qui me broie le cœur à mains nues.

- Qu'est-ce que tu fais ? s'affole Edward en me voyant repartir vers la sortie.

- Je dois rentrer…

- Non, tranche-t-il avec conviction en se mettant entre la porte et moi.

- Non ?

- Non. Je veux… laisse-moi te prouver que tu… que tu peux mettre un terme à tout ça, supplie-t-il en m'approchant à nouveau.

Il y met tellement de cœur, tellement d'espoir, que, l'espace d'une seconde, perdue dans l'intensité de son regard empreint d'une douceur inédite, j'ai l'impression que je peux y croire moi aussi.

- Pourquoi… pourquoi tu ne laisses tout simplement pas tomber ? demandé-je d'une petite voix, soudain broyée par les émotions vives qui dansent dans ses yeux.

Il ferme les paupières une brève seconde, luttant contre lui-même en silence.

- Écoute je… te voir, ici, ce soir… c'est… c'est juste… trop, balbutiai-je en secouant la tête.

- Je peux attendre, souffle-t-il avec calme, verrouillant son regard à nouveau au mien. Je peux t'attendre.

La nuance me crève le cœur. Je ferme les yeux douloureusement, incapable de l'affronter alors que tout en moi à envie que je fonce me blottir contre lui.

- Je ne crois pas que tu mesures ce dans quoi tu mets les pieds, finis-je par dire après un instant. Malgré notre premier rendez-vous… compliqué, j'ai… Jacob me plaisait au départ. Pendant longtemps, j'ai pensé que tu avais eu raison de me dire de le rappeler.

Il baisse les yeux en serrant les dents. À croire qu'il a oublié que c'est lui, et lui seul qui m'a poussé à rappeler Jacob. Si j'avais su… J'inspire lentement pour tenter de retrouver un peu de dignitée.

- Quand… quand mon père… quand il a été choppé dans toutes ses magouilles, Jacob a fait des pieds et des mains pour le libérer. Il a payé la caution, payé les avocats pour étouffer l'affaire, il a tout fait pour que rien ne filtre, pour que mon père ne… ne soit pas inculper.

Il soupire.

- Jasper m'a expliqué, murmure-t-il alors que je me perds dans mes souvenirs.

- J'ai… j'ai appelé Jacob à l'aide parce que j'avais confiance en lui et qu'on était ensemble depuis quelques mois. Mes parents étaient ruinés, ils ont insisté pour le rembourser mais ils n'avaient pas… ils ne pouvaient pas. Jacob à… il a suggéré de me garder près de lui en échange de l'effacement de la dette.

Les mâchoires d'Edward se serrent si brutalement que je baisse les yeux, incapable d'affronter la colère qui flambe dans son regard.

- Je refuse de condamner mon père pour… tout ça. Et Jacob…

- Tu n'es pas un morceau de viande Bella !

- Je ne l'ai pas vu comme ça. Au début, c'était dit sur le ton de la plaisanterie. Un humour un peu… un peu particulier, je te l'accorde. J'étais… j'étais bien avec lui, je pensais que j'étais en train de tomber amoureuse de lui et, s'il n'avait pas suggéré une telle chose, plus sérieusement à un repas de famille, ça serait probablement arrivé.

Je me stoppe pour reprendre mon souffle, et rassembler mes pensées qui veulent s'éparpiller.

- Il a brisé quelque chose en nous, en moi ce jour-là… il m'a acheté, comme une vulgaire paire de chaussures.

Je serre les dents, ravalant mal mon écœurement face à mes souvenirs. Les choses n'ont plus jamais été les mêmes entre nous après ça. Edward en face de moi reste muet alors que mon cerveau surchauffe et que les larmes viennent bruler mes yeux.

Rien ne changera.

J'ai la sensation qu'on tourne en rond, que rien n'avance et que ma présence ce soir dans cette suite est tout simplement une erreur… Comme toute cette histoire trop sombre pour moi.

- J'voudrais que tu répondes à une question, demande-t-il après un silence où je tente de ne pas fondre en larmes.

- Ce que tu veux.

Je regrette immédiatement ma réponse mais je ne peux pas faire demi-tour. J'ai la sensation horrible que c'est la dernière fois que l'on se voit, et je veux pouvoir lui répondre en étant le plus sincère possible.

Ses yeux fouillent les miens un instant, il a l'air tellement torturé… Mes mains se mettent à trembler, à nouveau, quand l'évidence nait dans son regard. Il a l'air tellement sûr de lui, et à la fois si peu confiant.

- Est-ce que tu l'aimes ? demande-t-il si calmement que mon souffle se coince dans ma gorge.

Je mets quelques secondes à réussir à émettre un son, et même à respirer. J'ai la sensation que sa question vient de me frapper si fort que j'ai perdu connaissance.

- Je… quoi ?

- C'est une question simple, souffle-t-il en m'approchant une nouvelle fois. Est-ce que tu aimes Jacob ?

- Edward… m'étranglé-je en secouant la tête, incapable d'affronter la douleur que cela fait naitre dans ma poitrine, et le doute dans ses iris sombres.

- Réponds à ma question Bella.

Sa voix tremble tant qu'il contient ses émotions.

Je suffoque brutalement, incapable de parler. Je retiens mes larmes difficilement quand il s'approche à nouveau, son odeur m'enlaçant fortement.

- Pourquoi es-tu incapable de le dire ? chuchote-t-il en remontant sa main jusqu'à ma joue qu'il caresse du bout de ses doigts tremblants.

Je ferme les yeux à son contact, m'autorisant, une brève seconde à savourer la tendresse de sa peau contre la mienne.

J'ai la sensation que cela fait des siècles qu'il ne m'a pas touché, que sa peau n'a pas senti la sienne.

Sa peau est chaude, contrastant largement avec la mienne qui me parait glacée. Je me rends compte que mon chagrin a débordé quand il essuie mes larmes du bout de ses doigts.

- Personne n'est comme toi, reprend-t-il alors que je suis incapable de parler, ni même de bouger. Tu... tu me rends, fou, littéralement mais je... putain, c'que tu provoques en moi est juste... incomparable.

Ses mots ont en moi un tel impact qu'un sanglot s'étrangle dans ma gorge.

Si Jacob me savait là, s'il me savait ici, avec Edward... Cette pensée me fait reprendre pieds brutalement, ouvrant les yeux, ce qui libère un nouveau flot de larmes. J'essuie mes joues alors que la main d'Edward retombe le long de son corps, rompant tout contact entre nous.

Il a l'air tellement... tellement triste, soudain, que mon ventre se noue le plus douloureusement du monde.

- Je… je suis désolée je… ça ne change rien, m'entêté-je difficilement.

Sa mâchoire se serre alors que le désespoir flotte dans ses yeux une seconde, broyant mon âme.

- Comment peux-tu repousser ce que tu ressens à ce point ?

- Edward…

J'espère être suffisamment menaçante pour qu'il cesse de parler et me laisse partir.

Comme si ça allait suffire.

- Je veux que tu rentres à Londres avec moi, assène-t-il un peu plus fermement.

Je secoue la tête en nouant mes bras autour de mon corps pour réussir à maintenir mon cœur dans ma poitrine. Je ne suis pas certaine de survivre à un nouvel adieu avec lui. Et je ne suis plus certaine, non plus, de réussir à repousser tout ce qu'il me fait ressentir à chaque seconde un peu plus fort.

- On ne peut pas…

- On va le faire.

Mes larmes débordent à nouveau. Plus vives, plus nombreuses, plus douloureuses. J'ai envie de disparaitre, pour arrêter de ressentir cette intense brulure dans ma poitrine quand il parle de nous.

- On va le faire, répète-t-il avec force alors que je secoue la tête.

- Arrêtes, j't'en prie…

- Bella… s'énerve-t-il, haussant le ton, s'approchant de moi à nouveau, ouvrant les vannes de ma douleur et de ma détresse.

- Je ne peux pas te suivre ! m'écrié-je à nouveau, ma voix se brisant sous le poids de mon chagrin. Je ne peux pas !

- Qu'est-ce qu'il faut que je fasse Isabella ? Que je te supplie ? Que je te parle de mes sentiments pour toi ? Parce que, crois-moi, j'ai l'impression qu'ils vont finir par me faire crever !

J'aimerais le supplier d'arrêter, encore, mais je n'y arrive pas. J'ai l'impression d'avoir été absorbée par mon chagrin et les tambourinements sourds de mon cœur qui s'affolent à ses mots.

- C'est ça que tu veux ? continu-t-il sans me ménager une seconde. Que je te dise que je suis amoureux de toi au point d'avoir eu envie de mourir ces dernières semaines sans toi tant ma souffrance était invivable ?

Mes larmes redoublent. Les yeux brillants, il me regarde pendant plusieurs secondes, essoufflé, perdu. Il a l'air vaincu. Ses yeux luisent d'une émotion à peine contenue qui me broie le corps si douloureusement que je n'arrive plus à respirer.

- Ces jours sans toi… je ne veux plus revivre ça. Je… je ne savais plus qui j'étais. J'ai voulu… je suis venu à l'aéroport, révèle-t-il, me faisant trembler de plus belle. Je suis venue te chercher mais je… j'me suis trompé d'endroit. Tu étais à Gatwick et je suis venu te chercher à Heathrow. Je ne l'ai appris que trop tard et…

Il soupire et secoue la tête comme s'il avait lui-même du mal à comprendre, à réaliser ce qu'il était en train de me dire. Je fronce les sourcils, perdue.

- Je sais, c'est minable, souffle-t-il en repoussant un sourire amer. J'voulais te dire que tu devais rester à Londres, avec nous… avec moi.

Il secoue la tête, se perdant dans ses pensées en détournant les yeux de mon visage. La douleur sur le sien me laisse pantoise alors que mes larmes se calment progressivement.

J'ai tellement espéré, en le refoulant, qu'il arrive à l'aéroport, qu'il m'empêche de prendre cet avion que sa confidence me fait du bien. J'ai même la sensation qu'elle atténue un peu ma douleur, alors que ça devrait supposer le contraire.

- Alice ne m'a rien dit, réussi-je à dire quand je suis capable de parler après un moment.

- On a tous des choses à cacher Bella, répondit-il en retrouvant mon regard.

Le sien est sombre, triste, presque mélancolique. Je m'en veux qu'il ressente tout ça pour moi.

- Maintenant je… je suis là. Et je te demande de rentrer avec moi.

Je me raidis sans pouvoir m'en empêcher quand il s'approche, secouée par une nouvelle vague de frissons. J'ai envie de me blottir contre lui. J'ai envie de m'enfuir. J'ai envie de lui dire que je le veux, que je ne le peux pas. J'ai envie de m'enfuir. J'ai envie de rester. Je me déteste, mais je reste immobile, broyée par ma peine.

Je m'entends déglutir alors que, dans son regard, renait l'espoir.

- Je suis amoureux de toi, murmure-t-il après un instant à me dévisager avec cette ardeur inédite dans les yeux qui me donne envie d'hurler.

Incapable de réagir, je laisse les sentiments que ses mots provoquent en moi m'engloutir, faisant renaitre mes larmes. Ses mains entourent mes joues, me rapprochant de lui d'avantage. Sa peau est encore plus chaude que tout à l'heure.

Mes mains trouvent ses poignets. Je ne sais pas si j'ai envie de le repousser, ou de le retenir. Je ne sais plus ce qui est bien, ou mal. Je ne sais plus qui je suis. Je sais juste que je veux ressentir ça à jamais. Je savoure sa peau contre la mienne, arrivée comme le Messie.

- Je sais que tu… je sais que tu ressens des sentiments que tu ne contrôles pas, pour moi, souffle-t-il d'une voix sombre. Je le sens Bella. Tu… tu ne peux pas me mentir… pas à moi.

La fragilité qui émane de lui fait déborder d'autres larmes.

Et je renonce. Brutalement, je cesse de lutter contre tout ce qui veut me séparer de ce que je ressens pour lui.

Je ne peux plus lutter. Je ne veux plus lutter contre les émotions qu'il provoque, contre les sentiments qu'il évoque avec perfection et contre tout ce qui m'a poussé à le quitter. Plus rien d'autre au monde ne compte que sa peau contre la mienne, que les sentiments qui m'inondent le plus violemment du monde, que je ne veux plus retenir.

- Ça ne nous donne pas le droit d'être ensemble, croassé-je en repoussant les sanglots qui veulent m'étouffer.

Peut-être vais-je finalement mourir de chagrin, ici, dans cette chambre d'hôtel.

Ma réponse le fait expirer plus fort.

Le soulagement détend ses muscles alors que je fronce les sourcils, ne comprenant pas pourquoi il se senti aussi apaisé alors que je viens de lui dire que nous ne pouvons pas être ensemble.

- Pourquoi… pourquoi tu sembles tellement… soulagé ? murmuré-je, perdue dans mon incompréhension.

Un sourire étire ses lèvres lentement, faisant briller ses yeux d'une lueur magnifique. Son regard devient brutalement plus tendre, plus chaud alors que ses pouces caressent ma peau lentement.

- Parce que je crois que tu ressens la même chose que moi.

Mon souffle se bloque dans ma gorge devant l'intensité des sentiments qui brulent et inondent mon corps entier.

- C'est le cas, admis-je dans un souffle.

Cette fois, c'est sa respiration qui se coupe, accélérant mon cœur.

Je refuse de mesurer l'impact de ce que je viens de dire quand il pose son front contre le mien. Mes doigts serrent ses poignets plus fort, comme si je devais me maintenir contre lui pour ne pas m'enfuir.

Pendant plusieurs minutes, aucun de nous ne parle. J'ai la sensation vive et prodigieuse d'être emportée dans un tourbillon qui m'englouti sans que je ne me débatte le moins du monde.

Maintenant, comme si tout était violemment inversé, je ne veux plus fuir.

Tout devient limpide.

Tous les morceaux de moi éparpillés se rassemble pour ne faire plus qu'un. Tout est aligné. Droit. Parfait.

Tout est logique. Évident. C'est sublime.

Ça m'inonde, et ça me brûle. Ça fait du bien, et ça fait mal.

Je veux qu'il me retienne contre lui. Je veux qu'il m'enlève ce poids de la poitrine. Je veux ressentir ça pour toujours. Je veux rester. Je veux qu'il m'aime. Je veux qu'il me dise que je dois rentrer avec lui, parce que ma place est là-bas… ou peu importe où, finalement. Je veux être là où il sera. Pourquoi n'ai-je pas réussi à accepter ça plus tôt ? Comment ai-je fait pour repousser mes sentiments pour lui aussi longtemps ?

Jacob.

- Ça ne change rien, pour, pour Jacob… il tient… il tient mes parents, ma vie… bafouillé-je maladroitement, faisant écho à mes pensées en vrac.

- Je vais m'en occuper, dit Edward en verrouillant son regard au mien.

- Que… quoi ? m'étranglé-je en prenant conscience de ce qu'il vient de dire.

- Je vais aller lui parler. Je suis certain que… qu'il peut comprendre.

- Tu plaisantes ? m'horrifié-je, incapable de rester de marbre face à ce qu'il ose dire. Et tu vas lui dire quoi ? Qu'on couche ensemble depuis des mois ?

Ma question le fait serrer les dents.

Je refuse catégoriquement qu'Edward soit impliqué dans toute cette histoire, et je refuse surtout qu'il affronte Jacob, que quelque manière que cela soit. Il n'en est pas question. S'il y a quelqu'un à impliquer, plus encore que ce qu'elle ne l'est déjà, c'est moi. Seulement moi.

- Je… je vais lui parler, dis-je après une seconde à fouiller son regard.

- C'est hors de question, s'énerve-t-il en reculant.

- Edward, je le connais mieux que personne. Je… je suis certaine que je peux trouver les mots pour le garder… raisonnable.

Mon hésitation est loin de passer inaperçue et fait monter une bouffée d'inquiétude en moi.

- Pour qu'il ne te frappe pas, tu veux dire ?

Les traits d'Edward sont si durs, que, l'espace de quelques secondes, j'ai l'impression que l'instant de tendresse et d'intensité qu'on vient de vivre n'a jamais eu lieu.

- Je trouverais un moyen, promis-je en espérant que cela puisse suffire à le calmer.

- Je refuse que tu te retrouves seule avec lui.

- Si tu es là… il va comprendre, il… il va devenir fou. Je… je pense que si je lui dis que je… que je ne suis pas heureuse…

- Tu crois que ça passera mieux que si tu lui dis que tu le quittes pour moi ?

Je hausse les épaules, perdue.

Je n'ai aucune idée de la réaction de Jacob. Il est parfait avec moi depuis que je suis rentrée. On a retrouvé une sorte de complicité étrange mais agréable. J'arrive à dormir sans avoir peur de lui, ou de ses réactions. J'ai même du mal à penser qu'il a levé la main sur moi quand il pose les yeux sur ma personne.

Je suis certaine que quelque part, il m'aime. Qu'il m'aime mal, oui, mais qu'il m'aime. À plusieurs reprises, il a dit ne vouloir que mon bonheur. Et si mon bonheur était de partir ? L'accepterait-il ? Suis-je prête à affronter tout ça ?

- Je ne lui fais pas confiance, reprend Edward devant mon silence. Je…

- Aie confiance en moi. Je… je saurais quoi dire.

Il soupire, passe une main sur son visage. Je m'aperçois à quel point il est fatigué en faisant attention aux cernes mauves sous ses yeux.

- Je devrais peut-être rentrer, dis-je au bout de plusieurs secondes de silence où Edward se perds dans ses tourments.

Je n'ai aucune idée de comment réagira Jacob. Je ne sais pas s'il sera indifférent, en rage, ou anéanti. Je ne le sais pas mais, en voyant Edward m'approcher, je me dis que, peu importe sa réaction, je dois essayer.

Je veux essayer. Pour lui. Pour tout ça.

Pour ce que j'ai ressenti quand il a dit être amoureux de moi.

Pour ce que j'ai ressenti quand je lui ai dit que je ressentais la même chose.

Pour ce que je lis dans ses yeux depuis.

Pour tout ce qu'on à vécu. Pour tout ce que j'ai envie de vivre avec lui.

Pour ce que je ressens au moment où il pose sa main sur mon visage pour me tirer à lui, je veux essayer. Je dois le faire. Il le faut.

- Je… tu n'as pas idée à quel point tu es…

Il inspire profondément, alors que je tente de réguler ma respiration qui s'accélère à ses mots, à sa présence chaude et réconfortante contre moi. Son regard sombre, profond et aimant verrouille le mien, accélérant mon cœur.

Il n'a pas besoin de finir sa phrase… je ressens la même chose que lui.

Mon ventre se tord dans un délicieux spams quand il caresse son nez du mien.

Je ne refoule plus mes sentiments, je les savoure. J'ai tellement repoussé ce que je ressentais pour Edward que, maintenant, assumer pleinement mes sentiments pour lui me bouleverse complètement.

La peur, pourtant, continue de briller dans ses yeux.

J'ai la sensation que la mienne me dévore. Ses doigts glissent dans ma nuque, rapprochant nos corps l'un de l'autre. Je tremble, mais c'est plus fort que ça.

Sans me quitter des yeux un instant, ses lèvres effleurent les miennes, me faisant sursauter nerveusement.

Je le connais assez pour savoir à quel point il se retient de se laisser aller.

Ses doigts pressent plus fort ma nuque alors qu'il me presse un peu plus contre lui de son autre main. Son regard sur moi à l'air de pouvoir me pulvérisé et me rendre invincible dans la même onde.

Les larmes brulent à nouveau mes yeux quand il ferme les siens, s'abandonnant à moi comme il ne l'a jamais fait.

Je suis déconnectée, flottant au-dessus de nos corps enlacés alors que, pourtant, j'ai la sensation de tout ressentir puissance mille. Tout est tellement intense, tellement fort…

- Promets-moi que tu ne vas pas changer d'avis, murmure la voix grave d'Edward, ses yeux fouillant sans relâche les miens pour y trouver des réponses.

J'inspire profondément, pour tenter de calmer les battements de mon cœur, mais rien n'y fait.

Mes larmes débordent quand je réalise à quel point tout ce que nous avons vécu depuis le premier instant -ce soir-là, il y a deux ans dans le bar- jusqu'à nos retrouvailles aujourd'hui, tout nous à mener à cet instant précis. Absolument tout.

- Promets le moi, répète-t-il dans une supplication, tremblant contre moi.

J'expire douloureusement. Rien ne sera jamais plus pareil.

- Je te le promets.


Bon !

J'avoue qu'après ce chapitre qui a été un peu... difficile à écrire, je ne sais pas vraiment quoi vous dire de plus.

Ah si, MERCI. Pour tout, vraiment.

J'espère que ce chapitre (qui sera donc en deux parties) vous aura transporté autant qu'il l'a fait avec moi.

Dites moi si ça a été le cas. Dites moi comment vous voyez la suite. Dites moi si vous avez envie de me tuer ou si ça va, c'est cool !

J'vous embrasse, à très vite.

Tied.