Coucou ! Un petit chapitre surprise ce matin (ne me remerciez pas, vous allez bientôt me détester... si, si !)
Avant que vous lisiez ce chapitre, je tiens à vous rappeler que j'aime les happy-ends et que je suis pour la paix dans le monde ^^'
Laissez moi un mot sur ce que vous ressentez, à la fin de ce chapitre... et respirez, tout ira bien.
J'vous embrasse.
Tied.
Chapitre 15 - Partie II
Bella
Ma promesse résonne dans la pièce, affolant d'autant plus mon cœur. Je pourrais lui promettre la lune s'il le voulait, tant il me trouble.
La peur dans ses pupilles se calme un peu, mais pas totalement.
On reste un moment à se dévisager, perdus dans le regard de l'autre. Ce que je vis ici, et maintenant, n'a jamais eu d'égal. Je le sais désormais, jamais plus ma vie ne sera la même.
Ses mains glissent sur mon corps dans l'unique but de me rapprocher plus de lui. Il tremble encore, mais l'atmosphère change lentement quand ma bouche effleure la sienne, faisant sursauter mon cœur vivement.
Toute la manœuvre, son regard ne quitte pas le mien. L'étincelle du désir s'y allume, provoquant une douce chaleur dans mes reins.
Quand sa bouche presse la mienne à son tour, je ferme les yeux, me laissant bercer par la douceur de son baiser et la tendresse de ses gestes quand il me serre contre lui d'autant plus.
J'aimerais me fondre en lui, physiquement. Oublier qui je suis, pourquoi, et comment. Ne plus avoir de limite entre son corps et le mien, ne faire plus qu'un, à jamais.
Ses lèvres sont chaudes, tendres, et quand sa langue longe ma lèvre, je m'entends gémir, incapable d'étouffer tout ce qu'il provoque en moi.
L'instant suivant, ses mains prennent mon visage en coupe, approfondissant notre baiser d'une manière si intense que mon corps prend brutalement feu. Je me hisse sur la pointe des pieds pour me caler contre lui, multipliant les zones de contacts entre nos corps.
Son baiser est tendre, mais d'une intensité sans pareil. Il ne m'a jamais embrassé comme ça. Jamais.
Ses mains quittent mon visage pour retrouver mes hanches, dans le seul but de me serrer contre lui. La morsure du désir me fait haleter quand il relâche ma bouche, glissant ses lèvres dans mon cou pour embrasser ma peau.
Sans un mot, sa bouche toujours dans mon cou, il nous fait reculer lentement vers le canapé. On s'y laisse tomber, avides de sentir l'autre.
Ses mains remontent les miennes au-dessus de ma tête, nouant nos doigts amoureusement alors que sa bouche retrouve la mienne. Sa langue y pénètre aussi tôt, me faisant me tordre contre lui alors qu'un grognement sort de sa poitrine.
Ses doigts finissent par glisser le long de mes bras pour atteindre mon visage alors qu'il m'embrasse plus profondément, me faisant trembler de manière déraisonnable. Personne n'a jamais réussi à allumer mon corps comme lui seul sait le faire.
Mes mains fouillent dans ses cheveux quand sa bouche quitte la mienne pour descendre dans mon cou, à nouveau.
Haletante, je tente de reprendre mon souffle et de savourer pleinement ce que je ressens. Dans ses bras, je me suis toujours sentie en sécurité, et, ce soir, ce sentiment est plus fort que tout. Je suis en sécurité, bien et juste… à ma place. Vraiment à ma place.
- Tu m'as tellement manqué, souffle-t-il en revenant effleurer ma bouche avant de me faire m'asseoir contre lui, ne me laissant pas le temps de répondre, ou de réagir.
Ses mains attrapent mon léger pull qu'il fait passer par-dessus ma tête, l'envoyant plus loin dans la pièce, puis ses doigts dégrafent mon soutien-gorge avec une facilité déconcertante avant de me faire rallonger sur le canapé blanc d'une main sur le haut de la poitrine.
Pendant quelques secondes, il m'observe allongée sous lui avant de revenir faire trainer sa bouche contre la mienne.
Mon sang s'affole, mon corps entier semble bouillir. Sa langue glisse le long de mon corps pour atteindre mes seins. Mes pensées deviennent incohérentes alors que je fixe le plafond en gémissant honteusement, savourant la chaleur de sa bouche sur ma peau glacée.
Jamais le plaisir n'a été comme ce soir, j'en suis certaine. J'n'ai jamais ressenti ça, même lors de nos précédentes étreintes.
Je tire sur son t-shirt noir légèrement pour qu'il remonte à ma bouche, espérant par la même occasion le déshabiller et calmer mon corps sur le point d'imploser. Il ôte son vêtement avec aisance avant de se rallonger sur moi. Sa peau chaude contre la mienne accentue la chaleur de mon ventre.
Sa langue retrouve la mienne immédiatement, lui imposant sa cadence. Mes mains retrouvent leur place dans ses cheveux, tirant légèrement dessus quand il mord ma lèvre, envoyant de l'électricité partout en moi.
Le corps en feu, mes doigts relâchent ses cheveux pour parcourir son dos où ses muscles roulent sous mes paumes.
Son visage glisse dans le creux de mon cou alors que ses bras passent sous mon corps pour me serrer plus fort contre lui.
La force de son étreinte me fait du bien. Les questions tourbillonnant en moi se taisent, et ma peur mêlée à mon chagrin finit de disparaitre, le temps de quelques instants. Je veux savourer ce que je ressens contre lui. Je veux simplement oublier le monde, et ne voir que lui, quelques heures encore.
Dans un geste presque brutal, sa main atteint ma cuisse et il remonte ma jambe contre lui, l'enroulant autour de sa taille. Son bassin se retrouve au plus près du mien, nous faisant gémir d'un même ensemble. J'ai tellement envie de le sentir que s'en est douloureux.
Mes hanches se lèvent dans l'unique but de me soulager -chose inutile.
- Reste cette nuit, murmure-t-il faiblement, perdu dans mes cheveux.
Sa voix est tellement tremblante et son souffle erratique que je me demande vaguement si je n'ai pas rêvé.
- Reste, répète-t-il en se redressant pour me regarder.
Son regard sombre de désir me fait hocher la tête lentement, sans prendre la peine de réfléchir davantage. Je veux être avec lui. Rien au monde ne compte plus que ça désormais.
Sa bouche retrouve brièvement la mienne avant que mes mains n'atteignent la boucle de sa ceinture.
Ses yeux se baissent sur mes doigts entre nos corps alors qu'il semble méditer sur le bien-fondé de la chose. Je poursuis mon geste en l'ignorant, les doigts tremblants quand la première pression de son jean cède.
Brutalement, il s'écarte, me laissant haletante alors qu'il se redresse sur ses genoux, au-dessus de moi.
- Attends... je... on ne peut pas.
- Que... quoi ? balbutiai-je le souffle court, me relevant sur mes coudes comme si cela allait m'aider à respirer mieux.
Ses doigts referment le bouton de son jean alors que mon cœur s'affole. Pourquoi me rejette-t-il ?
- Mais... tu viens de…
- Je sais, admet-il en se penchant un peu vers moi. Je veux que tu restes, je t'assure. Mais je… je veux prendre le temps, cette fois.
Interdite, je me sens pâlir alors que les rouages de mon cerveau se remettent difficilement en route. Edward inspire profondément en fouillant mon regard. Perdue, je désespère légèrement. Mon corps me brule tellement qu'il me fait mal et j'ai du mal à comprendre ce revirement de situation.
- Je veux que tu sois entièrement à moi pour te faire l'amour, murmure-t-il, un air sérieux sur le visage.
Je me sens rougir furieusement. Il y a un petit silence entre nous, alors que je reprends difficilement ma respiration. Il veut attendre ? Il veut que je sois à totalement à lui ? S'il en doute encore, je le suis déjà.
Jacob.
Sa pensée me fait frissonner désagréablement alors que je comprends où il veut en venir.
- Je... d'accord, soufflé-je d'une petite voix.
Un sourire heureux détend ses traits avant qu'il ne se penche à nouveau sur moi, effleurant ma bouche tendrement.
- Et alors... ça sera parfait.
- Ça l'a toujours été.
Un léger rire le traverse alors que je me mords la langue.
- C'est vrai, admet-t-il en fouillant mon regard.
Le désir est toujours là, flottant entre nous douloureusement alors qu'on se dévisage en silence.
Puis, sans que je m'y attende, il tire sur mes cuisses, me redressant brutalement contre lui, sur lui, alors que j'étouffe un cri ridicule dans son épaule, ce qui déclenche son hilarité. Ses bras me serrent contre lui quand je cale mes jambes autour ses cuisses, savourant son corps chaud contre le mien.
- Bien, souffle-t-il dans un sourire qui fait décoller mon cœur. On peut reprendre.
Sa bouche fond sur la mienne alors que j'étouffe un rire contre ses lèvres, le faisant sourire. Sa bouche dévie rapidement dans mon cou, puis sur mes seins à nouveau. Je m'apprête à le supplier quand il relâche ma peau, puis attrape mes cuisses fermement pour se lever. Je noue mes chevilles dans son dos et m'accroche à ses épaules lorsqu'il commence à marcher à travers la suite.
J'embrasse son cou, le haut de son torse en me tordant contre lui alors il atteint la chambre avec difficulté.
Avec une douceur saisissante, il me pose sur le lit avant d'avancer sur moi, m'obligeant à m'allonger totalement sous son corps brulant.
On pourrait facilement s'abandonner l'un à l'autre et faire l'amour, comme avant, je le sens, mais pourtant, j'ai maintenant envie d'attendre, moi aussi. Je comprends ce qu'il veut dire, et pourquoi il ressent le besoin d'être patient, de faire les choses bien… je veux moi aussi que tout soit parfait.
Nos bouches se retrouvent dans un tremblement alors que ses mains atteignent le bouton de mon jean. Rapidement, mon vêtement disparait. Presque nue sous lui, il m'observe à nouveau avec cette étincelle inédite dans le regard. Le désir revient m'incendier le corps en de longues vagues électrisante quand sa bouche glisse avec une facilité déconcertante sur mon corps, me faisant gémir quand il s'attarde sur ma poitrine avant de descendre plus bas.
Mon cœur et mon corps s'affole en sentant sa bouche effleurer mon ventre, son souffle irrégulier brulant ma peau douloureusement. J'ai tellement envie de lui que j'ai subitement du mal à comprendre pourquoi nous voulons attendre.
La tendresse se mêle à ses gestes quand il attrape les bords de mon dernier sous-vêtement qu'il fait glisser le long de mes jambes tremblantes.
Ses prunelles incandescentes regardent mon corps comme si c'était la première fois, pourtant, quand sa bouche effleure l'intérieur de ma cuisse, je sais à quel point il me connait par cœur.
- Je... Edward...
- Ne bouge pas, murmure-t-il en embrassant ma peau, laissant sa langue effleurer mon corps.
Mon souffle se coupe et je ferme les yeux très forts sous l'effet de sa voix rauque sur ma chair. Il est trop près, trop loin. J'ai du mal à respirer quand ses mains soulèvent mes hanches dans l'unique but de me rapprocher de ses lèvres.
Quand il me frôle, je suis obligée de respirer par à-coups. Mes poumons ne sont visiblement plus en état d'effectuer le rôle premier. Je m'entends gémir alors que sa bouche se pose sur moi, me faisant me tordre contre lui.
C'est violent, c'est fort, c'est tellement intime que j'ai envie de l'arrêter autant que de le laisser continuer.
Quand sa langue atteint ma peau, je ne sais plus qui je suis. J'accroche les draps sous moi en me tordant contre ses lèvres qui me torturent.
Il est parfait.
Mes plaintes emplissent la pièce alors que je ne peux m'empêcher de penser que personne n'a jamais aimé mon corps comme il le fait. Personne ne m'a autant donné d'attention, de tendresse et d'étourdissements. Je me tends à plusieurs reprises, incapable de réfréner ce que je ressens alors que je respire piteusement, le plaisir prenant le pas sur tout ce que je suis.
Les émotions de ses dernières semaines, mes sentiments pour lui, les sensations de sa langue sur ma peau, tout se mêle, accentuant mon plaisir alors qu'il gémit contre ma chair, me faisant perdre brutalement pieds.
C'est à la fois démentiel et indéfinissable.
Ce qu'il me fait ressentir depuis le premier jour se résume finalement à ça.
Quand je retombe mollement sur le matelas, à bout de souffle, il remonte lentement le long de mon corps en déposant de doux baiser sur ma peau frissonnante.
Je ne plus vraiment où je suis, ce qu'il vient de se passer mais la peur de le perdre m'a totalement désertée. Je ne vois que lui. Je ne sens que lui quand il se cale sur le côté, serrant mon corps nu contre le sien -encore habillé- en enfonçant son visage dans mon cou.
Pendant un moment, aucun de nous ne parle.
J'ai du mal à reprendre pieds avec la réalité, mais, quand je le fais, je me tourne lentement dans ses bras pour l'observer. Ses yeux sombres de désir me dévisagent un moment en silence.
Je l'aime.
Ce sentiment gonfle ma poitrine au point de me faire monter les larmes aux yeux. J'ai envie de lui dire, mais je sais que ça n'est pas le bon moment. Je veux attendre. Je veux lui appartenir complètement pour pouvoir lui dire. Je veux pouvoir lui dire sans être encore engagée avec Jacob, de quelconque manière que ça soit.
Quand, après un instant, Edward s'écarte et disparait brutalement du lit, je fronce les sourcils, subitement anxieuse.
- Edward ?
- Je reviens, lâche-t-il en quittant la chambre.
Je m'installe sous les couvertures, m'asseyant dans le lit en remontant le drap contre ma poitrine. Que fait-il ?
Quand il revient avec le paquet de donuts auquel nous n'avons pas touché, je ne peux m'empêcher de rire.
- Il faut toujours manger après le sexe, fanfaronne-t-il en remontant sur le lit.
- Techniquement, tu ne devrais rien manger, alors, m'amusé-je en attrapant le paquet de ses mains.
- Techniquement, j'ai pris presque autant de plaisir à te sentir te tordre contre ma bouche que quand je te fais l'amour, avoue-t-il le plus sérieusement du monde.
J'enfourne un donut bourré de sucre dans ma bouche pour éviter de mourir de gêne alors qu'un rire le secoue. Il m'a tellement manqué. Est-ce humain qu'il m'ait manqué à ce point ? Est-ce normal ?
On mange un moment en silence avant qu'Edward ne se rallonge dans le lit, suivit de près par mon corps qui se blottis contre le sien. J'aimerais ne plus jamais quitter ses bras.
- Ils ne sont pas aussi bon que les tiens, avoue-t-il en chiffonnant le papier kraft qu'il balance par terre, ce qui me fait sourire.
- Je pâtisse avec amour.
Un sourire étire ses lèvres.
J'étouffe un bâillement après quelques minutes de silence où ses doigts effleurent mon épaule. J'n'ai aucune idée de l'heure qu'il est, mais la fatigue de ses dernières semaines me tombe brutalement dessus et veut m'ensevelir. J'aimerais rester éveillée encore des heures, rien que pour pouvoir le regarder.
- Dors, chuchote-t-il dans un sourire alors que je lutte pour garder les yeux ouverts.
Je le sens brièvement se déshabiller puis revenir à moi, me serrant contre lui.
J'me sens bien, et, malgré le fait que je vais devoir affronter Jacob le lendemain, je m'endors en pensant le plus profondément du monde que tout ira bien… J'ai retrouvé Edward. J'ai enfin laissé mes sentiments pour lui m'envahirent… que pourrait-il bien m'arriver, maintenant ?
Quand je m'éveille le lendemain, Edward est dans sa douche.
Pendant un bref instant, j'ai envie de l'y rejoindre avant de me raviser. J'ai besoin de prendre le temps de réfléchir à ce que je vais faire, à comment je dois le faire. Ma priorité est ma relation avec Jacob. Il faut que je mette les choses au clair avec lui, que je puisse réussir à trouver les bons mots pour qu'il comprenne que cette situation ne me rend pas heureuse, que vivre ici est simplement… trop pour moi.
Je soupire. Vais-je y arriver ? Comment Jacob va-t-il réagir ? Parfois, il me surprend par son calme et son intelligence. D'autre fois, il me terrifie.
- Tu es réveillée, constate Edward en pénétrant dans la chambre, une serviette blanche tombant bas sur ses hanches.
J'oubli immédiatement Jacob et la peur qu'il éveille en moi.
Edward est le seul à avoir de l'importance, surtout vêtu ainsi. Mes yeux caressent le doux dessin de ses abdominaux avant que je relève les yeux vers lui. Visiblement, je ne suis pas la seule à être perturbée. Ses yeux trahissent le désir brulant qui crépite soudain entre nous.
- On ne fera pas l'amour, s'amuse-t-il en dirigeant vers son sac posé sur la chaise à l'angle de la pièce.
Je soupire fortement, déçue.
- Je vais devoir rentrer, fis-je remarquer avant qu'il ne fasse tomber la serviette à terre, me laissant libre court de l'observer comme bon me semble.
Quelqu'un a-t-il osé un jour dire que le corps de l'homme n'était pas beau ? Le corps d'Edward l'est. Il est… parfait. Complètement.
Je me mords la lèvre quand il enfile son boxer, anéantissant la vision parfaite de ses fesses.
- Je peux prendre une douche ? demandé-je en sortant du lit.
Edward me jette un rapide coup d'œil, me rappelant par la même occasion que je suis nue.
- Si ça peut te faire arrêter de déambuler nue dans la chambre, oui.
Sa voix rauque me fait étouffer un rire étranglé alors que je ramasse mes affaires dans la suite. Je vais sûrement prendre une douche glacée pour calmer les pensées impures qui me traversent.
Après la douche, en retrouvant Edward nous servir du café, je suis plus calme. Le fait qu'il soit totalement habillé m'aide, aussi. Peut-être. L'appréhension prends malheureusement le pas sur ma personne de manière spectaculaire. Je ne sais pas comment, ni pourquoi, mais alors que je suis rongée de l'intérieur, je me force à ne pas le montrer à Edward. Je ne veux pas qu'il sache à quel point aller affronter Jacob me terrifie. S'il le savait… il ne me laisserait jamais le rejoindre. Mais je dois le faire. Pour lui, pour nous. Après tout ce qu'il s'est passé ces dernières semaines, je lui dois bien ça.
Je recule le moment de partir jusqu'à ce que je n'aie plus le choix. Il est presque 8h30, je suis sûre que Jacob va rentrer d'une minute à l'autre. S'il trouve l'appartement vide…
Edward avance vers moi quand je mets nerveusement mon téléphone dans la poche arrière de mon jean, luttant contre mes tremblements et ce que je ressens à devoir le quitter.
- Tu es sûre que je ne dois pas venir ? demande-t-il d'une voix tendue, la mine terne.
Je hoche la tête.
- Il faut que je lui parle seule.
Edward n'aime pas, vraiment pas cette idée. Je le sens même s'il ne veut pas me le dire. Je crois qu'il cherche d'une certaine façon à m'épargner.
- S'il y a quoi que ce soit, tu m'appelles. Je serais là en deux minutes.
- Edward, ça va aller. Que veux-tu qu'il me fasse ?
Sa voix ne me répond pas, mais la peur dans son regard noue brutalement mon estomac. Je soupire en fermant les yeux une seconde. Je sais exactement ce qu'il peut arriver. J'en ai pleinement conscience mais je refuse de croire que Jacob agira de la sorte.
- Je reviens rapidement, promis-je en enroulant mes bras autour de son cou pour me blottir contre lui.
Ses mains pressent mes hanches pour me maintenir contre lui plus longtemps. J'aimerais rester ici, comme ça, pour toujours. Il inspire profondément mes cheveux avant d'embrasser mon front dans un élan de tendresse qui me bouleverse.
J'attrape son visage en ignorant mes tremblements, et mes doigts caressent sa barbe de quelques jours. Son regard inquiet verrouille le mien.
Vaguement, je me mets à penser que ça ne doit pas être normal de désirer quelqu'un à ce point. J'ai envie de lui, mais pas seulement sexuellement parlant. Je le veux lui, dans son entièreté, dans ses forces et ses faiblesses.
En l'espace de quelques heures tout a absolument changé. Pour rien au monde je ne veux revenir en arrière.
- Je ne veux pas revenir en arrière, tu le sais ? demandé-je fébrilement, faisant écho à mes pensées.
Les traits d'Edward s'adoucissent alors qu'il pose son front contre le mien.
- Je ne veux pas non plus.
- Alors tout ira bien.
Il m'étudie une seconde, puis ses doigts frôlent ma bouche.
- J'ai hâte que tu sois à moi, souffle-t-il lentement.
Son regard déborde de tendresse et de dévotion. J'ai la sensation pendant plusieurs longues secondes de n'avoir été faite que pour lui, que pour l'entendre me dire des choses comme ça.
- Je suis à toi, chuchoté-je, émue.
Un sourire étire ses lèvres avant qu'il ne se penche pour m'embrasser doucement.
Je savoure sa bouche contre la mienne, repoussant tout le reste. Pendant quelques secondes encore, il n'y a plus que lui.
Quand il quitte mes lèvres, je fais rapidement demi-tour et sors de la suite sans le regarder, luttant contre mes larmes tout au long du chemin pour rejoindre l'ascenseur.
Au fond de moi, j'ai la sensation que c'est un adieu, alors que, d'une manière ou d'une autre, je sais que je vais le retrouver après avoir affronter Jacob. Mais quelque chose noue mon estomac et m'empêche de respirer normalement.
Je vais jusqu'à l'appartement à pieds. En à peine une demi-heure, j'atteins le perron, puis pénètre dans le hall.
Tout est calme, silencieux.
Jacob n'est donc pas rentré et n'a pas mis la ville à feu et à sang pour me retrouver. Cette constatation me soulage plus que je n'oserais le dire.
Pendant la montée de l'ascenseur, j'essaie de trouver des phrases à lui dire. Des phrases qui n'éveilleraient pas sa colère. Des phrases qui me font frissonner malgré moi lorsque la cabine s'arrête dans une secousse à notre, son étage.
Dans le couloir, sans vraiment en comprendre la raison, ma respiration s'accélère. Les poils de mes bras se dressent alors que je repousse la peur qui veut s'insinuer en moi.
Je suis capable de le faire. Il faut que je reste concentrée, et calme.
J'enfonce la clé dans la serrure et déverrouille la porte. À l'intérieur, le silence m'accueille. Je referme la porte derrière moi lentement, tentant de respirer calmement. Au moment où je pénètre dans le salon, perdue dans mes pensées qui s'affolent, je me fige en découvrant Jacob assis sur le canapé.
Une bière à la main, il m'adresse un léger sourire en me voyant.
Depuis quand boit-il une bière à 9h le matin ? Que fait-il là ? À quelle heure est-il rentré ?
Je tente de me composer une expression neutre mais la peur vient broyer mon estomac. L'adrénaline court dans mes veines, me faisant trembler. Son regard est sombre, mais calme.
- Jacob ?
Il sourit doucement.
- Tu t'attendais à trouver quelqu'un d'autre ?
Je secoue la tête vivement alors qu'il boit une gorgée de sa bière en ne me quittant pas des yeux. Son visage est à la fois l'amusement le plus innocent, et la froideur la plus déplaisante.
Quelque chose cloche.
Je m'entends déglutir quand il pose sa bière sur la table et me regarde comme s'il me poussait un troisième œil au milieu du front.
- Tu ne veux pas t'asseoir ?
- Je… je préfère rester debout.
Sa mâchoire se serre brièvement mais il ne dit rien, se contentant de sourire encore une fois.
- Ta soirée était bonne ? finit-il par demander après une minute pendant laquelle je me bats pour ne pas m'enfuir en courant.
Je fronce les sourcils quand quelque chose de malsain danse dans ses yeux. Bien que la peur me broie la poitrine sans ménagement, je tente de me reprendre. C'est Jacob en face de moi. Je le connais assez pour savoir comment il est, comment il réagit quand il est en colère. Mais là… il ne l'est pas. Je m'avance un peu dans le salon. Mon corps continue de m'envoyer des ondes d'adrénaline, mais je les ignore.
- Et toi ? demandé-je d'une voix calme en ne réponds pas volontairement.
- C'était… instructif, répond-t-il dans un sourire. J'ai appris des tas de choses.
Je tente de paraitre détachée et sereine, mais j'ai la sensation que je vais vomir quand il baisse les yeux sur l'enveloppe posée devant lui, sur la table basse.
Je brule d'envie de lui demander ce qu'est cette enveloppe mais me ravise.
- Il faut qu'on parle, osé-je dire lorsqu'il relève son regard sombre vers moi.
Il se relève lentement, me dépassant d'une tête. Je déglutis en me rendant compte qu'il tangue légèrement.
- Tu as bu ? m'étonné-je en repoussant la peur qui nous mon estomac quand il fait un pas vers moi.
- Je t'attends depuis un moment, avoue-t-il en gagnant la cuisine ouverte, dans mon dos.
Je me fige, repoussant ce que je ressens à ses mots. Un moment ? Ça veut dire quoi ? Une heure ? Cinq heures ?
Sans savoir pourquoi, ni comment, mon instinct de survie de réveille et je sors mon téléphone de ma poche. Le dictaphone s'ouvre rapidement pendant que Jacob ouvre le frigo, me tournant le dos. Tremblante, je pose mon téléphone sur la console à mon côté et inspire profondément.
S'il m'arrive quoi que ce soit, j'aurai au moins des preuves.
Je repousse mes pensées les plus sombres et me tourne vers Jacob. Il vient de décapsuler une nouvelle bière.
- Il est 9h du matin Jake, lui fis-je remarquer.
Un rire froid le secoue alors qu'il regagne le canapé. Quand il me frôle, un frisson s'empare de moi.
Il s'assoit sur le canapé noir avant de poser le doigt sur l'enveloppe, sur la table, et de la faire glisser dans ma direction.
Putain, je déteste ce que je ressens.
- C'est arrivé pour toi.
Un silence s'installe alors que je me bats contre mon envie de m'enfuir en courant. Un éclair traverse ses yeux, j'ai l'impression d'y déceler de la rage pure, mais je préfère rejeter ce que je ressens. Je suis seule avec lui, et personne ne viendra intervenir si les choses s'enveniment. Il faut vraiment que j'arrive à garder mon calme, et à le faire rester tout aussi calme. J'inspire et avance vers la table en serrant les dents.
Jacob ne me lâche pas du regard. Mes doigts tremblants ouvrent l'enveloppe, j'ai la sensation que je suis en train de perdre à un jeu vraiment stupide. Mon cœur s'arrête brutalement dans ma poitrine quand je découvre le contenue de celle-ci.
- Étonnant, n'est-ce pas ? demande Jacob d'une voix atrocement tranquille.
Je vais vomir. Et surement mourir, aussi.
Sous mes yeux, des photos. De nuit, de jours. Certaines sont nettes, d'autres moins. Une l'est particulièrement. On voit clairement Edward, de dos, m'embrassant contre le bois fermant la terrasse du bar, à Londres.
Quelques instants, je parcours les images sous mes yeux, la bile brulant ma bouche à mesure que mon cœur s'accélère.
- Jake je peux… je peux t'expliquer…
Je n'ose même pas relever les yeux, figée dans l'effroi que je ressens de plus en plus fort.
- M'expliquer ? M'expliquer quoi ? Que tu couches avec lui depuis des mois ?
Je recule brutalement en me remettant debout, prenant conscience du piège dans lequel je viens de pénétrer. Jacob se relève lentement en me voyant littéralement perdre pieds. Il était au courant. Il était au courant !
- Depuis...
- Depuis quand je sais ?
Un léger rire lui échappe.
- Depuis le début bébé.
Il est tellement calme, tellement maitrisé que j'ai du mal à penser qu'il éprouve quelque chose. Ce qui danse dans ses yeux n'est pas humain.
- J't'ai fait surveillée, avoue-t-il en avançant d'un pas vers moi pendant que je me recule au milieu du salon, apeurée. Je voulais, surtout, te garder en sécurité à Londres mais… j'avoue que te voir avec Edward a été une surprise. Je ne m'y attendais pas.
Un sourire étire sa bouche mais ses yeux sont de la fureur pure. Je déglutis douloureusement, retenant de peu mes jambes de céder sous mon poids.
- Évidemment que quand je l'ai su j'ai… j'ai eu envie de vous tuer.
Je sens le sang quitter mon corps entier alors que mon cœur cesse de battre. Puis, il secoue la tête en se grattant la nuque.
- Mais, ça n'était pas… ça n'était pas bien.
Il rit un peu, comme s'il ressassait un bon souvenir alors que la situation est un cauchemar pour moi.
- J'ai bien essayé, cependant, lâche-t-il en retrouvant mon regard.
Ses mots mettent un instant avant de pénétrer mon cerveau en pleine surchauffe.
- Je… quoi ? demandé-je en écarquillant les yeux.
- Alors tu ne t'es jamais doutée de rien ? s'étonne-t-il véritablement. Je te croyais plus intelligente que ça.
Tout s'éclaire avec une telle brutalité que je dois reculer de deux pas pour en pas m'effondrer tant le choc est puissant.
- L'accident… réussi-je à dire d'une voix cassée.
Un sourire carnassier étire les lèvres de Jacob.
- Ton Edward est plus résistant que ce que je pensais.
- C'était toi ?
Ma voix se brise, tant je suis sous le choc.
- Oui. J'aurai vraiment apprécié que ça le tue, avoue-t-il avec une dureté barbare.
Ma peur me tétanise alors qu'il fait un pas vers moi. Je n'aime vraiment pas ce que je ressens.
Pendant une seconde, quand il m'observe, je me dis qu'il va me tuer. Cette pensée me donne la nausée. La sueur envahit mon corps brutalement, me faisant presque claquer des dents tant je tremble.
- Donc, reprend-t-il en avançant à nouveau alors que je recule, quand j'ai su que tu revenais vivre ici, j'me suis dit que, finalement, tu m'aimais. Tu devais avoir compris que tu faisais une erreur monumentale.
- Jacob…
Ma voix n'est qu'un chuchotis ridicule. La satisfaction dans ses yeux me broie douloureusement.
- Et puis, hier soir, j'ai appris qu'Edward était en ville.
Mon dos s'écrase contre le mur de l'entrée quand il refait un pas dans ma direction.
- J'ai rapidement compris en voyant l'appartement vide quand je suis rentré dans la nuit que tu étais partie le rejoindre.
Je me pince les lèvres, tentant de trouver la force de répondre, de trouver quoi dire pour calmer la fureur qui nait lentement dans ses yeux. À deux mètres de moi, il me fixe en silence pendant un instant.
- Je… ça n'était pas prévu.
- Tu trembles, mon cœur, fait-il remarquer en penchant la tête pour m'observer.
Le cœur au bord des lèvres, j'ai subitement du mal à respirer. Il secoue la tête, puis soupire.
- Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ?
Je sais que c'est une question purement rhétorique. J'ai la sensation atroce qu'il sait exactement ce qu'il va me faire. Cette pensée m'empêche de respirer à nouveau, faisant remonter la peur dans mon corps entier. Il faut que je reprendre le contrôle de la situation avant que tout dérape complètement.
- C'est marrant, reprend-t-il alors que je tente de calculer mes chances de m'échapper, j'ai toujours pensé que tu étais quelqu'un de bien. Avec des principes, des valeurs. Quelqu'un qui avait eu une bonne éducation…
Sa remarque déclenche quelque chose chez moi qui me pousse à briser mon silence.
- Veux-tu qu'on parle de principes, Jacob ? Dois-je te rappeler que tu as carrément acheté notre relation ?
Ses yeux me foudroient brutalement.
- Tes parents ont acceptés que tu…
- Tu m'as gardé près de toi en échange de la liberté de mon père, argué-je avec colère. Jamais je ne serais restée avec toi si tu…
- Fais très attention Isabella, me coupe-t-il en avançant vers moi dans une rapidité terrifiante, sa main attrapant mon visage. Tu n'es pas en position d'ouvrir ta jolie bouche.
Ses doigts accompagnent ses paroles en frôlant mes lèvres. Je les pince entre elles pour m'empêcher de vomir, ou de pleurer. La peur me tétanise à nouveau alors que sa main glisse contre ma peau. Je n'arrive même plus à bouger tant je suis incapable de penser.
Sa main englobe mon visage dans un geste lent, avant qu'il ne serre ses doigts autour de ma mâchoire douloureusement, m'obligeant à le regarder alors qu'il s'approche encore plus de moi, m'écrasant contre le mur froid.
Je tente de ne pas paniquer, mais mon souffle s'affole, le satisfaisant quand il devine la peur prendre le dessus sur mon élan de courage.
- Edward va tellement perdre la tête quand il va savoir ce qu'il s'est passé, murmure-t-il contre moi, l'odeur écœurante de la bière caressant mon visage.
- Je t'interdis de parler de lui, grogné-je, de nouveau prise dans un élan d'adrénaline.
Il me dévisage un instant, alors que sa main glisse dans mon cou, me figeant, le cœur battant si fort qu'il m'étourdit. Ses doigts appuient légèrement sur ma peau.
- Qu'est-ce qu'il te fait pour que tu sois si courageuse ? Demande-t-il dans un sourire carnassier.
Je voudrais répondre mais ma raison m'en empêche.
Il peut me faire tout ce qu'il veut, je sais que je retrouverai Edward à un moment donné ou à un autre.
Je tente de me dégager, mais il resserre un peu sa prise autour de mon cou, s'appuyant un peu plus contre moi.
- Jacob…
Je remue un peu, essayant de me défaire de son emprise, mais, quand ses doigts s'insèrent dans la peau de ma gorge à m'en faire mal, je comprends que les choses sont en train de vraiment, vraiment m'échapper.
