Chapitre 19

Bella

Quand on quitte l'hôpital, après une nouvelle nuit à deux dans le petit lit, le soulagement s'empare de chaque cellule de mon corps.

Je quitte, nous quittons cet endroit où j'ai eu peur et tout perdre et où, finalement, j'ai tout gagné.

Alice et Jasper nous rejoignent dans notre chambre avant notre départ. Le bonheur illumine le visage d'Alice, littéralement. Elle est heureuse, même si elle est fatiguée.

Mon regard se dirige sur son ventre encore plat alors qu'elle parle à Edward avec cet enthousiasme qui est le sien. Je me surprends à sourire. Mon cœur se gonfle lentement, mais surement, d'un bonheur que je n'avais même pas soupçonné. Cet enfant, c'est la nouvelle page de leur histoire, de notre histoire. J'ai la sensation qu'il me redonne de l'espoir, du souffle, même si je peine encore à respirer.

Je suis épuisée. J'ai la sensation qu'on 35 tonnes m'est passé dessus… je sais que ça n'est pas seulement les conséquences physiques de ma… rupture avec Jacob. Je sais que c'est tout, absolument tout le reste qui me retombe dessus brutalement, maintenant que le pire est derrière nous.

Le médecin voulait me faire rester une nuit de plus, mais, une nuit de plus ici, serait une nuit de plus avec Jacob au même endroit, dans le même hôpital, dans la même ville… et je veux passer à autre chose.

Je veux vivre.

En quittant la chambre, j'ai tout de même un petit pincement au cœur.

Je jette un dernier coup d'œil à la pièce vert pâle, me souvenant du soulagement que j'ai ressenti, deux jours plus tôt, en découvrant Edward assis sur le lit, indemne.

Ici, mon amour pour lui a explosé.

Ici, il m'a dit qu'il m'aimait.

Deux bras s'enroulent autour de moi et quand un torse ferme m'étreint doucement, je sais que j'ai trouvé ma place. Je me sens sourire, émue.

- Tout va bien ? demande-t-il doucement, perdu dans mes cheveux.

Je hoche la tête, incertaine de pouvoir parler. L'émotion se fait plus forte quand il embrasse ma tempe avant de soupirer longuement dans mon cou.

Un instant, il me berce légèrement de gauche à droite.

- Tout ira bien, souffle-t-il comme une promesse qui me fait un bien fou.

- Je sais.

Je referme la porte derrière nous, et finalement, un sourire se dessine sur ma bouche.

Une page se tourne, définitivement.

Je sais qu'il comprend parfaitement ce que je ressens à l'instant : la même émotion danse dans son regard.

Il me tends la main -celle qui n'est pas bandée- dans un sourire heureux.

Lorsque nos doigts se lient et qu'il me rapproche de lui pour m'embrasser doucement, l'évidence est là... Juste là, dans ma poitrine, et contre mes lèvres. C'est lui.

Le retour à Londres est long, si bien que je dors pratiquement tout le vol. J'ai hâte de retrouver cette ville à laquelle je tiens tant, j'ai hâte de retrouver le bar, là où tout a commencé. J'ai hâte de retrouver la grange, et de me blottir contre Edward dans le canapé, ou dans le lit, peu importe, temps que son corps est contre le mien.

Quand Emmett vient nous chercher à l'aéroport, nous avons le droit à tout un flot d'insultes qui sort de sa bouche lorsqu'il voit mon visage. Je le laisse faire, ne m'y opposant pas le moins du monde. Alice finit par lui raconter l'état de Jacob, soulignant avec une certaine satisfaction qu'il n'aura pas eu de morphine pour le soulager.

Je les écoute presque distraitement.

Edward contre moi caresse ma main, mes doigts, embrassant de temps à autre mon front, ma tempe. Je me sens bien ici, et maintenant. Je me sens en sécurité dans ses bras et, je sais désormais que sa seule présence me donne assez de force pour pouvoir tout affronter.

En passant l'immense porte de la grange, mon corps s'arrête dans l'entrée.

C'est étrange, ce que je ressens ici. Étrange et déboussolant. Je me sens… chez moi.

- Tu veux que je t'emmène dans le lit ? demande Edward en remarquant que je me suis stoppée.

Déjà il revient vers moi après avoir balancé nos sacs près du canapé.

- Je… non.

Il fronce légèrement les sourcils mais un sourire se dessine sur ses lèvres.

- Tu veux… aller à l'appartement ?

- Non ! répondis-je un peu trop vivement avant de me reprendre dans un sourire que je veux rassurant. Non. Je… je veux juste… être avec toi.

Un sourire étire ses lèvres roses.

- Parfait, approuve-t-il en posant son front contre le mien.

J'aime profondément quand il fait ça. J'ai la sensation d'être celle qu'il attendait depuis toujours. Ce sentiment fait gonfler mon cœur d'une émotion qui me broie tout en entière de manière sublime. Je l'aime. Je l'aime vraiment.

Je ferme les yeux et me laisse aller à la tendresse dont il fait preuve, savourant son souffle chaud et régulier contre mon visage. J'inspire doucement son odeur, qui apaise les maux de mon corps qui se réveillent douloureusement après autant d'heures de vol.

- Tu veux regarder Friends ? propose-t-il après une minute à me bercer amoureusement sans même sembler s'en rendre compte.

Quand j'ouvre les paupières, je prends conscience qu'il me regarde de cette manière intense et déboussolante qui a toujours été la sienne.

- Si tu regardes avec moi.

Un sourire éclaire son visage alors qu'il secoue doucement la tête.

- C'est incroyable ce que je serais prêt à faire pour toi, marmonne-t-il avant de me soulever lentement dans ses bras pour m'emmener jusqu'au canapé.

J'étouffe le rire qui veut me secouer pour que mes cotes ne me fassent pas atrocement souffrir. Avec toute la délicatesse dont il est capable, il me pose sur les coussins moelleux et s'installe derrière pour me ramener contre lui.

Le générique n'a pas commencé que je m'endors déjà, mon sourire idiot ne voulant pas quitter ma bouche.


Presque une semaine est passée depuis notre retour. Et nous n'avons probablement pas bougé de ce canapé. Le quotidien de ma convalescence se résume à rester contre Edward et à l'embrasser le plus souvent possible.

Le désir crépite dans mes veines sans que je ne puisse l'assouvir pour autant : le médecin a dit repos total pendant un mois, minimum.

Edward grogne chaque fois que mon corps frôle le sien, si bien que c'est probablement devenu mon jeu préféré. J'ai besoin de divertissement et, le corps d'Edward est le plus doux, et le plus douloureux d'entre eux.

Je me tourne lentement dans le canapé pour pouvoir l'observer. Il est détendu. Vraiment détendu. Je ne l'ai probablement pas vu aussi heureux depuis… depuis que je le connais.

- Arrête de me regarder, marmonne-t-il en ne quittant pas la télé des yeux pour autant.

Je me mords légèrement la lèvre en me hissant doucement contre lui pour poser mon front contre le sien.

- Je t'aime, murmuré-je lentement.

Son regard glisse sur mon visage qu'il me caresse des yeux lentement. Je sais que je ne suis toujours pas belle à voir. Mon arcade est encore arc en ciel, à l'instar de ma pommette, et ma bouche peine à cicatriser totalement. Le temps effacera tout ça, je le sais. Malgré tout, quand Edward me regarde comme il le fait à l'instant, j'ai la sensation d'être la plus belle chose qu'il ait jamais vu.

- Je t'aime, souffle-t-il doucement avant de caresser mon nez du sien.

Il ferme les yeux, comme s'il profitait des sensations que ça lui procure.

Je l'embrasse doucement.

Je veux qu'il sache, qu'il comprenne à quel point rien ni personne dans ma vie n'a fait naitre des sentiments comme lui. Il me rend mon baiser avec toute la douceur dont il est capable, agrippant ma nuque de sa main pour me rapprocher plus encore.

C'est beau. C'est lent. C'est fort… Ça à gout d'éternité.


- Bella ?

- J'arrive !

Je traverse la chambre rapidement pour découvrir Edward, le courrier dans la main au milieu du salon.

- Il est là, dit-il juste alors que mon cœur s'arrête.

Il me tend l'enveloppe… Celle qu'on attendait. Celle qui ferait que les choses seraient… réglés, définitivement.

- Ouvre-la, s'impatiente-t-il alors que je la contemple comme si elle allait me sauter au visage.

Je m'en saisi, puis l'ouvre lentement. Je la déplie soigneusement, le cœur battant. Je retiens mon souffle malgré moi avant de parcourir les lignes en diagonale.

À la fin du contrat, les initiales de Jacob.

Le soulagement s'empare si violemment de moi que je ne me rends compte que je pleure que quand Edward passe son pouce sur mes joues pour essuyer mes larmes.

- Il a signé, murmure-t-il d'une voix tremblante.

Je hoche la tête avant d'inspirer. Quand mes yeux retrouvent ceux d'Edward, le soulagement qui brille dans son regard clair et le sentiment de bonheur que j'y lis n'a jamais eu d'égal.

- Il a respecté tous les termes ?

- Oui, murmuré-je juste, la voix vacillante.

Les bras d'Edward s'enroulent autour de moi. Il inspire mon cou lentement avant de soupirer, soulagé, heureux.

- Tu es libre... on est libres, chuchote-t-il contre ma peau.

Ses mots font renaitre mes larmes.

Cette fois, ça n'est que de bonheur.

Je jette un coup d'œil au contrat que je lâche sur la table basse avant de me tourner pour enfoncer mon visage dans le torse d'Edward et m'imprégner de son odeur.

L'ami avocat de Jasper, a mis au point un contrat retraçant chaque condition que j'ai évoqué, des semaines plus tôt à Jacob. Un contrat entre lui et nous.

S'il s'engage à le respecter, nous ne tenterons rien contre lui. Si jamais il transgresse une seule règle et nous atteint, d'une quelconque façon, tout éclatera autour de lui.

Je savais qu'il avait trop à perdre pour refuser. Mais une partie de moi redoutait qu'il prenne connaissance de ce contrat stipulant précisément qu'il ne devra jamais plus interférer dans ma, notre vie, de quelconque manière que cela soit.

J'inspire.

J'expire.

Tout ira bien, désormais.

Une page se tourne. Elle m'a permis de trouver Edward. Je ne pourrais jamais vraiment regretter tout ce que Jacob m'a fait vivre : tout m'a mené dans les bras d'Edward, je le sais maintenant.

Mon sourire et mes larmes se mêlent alors qu'Edward embrasse mon cou en me serrant plus fort contre lui en me murmurant à quel point il m'aime.

Ça n'est pas la fin... pas vraiment.

C'est notre début.


Edward

Je m'éveille lentement. Le soleil filtre doucement à travers les rideaux tirés. Je m'étire légèrement avant de sourire sans pouvoir m'en empêcher.

En me levant, j'enfile mon jogging et sors de ma chambre en trainant des pieds. Quand j'atteins ma pièce de vie et que la cuisine se dessine sous mes yeux, mon rêve continue et vient me chatouiller les entrailles.

Bella est debout depuis un moment, apparemment. J'observe son corps se dandiner sur Brown.

Sur la pointe des pieds, elle balance sa tête sur le rythme de Try me qui résonne doucement dans la grange.

Je m'appui contre le canapé, profitant qu'elle ne m'est pas encore remarqué pour la dévorer des yeux sans m'en cacher le moins du monde. Ses cheveux longs ondulent superbement, retombant sur mon t-shirt qu'elle porte pour dormir. Ses jambes nues sont un véritable appel à la luxure. J'en aurais presque mal à la tête tant elle me submerge.

Voilà presque quinze jours que nous sommes revenus à Londres.

Presque 15 jours sans pouvoir la sentir vibrer contre moi.

13 jours, exactement, et j'ai la sensation que le manque d'elle est plus intense de jour en jour.

Je serre le canapé de mes doigts quand elle se penche en avant, me laissant toute la satisfaction de découvrir son sous-vêtement en dentelle et la courbe de ses superbes fesses.

Cette femme va me faire devenir totalement dingue. Ça, j'en suis sûr.

- Jolie culotte, lancé-je pour détendre l'atmosphère -et mon corps déjà embrassé.

Elle sursaute tellement qu'elle fait tomber la poêle qu'elle vient de sortir du casserolier.

- Edward ! gronde-t-elle en se tournant vivement vers moi.

- Désolé, m'excusé-je à peine en avançant vers elle.

- Je… putain ! Je déteste quand tu fais ça !

Je ne peux que rire en m'approchant alors qu'elle marmonne entre ses dents des choses intelligibles.

Je ramasse la poêle, lui tends dans un sourire immense qui la fait grimacer.

Puis, rapidement, elle me tourne le dos. J'observe ses courbes à peine cachés par mon vêtement un instant avant de me rapprocher d'elle.

- Désolé, répété-je contre elle quand mes bras s'enroulent autour de son corps fin.

Elle frissonne entre mes bras mais continue sa tâche, m'ignorant volontairement.

- Tu fais des pancakes ? demandé-je en la voyant verser une première louche dans la poêle chaude.

Je vois son profil sourire doucement… et mon cœur s'emballe.

- Je voulais t'apporter le petit déjeuner au lit, avoue-t-elle dans une petite moue. Mais tu t'es levé…

- J'peux retourner au lit s'il n'y a que ça !

Elle étouffe un rire en secouant la tête. Je tire sur son -mon- t-shirt et embrasse son épaule distraitement. Le gout de sa peau fait exploser mon cerveau quand ma langue l'effleure. Elle se fige quelques secondes alors que son souffle s'accélère.

- Je… Edward, je cuisine, chuchote-t-elle entre deux inspirations quand ma bouche glisse sur la peau fine de son cou.

Je la sens incliner la tête pour profiter de ma caresse.

J'ai du mal à penser, brutalement.

Son odeur me rend dingue, son corps chaud contre le mien coupe mon souffle, et, quand elle se recule très légèrement pour me sentir au plus près d'elle, j'ai du mal à retenir le grognement presque animal qui me secoue.

Elle est mienne. Quoi qu'il arrive.

Je finis par poser mon front sur son épaule et soupirer lourdement, tentant de calmer mes ardeurs. Le médecin a dit : 1 mois de repos total. 1 long, très long mois. Nous n'avons fait que la moitié ? Seulement ? La voir se balader chez moi sans arrêt -et la moitié du temps en petite tenue- va me rendre totalement accro. Du moins, plus accro que je ne le suis déjà.

Je l'entends soupirer alors qu'elle retourne son pancake, les mains tremblantes.

- Va dans le lit, je t'apporte le petit déjeuner, finit-elle par dire après un instant où je reste seulement contre elle, bercé par son odeur et son calme.

Je m'exécute sans me faire prier et regagne la chambre en souriant le plus idiotement du monde.

Pendant qu'elle fait cuire le repas, je fonce dans ma douche. J'en profite pour détendre mes muscles, et me prélasse un long moment sous l'eau chaude, repoussant difficilement les images du corps de Bella ici, et là, à chaque instant de la journée depuis quinze jours. On ne vit pas ensemble, mais c'est tout comme, et j'adore ça. J'adore, vraiment, vraiment ça. Elle n'a pas dormit à l'appartement depuis notre retour, si bien que je me demande franchement pourquoi elle le garde.

Quand je pénètre dans la chambre, elle est sagement assise sur le lit, un plateau posé devant ses jambes croisées en tailleur.

- T'en as mis du temps, se moque-t-elle en me regardant venir jusqu'à elle.

- Je pensais à toi, lancé-je, sérieux, en montant sur le lit à mon tour.

Elle tente de repousser le rougissement qui embrase ses joues, mais je le vois et en savoure chaque miette.

- Ton café, lance-t-elle dans un sourire en me tendant la tasse fumante.

- Je t'ai déjà dit que tu étais parfaite ?

- Oui, avoue-t-elle en croquant dans un pancake encore chaud.

Le café envahit ma bouche, me faisant presque gémir. Je sais, je fais exprès. C'est moche, mais, ça, allié au fait que je sois juste en serviette me donne la sensation que je la trouble plus que de raison et ça me satisfait. Il n'y a pas de raison que je sois le seul à souffrir du manque de son corps.

Elle finit par lever les yeux au ciel et étaler du caramel sur le pancake qu'elle enfourne presque entier dans sa bouche.

Un bref instant, je pense au gout que doit avoir sa langue là, à l'instant. Je serre les dents en mangeant plus énergiquement, tentant d'ignorer la tension dans mon corps. Je suis vraiment devenu obsédé ma parole !

- Tu devrais aller courir, souffle-t-elle après un moment à me voir ingurgiter toujours plus de pancake.

Je me fige en relevant les yeux vers elle.

- Tu as l'air… débordant d'énergie !

Son sourire en coin fait s'arrêter mon cœur une seconde. Elle se moque de moi ? Vraiment ?

- Tu es au courant qu'on n'a pas fait l'amour depuis un moment Bella ?

Je vois son sourire s'effacer légèrement alors que j'attrape le plateau pour le poser par terre.

- Hé, je n'avais pas fini !

Je lève les yeux au ciel en me tournant vers elle. Elle sourit. Elle sourit, mais quelque chose flotte aussi dans son regard. L'appréhension ? Je la vois déglutir nerveusement quand j'effleure sa cuisse légèrement, la faisant sursauter.

- Le médecin a dit un mois minimum Edward, dit-elle difficilement quand je caresse son nez du mien.

J'arque un sourcil, restant le plus sérieux possible.

- J'n'ai pas dit qu'on allait faire l'amour.

Elle rougit, à nouveau, puis serre les dents. Elle est contrariée, mais ce sentiment disparait rapidement quand j'effleure sa bouche de la mienne. Mon corps réagit instantanément, coupant mon souffle alors que le désir m'embrase.

Ses mains gagnent ma nuque quand je réitère mon geste, appuyant doucement sur ses lèvres. Je pourrais l'embrasser des heures, des jours entiers que je ne m'en lasserai jamais, ça j'en suis plus que certain.

Je l'observe entre deux effleurements. Elle n'a presque plus rien de notre périple à New York. La cicatrice de sa lèvre est encore rose, son arcade est encore légèrement marquée mais les traces s'estompent de jour en jour. Seules ses côtes la font encore souffrir. Elle ne se plaint cependant pas, même quand elle peine à soulever un litre de lait. Le temps la guérira, je le sais. Je sais aussi qu'il n'apaisera jamais ma colère envers Jacob.

- Ça va ? demande Bella contre ma bouche, les sourcils froncés, me faisant me rendre compte que je n'ai plus bougé depuis plusieurs secondes.

- Parfaitement.

Un léger sourire l'effleure, pourtant, l'inquiétude qui la traverse ne s'estompe pas.

- Tout va bien, je t'assure. Je… je pensais juste à New-York.

Elle ferme les yeux presque instantanément.

- Edward…

- Tout va bien, murmuré-je contre sa bouche en l'attrapant doucement par la taille pour la coucher sur le lit dans un mouvement lent. Je pensais juste… je… j'ai, j'ai vraiment de la chance de t'avoir.

Ses traits se détendent légèrement alors que son regard retrouve le mien. Ses cheveux s'étalent sur l'oreiller sous elle. Elle est bien trop belle… Elle a l'air irréelle. Elle est parfaite.

- Tu dis ça parce que je te fais des pancakes le dimanche ? demande-t-elle d'une petite voix.

Un rire nous traverse l'un et l'autre, la faisant légèrement grimacer sous la douleur de ses côtes. Mes doigts les effleurent distraitement par-dessus mon vêtement alors que je m'appuie sur mon coude pour pouvoir la regarder librement.

- En partie pour ça, oui, avoué-je dans un sourire. L'autre partie serait parce qu'actuellement, ta bouche doit avoir le gout de caramel et de pancake.

Surprise, elle me regarde me pencher vers elle sans dire un mot avant de rire.

- Quoi ?

- T'as… t'as vraiment un problème avec le sucre Edward !

- Hein ? Mais non !

- Je t'assure que si, s'amuse-t-elle en se reculant quand je veux l'atteindre. Tu as… une des premières fois où on a fait l'amour tu m'as dit que ma peau était encore plus sucrée, fait-elle remarquer dans un sourire diabolique.

- J'm'en souviens, marmonné-je en repoussant les images que ce souvenir imprime en moi.

- Tu as voulu me… m'allumer à base de chantilly, et depuis quelques jours tu fais toute sortes d'allusions, m'incluant moi, et du chocolat.

Je lui jette un regard noir qui la fait rire d'autant plus.

- Ça ne prouve en aucun cas que j'ai un problème avec le sucre !

- Si tu…

- Ça prouve juste que j'ai un problème avec ton corps, souris-je fier de moi.

Elle lève les yeux au ciel alors que je m'approche d'elle à nouveau.

Après un silence où elle me dévisage avec cette satisfaction présente chez elle depuis qu'on est rentré de New York, je passe par-dessus son corps pour m'appuyer contre elle. Je ferme les yeux, sentant mon cœur s'accélérer.

Voilà bien longtemps que je ne l'ai pas senti battre aussi fort. Quand je baisse les yeux sur Bella sous moi, elle a les paupières clauses, elle aussi, et un petit sourire étire ses lèvres.

Elle est heureuse, je le sens. Et plus libre, plus belle que je ne l'ai jamais vu l'être.

- Je ne te fais pas mal ? demandé-je en prenant appui sur mes bras pour m'empêcher de poser tout mon poids sur elle.

Elle secoue la tête en retrouvant mon regard. Le sien est sombre, indescriptible. Le désir longe mes veines, accélérant mon souffle et mon cœur d'un même ensemble quand elle lève légèrement le bassin, créant une friction entre nos corps qui me colle des frissons jusque sur les bras.

- Bella...

Elle sourit doucement en recommençant son geste. Je la vois se mordre la lèvre légèrement, me faisant perdre le peu de raison qui veut rester dans mon pauvre cerveau.

- C'est toi qui m'as grimpé dessus, me rappelle-t-elle dans une moue quand je m'éloigne d'elle.

Je grogne, roule sur le côté avant d'enfoncer mon visage dans son oreiller en râlant. Je la veux. Je la veux tellement que mon corps entier me fait mal. Pourtant... je sais qu'il nous faut attendre. Encore. Je veux qu'elle aille bien. Je veux que tout soit parfait.

- Je vais aller prendre une douche, s'exclame-t-elle en se relevant du lit rapidement après un instant.

Elle tente d'ignorer la brulure de ses cotes à son geste mais je la vois grimacer. Je repousse mon inquiétude et l'observe se servir dans la pile de linge qu'elle a plié hier soir.

- Tu ne crois pas que tu devrais ramener tes affaires ici ? finis-je par dire au bout d'une minute à la voir fouiller dans ses sous-vêtements.

Elle se fige, puis se tourne lentement vers moi. Je me rends compte en même temps qu'elle de ce que je viens de lui dire avant qu'un sourire n'étire mes lèvres.

- Tu… On vit ensemble depuis qu'on est rentré, expliqué-je en me relevant du lit.

J'ajuste la serviette toujours sur mes hanches. Ses yeux suivent une seconde le mouvement de mes mains avant qu'elle ne retrouve mon visage. Pourquoi rougit-elle ?

- T'en penses quoi ?

Elle se pince les lèvres entre elles avant d'inspirer doucement. Je m'approche d'elle, avide de toucher sa peau.

- Tu ne crois pas que ça fait un peu… rapide ?

Je ramène mes doigts à sa nuque dans l'unique but de la rapprocher de moi. Quand son corps se colle au mien, nos souffles se coupent d'un même ensemble.

- Je… je ne crois pas qu'on soit fait pour faire les choses… comme les autres, dis-je doucement en retrouvant son regard.

L'interrogation flotte dans ses yeux, me faisant sourire.

- Et bien… on a commencé par coucher ensemble, sans même connaitre nos prénoms.

Elle retient un rire même si elle rougit un peu plus.

- Ensuite… on ne s'est plus vu pendant deux ans, puis on a recouché ensemble… plein, vraiment plein de fois…

- C'est vrai, admet-elle.

- On s'est séparés alors que nous n'étions pas un couple, puis rabibochés, puis séparés alors que nous n'étions toujours pas un couple, puis rabibochés, puis sépar…

- J'ai compris ! s'agace-t-elle en posant sa main sur ma bouche pour me faire taire.

Son regard amusé fouille le mien un instant avant qu'elle n'ôte sa main de ma bouche pour caresser mes lèvres avec tendresse.

- Et après ? demande-t-elle doucement en coinçant mon menton entre ses doigts.

J'adore quand elle fait ça. Vraiment. Mon cœur s'accélère tout seul quand mon nez longe l'arrête du sien lentement.

- Ensuite, je suis tombé amoureux de toi.

Elle fronce les sourcils.

- Seulement là ? s'étonne-t-elle.

- Seulement là quoi ?

- T'es tombé amoureux de moi seulement après notre… notre énième séparation de non-couple ?

La mention me fait sourire.

- Je… non, tu as raison.

Je réfléchis un instant en l'observant. Les yeux pétillants, elle me regarde comme si j'étais la personne la plus importante de la Terre. C'est ce qu'elle est, pour moi. Définitivement.

- Non, je… je crois qu'en fait je suis… j'crois que je suis tombé amoureux de toi le premier soir.

Un léger sourire étire ses lèvres. Quand elle sourit, sa cicatrice disparait toujours complètement. Elle se fond dans le rose de ses lèvres. Je crois que ça veut dire quelque chose de plus profond… je crois que ça veut dire que, quand elle est heureuse, elle oublie pleinement Jacob, et tout cette histoire. Elle n'en garde que le meilleur : nous. Nous deux… seulement ça.

- Le premier soir ? demande-t-elle en glissant ses bras autour de mon cou lentement. Celui où tu m'as dit qu'on ne pourrait pas être ami ?

- On ne l'est toujours pas, lui fis-je remarquer dans un sourire victorieux.

Elle lève les yeux au ciel à nouveau. J'aime profondément l'agacer… et en plus, je fais ça extrêmement bien.

- Mais… non, pas ce soir-là.

Je la vois légèrement froncer les sourcils alors que mes doigts glissent contre son cou pour atteindre son visage. Mon pouce caresse sa joue doucement. Mon rythme cardiaque s'accélère dans mon torse quand je me penche vers elle pour effleurer sa bouche.

Elle sourit doucement en me sentant l'embrasser prudemment. Je ne sais pas pourquoi j'y mets autant de retenue… ça me semble important.

Elle se recule légèrement, m'empêchant de l'embrasser vraiment.

- Quel soir alors ? m'interroge-t-elle à nouveau, trop curieuse.

Ses yeux fouillent les miens.

- Le premier, répété-je avec un sourire.

Quelque chose danse dans son regard alors que ses mains se crispent légèrement dans ma nuque.

- Le tout premier ?

Je hoche la tête lentement.

- Tu m'as obsédé dès la première seconde, avoué-je dans un sourire.

Elle s'empourpre mais ne lâche pas mon regard pour autant.

- Je crois… je crois définitivement que je suis tombé amoureux de toi ce soir-là, bien que je ne me sois rendu compte de mes sentiments que… bien, bien plus tard.

Elle se mords la lèvre pour retenir un sourire alors que, gênée, elle secoue la tête avant de poser son front contre le mien et d'inspirer profondément.

- Tu as quand même mis deux ans, s'amuse-t-elle pour cacher son trouble.

- Tu vois… on ne fait rien comme les autres.

Elle avance vers moi à son tour, embrasse mon sourire du sien.

- D'accord, chuchote-t-elle contre ma bouche.

Mon cœur sursaute.

- D'accord ? répété-je, étonné qu'elle ne cherche pas à me contredire une autre fois.

- D'accord je t'aime.

Son murmure est teinté d'un sourire, mais sa voix tremble, et la profondeur de ses yeux, et de ses mots me touche d'une manière incomparable.

Le bonheur m'inonde presque douloureusement alors que je fonds sur ses lèvres pour l'embrasser -l'embrasser vraiment.

Elle va rester.

Elle va rester pour toujours.


Hello !

Je sais, j'ai plusieurs jours de retard. La période des fêtes est très TRES loin d'être reposante ici... j'imagine que pour vous aussi. Alors, sorry pour ce retard... j'avoue aussi que ça a été un peu particulier de me dire que ceci était -est- le dernier chapitre de Stay... L'épilogue arrivera très vite, promis. Cette fois, je n'aurais pas de retard.

J'voulais vous remercier, aussi, à nouveau, pour votre fidélité, votre soutien. Certaines d'entre vous sont là depuis le tout début, depuis Je suis, et à force, je connais vos pseudos par cœur, et je sais à quel point vous êtes un soutien sans faille pour moi, pour mes mots, pour mes personnages qui prennent vie grâce à vous. Je suis heureuse que vous soyez toujours à mes côtés, quoi que j'écrive, quoi que je dise. Merci, vraiment.

Merci aussi à toutes les nouvelles qui m'écrivent à chaque chapitre, qui prennent la peine et le temps de me laisser un mot.

Merci à celles qui n'écrivent jamais rien, mais qui sont là, dans l'ombre, et qui me lisent les larmes aux yeux ce soir. Je sais que vous êtes nombreuses à ne jamais oser m'écrire... pourquoi pas ce soir ?

Merci à la vie d'avoir mis des personnes aussi extraordinaires sur mon chemin que vous. Tout ça... je vous le dois. C'est peut-être pas grand chose pour vous, mais ça représente tellement pour moi. J'ai envie que cette aventure ne cesse jamais...

Merci à Chloé, mon amie, qui me soutient toujours à fond et qui est ma première fan (oui, j'ose le dire!) Merci de me booster comme tu le fais. Merci de me donner confiance en moi, en ce que j'écris, en ce que je vaux. Merci de me faire croire que j'ai du talent quand ça m'échappe un peu. J'suis heureuse de t'avoir trouvé, vraiment.

Merci à toutes, pour tout.

Je vous laisse ici, je pense que je n'écrirai pas de petite note à la suite de mon épilogue... Laisser ces personnages est un peu particulier pour moi.

Si jamais l'une d'entre vous à loupée ma romance de Noël, vous pouvez la retrouver sur mon profil et venir nous y rejoindre, on s'amuse bien (enfin moi, surtout héhé)

J'vous embrasse très très fort.

A bientôt.

Tied.