Épilogue
Edward
Je serre les dents devant mon reflet en pestant. Mon père m'a bien appris à le faire non ? Je soupire, défais le nœud de la cravate prestement et le refait pour la troisième fois. Je peste contre moi-même après dix secondes.
- Un coup de main ? demande Bella en apparaissant dans l'encadrement de la porte.
Je me fige un jetant un coup d'œil à son reflet dans le miroir face à moi. Ses sous-vêtements sont un appel à la luxure et je dois faire appel à tout mon self contrôle quand elle s'approche, un sourire sur ses lèvres roses.
- Je sais le faire, marmonné-je dans un soupire devant son regard moqueur.
J'ai du mal à penser quand ses mains atteignent mon cou pour s'emparer de ma cravate. Elle me fait me tourner pour être face à elle, me faisant prendre appui contre l'évier de la salle de bain dans mon dos pour m'aider à faire enfin un nœud correct.
Je la détaille un instant, savourant son parfum sucré et la douceur de ses traits. C'est incroyable ce qu'elle est belle.
- Ce maquillage est très réussit, la complimenté-je après quelques secondes de silence.
Elle sourit un peu plus rosissant légèrement. C'est léger, doux… parfait. Comme elle.
- Fallait bien que je fasse un effort, s'amuse-t-elle en nouant ma cravate avec concentration.
Je ne peux m'empêcher de sourire. Mes doigts effleurent ses hanches. Un frisson secoue sa peau doucement quand je la rapproche de moi.
- J'n'ai pas fini, murmure-t-elle dans un sourire.
Je détaille la dentelle noire de son ensemble sur sa peau pâle, appréciant plus que de raison ce que j'ai sous les yeux. Mon cœur s'emballe tout seul alors que le désir s'insinue en moi avec violence. À nouveau, je la veux, de la même façon que je l'ai voulu la première fois.
- Ne me regarde pas comme ça.
Je relève les yeux vers les siens pour constater qu'elle est toujours concentrée sur sa tâche.
- Ta sœur nous attends, continue-t-elle sérieusement.
- Je sais, m'amusé-je en faisant trainer mes doigts sur son ventre, la faisant sourire à son tour.
- On ne peut pas être en retard.
- Ça donnerait une mauvaise image de nous.
Elle étouffe un rire en lissant le nœud qu'elle vient de terminer, puis son regard retrouve le mien. Elle est heureuse, je le vois à ses yeux brillants et à son sourire qui ne la quitte pratiquement jamais.
- Je te rappelle que ces dernières années, on a été vraiment, vraiment beaucoup de fois en retard, ajoute-t-elle alors que mes mains remontent à son visage.
Mes doigts attrapent sa nuque pour la ramener au plus près de moi. J'veux la sentir contre moi. J'veux qu'elle ne soit qu'à moi quelques minutes encore.
- J'ai besoin que de deux minutes, soufflé-je en me penchant vers elle.
Je la vois sourire et secouer la tête. Pourtant, elle se hausse sur la pointe des pieds pour mouler son corps parfait au mien.
La savoir presque nue contre moi emballe mes sens et mes mains appuient contre la peau chaude de sa nuque pour l'approcher plus de ma bouche.
Quand nos lèvres se rencontrent, elle étouffe mal un gémissement.
Je pensais que le désir finirait par s'atténuer, avec le temps, mais ça n'est pas le cas. Au contraire, j'ai la sensation que, plus je lui fais l'amour, plus je deviens accro à sa manière de m'aimer, à son corps et à la chaleur de son amour pour moi.
- Edward... gémit-elle en tentant vainement de me repousser quand je fais glisser ma bouche dans son cou.
Cette façon qu'elle a de gémir mon prénom me rends insatiable.
- On va être en retard, je sais, murmuré-je contre sa peau.
Son odeur est d'autant plus forte contre le haut de sa poitrine que j'inspire lentement. Mon cœur s'emballe un peu plus. J'embrasse l'arrondit de ses seins à peine cachés par ce merveilleux petit ensemble en dentelle qui m'allume davantage encore.
Après une seconde, elle inspire profondément et se redresse, puis tire sur mes cheveux pour pouvoir m'embrasser. Je la laisse faire alors qu'elle fouille dans mes cheveux coupés courts -pour une fois.
L'ardeur dont elle fait preuve nous fait trembler d'un même ensemble. Mes pensées s'emmêlent, affolant mon cœur et mon corps d'un même ensemble alors que sa bouche glisse dans mon cou. Sa langue effleure ma peau, me faisant frissonner tout entier contre elle.
Quand ses mains glissent sur mon torse pour atteindre la boucle de ma ceinture, je me fige légèrement et ouvre les paupières pour la voir. Ses yeux sont sombres, incroyablement intenses.
Mon souffle se coupe quand elle fait sauter le bouton de mon pantalon habillé et tire sur ma chemise pour l'en faire sortir.
J'ai du mal à avoir une pensée cohérente quand sa main passe l'élastique de mon boxer pour m'effleurer avant de s'enrouler autour de moi.
- Bella...
Je la sens sourire alors qu'elle embrasse ma bouche tendrement, contrastant avec les mouvements impétueux de sa main. Ses caresses sont intenses, nos souffles courts et j'ai dû mal à penser à autre chose que sa langue contre la mienne et ses doigts sur ma peau brulante pendant un instant.
Je ne vois qu'elle. Je ne sens qu'elle.
Ses mains sont incroyables, elles ont quelque chose de merveilleux et d'absolument incontrôlable.
Mon souffle se coupe quand elle tombe à genoux devant moi.
Je rectifie, sa bouche est merveilleuse, et incontrôlable.
Elle gémit contre moi, sa main libre s'enfonçant dans ma hanche alors que sa bouche brulante me torture.
Je déglutis difficilement en tentant de rester immobile, cramponnant le meuble derrière moi de mes mains.
Ma respiration s'alourdit d'autant plus, alors que le plaisir me broie tout entier.
Comment pourrais-je moins la désirer si elle me torture de la sorte ?
Je fais l'erreur de baisser les yeux sur elle et croise son regard sombre alors qu'elle relève les yeux vers moi. Ils sont terriblement profonds, incroyablement envoutants alors qu'elle gémit à nouveau contre ma peau, me faisait perdre brutalement la raison.
Damnation.
Cette femme est la vision même du paradis.
J'ai presque envie de taper contre quelque chose alors que je suis secoué par le désir qui m'inonde et me fait presque mal. Mon cœur s'arrête brutalement avant que je ne me penche sur elle et l'attrape pour la remettre sur ses pieds.
- Hé ! s'indigne-t-elle en me regardant noir.
- Enlèves ta culotte Bella, ordonné-je d'une voix cassée. Tout de suite.
Un sourire se dessine sur ses lèvres, me faisant serrer les dents. Dieu, ses lèvres…
- Pressé Monsieur Cullen ?
- Toujours avec toi, soufflé-je en retrouvant sa bouche.
Mes mains tremblantes la débarrassent de sa culotte le plus rapidement possible avant même qu'elle ne puisse le faire elle-même.
Un rire étranglé sort de sa bouche, me faisant sourire malgré notre précipitation.
Je la soulève contre moi en me tournant pour l'asseoir sur le meuble de la salle de bain. Ses chevilles se nouent dans mon dos alors que ma langue retrouve la peau de son cou. J'aspire sa peau, la marque dans un sourire. Je sais qu'elle va criser, elle déteste ça… mais j'adore savoir qu'elle est à moi, et uniquement à moi.
Je n'ai plus de patience, et je n'ai plus envie d'en avoir. Dans une synchronisation parfaite, elle remonte ses cuisses contre mes flancs alors que je m'enfonce en elle d'un coup de rein.
Nos souffles se coupent en même temps, savourant la sensation d'harmonie parfaite que nous ressentons.
Ses mains gagnent mes cheveux qu'elle caresse doucement avant de légèrement griffer mes épaules par-dessus ma chemise.
Je retrouve son regard où un désir profond brille, accentuant encore plus le mien bien que cela me paraisse impossible. Mon cœur s'accélère dans ma poitrine quand je recule légèrement avant de m'enfoncer plus profondément en elle.
Sa bouche murmure mon prénom de cette façon si particulière qui me rends dingue. J'étouffe un grognement quand elle retrouve ma bouche, m'embrassant à en perdre haleine.
Je la connais par cœur. Je sais ce que je peux faire, et ce que je ne peux pas… Je sais exactement ce qu'elle aime.
L'instant suivant, je sors presque de son corps pour y revenir puissamment. Ses grands yeux s'écarquillent dans les miens alors qu'elle gémit lourdement en se cambrant un peu plus contre moi.
Mon regard glisse entre nos corps étroitement enlacés, affolant mon sang dans mes veines.
Elle gémit mon prénom dans un murmure, à nouveau.
Je ravale un grognement quand nos bassins s'entrechoquent presque brutalement. J'ai la sensation de toujours la vouloir plus fort, plus vite.
Je l'aime. Je l'aime tellement que mon corps est au bord de la rupture, que ma respiration n'est plus qu'un sifflement.
J'm'en lasserai jamais. Je le sais maintenant.
Ses mains s'accrochent difficilement à tout ce qu'elle trouve -mes épaules, mes cheveux, ma nuque- alors que le plaisir monte rapidement entre nous. Elle mord sa lèvre pour ne pas crier quand le plaisir la terrasse, faisant convulser son corps autour de moi. Mon paroxysme me fige au même moment, nous laissant épuisés et incroyablement satisfaits.
Comme à chaque fois, le temps se fige.
Son front contre mon épaule, elle reprend son souffle pendant de longues secondes avant qu'un rire désabusé ne la secoue.
- Tu es incroyable… on va encore être en retard ! marmonne-t-elle dans un sourire en posant son front contre le mien.
- Je suis incroyable ? C'est toi qui as débarqué en petite tenue ! m'indigné-je.
Son regard heureux retrouve le mien.
- J'n'avais juste pas terminé de m'habiller Edward !
- C'est toi qui as commencé, marmonné-je en passant la pulpe de mon pouce sur sa bouche.
J'ai le droit à un sourire coquin qui fait décoller mon cœur façon grand 8.
- C'est… c'est la cravate, se défend-t-elle en rougissant légèrement. L'effet costard ça me rends… audacieuse.
- J'ai vu ça !
On échange un sourire. Bordel c'est normal d'avoir la sensation que mon cœur va foutre le camp chaque fois qu'elle est près de moi ?
- Et tu n'as pas encore vu la veste ! m'amusé-je en l'embrassant brièvement.
Son rire chatouille mes oreilles avant qu'elle me repousse pour descendre de son perchoir. Elle enfile son sous-vêtement pendant que je me rhabille correctement.
Quand s'est fait, je la rattrape et la ramène contre moi, avide de garder sa peau contre la mienne. J'n'ai pas envie qu'elle s'éloigne, pas tout de suite…
Mes mains retrouvent son visage alors que mon nez caresse le sien. Son regard se fait plus profond, plus intense, même si son sourire ne la quitte pas.
- Je t'aime, murmure-t-elle tendrement.
- Je t'aime, dis-je sur le même ton.
Je pose mon front contre le sien, savourant simplement sa présence contre moi alors que ses doigts caressent lentement ma nuque, me faisant frissonner.
- Va t'habiller, Alice va finir par nous tuer ! finis-je par m'exclamer après une minute à sourire le plus idiotement du monde.
Lorsqu'elle quitte la salle de bain, je secoue la tête en retenant mal un rire. Mon reflet dans le miroir me fige légèrement. J'ai l'air… profondément heureux… et idiot. Ce qu'elle a fait de moi est absolument terrifiant, et incroyable… Exactement comme notre amour.
Bella
J'inspire profondément avant de toquer à la porte en bois devant moi.
Toc toc toc
- Je peux entrer ? demandé-je dans l'entrebâillement de la porte.
- Rentre mais referme vite ! Si les garçons…
Rose n'a pas le temps de finir sa phrase que je me suis déjà faufilé à l'intérieur et ai refermé la porte.
- Comment va-t-elle ? demandé-je en prenant Rose contre moi pour l'étreindre.
- Elle oscille entre pleures et rires. Là elle est dans la phase rires.
Je retiens un sourire. Alice…
- Ah non, marmonne Rosalie en regardant par-dessus mon épaule. Elle pleure à nouveau.
Je me tourne lentement pour découvrir ma meilleure amie de l'autre côté de la pièce qui vient de sortir du paravent derrière lequel elle se cachait. Les larmes roulent sur ses joues quand elle m'aperçoit.
- T'es en retard, reproche ma meilleure amie dans une grimace.
- C'que t'es belle, soufflé-je émue.
- Oh Bella ! croasse-t-elle en avançant vers moi.
Je vais à sa rencontre pour la prendre contre moi. Malgré sa robe de princesse, j'arrive à l'étreindre et la serre le plus fort que je peux.
- Comment tu te sens ? demandé-je en me reculant pour l'observer.
- Je… je suis flippée à mort, je n'arrête pas d'avoir envie de m'enfuir.
- Alice… grogne Rose, exaspérée.
Je retiens mal un sourire puis essuie les joues mouillées de ma meilleure amie de mes mains tremblantes.
- Heureusement que ton maquillage est waterproof.
- Valait mieux !
- Hé ! C'est moi qui vais unir ma vie à un homme, tu veux que je te rappelle dans quel état tu étais avant de rejoindre Emmett ?
- Je ne préfère pas m'en rappeler… marmonne Rosalie.
- Tu t'es carrément enfermée dans la cuisine Rose. Et tu t'es empiffrée pendant une demi-heure !
- Au moins je n'ai pas oscillé entre rires hystériques et pleures de petite fille !
J'observe leur petite guerre en souriant bêtement. Mes amies ne changeront jamais. Quand Alice, faussement outrée, ouvre la bouche pour répondre, je me décide d'intervenir.
- Ok les filles, venez là !
Rose me lance un regard mauvais.
- Rose… ramène tes fesses ici.
Elle lutte un instant encore, puis soupire et avance vers nous en trainant des pieds. Ses traits sont tirés, cette grossesse la fait vraiment souffrir.
- Allez, donnez-moi vos mains. Fermez les yeux… Bien. On inspire. On expire.
J'ouvre une paupière pour les voir exécuter sagement ce que je leur demande avant de sourire.
- T'aurais dû être prof de yoga, murmure Rose dans un sourire après une minute à respirer calmement.
- Elle fait ça avec les maternelles, réponds Alice.
Un rire nous secoue d'un même ensemble, nous détendant finalement.
- Bon, Alice, ma chérie… tu vas enfiler tes chaussures… et tu vas aller te marier avec Jasper.
Le visage de ma meilleure amie se tord en une grimace oscillant entre le sourire et l'effroi.
- Et si, tu es obligée d'y aller, assène Rosalie quand Alice ouvre la bouche.
Un énorme soupire sort de sa poitrine.
- Ok ! Arrêtez de me materner comme si j'avais trois ans !
- Voilà qu'elle se réveille, me glisse Rosalie dans un sourire.
Je ne peux m'empêcher de sourire bêtement. J'les aimes tellement, c'est incroyable !
- Vous avez de la chance d'être mes témoins, continue Alice alors qu'on échange un regard amusé avec Rose.
Alice continue de parler alors que je me perds dans la comptemplation de la sublime blonde face à moi. Elle porte ses mains à son ventre énorme caché par sa robe bordeaux. Cette couleur la met encore plus en valeur. Elle était déjà sublime, d'origine, mais enceinte, elle est la beauté pure.
Je prie quelques secondes pour qu'elle n'accouche pas au beau milieu de la journée. Son terme est dans quinze jours seulement, et je sais qu'elle a déjà eu plusieurs alertes.
- … et franchement je n'ai pas…
- Alice ! Respire ! la coupe Rosalie.
Alice stop sont interminable monologue avant d'inspirer profondément.
- Je vais me marier, murmure-t-elle d'une voix tremblante.
Le même sourire étire la bouche de Rose et la mienne.
- Tu vas te marier, oui, acquiescé-je doucement.
- Je vais me marier, répété-t-elle, légèrement paniquée.
- Avec Jasper, l'amour de ta vie, souligne Rosalie dans un sourire rassurant.
Alice inspire profondément puis ferme les yeux une seconde.
- Avec Jasper, répéte-t-elle calmement. Bon sang les filles ! Je vais me marier avec Jasper !
- Ça fait dix fois qu'on te le dit, fis-je remarquer, récoltant un regard mauvais de sa part.
Ses lèvres rouge sang s'étire sur ses dents blanches alors qu'un énorme sourire de satisfaction mange son visage entier.
- Oh mon dieu, je vais me marier ! Allez ! On y va !
- Tes chaussures Alice ! m'écrié-je en la voyant déjà avancer vers la porte -pieds nus.
- Oh, oui !
Elle s'assoit sur la banquette en enfilant facilement ses escarpins malgré la taille de sa robe. Elle voulait une robe de princesse avec du volume, des perles et des strass… elle l'a. Et elle est parfaite.
- Prête ? demandé-je en lui jetant un coup d'œil lorsque Rosalie ouvre la porte de la chambre.
À nouveau, les larmes remplissent ses yeux.
- Alice…
Elle souffle puis inspire. On échange un regard avec Rosalie. Ses yeux brillent, à elle aussi.
L'émotion, dans la chambre d'adolescente d'Alice ce matin est palpable et tellement belle… Je sais que ce moment restera gravé à jamais en moi, en nous.
- Ok. On y va ! s'exclame ma meilleure amie dans un sourire débordant de bonheur
Mon dieu, ce que j'aime ces femmes.
Edward
On a échappé de peu à une guerre nucléaire.
Alice s'est mariée avec Jasper dans la plus belle des cérémonies.
Rosalie n'a pas accouché au milieu de son discours pour les jeunes mariés et Bella n'est pas tombé dans les pommes au moment de la signature des témoins.
Je souris dans ses cheveux, embrasse son crâne distraitement.
- Ils sont magnifiques, murmure Bella contre moi.
Je dirige mon regard vers Alice et Jasper, plus loin qui danse ce slow lentement, perdus dans leur amour pour l'autre. C'est vrai qu'ils sont beaux. Vraiment beaux.
Voir ma sœur se marier est une chose à laquelle je n'avais jamais vraiment pensé… et l'émotion qui m'a submergé en la regardant avancer aux bras de notre père jusqu'à Jasper, dans sa robe de princesse… ça a été un choc et une évidence. Elle est faite pour lui, j'en suis profondément convaincu. Je sais qu'il la rendra très, très heureuse.
La main de Bella remonte dans mon dos doucement, me caressant à travers ma chemise. Nos corps se balancent à un rythme qui n'appartient qu'à nous, nous fichant finalement de la musique de la terrasse où une grande partie des invités dansent.
- Ils le sont oui. Alice est heureuse.
Les doigts de Bella caressent les miens distraitement.
- Je ne pensais pas que voir nos meilleurs amis se marier pourrait être aussi… intense, souffle-t-elle en relevant le visage vers moi.
Elle est magnifique ce soir. Parfaite, comme toujours. Un léger sourire étire ses lèvres rouges avant qu'elle ne repli nos bras entre nous pour nous rapprocher un peu plus. Son geste me fait penser à notre slow, cinq ans plus tôt… celui où je me suis rendu compte que j'étais amoureux d'elle.
- Quoi ? demande-t-elle quand je ne peux m'empêcher de sourire.
- Rien je… je pensais à la première fois qu'on a dansé comme ça, toi et moi.
Une émotion vive traverse son regard alors qu'elle inspire doucement.
- C'était…
- Incroyable, finis-je pour elle.
- J'allais dire… perturbant, mais incroyable marche aussi.
Le même sourire étire nos lèvres.
- C'est ce soir-là, que je me suis rendu compte que je t'aimais, soufflé-je en posant mon front contre le sien.
Ses doigts quittent les miens pour se rejoindre dans ma nuque qu'elle caresse du bout des doigts.
- On en a fait du chemin…
Mon dieu oui.
Elle n'a plus jamais quitté la grange. Elle a retrouvé son poste de maitresse de maternel dans l'école où Alice et elle travaillent encore. On a vécu ses cinq années pleinement, conscient de la chance insolente de pouvoir nous aimer aussi librement. Jacob a totalement disparu de notre vie, et, même si les souvenirs ne la quitteront jamais, elle a guéri, totalement. On a mangé des milliers de pâtisseries et je pense avoir plus couru ces dernières années que durant toute ma vie… mais on est heureux. Incroyablement heureux.
Son nez frôle le mien alors que je la rapproche un peu plus de moi, écrasant sa poitrine contre mon torse.
- T'ai-je dit à quel point je t'aime ? demandé-je sérieusement, la faisant sourire.
- Je…
- Je t'aime, l'ignoré-je en caressant son nez doucement.
- Je t'aime aussi, souffle-t-elle doucement, émue.
La musique change autour de nous, mais notre rythme reste le même. Notre bulle nous entoure et nous berce, nous rendant hermétiques au monde autour. Comment aurai-je pu imaginer, un jour, aimer autant cette femme ?
- Tonton ? Tu danses avec moi ?
Je baisse les yeux sur Léna, juste à côté de nous qui tire doucement sur mon pantalon. Bella se recule légèrement, le sourire aux lèvres.
- Mademoiselle veut danser ?
Ma nièce hoche la tête. C'est fou, ce qu'elle ressemble à sa mère. Brune, le visage fin, elle n'a hérité de son père que ses yeux bleus et son sens de l'humour -douteux, parfois.
- Je te le rends bientôt, souffle Léna à Bella dans un air très solennel.
- Je compte sur toi !
Elle va avoir cinq ans au printemps prochain, pourtant, en la regardant, j'ai le sentiment qu'elle est née hier.
- Allez viens ma fleur !
Elle me saute littéralement dans les bras alors que je la soulève contre moi pour danser avec elle.
Je bouge un peu vite, la fait tournoyer, ce qui la fait éclater de rire. Ses boucles folles rebondissent, répandant son parfum fleurit autour de moi. J'aime cet enfant. Je l'aime plus que je pensais qu'il était possible d'aimer.
- Tonton ?
- Hum ?
- Tata et toi vous allez vous marier bientôt ?
Je ralentis la cadence de notre danse endiablé -et trop rythmée pour moi. Mes yeux croisent le regard de Bella qui, revenue à notre table, nous regarde les yeux brillants et le sourire aux lèvres.
Mon dieu oui, je veux épouser cette femme !
- Oh et bien je...
- Non parce que, moi j'aime bien les mariages, il y a plein de bonbons et de musique, avoue sérieusement Léna en posant sa tête sur mon épaule.
Je serre son petit corps fin contre moi, savourant sa chaleur contre mon torse.
- Tu es contente que papa et maman se soient mariés ?
Elle hoche la tête vivement en se redressant puis pose ses mains sur mes joues pour me regarder attentivement. Ses grands yeux bleus me scrutent, lisant certainement dans mon âme.
- Ma maman est la plus belle du monde ce soir. Même si Bella est la plus jolie. Tata Rose aussi, même si je pense que ma cousine sera plus belle que tout le monde.
- C'est vrai… mais c'est toi la plus belle de mon univers.
Son rire chatouille mes oreilles.
- Oh ! On fait le tourbillon encore ?
Je ris à mon tour avant de la faire tourner entre mes bras, profitant de son rire léger et innocent.
Elle n'a pas idée à quel point elle à illuminée nos vies… on lui racontera un jour… peut-être.
Bella
- Mon dieu, je sens plus mes pieds, marmonné-je en frottant ma cheville.
Edward à mon côté rigole doucement avant de couper le moteur. Il est presque 5h du matin, déjà. La fête à trainer jusqu'à très -trop- tard, mais c'était tellement merveilleux que je n'ai pas vu le temps passer.
Je n'ai cependant qu'une envie : ôter mes escarpins et me blottir contre Edward dans notre lit.
En sortant de la voiture, je vois Edward en faire le tour et venir à moi pour me tendre la main.
- Qu'est-ce que tu fais ? demandé-je en fronçant légèrement les sourcils.
- Suis-moi, murmure-t-il dans un sourire.
J'ai du mal à retenir le mien. Moi qui pensais aller me coucher immédiatement, je comprends qu'Edward a d'autre projet en nous dirigeant vers le bar d'un pas assuré.
Quand il ouvre la porte, les interrogations fusent dans ma tête.
- Edward… qu'est-ce que…
- Cesse de me poser des questions tu veux ? me réprimande-t-il en pénétrant dans le bar.
Je me pince les lèvres. Je me sens presque nerveuse maintenant.
Qu'est-ce qu'il a fait ?
Lorsque les lumières s'allument dans la pièce, tout est exactement comme d'habitude.
- Tu peux enlever tes chaussures, si tu veux, murmure-t-il en me lâchant pour se diriger vers le jukebox.
Je sais qu'il prépare un truc qui va me faire décoller l'âme. Je le sens.
Cependant, je reste -difficilement- silencieuse et enlève mes chaussures en soupirant de bien être quand mes pieds nus touchent enfin le sol.
Edward revient vers moi lentement alors que les premiers accords résonnent, me figeant légèrement.
Mon cœur sursaute dans ma poitrine, reconnaissant ce morceau entre mille.
The Blower's Daughter - Damien Rice
- Edward… murmuré-je doucement, le cœur battant.
- Laisse-moi parler, chuchote-t-il en plaçant ses mains sur mes hanches pour m'approcher de lui lentement.
Son regard brillant s'accroche au mien alors qu'il inspire lentement mais profondément. Suspendue à ses lèvres, je l'observe me sourire doucement.
- C'est ici que ça a commencé, commence-t-il dans un sourire. Juste… là.
Il désigne le bar d'un mouvement de tête, ce qui me fait sourire doucement.
Les souvenirs de notre première soirée me reviennent en flash, faisant s'accélérer ma respiration.
- Si j'avais su que, sept ans après, tu seras là… avec moi, cette nuit…
Il secoue la tête doucement en souriant.
- On en a traversé des choses… mais j'ai toujours été sûr que je finirai par découvrir qui était cette petite brune incroyablement sexy qui m'a séduit en un seul regard.
Je me sens rougir alors que son sourire s'agrandit.
Ses yeux sont tellement profonds que je m'y noie volontairement, pleinement consciente de ce qui est en train d'arriver. La voix de Damien Rice s'élève doucement et gagne en puissance, comme les battements de mon cœur.
- Et tu es arrivée…
- Je suis arrivée, répété-je dans un sourire.
- Quelle histoire… t'as été incapable de me résister !
- Hé !
Il éclate de rire avant de se décoller de moi, puis il noue nos doigts. La musique continue de tourner, m'emportant dans de longues vagues électrisantes d'émotions et de souvenirs intenses.
- On a fait l'amour un paquet de fois, ici, et là…
Il recule vers la baie qui mène sur la terrasse alors que je n'ai d'yeux que pour lui… lui et son sourire en coin à se damner. A-t-il déjà été plus beau que ce soir ?
- On s'est disputé ici, aussi… s'amuse-t-il en désignant le couloir derrière le bar.
- Cette blonde t'a dragué ouvertement et tu n'as rien voulu voir, lui reproché-je d'une voix tremblante.
Il étouffe un rire moqueur.
- J'n'ai d'yeux que pour toi mon amour, sourit-il.
Je tente de grogner, mais n'y arrive pas… cette histoire date d'il y a des années, mais j'aime profondément me rappeler la force avec laquelle il m'a prouvé la nuit suivante à quel point il m'aimait moi, et personne d'autre sur cette Terre.
La musique gagne encore en intensité autour de nous, et mon cœur aussi.
Ses doigts serrent les miens doucement, faisant accélérer mon cœur quand il ouvre la baie de la terrasse de sa main libre.
Mon cœur s'arrête un instant.
Des centaines d'ampoules inondent le ciel de la terrasse, la baignant dans un romantisme des plus beaux.
Émerveillée, je sens les larmes me monter aux yeux alors que la terrasse s'ouvre devant nous. Des dizaines de bougies sont posées ici et là.
Je reste sans voix un moment, incapable de bouger alors qu'Edward me scrute avec une émotion inédite dans les yeux.
J'ai la sensation que mon cœur va exploser.
- Je… Edward… Comment…
J'aimerais lui demander comment il a pu préparer tout ça alors qu'il ne m'a pas quittée de la journée mais les mots s'étouffent dans ma gorge serrée.
- Esmée, explique-t-il doucement.
Esmée. Cette ange… Sa mère… qui est, désormais, devenue un peu la mienne aussi… j'ai définitivement coupé les ponts avec mes parents, et, ceux d'Edward ont été d'un soutien si important que cela nous a rapprochés plus que je ne le l'ai jamais été avec mes propres parents.
Depuis ce jour, j'ai eu la sensation de renaitre. Une part d'eux manquera toujours à ma vie, je le sais, mais je suis en paix avec moi-même et avec mon passé… c'est ce qui compte le plus pour moi. Pour rien au monde je ne ferais machine arrière. Jamais.
Émue, j'avance lentement sur la terrasse en me détachant d'Edward.
C'est magnifique. Magnifique, et presque irréel.
Je fais quelques pas sur le sol en bois, le cœur battant.
Je sais pourquoi Edward m'a emmenée ici, cette nuit. Je le sais parfaitement et les larmes roulent sur mes joues alors que j'inspire profondément.
Cet homme n'a pas idée à quel point il a changé ma vie. À quel point il m'a libérée, et sauvée.
- Edward je…
Je déglutis difficilement, tremblante comme une feuille en me tournant vers lui. Il n'a pas idée à quel point je l'aime.
Mon cœur sursaute avant de battre la chamade dans ma poitrine. Son air sérieux et solennel me retourne le ventre quand il approche lentement de moi.
J'aimerais dire quelque chose, n'importe quoi, mais j'en suis incapable.
L'écrin entre ses doigts fais déborder de nouvelles larmes alors que son regard profond retrouve le mien.
L'émotion est si vive qu'elle est palpable et m'enlace lentement, insinuant dans mon corps un bonheur si incroyable, si intense que j'ai du mal à respirer.
Quand il est tout proche de moi, un léger sourire étire sa bouche avant qu'il n'inspire profondément.
Dans le bar, la musique tourne en boucle, accentuant l'émotion entre nous. Cette chanson… notre chanson. Celle qui a tout changé. Celle qui m'a changée à jamais.
Lorsqu'il pose un genou à terre, mon sang s'affole. Il ouvre l'écrin bleu marine dans une lenteur abominable. La bague est fine, douce, merveilleuse, parfaite.
Comme lui.
Le même sourire heureux mais débordant d'émotion étire nos lèvres.
Je le veux, je le veux même avant qu'il n'ose me poser l'ultime question. Je mords ma lèvre, incapable de réfréner mes sentiments pour lui qui vont me faire exploser.
- Isabella Swan je… je jure de t'aimer et de te chérir jusqu'à la fin des temps, souffle-t-il lentement, la voix rauque, ses yeux profondément ancrés dans les miens. Me… me ferais-tu l'incommensurable honneur de bien vouloir devenir ma femme ?
Le temps se fige alors que je me demande comment je réussis à rester debout face à toutes les émotions qui déferlent en moi et me font pleurer à nouveau.
- Je… Oui, murmuré-je difficilement à travers mes larmes.
Le sourire le plus heureux du monde étire sa bouche alors qu'il se relève précipitamment pour prendre mon visage en coupe.
- Ça veut dire… tu… d'accord ? bafouille-t-il avec émotion, les yeux brillants.
La perfection se mêle à ce moment que je n'oublierai jamais.
Tout nous a conduit ici.
Absolument tout.
- Ça veut dire : d'accord je t'aime, dis-je en tremblant davantage.
Une émotion indescriptible traverse son regard. Ses doigts tremblants se saisissent de la bague pour la faire glisser à mon doigt.
Elle est parfaite, merveilleuse. Comme lui. Comme son amour pour moi.
Quand je relève les yeux vers Edward, son sourire est absolument éblouissant.
C'est indécent, et incontrôlable… comme notre amour l'un pour l'autre.
La passion, l'évidence et la douceur s'en mêlent alors que son regard verrouille le mien.
Je sais que je l'aimerais à jamais.
Je me hisse sur la pointe des pieds, heureuse, souriante et en larmes. Ses doigts caressent mes joues, effaçant mes larmes alors que nos souffles courts résonnent entre nous.
Le violon dans le bar chante lentement, amplifiant la beauté de l'instant.
Quand ses lèvres effleurent les miennes avec cette tendresse mêlée de passion que le caractérise depuis le départ, je sais que ça n'est que le début de notre éternité.
